Le Stade de la Meinau, plus qu’une enceinte sportive, est un lieu chargé d’histoire depuis plus de 100 ans. Equipement majeur de la métropole strasbourgeoise, il est installé dans le parc de la coulée verte entourant la ville, lui conférant un caractère exceptionnel entre ville et parc. Grâce à sa localisation et à son histoire, le Stade de la Meinau est un repère urbain fort qui marque son territoire.
A la base, le stade de la Meinau n’était pas l’antre du Racing, mais le jardin Haemmerlé. Un club de football, le FC Franconia, y avait aménagé un terrain de foot depuis le début du XXe siècle.
En 1906, le restaurant décide de louer une prairie du Jardin au Fussball Club Frankonia, fondé en 1900 par des Allemands venus à Strasbourg après l’annexion de 1871. Le club transforme progressivement le pré en terrain de football, en nivelant le sol et en installant des « poteaux de but noir et blanc ».
En 1914, les dirigeants du FC Neudorf convainquent le propriétaire du jardin Haemmerlé de signer un bail de location pour un loyer annuel de 300 marks. Après un âpre combat juridique, c’est un autre club, le Fussball Club Neudorf, renommé Racing Club de Strasbourg en 1919, qui signe, un peu avant la déclaration de guerre de 1914, un bail pour l’utilisation de cette prairie entourée de jardins familiaux. Le FC Neudorf est devenu Racing Club de Strasbourg et l’année 1921 est décisive pour la Meinau.
Il faudra attendre la fin de la Grande Guerre pour retrouver le stade. En effet, la première tribune a été construite en 1921. La « tribune assise », construite en 1921, est d’abord un support publicitaire pour les automobiles Mathis, sponsor du RCS, avant de faire la promotion des Chaussures Lienhardt.
Au début des années 1930, le Racing s’est imposé comme la principale équipe de football de la ville puis de la région. Le début des années 30 voit ainsi la construction de ce qui peut être considéré comme la première tribune populaire du Racing. Toujours en bois, elle peut contenir de 2000 personnes, est inaugurée en 1933 et devient très vite le lieu de rassemblement privilégié des Strasbourgeois fans de leur équipe.
L’année 1938, le stade de la Meinau connaît un petit ravalement de façade. De nouveaux escaliers ! Des virages rénovés ! Des vestiaires modernisés ! Des lignes téléphoniques installées !
Pour la seule fois de son histoire le stade de la Meinau accueille en effet un match de la Coupe du Monde : Brésil-Pologne, huitième de finale. Le Brésil de Léonidas, meilleur buteur de la compétition, finira par s’imposer par six buts à cinq, après prolongations !
En juillet 1940, alors que l’Alsace était annexée par l’Allemagne, le Racing devenait le Rasensport et participait au championnat organisé par la Fédération allemande. Annexé par l’Allemagne nazie en 1940, le Racing devenait le Rasensport et participait au championnat organisé par la Fédération allemande.
Une fois la guerre terminée, la vie - et le football - ont pu reprendre leurs droits. À la fin des années 1940, la municipalité, propriétaire des lieux depuis 1927, décide de rénover le stade.
En 1950, le Conseil Municipal décide d’entreprendre une rénovation en profondeur du stade. Une nouvelle tribune d’honneur couverte en béton armé de 2 500 places et des nouveaux gradins sont inaugurés en 1951. Les nouveaux équipements inaugurés en 1951 comprennent une salle d’éducation physique et sportive, ainsi qu'une tribune de presse. En plus des vestiaires, douches, et même une infirmerie, sept logements furent construits pour les joueurs. Le stade, dédié jusqu’alors exclusivement au football, est doté d’une piste d’athlétisme comportant six couloirs. Le stade, pouvant accueillir désormais 30 000 spectateurs.
Quelques années plus tard, une nouvelle tribune d’honneur de 2500 places assises était construite (côté Nord), en même temps que l’aménagement de gradins derrière les buts et une nouvelle piste d’athlétisme.
En 1978, rebelote : la municipalité décide de reconstruire le stade en vue du Championnat d’Europe de football de 1984 organisé en France. La DeLorean réalise un gros saut dans le temps puisque l’on se retrouve à la fin des années 70. Les tribunes sont démolies et reconstruites une à une pendant cinq ans. Les premiers travaux démarrent en avril 1979 pour la tribune Ouest, qui compte en son sein les bureaux du club. Les travaux se sont poursuivis en plusieurs tranches jusqu’en 1984 afin de limiter les conséquences sur les matches. Un stade moderne voyait alors le jour, unanimement reconnu comme l’un des plus beaux d’Europe.
L’année 1984 revêt une importance toute particulière pour Strasbourg et sa Meinau. Le championnat d’Europe qui se déroule la même année voit deux matches dans la capitale alsacienne, dont notamment la rencontre entre la RFA - on était toujours en période de Guerre froide - et le Portugal.
La Meinau devient institution européenne : en 1988, à l’occasion du bimillénaire de la ville de Strasbourg, c’est la finale de la coupe d’Europe des vainqueurs de coupes qui s’est déroulée à la Meinau entre deux villes flamandes : Amsterdam et Malines. Dans la journée, 600 cars venus des Pays-Bas et de Belgique, plus 152 de France, étaient arrivés en ville.
En 1992, l’organisation de la Coupe du monde 1998 est confiée à la France. Un an plus tard, Michel Platini, coprésident du Comité français d’organisation, propose à la ville de Strasbourg d’agrandir la Meinau pour pouvoir y participer. Le coût de la remise à niveau s’élève à 200 millions de francs.
En 1996, l’équipe de France A s’y est produite à trois reprises : en 1968 contre la Norvège (0-1), en 1984 contre la RFA (1-0) et en 1996 contre la Finlande 2-0).
Au printemps 2001, pour répondre aux nouvelles normes de sécurité, la capacité du stade a été réduite à 29 000 places, avec aussi le remplacement du grillage par une fosse et l’installation d’un nouveau système de vidéo-surveillance.
Plusieurs projets de rénovation ou reconstruction se succèdent ensuite. L’ancien joueur du club Marc Keller, devenu manager général en 2001 (et actuel président du RCSA !), prépare une possible extension de l’enceinte à 35 000 places, en augmentant la capacité des tribunes nord et Est. A la fin de l’année 2003, la municipalité, qui reste encore aujourd’hui propriétaire de l’enceinte, accepte de prendre en charge la réparation des panneaux d’affichage et du système sonore.
En 2008, émerge le projet de construction d’un stade multifonctionnel, baptisé Eurostadium. En ligne de mire : l’Euro 2016. Il est prévu que le stade soit financé sur fonds privés (groupe Hammerson) et que le RC Strasbourg en soit le « concessionnaire exploitant ». Doté d’une capacité de 42 700 places, le projet de nouveau stade (250M€) comprend également 90 000 mètres carrés de surface commerciale. Le tout, hors de la Meinau, à proximité de l’aéroport d’Entzheim. En 2009, le projet tombe à l’eau.

Lors du dépôt de bilan de 2011, l’abandon du stade a été un temps évoqué en raison de son coût. Le choix d’y rester a été finalement fait, à juste titre : la Meinau est restée très fréquentée et le public a fortement accompagné le Racing dans son retour au haut niveau.
Depuis l’été 2023, la Meinau est entrée dans une ère nouvelle. En concertation entre le club et les collectivités territoriales, un projet d’extension-restructuration de l’enceinte strasbourgeoise est désormais enclenché. Un chantier de 160 millions d’euros redessine son avenir et façonne son rôle au sein du territoire alsacien. Ce n’est pas seulement un stade qui grandit, c’est une ambition collective qui s’élève.
Depuis 1984, date de son inauguration dans sa forme actuelle, la Meinau n’avait pas connu de transformation majeure. Aujourd’hui, ses 26 100 places vont s’élargir pour atteindre 32 000.
Le projet frappe par son audace architecturale. L’idée la plus spectaculaire est l’utilisation de fuselages d’Airbus A340 recyclés en panneaux brise-soleil. Une première mondiale, imaginée par Populous et Rey-de Crécy, qui habillera la façade sud. Vingt-cinq avions transformés en 196 pièces d’aluminium viendront donner une identité unique au stade.
Mais ce n’est pas qu’une affaire d’esthétique. La démarche écologique est partout. Panneaux photovoltaïques, récupération d’eau de pluie, éclairage LED, raccordement à un réseau de chaleur durable. Même la biodiversité est au cœur du projet avec la plantation de 650 arbres pour compenser les abattages.
La tribune Sud, entièrement repensée, comptera 11 000 places et deviendra un symbole architectural. Un atrium vitré de cinq étages abritera des espaces de réception, des salons, 32 loges et deux « party decks ». Ces plateformes festives offriront une expérience unique, entre convivialité et spectacle.
Les autres tribunes ne sont pas oubliées. Le Kop Ouest passera de 3 500 à 5 000 places. Les tribunes Nord et Est verront leurs gradins rapprochés du terrain. Une coursive couverte à 360° facilitera la circulation et renforcera l’expérience spectateur.
Un tel projet ne pouvait voir le jour sans une mobilisation exceptionnelle. L’Eurométropole de Strasbourg investit près de 76 millions d’euros. La Région Grand Est apporte 37,5 millions, la Collectivité européenne d’Alsace et la Ville de Strasbourg environ 19 millions chacune. Le Racing, lui, complète à hauteur de 9 millions. Plus qu’un chantier, c’est un projet de territoire. Mais l’engagement n’est pas seulement financier. Plus de 62 000 heures de travail sont consacrées à l’insertion professionnelle.
Le projet ne se limite pas au stade. Une fan zone de 33 000 m², ouverte tous les jours, va voir le jour. Elle pourra accueillir 5 000 personnes et devenir un véritable lieu de vie. Terrasses, animations, espaces végétalisés : la Meinau s’ouvre au quartier et se transforme en place publique. Plus de 620 arbres seront plantés autour, avec 18 essences différentes, et près de 9 700 m² de surfaces seront désimperméabilisées. Résultat attendu : une baisse de 4°C en période estivale.
La transformation de la Meinau ne passe pas inaperçue. Le projet a déjà décroché plusieurs distinctions internationales. Premier prix dans la catégorie « Stadium Development » aux ESSMA Stadium Industry Awards. Grand Prix dans la catégorie « Green Architecture » aux Paris Design Awards 2023. Ces reconnaissances confirment que la Meinau s’inscrit dans une nouvelle dimension.
Le chantier suit un plan précis. Été 2025 : livraison de la tribune Sud et installation des fuselages. Automne 2025 : restructuration des tribunes Nord et Est. Été 2026 : fin des travaux et ouverture de la fan zone.
Au final, cette transformation dépasse largement le cadre du sport. La Meinau devient un symbole. Elle marie patrimoine centenaire et audace architecturale, respect de l’environnement et ambition collective. Elle offre au Racing un stade à la hauteur de ses supporters, mais aussi à la ville un outil rayonnant. Strasbourg entre dans une nouvelle ère, et la Meinau en est le témoin privilégié. Plus qu’un chantier, c’est un héritage qui s’écrit sous nos yeux.
Si le Racing a déjà pris possession de son stade réhabilité, mais encore partiellement en chantier, lors des réceptions de Brondby et Nantes le mois dernier, l’inauguration officielle de la nouvelle tribune sud de 11 000 places constitue un premier aboutissement. Revenu de nulle part après le dépôt de bilan de l’été 2011 et désormais européen à l’issue des barrages de la Ligue Conférence, le club strasbourgeois renaît aux grandes ambitions. Il pourra s’appuyer à partir de novembre, quand la tribune nord sera à son tour opérationnelle, sur un stade de 32 000 places à la fois moderne, fervent et générateur de nouvelles recettes.
Aujourd’hui, nous découvrons le stade entre les troncs et la cime des arbres. Cette atmosphère du stade dans la nature est à conserver et renforcer. Les qualités environnementales sont aujourd’hui une préoccupation incontournable dans tout projet de construction neuve ou rénovation. Ces qualités permettent de maîtriser l’impact du projet sur son environnement, en agissant sur matériaux de construction, les concepts techniques et l’exploitation.
STRASBOURG :Voici à quoi ressemblera le futur stade de la Meinau !
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