Le rugby a fait sa première apparition à Lavelanet en 1906. Le Stade Lavelanétien, un club emblématique de Lavelanet, a célébré son centenaire, marquant un siècle de passions et d'histoire. Cet anniversaire a été un moment de communion, honorant les anciens et unissant les générations actuelles autour de l'amour du rugby.
« Le stade est devenu très vite une institution à Lavelanet. Il était la principale animation des dimanches après-midi pour la ville. Les pionniers de ce sport sont des personnes du cru. Elles jouent le dimanche sur la prairie de Monsieur Bastide en face de la gare. Ainsi que le raconte Jean Bruneau 1er capitaine du Stade dans « Stade Lavelanétien, 1921-1971, cinquante ans de rugby », des rencontres furent organisées avec les villes des environs : Chalabre, Mirepoix, La Bastide, « et nous n’hésitions pas à nous déplacer en vélo ou avec d’autres moyens de fortune. Notre bonne volonté évidente ne fut pas sans séduire quelques personnes dévouées qui décidèrent de former un Comité. Le Stade Lavelanétien avait abandonné le biberon pour la bouillie.
Une gerbe de fleurs a été déposée au pied de la stèle du stade Paul Bergère en mémoire des disparus du club. Une fresque commémorative a également été inaugurée, honorant ceux qui ont marqué l'histoire du club.
L'histoire du club continue de s'écrire, avec ses hauts et ses bas. Les mille photos exposées au marché couvert témoignent de cette riche histoire, tout comme le livre du centenaire, écrit par Pierre Cathala, intitulé « Cent ans de passions ».
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Les moments de gloire et les figures emblématiques
Le Stade Lavelanétien s'illustra il y a trois ans en atteignant les demi-finales de l'épreuve et en jouant même contre Mont-de-Marsan un si beau match qu'il faillit se qualifier pour la grande finale que, comme par hasard, Lourdes devait gagner cette année-là.
Les années 50 et 70 restent des périodes fastes dans l'histoire du club, des moments indélébiles que l'on raconte aux plus jeunes comme des légendes extraordinaires. On espère revivre un jour ces moments de gloire.
Bon anniversaire au Stade Lavelanétien, qui a révélé entre autres, un certain Aldo Quaglio, surnommé le pilier du siècle.
Aldo Quaglio, en meilleure forme encore, à 75 ans, que son impeccable Renault 4L de collection, est toujours disponible pour évoquer « ses » années 50, la seule et unique demi-finale de première division, perdue 11-9 devant Mont-de-Marsan en 1953, ou son départ pour Mazamet qui offrait 40.000 francs anciens par mois à l'ancien boulanger de Mazères, devenu maçon à 17.000 F. Les années 70, avec Arné, puis Quaglio et Joffre aux commandes, furent les dernières au sommet, avec un huitième contre le champion biterrois (6-15) en 1974.
L'équipe de Didier Merlos avait fait battre les cœurs, réussissant l'amalgame entre de vieilles gloires comme André Lannes et de jeunes loups d'attaque (Estève, Palacios…) baptisés dans nos colonnes « Les singes en hiver ».
Le club ariégeois mérite à son tour de se mettre à la table des clubs du siècle.

Les défis et les renaissances
Descendu en 2e division en 1976, Lavelanet revint en groupe B la saison suivante, en remportant le match de la montée contre… Foix à Pamiers.
Les années 90 furent celles de la descente aux enfers, d'une marche chaque saison. Mais Lavelanet a failli carrément disparaître en 2005. A l'issue de la saison en Fédérale 1, les difficultés étaient telles que tous les joueurs quittèrent le navire. Didier Merlos partit pleurer chez lui, tout seul.
Marc Sanchez, son ancien partenaire en juniors devenu la cheville ouvrière du club, prit l'affaire en mains et surtout le téléphone, passant trois jours, et des centaines de coups de fil, à battre le rappel des braves. Avec 37 joueurs pour deux équipes, Lavelanet parvint à sauver les meubles en Fédérale 2.
Aujourd'hui, les perspectives sont meilleures mais Lavelanet perd une quinzaine de joueurs chaque saison. Le tandem municipal Jean-Pierre Bel-Marc Sanchez apporte au Stade un soutien permanent mais les voisins et rivaux possèdent au moins autant de moyens. Sans parler de Mirepoix, trois clubs se bousculent en effet dans un rayon de 6 km et Bélesta vient de rejoindre Laroque d'Olmes en Fédérale 3.

L'école de rugby et l'avenir
Avec plus de 95 enfants et jeunes (des minis -poussins aux juniors) licenciés au Rugby Pays d’Olmes (RPO) qui viennent partager sur le stade leur passion pour le rugby, les entraineurs et dirigeants - Patrick Garnier et Joël Hillat coprésidents, Hélène Massat secrétaire et Jacques Villeroux trésorier - ont de quoi être satisfaits.
Le RPO a été créé voilà 20 ans, avec pour rôle de rassembler, sous une même entité, les jeunes rugbymen des clubs du Pays d’Olmes (des U6 aux juniors). Aujourd’hui, le RPO est composé des clubs de Lavelanet, Laroque d’Olmes, Chalabre, le Peyrat, la Bastide-sur-l’Hers, Bélesta et le Pays de Sault.
Ce mercredi, Antoine Tellez éducateur depuis plus de 30 ans (arbitre durant une dizaine d’années) entrainait sur le terrain 3, derrière Jacquard, les moins de 10 ans (enfants nés en 2010-2011). Il nous confiait : « le rugby c’est ma passion ; celle des enfants aussi. Ici, nous leur apprenons les valeurs du collectif, le respect. L’école de rugby du RPO est un exemple de formation. L’accent est mis sur l’apprentissage technique, bien sûr, mais aussi et surtout, sur le respect et la sécurité.
Une entente à quatre (avec Labastide-sur-l'Hers) fonctionne déjà pour les jeunes et une fusion permettrait d'installer solidement un club en Fédérale 1, avec 150 seniors et 450.000 € de budget.
Les bénévoles et la mémoire du club
Depuis les années 90, Jean-Louis Bedrede suit les jaunes et noirs et nous restitue de magnifiques clichés. Aujourd’hui, avec d’autres bénévoles du Stade, il prépare en compagnie de Pierre Cathala instituteur en retraite un livre retraçant l’histoire du club fétiche de Lavelanet.
Ancien rugbyman (il a joué à la Tour du Crieu), Jean-Louis Bedrede a commencé la photo dans les années 80. Incorporé dans l’équipe des bénévoles, c’est en compagnie d’Éric Serra (dit le Kaiser - le soigneur), d’Alain Rouzaud et Alexandre Corcolès que Jean-Louis « fait l’homme de terrain ».
Nombre de joueurs lui ont prêté des documents, le premier fut Clément Géraud, suivi par Louis Monié, André Lannes, Didier Merlos entres autres. Pour les photos, Jean-Louis a les siennes (un nombre incalculable) et celles d’autres photographes : Jean Miquel (pour les années 40-50), Varin, Pierre Pons, Roger Daspet, Yvon Blazy, Angel Cavicchiolo, Vilalba, mais aussi les clichés de Corcolès, Suilhard, et Phu (de Foix). Une somme d’archives pour écrire l’histoire de la famille du rugby Lavelanétien.
« C’est une belle expérience humaine le Stade, j’y ai fait des rencontres enrichissantes » me confie Jean-Louis pris au jeu de ce travail de mémoire. À noter que ce livre devrait paraitre d’ici quelques mois.
Tout évolue, tout change, et malgré ce, toutes et tous se retroussent leurs manches pour le maintien du ballon ovale dans ce Pays d’Olmes, où la vaillance et la détermination sont des valeurs bien ancrées. Oui, les anciens et les nouveaux, qu’ils soient joueurs ou dirigeants, font partie de la grande famille jaune et noire pour toujours. Soutenus par huit milles âmes qui poussent derrière éternellement, dont les commerçants qui s’étaient parés aux couleurs de « leur » club favori durant ces festivités.
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