Les drapeaux aux couleurs du Stade Dijonnais peuvent à nouveau s'agiter ! Après des moments difficiles, le club de rugby de Dijon entame une nouvelle ère. Cet article explore les développements récents, notamment le recrutement de joueurs, la reprise des championnats jeunes et les projets de reconstruction du club.

Un Nouveau Départ Après la Liquidation Judiciaire
Le tribunal de commerce a décidé de placer l'association du Stade Dijonnais en liquidation judiciaire, six mois après le dépôt de bilan de la structure professionnelle. Le club va devoir repartir de zéro. Plusieurs projets de reprise existent, certains rachetés par des membres du club pour faire renaître cette structure.
La Ligue de rugby et la Fédération Française ont finalement tranché sur le cas du Stade Dijonnais mis en liquidation judiciaire. Elles ont accepté le dossier de reprise présenté par deux anciens joueurs du club, Rémy Cabus et Emmanuel Chevassus.
Le groupe stratégique s'est réuni et a créé un nouveau numéro d'affiliation. L'association qui s'appelait Stade Dijon Côte-d'Or a été mise en sommeil suite à la liquidation. Il y a la nouvelle association qui s'appelle le Stade Dijonnais qui est de nouveau affiliée à la FFR. Les licences, notamment du pôle "jeunes" et de toutes les écoles de rugby, sont en cours de transfert de l'ancienne association à la nouvelle.
Les rugbymen du Stade Dijonnais ont repris l'entraînement, quatre mois après la liquidation du club. Une partie des anciens joueurs, ceux de Nationale 2, sont restés malgré la rétrogradation en Régionale 1. Au cœur du nouveau projet : formation et envie de fédérer.
Les supporters étaient nombreux pour la reprise du championnat du Stade dijonnais, rétrogradé en Régionale 1. Un soutien important pour les rugbymen, après les moments difficiles suite à la liquidation judiciaire du club. Les Dijonnais l'ont emporté face à Chagny.
stade dijonnais saison 92/93
Reprise des Championnats Jeunes
Une décision qui permet surtout et dès maintenant de relancer les championnats jeunes, mis à l'arrêt suite à la liquidation de la précédente association sportive.
C'est plutôt un soulagement puisque ça faisait quand même deux semaines qu'il n'y avait plus d'entrainement, plus de matchs. Wilfried Le Goff, éducateur du Stade Dijonnais, explique : "Je pense principalement à tous les mineurs, qui étaient quand même "otages" d'une situation un peu ubuesque, un peu inédite aussi, pour des soucis administratifs de type "guerre de succession". Mais c'est tous les jeunes qui en patissaient et qui ne pouvaient plus jouer."
Cette reprise de l'activité permet donc aux écoles de rugby d'accueillir à nouveau les jeunes, même si les ambitions en championnats sont forcément revues à la baisse, mais l'important n'est pas là pour Wilfried Le Goff.
"On repart, on recommence, on continue à jouer. Là, l'objectif était de relancer le championnat ce weekend pour ne pas être déclaré forfait général. Et après? Il sera bien temps qu'on se réunisse, que les choses s'apaisent et qu'on puisse collectivement réfléchir à l'avenir du club. Même si maintenant on sait que les ambitions sont revues complètement à la baisse par rapport à la fédérale. C'est le problème des adultes. Il viendra plus tard et notamment par la construction de ce qui se fera en école de rugby et sur le pôle jeunes. Le jeu reprend. C'est tout ce qui compte ! Je pense aussi aux parents qui sont battus également. Ils sont vraiment tous mobilisés. Ils étaient tous très, très motivés, très inquiets et très impliqués pour leurs enfants jouent. Donc ça, c'est génial !" s'enthousiasme l'éducateur.
Reconstruction et Ambitions Futures
Le Stade dijonnais aura, quoi qu’il advienne, marqué de son empreinte l’exercice. Confrontée à de grosses difficultés financières, la formation bourguignonne, alors en Nationale 2, a été contrainte de déclarer forfait général en tout début de saison.
Pour écrire une nouvelle page de l'histoire du Stade Dijonnais, les co-présidents Emmanuel Chevassu et Rémy Cabus ont choisi de mettre l'accent sur la formation. "On a un projet long terme et on se recentre sur notre école de rugby. On a aussi créé une section sportive dans plusieurs collèges du coin. On a voulu avoir des fonctions support dans le club pour gérer le quotidien des jeunes", détaille Rémy Cabus.
L'idée, c'est aussi de fédérer les supporters, de leur donner envie de venir au stade Bourillot. "On va tout mettre en place pour que les gens passent un moment aussi à l'extérieur du terrain avant le match et après le match", affirme Emmanuel Chevassu.
Pour ça, les dirigeants préparent une soirée de présentation des plus de 300 licenciés du club, début septembre, juste avant le premier match de la saison.

Le Parcours Remarquable de l'Équipe Espoirs
Pourtant, les couleurs du club continuent de briller chaque week-end à travers l’équipe Espoirs, qui vient d’enchainer sa 18ᵉ victoire consécutive. Le manager Simon Dupuy, également entraîneur des avants de la sélection suisse, nous plonge dans les coulisses de cette folle saison, dont les rebondissements sont encore loin d’être terminés…
La nouvelle avait frappé comme un coup de tonnerre au tout début de l’automne : après quatre journées de Nationale 2, le Stade dijonnais devait mettre la clé sous la porte. « C’était d’une violence inouïe. Le projet tenait la route, les mecs étaient super investis, puis tout est allé super vite. Juste après avoir battu le leader, c’était la fin du bal (contre Bédarrides, alors invaincu). À l’époque, on ne savait même pas si on allait pouvoir continuer avec les espoirs » se souvient Simon Dupuy, qui intervenait également au sein du groupe première.
Plongée dans le brouillard, l’équipe Espoirs du club bourguignon a finalement pu tracer sa route : « On s’est resolidarisé auprès des jeunes. On a réussi à créer une identité de groupe autour de cette idée de reconstruction, de « chien d’la casse », comme disent nos joueurs. Au début, on pensait que chaque match allait être le dernier, donc on s’appuyait sur ce leitmotiv pour performer », nous confie le technicien.
« Je ne pense pas qu’il y ait de recette secrète, c’est avant tout un groupe de potes. » Galvanisés par cette situation, les jeunes stadistes, qui avaient perdu leur match d’ouverture sur le terrain du Rennes Etudiants Club, n’ont depuis plus connu le goût de la défaite. En s’imposant à Nantes le week-end dernier, les Dijonnais ont signé leur 18e victoire de suite.
Simon Dupuy ajoute : « Je ne peux que mettre en avant l’investissement du staff et des joueurs, ce sont eux qui permettent un environnement bienveillant et sécurisant au bénéfice de nos performances. Le plus important, c’est la richesse humaine de l’équipe. Je n’ai rarement entraîné un groupe aussi bosseur, c’est facile et plaisant, même s’il y a toujours un peu d’ego à gérer (rires). Car à force d’enchainer les victoires, on tombe un peu dans la facilité, notamment aux entraînements, alors on est obligé de faire la chasse à la suffisance. »
Les week-ends se suivent et se ressemblent pour le Stade dijonnais, qui finit toujours par s’imposer, en faisant tomber tous ses adversaires les uns après les autres. « Certains diront que l’on est dominateurs car il n’y a plus de première et qu’aucun joueur ne monte, mais j’estime que l’on a un groupe de qualité et que, même si l’équipe fanion avait pu continuer, on ne serait pas loin du nombre de points que l’on a actuellement », se défend le manager bourguignon.
Simon Dupuy insiste sur le fait que la réussite de son groupe ne dépend pas du forfait de la Nationale 2, avec un argument infaillible : « Lorsque l’on regarde nos feuilles de matchs, on n’a qu’un seul joueur hors d’âge, un ailier, sinon les gars sont tous dans la tranche d’âge espoirs. On a récupéré des joueurs passerelles et on est cinquante aux entraînements, il y a un fort sentiment d’appartenance, ce qui participe aux bons résultats. » Des résultats que Simon Dupuy tente de perfectionner en effectuant un travail de préparation mentale.
Tous ces facteurs minutieusement travaillés font que les jeunes dijonnais ont aujourd’hui une Côte d’Or. Mais la grande question est de savoir : jusqu’où peuvent-ils bien aller ? « Pour l’instant, on n’a pas le droit de participer aux phases finales, à cause du dépôt de bilan. » Mais un projet est en train de se lancer avec les deux entraîneurs de la première du début de saison. Rien n’est sûr pour le moment, mais les dirigeants sont en cours de négociation pour repartir en Fédérale 3 ou en Régionale 1…
Une des seules certitudes, c’est qu’à Dijon, l’amour du ballon ovale ne s’est pas volatilisé en même temps que l’équipe fanion, car l’engouement autour de cette jeunesse triomphante est grandissant.
Ce contexte a également permis de se rapprocher des féminines du club. On a créé un lien qui n’existait pas avant et désormais, ça nous arrive de faire leur lever de rideau et de développer des projets en commun.
Une Saison Difficile en Nationale, des Leçons à Tirer
Le Stade dijonnais n’a pas réussi à inverser la tendance dans les ultimes rencontres et à se maintenir en Nationale. Philippe Verney analyse avec justesse les raisons de l’échec et qui porte un projet toujours ambitieux pour son club de cœur.
Philippe Verney : « Oui bien sûr, la Nationale est un très beau championnat que nous avons déjà pu expérimenter la saison passée, dans laquelle chaque week-end nous côtoyons des clubs historiques du rugby français tels qu’Albi, Bourgoin-Jallieu, Dax, etc. Nous avons fait une belle 2e partie de saison, c’est la raison pour laquelle nous avions fait le choix de prolonger le manager Benjamin Noirot à la tête de l’équipe et du recrutement.
Une chose est sûre, beaucoup de choses vont changer : dans nos choix, dans le management, la gestion et la dynamique installée. La « phase commando » pour reprendre vos mots, aurait dû être lancée dès le 1er jour de rentrée en juillet, dans les têtes de chaque acteur du groupe et de l’ensemble du club. Mea Culpa.
Le Stade Dijonnais est un club professionnel en constant développement et la relégation est abordée comme une étape de plus à franchir, mais ne remet en rien en question notre projet. Nous allons justement saisir cette descente pour continuer de restructurer en profondeur le club.
Philippe Verney : « Du management et de la cohésion avant tout. Aujourd’hui on voit des équipes qui ont le même profil que nous en termes de budget maintenues en Nationale parce qu’elles ont su créer un groupe et pas une somme d’individualités, quand bien même qualitatives. Il nous a manqué de la rigueur à toutes les étages, du professionnalisme et de l’envie dans certaines périodes cruciales de l’année. Une discipline que nous allons, tous autant que nous sommes, remettre au cœur de la dynamique du club.
Une frustration que nous avons portée toute la saison en fin de match, ou quasiment à chaque fois, alors que nous étions devant au score, nous n’avons pas pu tenir ce score et avons perdu les points en route.
Philippe Verney : « Oui, nous aurions aimé voir cette équipe toute la saison. Ils ont eu confiance en eux, comme nous avions confiance en eux. Ils y ont cru, se sont battus et n’ont rien lâché malgré les rebondissements du match.
Philippe Verney : « Oui évidemment, on voit bien que le haut de tableau est composé des clubs avec les budgets les plus conséquents. Quand on dit « c’est la loi du sport », cette loi comporte largement la notion de budget, même si parfois certains créent la surprise. Nous travaillons chaque année avec nos partenaires privés pour leur proposer des prestations qui répondent à leur demande et d’ailleurs le montant des partenariats augmente chaque année. Nous sommes très privilégiés quant à la fidélité de nos partenaires et je les en remercie chaleureusement une nouvelle fois.
L’augmentation de capital est assurément en place et la descente en Nationale 2 ne change rien. Car il faut le dire cette Nationale 2, dont ce sera la 1ère édition, sera elle aussi, un super championnat avec les meilleurs clubs de Fédérale 1.
Philippe Verney : « Vous savez, souvent, nous les dirigeants de club, répétons à quel point nos entreprises partenaires sont importantes, dans les meetings, auprès des joueurs, auprès du grand public, mais sincèrement et sans langue de bois, nous avons une chance inouïe de pouvoir compter sur eux, dans les bons comme les moins bons moments. Quasiment tous nos partenaires repartent pour la saison prochaine, nous en avons même de nouveaux, dans de nouveaux secteurs d’activités qui sont arrivés après l’annonce de la relégation… Que ce soit pour nos partenaires historiques ou pour les nouveaux, nous devrons leur faire honneur, sur et en dehors du terrain.
Philippe Verney : « Il y a des départs, certains prévus, d’autres regrettés, et d’autres que nous laissons partir par choix du club afin d’assainir le groupe. Encore une fois, on ne va pas se mentir, quand tu passes une saison comme celle-ci, il est préférable de repartir sur une nouvelle dynamique. Et nous sommes très heureux de compter sur les joueurs qui ont fait le choix de rester à Dijon et relancer la machine. Soyez en sûr, ceux qui restent avaient tous des propositions pour jouer ailleurs et au niveau au-dessus, mais ils croient en leur destin et celui du club.
Philippe Verney : « La construction, voilà ce dont je suis fier aujourd’hui. En effet, l’équipe pro est la tête d’affiche du club, mais ce n’est pas la seule équipe. Aujourd’hui le club compte plus de 400 licenciés dont 10 catégories jeunes, allant des Baby Rugby aux Espoirs. Ce sont des dizaines d’éducateurs bénévoles formés qui donnent chaque jour de leur temps et s’investissent pour que grandissent ces jeunes. Nos Cadets et Juniors évoluent dans des championnats nationaux, encadrés entre autres par des joueurs pro détenteurs du diplôme d’entraineur. Le niveau d’encadrement évolue aussi et tend vers ce qui se fait dans les centres de formation de clubs professionnels de Pro D2 et Top 14, il ne manque plus que les infrastructures qui nous permettront d’être au niveau auquel on aspire. D’ailleurs nous allons être labellisés Centre de Formation et le directeur sera Romain Kusiolek, notre demi de mêlée, tout juste retraité et entraineur principal des Espoirs depuis cette année. Encore un amoureux du club, qui travaille comme un forcené pour développer son équipe espoirs. Il opère d’ailleurs un recrutement de qualité dont nous sommes très fiers.
En parallèle sont créées des ententes entre les clubs voisins que nous appelons « Bassin dijonnais » et de Côte-d’Or sur les équipes jeunes, afin de permettre à tous les joueurs tous niveaux confondus de pouvoir pratiquer leur sport.
Philippe Verney : « Oui tout à fait, les collectivités locales nous soutiennent et ce malgré la descente. En effet, nous avons hâte de voir la première pierre des nouvelles infrastructures qui font partie intégrante du développement du club. En bref : un accueil partenaire et grand public amélioré et optimisé ; une offre de prestations étoffée, point majeur du développement économique du club ; des infrastructures sportives aux normes pour les pros et les équipes jeunes, optimisant le travail.
Philippe Verney : « Remonter en Nationale oui ! Quand ? Chaque chose en son temps. Soyons performants dans un premier temps. N’y voyez pas de fausse modestie, mais il faut aussi être prudent. Ce n’est pas parce qu’on arrive de Nationale que la tâche sera facile. On va jouer contre des équipes qui sont sur une tout autre dynamique : elles montent d’une division, elles ont construit un groupe qui fonctionne, ont joué ensemble toute la saison, gagné ensemble toute la saison, nous avons tout à refaire. Et puis, a fortiori, nous aurons un statut de favori avec Aubenas, malgré nous, position qui nécessitera un engagement sans faille de chaque instant de l’équipe et du club. Cela étant dit, il est bien évident que le mot d’ordre sera « le combat ».
Malgré nos résultats, nos supporters, partenaires et bénévoles ont été présents en nombre lors du dernier match à domicile. Nous avons fait le choix de faire de ce match un jour de fête, en effet ce n’est pas fêter une descente mais célébrer l’investissement de tous les acteurs du club pendant une saison.
Cette saison aura été mouvementée; tantôt marquée par des résultats en dents de scie de l’équipe professionnelle, une relégation sportive et le départ du président historique , tantôt aussi marquée par l’arrivée d’un nouveau Conseil d’Administration, par une fin de saison où la solidarité avait repris ses droits grâce à un public dijonnais incandescent, par la mobilisation de tout un club, des catégories jeunes compétitives et par le magnifique parcours du groupe espoirs qui termine vice-champion de France.
Vous l’aurez compris une page se tourne, et le Stade Dijonnais écrit une nouvelle page de son histoire pour ses 100 ans. Un nouveau Conseil d’Administration, une nouvelle présidence, un nouveau staff, un nouveau groupe, une nouvelle dynamique, de nouveaux objectifs à courts et moyens termes mais une politique de club toujours portée vers la formation et surtout l’envie d’incarner et véhiculer des valeurs de convivialité, d’humilité et d’abnégation.
Depuis plusieurs mois, le Conseil d’Administration travaille sur la saison à venir. Le modèle économique du club ayant changé, il était important d’opérer des changements structurels et de fonctionnement importants, principalement portés sur l’équipe première qui était 100% professionnelle depuis 2017 et qui évoluera vers un modèle de pluriactivités.
Ce maintien en Nationale 2, ce n’est pas d’ailleurs pas que le maintien de l’équipe première, mais de tout un club. Les Espoirs évolueront donc de nouveau dans le championnat des Espoirs nationaux, avec un Centre de Formation en plein essor avec à sa tête Romain KUSIOLEK et des équipes jeunes qui se structurent également avec entre autres, la nomination de Lucas LIABOT comme responsable des U16 et U18.
Le Stade est repensé, et doit apprendre de ses erreurs et ce, à tous les niveaux, c’est aussi comme ça qu’un club grandit.
Concernant l’intersaison, le recrutement sportif opéré par Lionel GRAND, le nouvel entraineur principal de l’équipe première est quasiment terminé. Pierre AUBOEUF, manager du Pôle Espoir de Dijon, quitte le groupe espoirs et rejoint le staff de la première comme entraineur des avants. Il sera également le garant de l’unité et de la transversalité du projet de jeu de l’équipe première jusqu’au baby-rugby.
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