L'histoire du Stade Héninois Football: Un club centenaire du Pas-de-Calais

Le Stade Hénin Football, plus communément appelé Stade Hénin, est un club centenaire du Pas-de-Calais avec une histoire riche et complexe. Ses racines sont profondément ancrées dans le tissu social et sportif de la ville d'Hénin-Beaumont.

Genèse et Premières Années

Fondée en 1919 par le professeur de lycée Marcel Schmitt, bien qu’arborant le nom de la deuxième ville des Ardennes, l’Union Athlétique Sedan-Torcy (U.A.S.T.) est à ses débuts un club de football campagnard doté d’un “terrain” sans pelouse ni tribune joliment nommé “le Bourrelet”.

Il est loin le temps où le Stade Héninois s'affichait comme le deuxième club du Pas-de-Calais, derrière l'indéboulonnable RC Lens. Aujourd'hui en Promotion d'Honneur Régionale (PHR), ce club centenaire a vécu sa période de gloire lorsqu'il a atteint le troisième échelon national.

Dans l’ombre du FC Braux, de l’Union Sportive des Deux-Vireux et de l’Oympique de Charleville, alors les clubs phares du football ardennais, l’UAST stagne dans le modeste championnat départemental puis dans celui de Marne-Ardennes.

L'Âge d'Or : Ascensions et Coupe de France

Naviguant entre les Divisions 3 et 4 dans les années 60 et 70, le club voyait la décennie 80 marquer la fin de son âge d'or, avec un long passage en Division d'Honneur (1984/1994). A cette époque, jusqu'à 3000 spectateurs venaient garnir les tribunes du parc des sports, surtout lorsque le voisin lensois était en visite.

« Atteindre ce niveau-là, ce n'était pas donné, il y avait pas autant de divisions qu'aujourd'hui, explique celui qui est désormais trésorier de son club de cœur. Tout le monde avait un métier, on devait prendre sur notre temps de travail et beaucoup s'arrangeaient pour avoir le samedi de libre ».

Ce beau passage du Stade Héninois en Troisième Division avait même failli se transformer en conte de fées en 1974-1975, lorsque Giolda et les siens avaient occupé la tête de leur groupe, « mais on avait craqué sur la fin car nous n'avions pas un effectif suffisant », souligne l'ancien défenseur.

Néanmoins, ont peut noter le parcours formidable de ce club (son meilleur) en Coupe De France de Football lors de la saison 1988/1989, où il atteindra les 1/32ème de finale de cette compétition. Une période dont le point d'orgue fut lors de la saison 1988-1989 un trente-deuxiéme de finale de Coupe de France, butant sur le F.C. Le Stade Héninois sera malheureusement éliminé par le grand F.C.

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Période de Turbulences et Reconstruction

« On remet le club sur pattes » estime Jean-Alyre Dugardin, président depuis quatre ans. Mais la gestion de ce club n'est pas de tout repos pour un président lassé de « se faire mettre sans arrêt des bâtons dans les roues ». A titre d'exemple, il cite le départ, il y a deux ans, de prés de 140 jeunes, obligés de quitter le club en raison d'un changement de politique municipale sur l'affectation de cinq éducateurs.

Aujourd'hui, les jeunes sont revenus puisque le club aligne des équipes des U7 aux U14. « Il nous faut retrouver des groupes dans chaque division, tout en assurant les seniors. » Jean-Alyre Dugardin aimerait voir remonter l'équipe première en Division d'Honneur et la réserve à l'échelle régionale. Mais le chemin de la reconquête sera long pour un club qui mise avant tout sur le retour « du respect d'autrui ».

Un esprit confirmé par Thierry Montaigne, entraîneur de l'équipe première, qui n'a pas hésité à se séparer de 44 seniors sur 51 à l'intersaison. « Je ne voulais pas d'une équipe de voyous. L'an dernier, nous avons récolté 36 cartons rouges, c'était trop !

Lors de la saison 2013-2014, l'équipe première du club déclare Forfait Général en Ligue. De ce fait, les instances fédérales rétrogradent le club en D7 du District ARTOIS (ex-3ème division).

Renaissance et Ambitions Nouvelles (2018-2025)

saison 2018-2019 : Un nouveau Comité Directeur est constitué au sein du club, et nomme Mr Eric DRUART, nouveau Président du STADE HENINOIS afin d' établir un nouveau projet sportif sur 3 ans. Après seulement une saison sous la direction du Président DRUART, les 2 équipes Séniors accèdent en division supérieure !!!

saison 2019-2020 : La saison est marquée par l' épidémie du coronavirus COVID-19 et ne va pas a son terme. Après 7 journées de championnat les Séniors A sont premiers avec 7 victoires en autant de match soit un ratio de 3pts / match. La FFF ordonne l' arrêt des championnats. De ce fait, ils montent en D4 du District ARTOIS.

saison 2021-2022 : 2 montées dans l'escarcelle du Président DRUART !!

saison 2022-2023 : Sous la houlette de Pascal PELTIER (Ancien professionnel du RC Lens et du FC Rouen) recruté en début de saison, les séniors A terminent 3ème de leur championnat de D4. Après un imbroglio administratif sur les Règlements Généraux du District, les Stadistes font appel auprès de la commission des litiges administratifs et sportifs. Coup gagnant du Président DRUART !!! puisque la commission d'appel lui donne raison.

saison 2024-2025 : Le Président Eric DRUART remercie Pascal PELTIER pour ces 2 belles saisons passées et nomme Marius RAPPEZ à la tête de l'équipe première, promus en D2. Après un mercato intelligemment mené par le Président, les séniors A sont champions de D2 et accèdent en D1 - 4ème accessions en 6 saisons pour l' équipe première dont une saison blanche pour cause de Covid.

Malheureusement cette saison est marquée d'un bémol avec la relégation des U16 au niveau District après 3 saisons passées en Ligue Hauts-De-France.

Le Football Féminin à Hénin-Beaumont : Une Histoire de Performance

Aucune équipe n'évoluant pas au niveau national n'avait atteint les demi-finales depuis la création de la compétition. En 2006, le FCF Hénin-Beaumont avait déjà atteint les quarts de finale, sorti par Juvisy (4-0). Le parcours était déjà historique, mais cette fois-ci, les Héninoises, candidates pour retrouver l'échelon national, ont fait encore mieux en se qualifiant pour les demi-finales.

Une seule équipe du troisième échelon du football féminin français avait déjà à atteindre ce stade de la compétition en 2004 : Besançon évoluant alors en D3, championnat national, et avait sorti Juvisy (3-2) après avoir pourtant été mené 2-0 à la pause.

Ce dimanche, Hénin-Beaumont n'a même pas laissé le temps à son adversaire sojaldicien de mener au score. Sur l'engagement, une récupération de Piosek qui trouvait Dufour, profitant d'une erreur de Tandia. Le ballon de Dufour lançait Lewandoski et l'attaquante héninoise arrivée de Reims durant la trêve plaçait d'une frappe du droit le ballon entre le montant gauche de Munich et cette dernière (1-0, 1').

Les Héninoises faisaient front, pliaient parfois mais sans jamais céder à la panique. A la pause, l'entraîneur charentais procédait à deux changements pour tenter de faire basculer le match dans l'autre côté. Mais Soyaux était trop brouillon. Babinga seule face à Degor ratait le cadre (59e), Bourgouin perdait ensuite son duel (67e), puis tentait un lob (69e). Clérac trouvait ensuite le cadre mais Degor était toujours présente (72e).

Et l'aventure sera d'autant plus belle que dans un mois c'est l'Olympique Lyonnais et sa pléiade d'internationales qui sera présente pour la demi-finale. Pour la présidente, Dorothée Degor, qui a réussi à redresser les finances du club, au plus mal, c'est la récompense du travail accompli.

Hénin-Beaumont et sa politique sportive

Le maire a mis en avant le travail des chantiers d’insertion avec l’Association pour le développement durable et solidaire (ADDS), dont la signature officielle de la convention avait eu lieu le matin même. parce que les seniors sont des composantes essentielles de la vie de la cité, ceux d’Hénin-Beaumont sont mis à l’honneur toute l’année, notamment lors de la semaine nationale des personnes âgées, qui se déroule en octobre.

Chaque été, le plan d’eau du Bord-des-Eaux devient le lieu de villégiature des habitants qui ne sont pas partis en vacances… ou en sont revenus ! Concevoir une politique sportive efficace, c‘est avant tout construire un service public local des sports, utile et adapté à l’environnement social, et démographique.

Le Racing-Club de Lens et le contexte du football nordiste dans les années 1930

Les dix dernières années qui précèdent l’entrée en guerre constituent un âge d’or pour le football nordiste. Le palmarès des clubs amateurs ou professionnels constitue l’un des indicateurs de la vitalité sportive d’une Ligue qui compte en 1938 près de 500 clubs affiliés à la FFFA, dont 16 sont engagés en championnats nationaux, sur un total de 43 clubs autorisés : 16 clubs de Division I, 17 clubs de Division II et 10 clubs d’une éphémère Division III mise en place lors de la saison 1936/37. Elle sera supprimée pour des raisons économiques une année plus tard.

D’autres clubs nordistes, engagés dans le Championnat de France Amateur créé en 1934, obtiennent également des résultats honorables. Cette importance numérique des clubs nordistes et leurs résultats montrent qu’ils ont fait preuve d’un opportunisme sportif ayant permis d’intégrer rapidement les principes et exigences du professionnalisme.

Pour la saison 1935/36, le Championnat de seconde division regroupe 18 clubs (au lieu de 14 la saison précédente), dont 1/3 appartiennent à la Ligue du Nord (RC Roubaix, RC Lens, RC Calais, US Boulogne, Olympique de Dunkerque et Amiens AC).

Les transferts de l’intersaison sont moins nombreux que lors de la précédente saison (se reporter au tableau ci-dessous). On peut noter un changement de stratégie et d’orientation du Comité Directeur du Racing, qui dispose désormais d’un effectif professionnel plus homogène.

La transnationalité des transferts renforce la présence des joueurs d’origine étrangère au sein des équipes professionnelles. Ils représentent 30 % en moyenne des effectifs pros des clubs de première division pour la période 1932/39. Pour les principaux clubs nordistes de deuxième division, des proportions légèrement supérieures semblent indiquer une reproduction du phénomène de pillage des clubs d’Europe Centrale et de l’Est déjà observé.

Les nouveaux joueurs recrutés au Racing pour la saison 1935-36 n’échappent pas à ce principe, mettant en évidence la qualité du football professionnel pratiqué en France, et indiquent également que les clubs nordistes disposent de moyens financiers permettant l’acquisition de joueurs de talent : Marian Calinski et Stéphan Dembicki sont d’origine polonaise, Viktor Spechlt est Autrichien (il jouait à l’Austria de Vienne avant d’être transféré au HAC puis au Racing), Edouard Arravit et Abdeslam Ben Ahmed (Olympique marocain puis FC Séville et Tanger) sont originaires d’Afrique du Nord.

Nombre de joueurs étrangers évoluant dans quelques clubs nordistes
Club Saison 34/35 Saison 35/36
Racing-Club de Lens X Y
Racing-Club de Calais A B

Au Racing-club de Lens, la majorité du recrutement et des transferts s’effectue au sein de clubs professionnels : un seul joueur amateur, Marian Calinski (évoluant au poste d’arrière au 3e Génie puis au RC de Sains-en-Gohelle), est recruté pour la saison 1935/36. L’arrivée de Louis Saint-Georges, originaire de l’ASSE, est en fait un retour aux sources, dans la mesure où sa famille était installée à Loos-en-Gohelle.

A la différence du Racing-Club de Calais, dont les évolutions du style de jeu et les choix tactiques ont privilégié un milieu de terrain qui oriente et distribue le jeu, le Racing-Club de Lens continue de privilégier un jeu offensif, à l’image du recrutement effectué pour la saison 1935/36. La morphologie de Stéphan Dembicki, avant-centre massif qui entretient cette représentation athlétique du footballeur, perpétue finalement cette image de robustesse et de virilité qui demeure l’un des fondements du club.

Le calendrier sportif de la saison, calqué sur celui des saisons précédentes, alterne selon un rythme très classique matches de préparation, matches de championnat, matches de Coupe de France.

En dépit d’une saison très inégale sur le plan des résultats (28 victoires, mais 40 % d’entre elles lors de rencontres amicales, 12 matches nuls et 11 défaites), le RCL termine à la 4e place du championnat de Division II. La moyenne du nombre de buts marqués par match (2,14) place le club au troisième rang, derrière le FC Rouen, vainqueur de la compétition (3,5), le RC Roubaix (second avec 2,45) et devant l’équipe des « millionnaires » de l’ASSE (2,04). Ce qui tend à démontrer l’efficacité du recrutement de l’intersaison et le poids des joueurs d’origine étrangère dans les succès enregistrés par le club : ils représentent non seulement les joueurs les plus fréquemment utilisés par l’entraîneur lors des rencontres officielles, mais sont également les meilleurs buteurs du club.

Le recrutement ne peut plus être qualifié d’aléatoire ou répondant à de simples impératifs budgétaires, il devient l’un des moments essentiels de la vie du club, car son efficacité conditionne en partie sa réussite en championnat.

Outre la scientifisation de l’entraînement visible pour le RC-Calais, les stratégies de recrutement répondent donc à des impératifs précis qui se vérifient sur le plan de la stricte comptabilité. Les joueurs nouvellement recrutés et dont les performances sont en deçà des espérances sportives des dirigeants sont transférés en cours de saison (c’est le cas de Saint-Georges prêté en cours de saison à l’USB) ou placés sur la liste des transferts payants dès la fin de la saison (une commission de sélection et de transferts gère ces questions). Le rôle des « recruteurs » des clubs professionnels s’avère donc déterminant : il vient compléter les recrutements internes et les processus de détection au sein des équipes amateurs et de jeunes.

A partir de 1936, le Racing-Club de Lens organise des journées de détection à l’occasion de tournois qui opposent les équipes scolaires des écoles Carnot, Paul Bert et Condorcet.

L’image d’un Racing forcément populaire, émanation directe de la classe ouvrière, doit être singulièrement nuancée dans les années trente, au moins en ce qui concerne le recrutement de ses professionnels : celui-ci répond effectivement davantage à des impératifs sportifs liés à la politique du club, qu’à une volonté réelle de constituer une équipe issue de joueurs-indigènes ».

Ils sont d’abord recrutés, sur la base de leur valeur sportive et de leur efficacité face aux buts adverses, et non pas en raison de leur contribution au processus de construction d’une identité et d’une culture sportives originales. En dépit des discours contemporains constitutifs de la légende des Sang et Or, c’est d’abord autour du stade et dans les tribunes que cette identité populaire se constitue : elle viendra par la suite se greffer sur l’équipe première du Racing.

Au Racing-Club de Calais, la saison 1935/36 est celle du pragmatisme sportif, après l’euphorie raisonnable d’une première saison professionnelle, où le club avait cultivé son originalité. La lecture du Racing semble indiquer que les enjeux et préoccupations des dirigeants du club sont autant liés aux résultats sportifs et à la quête du maintien en D2, qu’au développement d’installations qui assureraient l’équilibre financier du club.

L’introduction du professionnalisme en France a été plus rapide que la mise en place de structures adaptées, notamment au niveau des clubs : les moyens financiers et administratifs de la Compagnie des Mines de Lens évitent au Racing-Club de Lens de se voir confronté à ces difficultés (le siège social du Club est d’ailleurs transféré aux bureaux de la compagnie minière, trace physique de la dépendance ou subordination du club et de l’emprise de la CML).

Le projet d’une régionalisation des compétitions, expérimenté lors de la saison 33/34 en deuxième Division (qui comptait alors un groupe Nord et un groupe Sud), susceptible de limiter les déplacements des clubs, sera finalement mis en place au cours de la saison 1937/38.

Ce projet de régionalisation des compétitions limiterait les fluctuations des clubs au sein de l’élite (abandons suite aux dépôts de bilan, déclassements, etc.) et pourrait contribuer à une stabilisation de celle-ci. Il garantirait l’application d’une stricte logique sportive, sur les principes de montée ou de descente qui dépendraient exclusivement du classement des clubs et non de leur bilan financier. Ce projet semble en tout cas réclamé par le Racing-Club de Calais et sans doute l’Olympique de Dunkerque, au vu de ses résultats financiers.

Les clubs professionnels et surtout ceux de deuxième Division soufrent beaucoup, financièrement parlant, de la distance qui les sépare de leurs concurrents et de l’importance trop grande des déplacements qu’ils ont à effectuer pour les rencontres du championnat. Il est évident qu’en ce qui nous concerne, par exemple, ce n’est pas faire une promenade de santé que d’aller jouer à Nice Montpellier ou Saint-Etienne et que, par ailleurs, ces voyages qui nécessitent plusieurs jours d’absence, ne se font pas sans opérer, dans notre caisse, une « trouée » dont elle se passerait bien.

Ces détails, il faut le reconnaître en toute équité, n’ont pas échappé à l’active Commission des Clubs Autorisés dont les efforts tendent à créer deux groupes dans la Division Interrégionale : un groupe Nord et un groupe Sud, ce qui faciliterait singulièrement la tâche des clubs en leur supprimant d’inutiles frais de déplacement.

Si les dirigeants du Racing font preuve de pragmatisme, ils continuent cependant à entretenir cette « culture de l’élite », caractéristique de l’organisation du football français de l’entre-deux-guerres, dont le professionnalisme représente finalement l’incarnation. La régionalisation des compétitions, qui demeure souhaitable sur un plan strictement organisationnel, ne doit pas s’accompagner d’une paupérisation sportive dont le risque est clairement identifié : l’augmentation numérique des clubs peut en effet entraîner un phénomène de dispersion du public assistant aux rencontres, avec les conséquences sur les recettes déjà évoquées.

C’est finalement un sentiment d’ambivalence qui semble présider aux destinées du Racing-Club de Calais : fierté d’appartenir à une élite sportive, reconnue par les instances fédérales, et qui s’inscrit lentement dans la logique de construction pyramidale du football français. En même temps, volonté manifeste de limiter les excès ou formes de déviances qui résulteraient d’un professionnalisme tous azimuts et qui mettraient en péril l’équilibre financier du club. Pour gérer ces contradictions, le club accepte les arbitrages et décisions de la FFFA, signe que celle-ci a su progressivement imposer son autorité sur la gestion du football professionnel, après sa mise en place « à marche forcée », sous l’impulsion forte des dirigeants des clubs. Les velléités contestataires laissent progressivement leur place au champ de négociations et propositions plus techniques, qui doit rendre compatibles les contraintes de gestion des clubs et le développement du football association en France.

Chez les dirigeants du RCC, la corrélation établie entre le niveau de pratique du club et la taille de la cité qui l’abrite doit assurer sa rentabilité, ce qui suppose par ailleurs des infrastructures adaptées pour l’accueil du public. La fréquentation régulière des stades devient un paramètre essentiel et préoccupant pour les dirigeants des clubs, déterminant en tout cas dans le choix du professionnalisme : c’est la proximité géographique du SC Fivois et la crainte d’un détournement du public lillois qui oblige le président Jooris et l’OL à franchir le pas.

Ce sont ces mêmes interrogations qui agitent le Comité Directeur du RCL, avant que l’appui de la Compagnie des Mines de Lens ne balaie l’objection du nombre d’habitants de la cité minière. A Calais et Dunkerque, les nombreux débats au sein des comités directeurs des clubs respectifs mettent l’accent sur les difficultés des clubs de seconde Division à équilibrer leur budget. Fait extrêmement rare, le bulletin du Racing-Club de Calais présente en février 1936 un état assez précis des finances du club, du moins en ce qui concerne les dépenses et recettes provenant directement de quelques rencontres allers.

A l’issue des matches aller, le Racing-Club de Calais présente un déficit de 16 973,10 francs, provenant en grande partie d’un cumul de résultats négatifs enregistrés lors du déplacement à Calais des clubs du Sud, de l’Ouest et de l’Est de la France. Les inquiétudes des dirigeants du RCC et leur souhait de voir la FFFA tenir compte de critères régionaux dans l’organisation des championnats de France professionnels se vérifient dans ces chiffres.

Ils appellent un certain nombre de remarques, à commencer tout naturellement par la situation de précarité financière du club calaisien à mi-parcours de la saison 1935/36 (d’autant que le tableau ne fait pas mention des dépenses liées aux salaires des joueurs et de fonctionnement). Le déficit enregistré est donc plutôt de type structurel, dans la mesure où les recettes ne suffisent pas à subvenir aux dépenses liées à chaque rencontre. L’accueil des clubs géographiquement éloignés entraîne un déficit systématique lié à l’obligation de remboursement des frais de déplacements des visiteurs (ce qui représente de 30 à 90 % des recettes totales, selon les clubs rencontrés).

Le chiffre moyen des recettes (14 726,35 francs) et les données disponibles pour chaque match montrent une stabilité de la fréquentation du stade Julien Denis et ce quelle que soit l’équipe visiteuse. Seule la rencontre RCC/Olympique de Dunkerque, qui peut être qualifiée de match de proximité plutôt que de derby, connaît un pic d’affluence, en raison du déplacement des supporters du club dunkerquois.

Le tableau met en évidence l’esquisse d’une politique de fidélisation du public, dont l’assiduité aux matches est essentielle à la survie financière du club. Il existe un tarif préférentiel pour les abonnés, et le RCC distribue un nombre important de gratuités : elles représenteraient en moyenne 1/3 de recettes supplémentaires, si le principe n’était pas appliqué. On peut supposer que ce choix d’accueillir un public non payant est une nécessité, si l’on considère les difficultés économiques qui pèsent sur la cité au cours de la période : elles touchent essentiellement des milieux populaires qui constituent l’essentiel du public se rendant au stade. La situation financière de certains clubs professionnels ne s’est pas précisément améliorée.

La moyenne des clubs de la deuxième division professionnelle ne fait pas plus de 10 à 12 000 francs de recettes brutes par match de championnat.

Les chiffres avancés par le club dunkerquois sont très proches de ceux publiés dans le tableau publié par Le Racing en ce qui concerne la fourchette des recettes brutes et les divers prélèvements opérés. Pour le RCC, la situation est cependant plus préoccupante que celle de la majorité des clubs de deuxième Division. La prés...

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