Sean Elliott : Une carrière NBA marquée par le triomphe et la résilience

L'histoire du basketteur Sean Elliott fleure bon l'Amérique triomphante du positivisme sportif. Sans vraiment le vouloir, le joueur des San Antonio Spurs s'est en effet bâti une destinée hollywoodienne qui, depuis l'été 1999, n'a cessé de captiver la presse américaine. Son parcours semble en vérité taillé pour le grand écran.

Sean Elliott lors de sa carrière avec les Spurs.

Un titre de champion NBA et un diagnostic bouleversant

Le 21 juillet 1999, Sean Elliott est sacré champion de la National Basketball Association (NBA) aux côtés de Tim Duncan et de David Robinson, ses coéquipiers de San Antonio. A l'issue d'un championnat tronqué par un interminable lock-out, cet ailier polyvalent au style explosif rejoint les plus grands. Ancienne vedette du cinq majeur de l'université d'Arizona à la fin des années 80, ce joueur extérieur à la gestuelle féline couronne dix années de carrière professionnelle.

A trente et un ans, Sean Elliott se trouve pourtant à un tournant de sa vie. Atteint d'une grave maladie qui atteint son rein droit, il doit subir une greffe. Or, depuis 1993, il refuse de se soumettre au verdict des chirurgiens. L'été 1999 sera celui du dilemme : son organisme est à bout de souffle. A moyen terme, son avenir sous les paniers de la NBA est compromis.

L'espoir renaît grâce à son frère

Début août, un coup de théâtre lui redonne espoir. Son frère aîné, Noël, propose de lui « offrir » un de ses reins. Et, le 16 août 1999, vingt-six jours après avoir gagné son premier titre de NBA, Sean Elliott accepte de passer sur la table d'opération. Il en ressort guéri. Du moins le croit-il.

Trois mois après la greffe, son corps n'a pas rejeté le nouvel organe et les séances de rééducation s'enchaînent sur un rythme optimiste.

Sean Elliott - The Ninja

Un retour inattendu sur les parquets

Mais, en décembre 1999, une pneumonie l'oblige à reporter son retour sous les paniers. Ce n'est que le 14 mars 2000, la gorge nouée, qu'il peut finalement retrouver le cinq majeur des Spurs face aux Atlanta Hawks. Devant les 26 708 spectateurs de l'Alamodome de San Antonio, le colosse prouve qu'il n'a rien perdu de ses automatismes. Malgré huit mois de convalescence, il parvient à mouvoir ses 2,03 m et son quintal avec une étonnante facilité.

A la fin de ce match facilement gagné par les Spurs (94-79), Sean Elliott sait qu'il a franchi un cap. Seul sportif américain greffé du rein à avoir réussi un tel retour à la compétition, il est même devenu le fer de lance de San Antonio depuis le début des play-off et la blessure de Tim Duncan.

Sean Elliott en action durant un match des Spurs.

Un rôle de porte-parole pour les greffés

Héros malgré lui, Sean Elliott a récemment annoncé qu'il avait accepté d'être le porte-parole des championnats américains des greffés, organisés du 21 au 24 juin à Orlando (Floride) par la National Kidney Fondation, la Fondation nationale du rein.

La boucle est bouclée.

L'héritage de Sean Elliott chez les Spurs

Avant d’enquiller les titres dans les années 2000, les Spurs sont passés par une période d’ascension nécessaire à l’émergence de la culture de la gagne qu’on lui connaît aujourd’hui. En 1989, alors que la franchise du Texas sort de la pire saison de son histoire, Sean Elliott débarque aux côtés de David Robinson (drafté deux ans plus tôt, il fait ses débuts en 1989), pour former un duo qui fera, à peine une décennie plus tard, le bonheur de San Antonio.

Avec D-Rob, ils lancent le processus de reconstruction des Spurs : lors de ses six premières saisons dans le Texas, sa moyenne de point ne fait qu’augmenter jusqu’à atteindre les 20 unités en 1995-96, année de sa seconde et dernière sélection au All-Star Game (après 1992-93). Scoreur polyvalent, Elliott a marqué les années 90 par sa grâce. Si son histoire dans le Texas connaît un temps d’arrêt après son échange aux Pistons contre Dennis Rodman en 1993 (il est alors All-Star), Elliott fait son retour à San Antonio dès l’année suivante pour reprendre là où il s’était arrêté.

En 1999, alors que les hommes de Gregg Popovich intègrent dans leur cinq majeur un petit ailier-fort bien sympa (un indice, il portait le numéro 21), Sean sort des Playoffs incroyables d’adresse, notamment du parking (40%), avec en point d’orgue son plus beau fait d’arme : le Memorial Day Miracle.

Véritable iron man en début de carrière, Sean Elliott squatte toujours le haut des classements all-time de la franchise : 6ème au nombre de matchs et de minutes joués, 6ème également au nombre de tirs primés et 8ème au nombre de points, il fait indéniablement partie du panthéon des Spurs. Son fameux numéro #32 a d’ailleurs logiquement été retiré en 2005, devenant ainsi le 8ème numéro retiré par la franchise texane.

Le maillot de Sean Elliott retiré par les San Antonio Spurs.

Les statistiques de Sean Elliott en NBA

Voici un aperçu des statistiques de Sean Elliott au cours de sa carrière en NBA :

Saison Équipe Points par match Rebonds par match Passes décisives par match
1989-90 San Antonio Spurs 10.0 3.9 2.1
1995-96 San Antonio Spurs 20.0 5.1 2.7
1998-99 San Antonio Spurs 11.2 3.4 1.7

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