Le monde du rugby en France est diversifié, allant des sommets professionnels du Top 14 aux divisions amateurs comme la Fédérale 2. Cet article se penche sur le salaire moyen en rugby Fédérale 2, en explorant les particularités de cette division et en offrant un aperçu des réalités financières des clubs et des joueurs.

Fédérale 2: Un Rugby de Passion et d'Engagement
On connaissait le « rugby de sous-préfecture », vendu par le président castrais Pierre-Yves Revol après le sacre du CO en Top 14, au printemps dernier. Voici le rugby aramitsien tout court, celui qui voit le club d’une commune de 674 habitants accéder à la Fédérale 2, où il évoluera avec le plus petit budget de l’ensemble des huit poules, 150 000 euros environ. Soit 5 000 de plus que la saison dernière en Fédérale 3, où il faisait déjà figure de Petit poucet.
« Il n’y en a pas », évacue dans un sourire Sébastien Lembeye, 38 ans, qui attaque sa sixième saison à la tête de l’Entente Aramits Asasp. Il enchaîne avec une explication frappée du sceau de l’évidence : « Chez nous, pas un seul joueur n’a de rémunération. On joue pour le sport, la camaraderie, la cohésion et l’esprit de compétition, pas une seule seconde pour l’argent. On a ces valeurs-là et souvent les autres ne les ont pas. Et dans les moments un peu difficiles, ça fait la différence. »
Rémunération en Fédérale 2: Entre Passion et Réalité Financière
De plus en plus de clubs de Fédérale paient en effet leurs joueurs, soit avec un petit salaire fixe mensuel (qui débute à 200 ou 300 euros mensuels), soit avec des primes versées après chaque victoire. Des joueurs étrangers sont recrutés et grassement payés. D’où un budget moyen qui tourne plutôt autour de 500 000 euros. Celui de l’Entente repose sur quelques subventions publiques, du mécénat local et des actions de bénévoles (lotos, soirées pastorales...). Suffisant pour payer les déplacements en bus et une sortie au restaurant à chaque match à l’extérieur.
À Aramits, les effectifs sont donc moins denses qu’ailleurs : une cinquantaine d’éléments pour constituer les deux équipes seniors et une quarantaine d’enfants à l’école de rugby, là où la plupart des autres clubs du même niveau cumulent respectivement 70 et 200 têtes. Plus des trois-quarts de l’équipe première est ont fait leurs classes au club et les mutations sont rares. Cet été, seuls quatre éléments sont venus grossir les rangs. Ils avaient déjà joué à Aramits et voulaient retrouver cet environnement si atypique après être allés voir ailleurs.
« Ce qu’on a de plus que les autres ? Un état d’esprit commun. On n’a que des agriculteurs, des maçons et des charpentiers. Quand ils arrivent à l’entraînement le soir, ils sont déjà lessivés. Mais ils sont heureux de venir. Ils ont des principes, des valeurs, une bonne constitution physique, et des qualités rugbystiques évidemment ! Et ils adhèrent tous à 100% au projet », lance l’entraîneur, Olivier Gouaillard.
Forcément, les idées pré-conçues ont accompagné la progression d’Aramits, qui avait déjà posé sa tente en Fédérale 2 de 2006 à 2015, à la surprise générale. « À l’époque, on sentait que le monde du rugby n’était pas derrière nous, se souvient Sébastien Lembeye. On disait de nous que notre seule façon d’aller chercher le maintien était d’être plus agressif que les autres. Toute une campagne a été faite pour nous décrire comme des sanguinaires. On a combattu cette image en jouant bien, en étant exemplaires.
Le club joue aussi un rôle majeur dans ce village coincé au cœur de la vallée de Barétous. « Nos objectifs ne sont en rien identiques à ceux des autres équipes. On veut simplement continuer à faire vivre l’activité sportive et maintenir le lien social dans cette vallée qu’on veut garder vivantes. C’est un peu un combat idéologique », souligne Sébastien Lembeye. « Je ne me retrouve plus dans le rugby pro et le rugby amateur développe le même système. Nous, on est une anomalie, un OVNI. On sait qu’on va avoir une saison compliquée, mais si on arrive à battre des clubs comme Orthez ou Mauléon, ce sera une fierté.
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Fédérale 1 : Rémunération Minimale et Conditions
Il y a un salaire minimum d'un joueur de Federale 1 à temps plein de 21 900 € brut, à mi-temps de 10 950 € brut annuel.
- Temps plein : Cela signifie que le joueur n'a pas de travail à côté.
- Avantages en nature : Ils ne peuvent pas dépasser 33% de la rémunération totale du joueur.
Les avantages en nature peuvent inclure un logement, un véhicule de fonction ou des repas offerts au-delà du cadre légal. C'est un point important car c'est à ce niveau que peuvent se mettre en place des “salaires déguisés” que l'on cherche à exempter de charges sociales.
Pour ce qui est des joueurs pro ou semi-pro, leur nombre dépend des clubs : de 0 à 30-35 d'après ce que j'entends ici et là. Très peu de joueurs pro à temps plein. Seuls les clubs très ambitieux, disposant d'un mécène acceptant d'investir (à fonds perdus) dans le club sont susceptibles de mettre en place une politique forte de salariat sportif. L'idée étant d'offrir à des joueurs ayant une grande expérience aux niveaux supérieurs une rémunération susceptible de les faire choisir le club pour une fin de carrière (2 à 3 ans généralement).
Depuis plusieurs semaines, de nombreux joueurs de Top 14 ou Pro D2 décident de signer en Fédérale 1 ou 2. Pour quelles raisons ?

Les Raisons Derrière ces Choix
- Vers une future carrière d’entraîneur ? Un joueur de Top 14 de 34-35 ans, qui a encore un peu d’essence dans le moteur, réfléchit à son après-carrière en rejoignant un club de Fédérale 1. Au lieu de prendre directement sa retraite, il va prêter main forte une ou deux saisons et lorgne une reconversion d’entraîneur au sein du staff.
- Pour certains, faute de mieux… Le niveau de la Fédérale 1, surtout, ne cesse d’évoluer et d’être tiré vers le haut. Les clubs ambitieux, eux, sont de plus en plus nombreux et certains n’ont rien à envier sur le plan financier à des budgets de clubs de Pro D2.
- Des projets professionnels autour : C’est par exemple le cas de Pierre Bernard (31 ans), ancien joueur de Biarritz, qui s’est engagé avec le Bassin d’Arcachon en Fédérale 1.
- Jouer et avoir un complément du chômage : « Le club verse en plus au joueur un salaire minimum, et complète enfin avec des extras, comme le prêt d’une voiture ou le loyer de la maison payée. Le joueur s’y retrouve… », nous explique un agent sous couvert d’anonymat.
Tableau Récapitulatif des Salaires et Budgets
| Niveau de Rugby | Salaire Minimum Annuel (Temps Plein) | Budget Moyen des Clubs |
|---|---|---|
| Fédérale 1 | 21 900 € brut | Variable (dépend des clubs) |
| Fédérale 2 | Variable (souvent non rémunéré) | Environ 150 000 € (pour les plus petits budgets) |
| Pro D2 | Plus élevé que Fédérale 1 | Supérieur à 500 000 € |
En conclusion, le salaire moyen en rugby Fédérale 2 est un sujet complexe, influencé par les budgets des clubs, leur philosophie et les motivations des joueurs. Il oscille entre passion, engagement et réalités financières, offrant un contraste saisissant avec le rugby professionnel.