La Ligue des champions de l'UEFA (UEFA Champions League), parfois abrégée en C1 et anciennement dénommée Coupe des clubs champions européens (de sa création en 1955 jusqu'en 1992), est une compétition annuelle de football organisée par l'Union des associations européennes de football (UEFA) et regroupant les meilleurs clubs du continent européen. Le vainqueur de la compétition est automatiquement qualifié pour l'édition suivante.
L'Origine de la Coupe d'Europe
L'idée d'une coupe d'Europe interclubs est née dans l'esprit de journalistes parisiens ; les chocs Wolverhampton Wanderers - Honvéd Budapest puis Wolverhampton Wanderers - Spartak Moscou de décembre 1954 achèvent de les convaincre. Gabriel Hanot réplique dans L'Équipe en lançant un appel à la fondation d'une coupe d'Europe : une série d'articles du quotidien sportif parisien explique des semaines durant les avantages d'une telle épreuve, et les premières réactions sont plutôt positives.
Dès le 16 décembre 1954, Jacques de Ryswick signe un article présentant le « projet de coupe d'Europe interclubs ». Devant les réactions positives de l'Europe entière, L'Équipe rédige le 25 janvier 1955 un avant-projet de règlement signé par Jacques Ferran. Le 3 février 1955, le quotidien publie la liste des clubs invités à disputer la première édition de l'épreuve, et durant le mois de février, les clubs confirment leur participation.
Le 26 février 1955, la FIFA contacte L'Équipe pour lui confirmer que ses statuts n'empêchent pas l'organisation d'une telle compétition : « L'organisation d'un pareil tournoi n'est pas subordonnée à l'autorisation préalable de la FIFA, dont les statuts (art. 38) ne visent que les compétitions entre équipes représentatives nationales ».
Le 1er mars, le comité exécutif de l'UEFA se déclare inapte à assurer correctement l'organisation d'une telle épreuve et laisse à chaque fédération le libre choix d'accepter ou pas de prendre part à cette épreuve. On se retrousse alors les manches à L'Équipe en s'occupant d'aller démarcher les fédérations.
Revirement de situation le 8 mai, alors que tout est bouclé avec seize clubs partants (la désignation arbitraire des huitièmes de finale a même déjà eu lieu). La FIFA sent le danger de laisser à des intervenants extérieurs la prise en main de compétitions et pousse finalement l'UEFA à prendre en charge l'organisation de l'épreuve. La FIFA interdit même l'utilisation du mot « Europe » dans le nom de l'épreuve désirant réserver ce terme aux compétitions entre équipes nationales.
Les Premières Éditions de la Coupe des Clubs Champions Européens
La Coupe des clubs champions européens (CCC) connaît un immense succès dès sa première édition (mais elle porte un coup fatal aux matchs amicaux de prestige qui agrémentaient jadis les milieux de semaine). Après deux éditions de cette compétition, la Coupe latine qui voyait s'affronter les champions d'Espagne, d'Italie, de France et du Portugal prit beaucoup moins d'importance et fut finalement dissoute.
La première édition de la Coupe d'Europe des clubs champions européens voit s'opposer seize grands clubs du continent et parmi eux sept étaient les champions en titre de leur propre pays. Le premier match se tient le 4 septembre 1955, à Lisbonne devant 30 000 spectateurs : le Sporting Portugal et les Yougoslaves du Partizan Belgrade y font match nul 3-3, João Baptista Martins inscrit le premier but de la compétition à la 14e minute.
Le Real Madrid, bien que n'étant pas le champion d'Espagne, a quand même pu participer en tant que tenant du titre. Cinq nouvelles nations se joignent à la compétition, y compris les Anglais avec Manchester United.
Domination du Real Madrid et l'Émergence de Benfica
La domination du Real Madrid prend fin en 1961 : cette année-là, le Benfica Lisbonne joue sa première finale contre le FC Barcelone au Stade du Wankdorf en Suisse. La saison suivante, le Benfica Lisbonne joue sa deuxième finale contre le Real Madrid et ses stars Ferenc Puskás, Alfredo Di Stéfano et Francisco Gento. Cette finale permet l'éclosion d'un tout jeune joueur qui inscrit un doublé, Eusébio, et voit le Benfica Lisbonne s'imposer sur le score de 5 buts à 3.
En 1963, le Benfica Lisbonne atteint sa troisième finale consécutive. Malgré un but d'Eusébio, les Portugais s'inclineront 2 buts à 1 face à l'AC Milan. Puis en 1964, c'est l'autre club de Milan, l'Inter Milan, qui bat le Real Madrid 3 buts à 1 et remporte le trophée.
En 1965, le Benfica Lisbonne joue sa quatrième finale en cinq éditions contre l'Inter Milan qui remporte la finale pour la deuxième fois de suite sur le score de 1 but à 0.
La première équipe non latine à remporter le trophée est le Celtic FC, en 1967. Les Écossais battent en finale l'Inter Milan 2 buts à 1 avec une équipe composée exclusivement de joueurs nés à moins de 50Km de leur stade, le Celtic Park.
Les Anglais de Manchester United leur succèdent l'année suivante en disposant également en finale d'un ancien double vainqueur de la décennie, le Benfica Lisbonne, sur le score de 4 buts à 1 après prolongation.
La victoire du Feyenoord Rotterdam face au Celtic Glasgow en 1970 est suivie d'un triplé de l'Ajax Amsterdam. En 1971, l'équipe entraînée par Rinus Michels - qui prône un « football total » assez révolutionnaire - s'impose contre les surprenants Grecs du Panathinaïkós 2 buts à 0.
Le départ de Rinus Michels n'empêchera pas les Amstellodamois de conserver leur trophée l'année suivante, en battant l'Inter Milan grâce à un doublé de Johan Cruyff. Puis en 1973, face à la Juventus, 1 but à 0.
Le premier sacre des Bavarois en 1974 a d'ailleurs failli ne pas avoir lieu, le Bayern n'égalisant qu'à l'ultime minute de la prolongation lors de la finale contre l'Atlético de Madrid. La règle des tirs au but n'étant pas encore instaurée, la finale est rejouée le surlendemain (ce sera le seul cas dans l'histoire de la compétition) et le Bayern Munich s'impose largement 4 buts à 0.
Déjà vainqueur l'année précédente de la coupe UEFA, le Liverpool FC bat en finale en 1977 les Allemands du Borussia Mönchengladbach sur le score de 3 buts à 1. Promu de D2 l'année précédente, le surprenant champion anglais va jusqu'au bout et est sacré face à Malmö FF (1-0).
En 1981, le Liverpool FC récupère son bien en disposant du Real Madrid en finale. Puis c'est une autre équipe anglaise, Aston Villa, qui lui succède l'année suivante en battant le Bayern Munich.
La série de six victoires consécutives des clubs anglais (un record) est brièvement interrompue par le sacre du Hambourg SV en 1983 aux dépens de la Juventus. Cependant, c'est le Liverpool FC qui s'impose de nouveau en 1984 contre l'AS Rome, qui devient à l'occasion le premier club à être battu en finale sur son terrain.
Le Liverpool FC est de nouveau finaliste l'année suivante face à la Juventus, mais la domination anglaise est stoppée nette par le drame du Heysel où 39 spectateurs, la plupart italiens, trouvent la mort dans une bousculade avant le coup d'envoi de la finale. La victoire de la Juventus (1 but à 0 sur un penalty de Michel Platini) passe presque inaperçue : la remise de la coupe se faisant rapidement dans les vestiaires, sans cérémonial.
Les vainqueurs des trois éditions suivantes sont inédits : en 1986, le Steaua Bucarest devient le premier club de l'Est à l'emporter en battant à la surprise générale le FC Barcelone aux tirs au but (lors d'une séance où le gardien roumain Helmut Duckadam repousse les quatre tentatives catalanes) ; lui succède le FC Porto en 1987 et le PSV Eindhoven en 1988.
Un seul ancien vainqueur s'imposera durant cette période, emmené par son trio néerlandais Ruud Gullit - Marco van Basten - Frank Rijkaard, l'AC Milan d'Arrigo Sacchi signe un doublé en 1989 et 1990.
L'Ère Moderne : La Ligue des Champions
En 1992, la coupe est rebaptisée « Ligue des champions ». Depuis lors son format a régulièrement évolué : la phase de groupes à huit équipes, apparue un an plus tôt, fut élargie à seize équipes en 1994 (la « phase de groupes » n'étant désormais précédée que par un ou plusieurs tours préliminaires), puis vingt-quatre équipes en 1997 et enfin trente-deux en 1999.
Historiquement, la compétition prenait le format d'une coupe où seuls les champions et le tenant du titre participaient.
La première édition sous ce nouveau nom voit le premier sacre d'un club français, l'Olympique de Marseille, qui bat en finale le 26 mai 1993 l'AC Milan 1-0 sur une tête de Basile Boli juste avant la mi-temps.
En 1994, l'AC Milan prend sa revanche et surclasse 4-0 le FC Barcelone de Johan Cruyff, pourtant favori. L'année suivante, alors qu'une phase de poules à 16 équipes est instaurée, l'AC Milan atteint la finale pour la troisième édition consécutive, mais s'incline face à l'Ajax Amsterdam 1-0 (qui remporte le dernier titre d'un club néerlandais en Ligue des champions à ce jour).
En 1997-1998, 24 équipes prennent part à la compétition, les deuxièmes des huit grands championnats étant autorisés à participer pour la première fois. Cette saison-là, la Juventus atteint la finale pour la troisième année consécutive mais s'incline face au Real Madrid sur le score de 1-0. C'est le retour sur le devant de la scène du club madrilène qui remporte son septième trophée, trente-deux ans après son dernier sacre.
En 1999, une autre équipe met fin à une longue disette (trente-et-un ans) : en finale, Manchester United - mené au score dès le début du match - inscrit deux buts dans les arrêts de jeu pour renverser le Bayern Munich (2-1). Il s'agit du premier sacre d'un club anglais depuis le drame du Heysel en 1985.
En 1999-2000, 32 équipes participent à l'épreuve, cette fois les troisièmes et quatrièmes des grands championnats intègrent la compétition qui se présente sous un format à deux phases de groupes. Le Real Madrid confirme son retour au premier plan en gagnant la compétition pour la huitième fois. Emmené par Raúl et Fernando Redondo, il défait le Valence CF sur le score de 3-0 à l'occasion de la première finale entre deux équipes d'un même pays.
L'année suivante, le Bayern Munich efface le traumatisme de 1999 en venant à bout du Valence CF (finaliste malheureux pour la seconde fois consécutive) aux tirs au but (1-1 ap, 5-4), grâce notamment à une grande performance de son gardien Oliver Kahn.
En 2003, trois clubs italiens sont présents en demi-finale avec le Real Madrid. La finale oppose de nouveau deux clubs d'un même pays avec une affiche entre l'AC Milan et la Juventus. Le match, très fermé, se maintient à 0-0 après la prolongation.
Lors de l'édition 2003-2004 un nouveau changement de formule s'opère, la deuxième phase de groupes est remplacée par des huitièmes de finale. Ce format plus propice aux surprises et aux incertitudes permet d'assister à l'une des finales les plus surprenantes de cette période, opposant les Portugais du FC Porto aux Français de l'AS Monaco. Au terme d'un match à sens unique, les hommes de José Mourinho surclassent ceux de Didier Deschamps, vite privés de leur meneur de jeu Ludovic Giuly sur blessure, sur le score de 3-0.
Les éliminations précoces des vainqueurs des dernières éditions (le Bayern Munich, Manchester United et la Juventus en huitièmes de finale, le Real Madrid et l'AC Milan en quarts de finale) marquent cette édition, notamment celle des « Galactiques » du Real Madrid face à l'AS Monaco (4-2, 1...
Quoi qu’il s’y passe, peu importe le score final, le scénario du match ou le vainqueur : une finale de Ligue des Champions c’est avant tout un moment d’histoire.
Même s’il ne s’agit surement pas de la plus belle finale de Ligue des Champions en terme de jeu, l’édition 2013-2014 restera gravée comme celle de la « Décima » pour le Real Madrid. Ce match s’est déroulé devant plus de 60 000 spectateurs à l’Estadio de la Luz de Lisbonne. En prolongation, le Real n’a fait qu’une bouchée de l’Atletico. Les Madrilènes prennent d’abord l’avantage par l’intermédiaire de Gareth Bale à la 110ème, Marcelo creuse l’écart à la 118ème, puis Cristiano Ronaldo à la 120ème se charge de transformer un penalty qui scelle définitivement leur victoire.
Considérée comme l’une des victoires les plus importantes de l’histoire du Milan AC, ce 4-0 contre Barcelone est synonyme de 5ème coupe aux grandes oreilles pour le club lombard. Ce Barça champion d’Espagne est à l’époque imbattable, on les surnomme la « Dream Team ». Johan Cruyff s’est même autorisé à poser avec la coupe quelques jours avant la finale en déclarant : « le Milan AC incarnait le football du passé, et le Barça celui de l’avenir. ». Résultat final : 4-0…pour le Milan AC !
La 44ème édition de la Ligue des Champions restera gravée dans les mémoires du football. Elle s’est déroulé au Camp Nou devant plus de 90 000 spectateurs. Les Allemands ouvrent le score dès la 6ème minute sur un coup franc de Basler. Par la suite, le Bayern maîtrise le match, mais manque de réalisme pour inscrire le deuxième but tant convoité, en frappant deux fois les montants de Peter Schmeichel. Le portier bavarois, Oliver Khan doit attendre la 82ème minute pour effectuer son premier arrêt. Mais une seule personne a décidé de l’issue de cette rencontre : Alex Ferguson. Il effectue deux changements en faisant entrer Sheringham et Solskjaer. Ces deux joueurs marqueront dans le temps additionnel, le premier à la 91ème et le deuxième à la 93ème. C’est la naissance du « Fergie Time ».
Ce 25 mai 2005 est perçu par certain comme le match le plus fou de l’histoire du football. Mené 3-0 à la pause après un but de Paolo Maldini à la 52ème seconde de jeu et un doublé d’Hernan Crespo, Liverpool est condamné à subir les foudres milanaises jusqu’à la fin du temps règlementaire. Les Reds reviennent en 2ème période surmotivés. A la 54ème minute, Captain Gerard sauve l’honneur d’une tête décroisée. 3-1. Deux minutes plus tard, Vladimir Smicer frappe de l’extérieur de la surface… 3-2. Deux minutes plus tard, tacle de Gennaro Gattuso sur Steven Gerard dans la surface, penalty pour les Reds ! Xabi Alonso se charge de le transformer en deux temps… 3-3. Plus rien ne se passe jusqu’à la fin du temps réglementaire. Les prolongations sont calmes… Mais à la 117ème minute, le miracle continu : Shevchenko réussit une tête, mais l’homme de la soirée, Jerzy Dudek arrête le ballon et le relâche. Le match se termine, l’issue de cette finale va donc se jouer aux tirs au but. Le goal de Liverpool danse et gigote pour déstabiliser les tireurs milanais… mission réussie : Serginho, Pirlo et Shevchenko manquent leur tir au but, les Reds font le job et remportent cette séance de tirs au but 3-2.
La finale de 1986 figure dans ce top uniquement grâce au gardien du Steaua Bucarest : Helmut Duckadam. Il s’agit d’un match long et épuisant pour les deux équipes, se terminant sur le score de 0-0. Les deux finalistes doivent alors se départager aux tirs au but. C’est à ce moment précis qu’Helmut Duckadam devient une légende.
Le « mystère Duckadam » commence après cette finale, son dernier match en professionnel. Alors que l’arrêt brutal de sa carrière se justifie officiellement par un problème sanguin, le journaliste français Dominique Paganelli défend une version bien plus sombre. Selon lui, Helmut Duckadam aurait reçu de la part du Président du Real Madrid une Mercedes afin de le remercier d’avoir humilié l’ennemi blaugrana. Cependant, toujours selon les dires de Paganelli, une fois la voiture arrivée en Roumanie, le fils du dictateur aurait souhaité s’emparer de cette dernière. Le mystère plane toujours autour du cas Duckadam.
Joueurs avec le plus de titres en Ligue des Champions
Cristiano Ronaldo est le seul joueur à compter cinq titres en Champions League.

Voici une liste des joueurs ayant participé à plusieurs finales de Ligue des Champions :
- 6 Dani Carvajal (Real Madrid)
- 6 Luka Modrić (Real Madrid)
- 5 Karim Benzema (Real Madrid)
- 5 Toni Kroos (Real Madrid)
- 5 Cristiano Ronaldo (Man United, Real Madrid)
- 4 Gareth Bale (Real Madrid)
- 4 Casemiro (Real Madrid)
- 4 Andrés Iniesta (FC Barcelona)
- 4 Isco (Real Madrid)
- 4 Marcelo (Real Madrid)
- 4 Sergio Ramos (Real Madrid)
- 4 Clarence Seedorf (Ajax, Real Madrid, Milan)
Kroos compte six Ligues des champions à son palmarès, mais n'a participé qu'à cinq finales, manquant de se qualifier en 2013, tandis que Casemiro, qui compte cinq victoires, a subi le même sort en 2014.