L'histoire du club de rugby de Léguevin: Des débuts à la Fédérale 2

L'histoire du club de rugby de Léguevin est une saga de passion, de détermination et de succès croissants. Des modestes débuts à l'accession à la Fédérale 2, le club a parcouru un long chemin, marqué par des figures emblématiques et des moments clés.

Les débuts du club

Il y a près de quatre décennies, à Léguevin, une poignée de passionnés avec, à sa tête, Gabriel Miègeville, a tenté un pari un fou et insensé à l’époque : celui d’implanter le ballon ovale dans ce village de l’Ouest toulousain. À l’époque, le ballon rond était la discipline sportive dominante. En 1982, le regretté Gabriel Miègeville, ancien secrétaire du Stade toulousain, vice-président du comité Midi-Pyrénées et natif de Léguevin, avait relevé un défi très osé : implanter le ballon ovale dans cette commune de l’Ouest toulousain, limitrophe de Colomiers.

Dans les commerces et les lieux fréquentés par « Gaby », il a souvent entendu que ça ne marcherait jamais et qu’un club de rugby à Léguevin ne tiendrait pas trois ans. Trente-six ans après, le pari n’apparaît plus si osé. Pas plus tard que dimanche 15 avril, « son » club, le Coq léguevinois, a vaincu sur sa pelouse Sor-Agout (13-12) et confirmé ainsi sa victoire du match aller (24-23) en terre tarnaise.

Ascension vers la Fédérale 3

Rugby fédérale 3 : Aulnay-sous-Bois - Epernay Champagne 43 à 31

Après trois tentatives infructueuses, le club haut-garonnais jouera en Fédérale 3 pour la première fois de son histoire. En 2016, ils avaient échoué en quarts de finale face à Saint-Sulpice-la-Pointe. L’année passée, au stade du dernier carré, nouvelle déception face à Montesquieu-Volvestre. « Dans un sens, ces échecs précédents nous ont permis de rebondir, ajoute Christian Lajous. Cette année, nous disposions d’un effectif riche en quantité et qualité. »

à la faveur de ce double succès, les Haut-Garonnais ont composté leur billet pour la finale régionale et surtout pour l’accession en Fédérale 3. Une sacrée performance pour un club dont le palmarès est assez modeste, avec comme principale consécration un titre régional de Promotion Honneur décroché en 1996 face à Soual.

Pour 2019, le Coq est (déjà) prêt pour chanter dans la cour de la Fédérale 3. C’est un club sain qui se flatte de posséder une équipe dans chaque catégorie d’âge. Pour la mise en place de la prochaine saison, les dirigeants ne vont pas tarder à se mettre à l’ouvrage. « Nous avons la chance à Léguevin d’être dans une zone importante, tant sur le plan démographique qu’économique. Nous n’avons pas les difficultés d’un club rural. Nous pouvons préparer la suite avec sérénité », soutient le président Lajous. En septembre, Léguevin disputera une compétition nationale.

Accès à la Fédérale 2

Historique ! Voilà comment on pourrait qualifier l’exercice 2021/2022 réalisé par les banlieusards toulousains. Au sein d’une poule 9 coriace, qui comptait dans ses rangs Salanque (finaliste malheureux de la compétition face à l’USEP), Leucate, Saverdun ou encore Rivesaltes, les Léguevinois ont su tirer leur épingle du jeu.

Au terme de la phase de classement, le Coq a pris la deuxième place derrière l’intouchable Salanque Côte radieuse, le futur finaliste. Une place de premier dauphin qui l’a qualifiée directement pour les 32es de finale. Le Coq n’a pas eu la partie facile face à Saint-Cernin en 32èmes de finale. Malgré sa place de dauphin de Salanque, le Coq affronte un autre deuxième, les Cantaliens de Saint-Cernin, avec match retour à l’extérieur.

Match nul sur l’ensemble des deux rencontres, les deux équipes vont se départager aux tirs au but. Le pilier Galaup sera mis à contribution avec la qualification acquise au bout du suspense. La montée se joue en 16èmes contre l’étonnante et accrocheuse formation tarnaise du Canton d’Alban, facile vainqueur de Blois au tour précédent. Au terme de deux matchs accrochés, Léguevin s’est défait du Canton d’Alban pour accéder à la Fédérale 2.

Lors de la mise en place du prochain exercice, les dirigeants ont appris une bonne nouvelle. En effet, la municipalité s’est engagée à rénover l’enceinte sportive. Le début des travaux est prévu pour cet hiver. Le club pourra bientôt disposer d’un bel écrin.

Effectif et recrutement

Pour cette première à ce niveau, le club a l’avantage de conserver la plus grande partie de son effectif. En effet, il n’y a pas de départs annoncés. Seulement quelques arrêts, parmi lesquels le trois-quart centre Delpech, l’ouvreur Bosc (qui était sorti de sa retraite l’an passé) et le demi de mêlée Julia.

Niveau recrutement, le Coq s’est donné les moyens de bien figurer. En enrôlant notamment deux joueurs du TOEC TOAC FCT : Sicard (deuxième/ troisième ligne) et Bueno (pilier/ talonneur). La belle moisson ne s’arrête pas là : Byaoui (pilier/ deuxième ligne, Balma), qu' »El Loco » avait côtoyé à l’EVG, rejoint le groupe, tout comme le troisième ligne Selva (TLA). Autre renfort d’envergure devant : le deuxième ligne Banière, passé en ses jeunes années par l’école leguevinoise, arrive de Blagnac.

Derrière, Sébastien Dupuy pourra travailler avec Delas (polyvalent ouvreur/ trois-quart centre, Tarbes), Davant (trois-quart centre/ ailier, L’Isle Jourdain), l’ailier Ferrante (Balma) et les trois-quarts centres Bosch (EVG) et Beulières (Castanet). Un Coq qui a fière allure donc. Outre les recrues, le club pourra cette année encore compter sur le capitaine Bayol.

Préparation et ambitions

La période de recrutement n’a pourtant pas été un long fleuve tranquille tant pour les dirigeants que pour le staff. Même s’il n’est pas un perdreau de l’année, Didier Herrerias aimerait que le sportif revienne au centre des préoccupations.

En attendant, la reprise s’est effectuée le mardi 26 juillet. Pas moins de 55 joueurs y ont pris part, histoire de bien débuter la saison. Et Didier Herrerias de conclure : « On est montés, maintenant, il s’agit d’assumer. Quand on passe en Fédérale 2, on est sur la carte du rugby français. On va jouer des clubs historiques et aguerris à ce niveau, tels Coarraze-Nay, Lourdes ou Morlàas, il faudra donc être à leur niveau ».

La présaison a vu les hommes du président Eric Giorgi (certainement l’un des seuls présidents de France à se rendre à l’entraînement à mobylette) affronter Saint-Sulpice la Pointe et Gimont avec deux défaites à la clé. Mais selon nos sources, le stage « d’oxygénation » au Mourtis a fait le plus grand bien à tout le groupe.

Coupe de France : Un moment de gloire

Habituellement, 15 kilomètres séparent Léguevin et Tournefeuille. Hier, au Stade des Pins Verts, ils n’ont jamais été aussi proches, et ce jusqu’à la fatidique séance de tirs au but. Une division sépare ces deux équipes, mais avec des Léguevinois décimés en attaque et des Tournefeuillais qui peuvent prétendre à la montée, ce match de Coupe avait les ingrédients d’un match disputé.

Les deux équipes se sont regardées les yeux dans les yeux et le ballon a filé d’un but à l’autre pour quelques rares frissons comme en fin de premier acte et cette frappe contrée de Faivre qui donna une belle occasion à Delannoy sur le contre suivant. 0-0 à la pause, un bon match de Coupe avec une très haute intensité.Au retour des vestiaires, Léguevin, qui avait dominé le premier acte, n’est pas loin de se faire surprendre sur une touche prolongée de la tête pour un attaquant tournefeuillais qui manqua son face-à-face avec Moreira.

Puis le tournant du match ! Cette faute de Hamana, coupable d’une grosse semelle sur Jérémy Delpierre, ce dernier se tordant de douleur et avec le genou ensanglanté. Carton rouge logique pour Hamana qui viendra s’excuser ensuite auprès de Delpierre qui aurait finalement bien aimé rester sur le terrain. Quoi qu’il en soit, à un de moins, ce sont les visiteurs qui ouvriront la marque sur un penalty qui avait pourtant été repoussé par Moreira (65).

On se dit alors que le piège s’est refermé sur ceux qui n’ont jamais atteint le 5e tour de la compétition, mais sur le dernier corner du match, Delannoy, l’un des meilleurs hier, envoya sa reprise petit filet pour faire exploser le stade. Comme un signe que ce match allait leur être accordé par les dieux du foot, Sow manqua son pénalty et Moreira arrêta celui de Rejeb pour envoyer Léguevin au 5e tour et écrire une nouvelle page de l’histoire du club.

Composition des équipes :

  • LÉGUEVIN (R2) : Moreira ; Oliver, A. Delpierre (Krassani, 82), J. Delpierre (Dupuy, 58), Calixto ; Hernandez (cap.), Parra Carvalho (Safsaf, 70), Martin ; Benahlal, D. Delpierre, Delannoy. Entr. : José Vermersch. Avertissements : Hernandez (45), Calixto (90).
  • TOURNEFEUILLE (R3) : Touret ; Perrier, Sangare (Robineau, 57), Clotilde Laurent, Drouet ; Sow, Hamana (cap.), Rejeb ; Faivre (Kochrer, 83), Le Barbey (Vincent, 83), El Hakimi (Lefeuvre, 57).

Résultats des tirs au but :

  • Pour Léguevin : Delannoy (90+6). Tirs au but réussis par D. Delpierre, Hernandez, Oliver, et Krassani ; raté par Benahlal.
  • Pour Tournefeuille : Le Barbey (65). Tirs au but réussis par Drouet, Clotilde Laurent et Perrier ; ratés par Sow et Rejeb.

L’année prochaine, le Coq léguevinois pourra dignement fêter ses quarante années d’existence sportive. Créé en 1983, il compte aujourd’hui environ 700 membres. En effet, la section féminine (en collaboration avec Colomiers), s’est illustrée en accédant à la Fédérale 1.

Cette distinction, gage de sérieux et de qualité dans la formation, lui vaut aujourd’hui une reconnaissance régionale.

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