La carrière de Sam Prendergast : Un jeune talent du rugby irlandais en pleine ascension

Considéré par certains comme le futur Jonathan Sexton, de par sa technique et son jeu au pied, Sam Prendergast, né en 2003, est un jeune ouvreur du Leinster. Le XV du Trèfle a confié les rênes de la sélection au jeune ouvreur du Leinster, âgé de 22 ans. Il s'est installé cette saison comme un titulaire en puissance avec son club et en sélection lors de la tournée de novembre. Annoncé comme le successeur de Jonathan Sexton, il va disputer son premier match du Tournoi des 6 Nations. Ce mercredi, après celui du XV de France, la fédération irlandaise a annoncé son groupe pour préparer le Tournoi des six nations 2025, avec 36 noms. Le jeune ouvreur du Leinster, Sam Prendergast (21 ans), conserve sa place dans le groupe après des débuts remarqués en novembre. Au poste de numéro 10, il sera en concurrence avec Jack Crowley (25 ans), joueur du Munster.

Mais qui est réellement Sam Prendergast et quel est son parcours ?

À seulement 21 ans, le natif de Kildare est un diamant à polir, celui d'un joueur au talent certain, sur qui la pression semble glisser. Star de l'équipe d'Irlande des moins de 20 ans, avec laquelle il a remporté un Grand Chelem et atteint la finale mondiale en 2023, Prendergast détonne par son aisance technique, au point de s'ouvrir en novembre les portes de l'équipe première d'Irlande lors de la tournée d'automne. Une semaine plus tard face aux Fidji, Andy Farrell et son staff font de Prendergast leur ouvreur titulaire, au détriment de Jack Crowley. Sam Prendergast fera sa première titularisation en carrière pour l'Irlande contre les Fidji ce week-end alors que l'équipe irlandaise s'appuie sur les jeunes lors du choc de la Autumn Nations Series. Le demi d'ouverture très apprécié, qui a impressionné depuis son arrivée sur la scène, s'associera au demi de mêlée Craig Casey dans une nouvelle paire de demi-arrière. Gus McCarthy et Cormac Izuchukwu feront également leurs débuts pour l'Irlande.

« C'est un passeur et un buteur très habile. Il est clairement en train de mûrir, probablement au-delà de son âge. Il est vraiment doué pour mettre les autres joueurs dans l'espace », reconnaît Tyler Bleyendaal, entraîneur adjoint du Leinster.

SAM PRENDERGAST | Generational Talent | Irelands Future Fly Half

Un parcours de vie singulier

Cette rigueur sur le terrain, l'Irlandais la tient de ses parents, tous deux militaires pour l'armée irlandaise, comme l'ancienne star du quinze du Trèfle Jamie Heaslip. Son père, le lieutenant-colonel Mark Prendergast, est un ancien membre de l'escadre des Rangers et a servi comme officier d'état-major au Congo, au Kosovo et au Liban. Sa mère, le commandant Ciara, a effectué deux missions avec la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL). À seulement 5 ans, le petit Sam emménage avec son frère et sa soeur en Syrie pour un an et demi, juste avant que le pays ne sombre dans la guerre. « Nous avons vécu à Damas pendant que mon père y était déployé. C'était une expérience unique de grandir dans des environnements si différents », relate le demi d'ouverture. Sam a joué au côté de son frère Cian Prendergast (à droite) contre les Fidji lors de la tournée d'automne. Sam se souvient encore de cette année dans la capitale syrienne, où il rencontre Damian Mangan, devenu camarade puis coéquipier quelques années plus tard en sélection avec les Irlandais des moins de 20 ans. Un parcours de vie singulier que cultive ce passionné de football et de football gaélique.

Mais si le rugby lui colle à la peau, c'est parce que chez les Prendergast, le ballon ovale est une histoire de famille. Cian, l'aîné de la fratrie, n'est pas inconnu du grand public, loin de là, puisqu'il est le capitaine de la province du Connacht. En 2022, Sam rejoint le centre de formation du Leinster, où il profite des conseils d'un certain Jonathan Sexton. « J'ai discuté avec lui à quelques reprises, et même si je me suis entraîné peu de fois avec lui, c'était génial », s'était-il remémoré dans les colonnes du Irish Daily Mirror.

Les défis et les attentes

Sam Prendergast a cependant été défaillant face à des défenses adverses agressives comme celle de l’Angleterre et plus récemment du XV de France. Le plan de jeu de Fabien Galthié visait donc à mettre de la pression sur ce jeune joueur, en s’appuyant sur ses défauts actuels : la fragilité défensive et le manque d’impact physique sur ses prises de balles. À l’image de ce qu’a proposé l’Angleterre lors du match d’ouverture du tournoi, les montées agressives du XV de France n’ont pas permis à Sam Prendergast de jouer dans un fauteuil, comme il avait pu le faire face à l’Écosse et le Pays de Galles. Il a notamment subi de gros plaquages de la part de Yoram Moefana et d’Oscar Jégou, qui lui ont sûrement fait perdre de la lucidité dans son animation.

Il a eu droit à ses premières sélections lors des tests de novembre, puis a vécu son premier match dans le Tournoi des Six Nations le week-end dernier face à l'Angleterre (27-22). Une rencontre où il a été mis en difficulté. Dimanche après-midi, à Murrayfield, il risque à nouveau d'être ciblé par les Écossais pour son premier déplacement avec l'Irlande. « Quand nous l'avions joué avec La Rochelle, nous avions voulu le mettre sous pression pour profiter de son manque d'expérience, indique Talès. Les Anglais ont voulu en faire de même avec une défense qui montait très fort. Mais il acquiert de l'expérience, le staff irlandais sait qu'il faut qu'il enchaîne, qu'il se trompe, qu'il soit sous pression pour progresser et devenir le 10 de demain. »

Décevante face à l'Angleterre, la performance du jeune Sam Prendergast a relancé le débat du demi d'ouverture en Irlande. Prendergast a longtemps semblé emprunté face à l'Angleterre pour sa première titularisation dans le Tournoi. Quand le jeune joueur du Leinster est devenu titulaire en sélection en novembre dernier, certains médias locaux évoquaient des tensions avec son vis-à-vis de 25 ans. Où se situe la vérité ? Il semble clair que l'avenir du Trèfle à l'ouverture se disputera entre ces deux clients et que l'immense rivalité entre Ronan O'Gara et Johnny Sexton est encore présente dans toutes les mémoires.

Héritier de Sexton ?

Son flegme et son allure de maestro sur une pelouse rappellent l'attitude de la légende du Trèfle, dont l'Irlande attend toujours le successeur. « Sam est arrivé et a été lui-même. Il a une manière très agréable de jouer, dans le contrôle et le calme », souligne Easterby, qui prendra la tête du staff en 2025, pendant qu'Andy Farrell s'envolera avec les Lions britanniques et irlandais.

La manière de jouer de Prendergast est scrutée à la passe près. À chaque action, les observateurs tentent de déceler la moindre similitude entre son jeu et celui de Sexton. Mais, pendant que beaucoup de numéros 10 irlandais ne font que fluidifier le jeu extrêmement organisé des Verts, le jeune homme tente de l'animer, tel le dynamiteur qu'il est. Et s'il se complaît volontiers à distribuer le jeu irlandais, il ne peut jouer contre nature, comme le démontre cette double passe au pied en reprise de volée en juin dernier contre l'Ulster en United Rugby Championship.

Également, là où Sexton exècre la moindre scorie, Prendergast accepte que les erreurs occasionnelles soient des dommages collatéraux de son style. Conscient qu'il n'est qu'aux prémices de sa carrière, le jeune joueur reconnaît que sa marge de progression est immense. « Le chemin vers l'amélioration est un processus continu, c'est ce qui rend ce métier passionnant. Aucun joueur n'est parfait, et il s'agit de cocher autant de cases que possible sur le chemin du succès », admet-il.

Promis à un avenir doré à l'image de ses illustres aînés Sexton (118 sélections) et Ronan O'Gara (128 capes), Prendergast ne perd pas pour autant de vue l'essentiel : écrire sa propre légende.

La concurrence à son poste

La concurrence existe à son poste avec la présence en sélection de Jack Crowley. Un numéro 10 un peu plus âgé et expérimenté (25 ans, 19 sélections), présentant un autre profil, à la fois moins respectueux des systèmes de jeu et davantage capable de sortir du cadre. Le joueur du Munster avait donné satisfaction lors du Tournoi 2024, conclu par une victoire et avait signé une entrée en jeu de qualité contre l'Angleterre le week-end dernier. « Titulariser Sam et non Jack contre l'Écosse a été une décision difficile, a admis le sélectionneur par intérim Simon Easterby. Mais nous avons estimé que c'était le bon choix cette semaine, celui de la continuité, celui favorisant la croissance de Sam. »

Interrogé par nos confrères en conférence de presse sur la pression relative à ce poste et la concurrence de Jack Crowley, Sam Prendergast a assuré entretenir une bonne relation avec le Munsterman. "La seule pression que je ressens est celle qui est à l'intérieur du groupe et à l'intérieur de moi. Jack et moi nous entendons très bien, mais il y a aussi Ciaran (Frawley) avec qui nous nous entendons très bien, c'est bien d'apprendre les uns des autres. Les numéros 10 s'entraînent beaucoup ensemble, et ce serait un peu gênant si nous ne nous entendions pas.

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