Le Stade Blayais Rugby, un club avec une histoire riche et passionnante, a marqué le paysage sportif de Blaye et de la région. Cet article explore les moments clés de son évolution, de sa fondation à ses succès en Fédérale 3.

Les Débuts: La Naissance d'une Passion
Le 29 février 1896, un professeur d’éducation physique du collège, M. Laysan, fonde une entité sportive de gymnastique, escrime, tir et marche qui prend pour nom « Les Enfants de Blaye ». Sept ans plus tard, en 1903, Eugène Doré, alors élève du collège, réunit quelques camarades du collège et de l’école laïque et, au cours d’une réunion qui eut pour cadre le Café de Bordeaux, décide de former une équipe de « barrette « (rugby-football) au sein des « Enfants de Blaye ».
Le résultat est inespéré et rapidement 494 adhérents s’inscrivent à cette barrette. Trop pris par ses études, Edouard Doré abandonne la présidence à son père, Eugène qui pratiqua le ballon ovale en Angleterre dans les années 1883-1884. Le flottant est blanc.
Les joueurs avaient pour noms Doré, Batier, Douillet, Huet, Piton, Scoto, Chabot, Hourtin, Palirel, Turpin, Gruel, Adelard, Nicolon, Escalère, Bergereau, Langlais, Eyquem, Chassagne, Faury, Moreau, Etchegarray, Bourgoin, Mothes, Barrère, Dehon…La section rugby remportait partout des succès.
Au cours de la saison 1906-1907, les Enfants de Blaye, qui jouaient en deuxième série de Côte d’Argent, jouèrent les quarts de finale contre Libourne puis la demi-finale à Agen qu’ils remportent grâce à un drop de Chabot. En finale, ils furent battus par le Bordeaux Étudiants Club à Blaye sur un terrain qui était alors situé sur la place des Cônes. La saison suivante, ils jouèrent la finale contre Périgueux et s’inclinèrent une nouvelle fois.
Cette époque faste dura jusqu’en 1910 où des discordes provoquèrent une scission. « L’Union sportive Blayaise » fut alors fondée avec pour président M. Artus et comme vice-président M. Gillet. La principale activité sportive de ce nouveau club est le rugby.
L'Entre-Deux-Guerres: Consolidation et Reconstruction
Après la première guerre mondiale, le 21 juin 1919, « l’Union sportive Blayaise » et « les Enfants de Blaye » formèrent une seule entité : l’Union Sportive des Enfants de Blaye avec M. Girardeau. À cette époque, le Stade Blayais loue à Mme Emerit un terrain (terrain Honoré Giraud actuel) où sont érigés tribunes, vestiaires et buvette.
En 1924, Honoré Giraud est élu président et décide de la construction d’une piste en terre battue avec virages relevés autour du terrain de rugby. Quelque temps plus tard, le Stade Blayais devient propriétaire du terrain. En reconnaissance du grand dévouement de son président, le bureau décide de baptiser ce terrain, Stade Honoré Giraud.
À la déclaration de la seconde guerre mondiale, le sport tombe en sommeil. Le stade Honoré Giraud est réquisitionné dans un premier temps par l’occupant. Il est transformé en camp militaire. Après de longs et pénibles travaux de remise en état du terrain Honoré Giraud, le Stade Blayais reçoit l’équipe première de Saujon pour un match amical de rugby le 20 octobre 1946.
Les Années 1950-2000: Périodes de Hauts et de Bas
Au cours des années cinquante, le Stade Blayais, connaît quelques péripéties, avec la disparition de la section rugby en 1957 qui renaît douze années plus tard.
L’idée de sa réalisation remonte à 1941. M. Delord pensait toujours doter la ville d’un parc des sports moderne. Après avoir pensé à divers emplacements, regardant un jour l’extraction de la pierre de la carrière des Cônes, il imagina l’implantation du stade dans ce cadre exceptionnel. Cependant, la surface réglementaire exigée par le commissariat aux sports ne pouvait s’inscrire dans la partie disponible.
C’est alors que le miracle se produisit : les soldats américains qui stationnaient à Bussac acceptèrent d’extraire la pierre pour agrandir le plateau et mirent de gros moyens en action : concasseurs, bulldozers, etc... Cette première partie du projet fut inaugurée en 1961. Enfin, c’est pendant la mandature de M. Grasillier que la piste, le terrain, les drainages, la pelouse, la main courante virent le jour.
Après avoir figuré en Honneur, promotion d’honneur, première et deuxième séries jusqu’en 2003, le Stade Blayais a été promu en fédérale en 2003 avec un titre de champion de France des réserves de Fédérale 3 en 2006 à Joué-lès-Tours en battant en finale la VGA Saint-Maur. Le club Haut-Girondins est redescendu en Honneur en 2007 puis est remonté en Fédérale 3 en 2016.
Depuis 2001, le Stade Blayais a connu plusieurs présidents : Serge Robin, Eric Broquaire, Bernard Lebreuvaud, Philippe Dupont, Jean Chaboz, Jean-Pierre Lézé, Hervé Gradowski, Pascal Pezzani.

Le Stade Blayais Aujourd'hui
Dans quelques mois, le terrain planté depuis plus d’un siècle au pied des remparts de la célèbre citadelle de Blaye va s’inscrire dans un nouveau décor. Le bâtiment qui abrite la vieille piscine et les vestiaires vétustes sera détruit et au même endroit, la municipalité va construire de nouveaux vestiaires. Le Stade Blayais Haute Gironde disposera enfin d’une infrastructure confortable et surtout mieux adaptée à un club de 320 licenciés. Le président Pascal Pezzani se félicite de voir le projet tant attendu devenir réalité mais il ne modifiera pas d’un iota une gestion sportive empreinte de sagesse et dénuée d’ambitions démesurées.
Les Blayais savent par expérience que leur isolement dans le nord du département est un avantage quand il s’agit de conserver leurs joueurs, mais également un inconvénient s’ils souhaitent attirer de jeunes éléments.
Subissant la mise en valeur de quelques disciplines olympiques concurrentes, ses effectifs ont subi une très légère érosion qui ne sape pas le moral de Franck Pucheu toujours combatif : « On bataille sur un territoire qui ne possède pas une profonde culture rugbystique. Nous allons faire des efforts, reprendre la prospection car nous tenons à être autonome dans toutes les catégories. C’est notre leitmotiv depuis plusieurs années. Nous voulons que nos jeunes se pénètrent d’une culture club pour les emmener au pied de la catégorie seniors. » C’est le cas des cadets et des juniors auxquels l’ex brillant attaquant Benoît Grenier de Nabinaud doit transmettre ses convictions et sa passion.
Les seniors qui ferraillent en Fédérale 3, intraitables sur leurs terres, plus friables loin de leur base, ont aussi un rôle majeur à jouer dans l’évolution du Stade Blayais. Pour que le joli décor en bleu et blanc soit complet, le SBHG met désormais en valeur sa joyeuse équipe de vétérans et son collectif loisir filles de plus de trente-cinq ans. Il monte aussi dans le même temps une équipe de rugby.
Moments Clés et Anecdotes
- 1906-1907: Les Enfants de Blaye jouent en 2e série de Côte d’argent et s'inclinent en finale contre la BEC à Blaye.
- 1910: Un désaccord entre des membres de l’association amène la création de l’Union sportive Blayaise.
- 21 juin 1919: Fusion des deux associations pour former l’Union sportive des enfants de Blaye.
- 1920: Le stade Blayais prend ses quartiers sur le terrain Honoré Giraud.
- 21 juin 1921: Un ouragan détruit les tribunes, qui seront reconstruites grâce à une souscription.
- 1931: Le club devient propriétaire du stade sous l’impulsion d’Honoré Giraud.
- 2006: Titre de champion de France pour la réserve.
En effet, en finale du Challenge des Trois Tours, les Blayais se sont imposé 12 à 0 face à Duras sur le pré du stade du Chiquet à Pessac. Signe avant-coureur d'une belle fin de saison, ce trophée confirme surtout une dynamique de la victoire qui devrait connaître son point d'orgue le week-end prochain lors de la réception de Castillon en championnat Honneur à Blaye.
Les Lots-et-Garonnais ont vainement tenté de contester l'emprise sur le jeu du quinze bleu en première période, avant de lâcher sur la seconde mi-temps. Face à eux, les coéquipiers de Stéphane Ducasse se sont montrés supérieurs tant techniquement que tactiquement, à l'évidence Duras n'avait pas les moyens de lutter sur le terrain. Vincent Hardelin en passant quatre pénalités (18e, 40e, 48e et 60e) entre les poteaux a permis aux Blayais de signer une belle victoire nette et sans bavure.
Les Blayais joueront à domicile face à Castillon, un scénario idéal pour valider leur retour en Fédérale 3. Devant leur public, les joueurs du président Broquaire n'auront pas deux fois à rebattre les cartes pour sortir le grand jeu face à des Castillonnais, bons derniers du championnat Honneur Territorial de Côte d'Argent. Un visiteur qui n'aura rien à gagner certes, mais rien à perdre non plus.
Si le Stade Blayais Rugby Haute Gironde s'impose sur ses terres dimanche face à Castillon, la fête n'en sera que plus belle.
L'École de Rugby: Former les Talents de Demain
Une première génération de jeunes issus de son école de rugby a d'ailleurs prouvé, en 2006, le bien fondé d'une formation intra muros, avec un premier titre de champion de France des équipes réserves de Fédérale 3. Conscient qu'il existe partout un vivier de joueurs potentiels dès lors que l'on se donne les moyens humains et logistiques de les accueillir, le club blayais a décidé cette année de recentrer toutes ses activités sur le sportif.
Un objectif prioritaire pour cela : installer un responsable sur chacun de ses pôles seniors, cadets et juniors, école de rugby. Ce dernier étant coiffé par un coordinateur technique, Jean-Louis De Nardo, (Brevet d'état). En démultipliant ses missions éducatives et sportives, le Stade Blayais a opté pour plus de cohérence.
Le club blayais n'impose pas d'obligation de résultat, préférant miser sur le quantitatif : « avec 30 enfants par catégorie, c'est plus facile de les mettre en situation de jeu », poursuit Michel Sarton sans omettre au passage de préciser « notre école de rugby a été élue lors du lancement de la quinzaine de l'essai, meilleure école de rugby des clubs régionaux ».
Défis et Perspectives
Les gars du Stade Blayais gardent une solide réputation de combattant, et ils ne sont jamais faciles à jouer, surtout chez eux. Même si leur début de saison avec trois défaites ne plaide pas en leur faveur, deux à Lalinde et à Mussidan, et une en pays Gabaye face à Isle, ils seront à n'en pas douter très remontés pour recevoir les rouge et noir.
Avec un esprit de revanche, puisque l'an passé en Régionale, les Foyens les ont battus par trois fois. Et puis c'est un peu un match couperet, car une nouvelle défaite à domicile les mettrait dans une phase plutôt délicate pour la suite du championnat.
Bonus offensif manqué. Pour l'entraîneur blayais Christian Cheiffaud, ce résultat va apporter la sérénité nécessaire pour bien travailler cette semaine à l'entraînement : « Les joueurs ont respecté les consignes et ont fait preuve de vaillance sous le mauvais temps. Un petit bémol : dommage que nous n'ayons pu prendre le point de bonus offensif qui nous aurait fait du bien pour revenir au plus près de Mussidan. »
Métamorphosé, le Stade blayais Haute Gironde vit un début de saison victorieux et réjouissant en Fédérale 3. Entre son potentiel existant, le retour d’éléments qui s’étaient éloignés, le recrutement local et le renfort de cinq joueurs de Cognac-Saint-Jean, le Stade blayais présente aujourd’hui un collectif très compétitif.
Le président et les coachs se sont évertués à guérir les joueurs de leur manque de confiance, héritage de trop d’échecs. Le changement est déjà probant et il est illustré par la métamorphose de la paire de demis Jo Marchives - Vincent Peyrade. Ils osent, et le résultat se voit en vraie grandeur. N’en déduisez pas trop vite une ambition démesurée. C’est même le discours inverse que tient Jean Chaboz.
Tout en nuance : « Je ne veux pas faire du rugby patronage, nous allons rester humbles mais nous devons exprimer quelques ambitions en fonction de nos moyens et non l’inverse. Nous avions le maintien pour objectif, il semble acquis, maintenant le reste appartient aux joueurs. Avec notre budget de 220 000 d’euros, nous sommes à notre place en Fédérale 3. Le moment venu, si une occasion se présente de gravir une marche, il sera temps de se poser la question. »