Grâce à un intérêt grandissant du public et des investisseurs pour le football féminin, le salaire moyen des joueuses de football a progressé ces dernières années, mais il reste insuffisant pour une grande partie d'entre elles. Du point de vue économique, le football féminin est séparé par un gouffre de son homologie masculin, même si de nombreuses actions sont réalisées depuis plusieurs années pour tenter de réduire l'écart entre ces deux mondes, à la fois très proches et très éloignés.
Avec le temps, les progrès sont réels, surtout au niveau international, où les fédérations et les instances comme l'UEFA ou la FIFA tentent de convertir financièrement l'intérêt grandissant du public pour le football féminin. Le prochain Championnat d'Europe illustre cette progression, avec une dotation historique de 41 millions d'euros pour les 16 équipes engagées, dont la France. Un montant quasiment multiplié par 5 depuis l'Euro 2017 (8 millions d'euros) !
En effet, à la différence des joueurs masculins, qui sont en général tous professionnels et donc payés par leur club en tant que salariés, les joueuses internationales n'ont pas toutes le statut professionnel et peuvent rencontrer des problèmes financiers lorsqu'elles sont appelées en sélection. Sans oublier des salaires annuels bien moins élevés que chez les hommes.
C'est pour cette raison que les revendications des joueuses internationales se sont multipliées ces dernières années, ce qui a permis d'arriver dans plusieurs pays à une égalité de revenus entre la sélection masculine et la sélection féminine. Une évolution bénéfique à long terme pour le football féminin.
Dans un rapport publié en mars dernier, la FIFA estimait que le salaire moyen d'une joueuse de football au niveau professionnel était de 10 000 euros environ. Un chiffre à relativiser, puisque les 40 meilleurs clubs (principalement européens et américains) font largement grimper une moyenne encore très faible pour des joueuses de haut niveau. Au sein des meilleures équipes, le salaire moyen est d'environ 22 000 euros, selon ce rapport « Setting the Pace, FIFA Benchmarking Report on Women's Football ». Mais, pour les clubs de niveau 2, selon les termes de la FIFA, le salaire moyen est seulement de 4000 euros environ. Pour les clubs de niveau 3, la moyenne tombe même à 2500 euros.
Déterminées - Épisode 6 : inégalités salariales, absence de contrats, les joueuses se confient #foot
Les Salaires en Progression en France
En France, les salaires des clubs de Première Ligue illustrent bien cette disparité entre clubs d'un même championnat. En dehors de l'OL Lyonnes (où le salaire moyen est estimé à 20 000 euros, selon L'Equipe) et au PSG (13 000 euros), les salaires moyens pour les dix autres clubs étaient cette saison compris entre 3000 et 1600 euros. Les plus hauts salaires sont néanmoins en augmentation depuis plusieurs saisons.
En 2019, les meilleures joueuses de Lyon, comme la Ballon d'or Ada Hegerberg ou les stars de l'équipe de France Amandine Henry et Wendie Renard, émargeaient à environ 30 000 euros par mois. À l'heure actuelle, l'attaquante lyonnaise Tabitha Chawinga touche environ 80 000 euros mensuels, suivie de près par deux de ses coéquipières, la Brésilienne Tarciane (70 000 euros) et la Française Marie-Antoinette Katoto (60 000 euros).
En France, la création de la Première Ligue a permis d'améliorer les conditions de travail des joueuses, même si le retard dans la signature de la convention collective (censée améliorer les conditions de travail et salariales, ndlr) est déploré par celles qui n'évoluent pas au PSG ou à l'OL Lyonnes. Il est tout de même bon de noter que le salaire minimum est passé à 1820 euros par mois et que la moyenne des salaires a connu une hausse comprise entre 10 et 15 % en une seule saison. Le nombre de contrats fédéraux a lui aussi augmenté de 10% en un an.
Insuffisant toutefois pour permettre à la totalité des joueuses de ne jouer qu'au football, puisque certaines sont obligées de prendre un emploi à mi-temps pour compléter leur salaire. Pour la seconde année, le journal L'Équipe, en partenariat avec France Bleu, publie un classement des plus gros salaires de joueuses de foot de la Division 1. Un classement qui montre l'écart abyssal entre les rémunérations des hommes et des femmes en matière de football.
Chez les femmes aussi, c'est le PSG qui domine avec les deux premières places et cinq joueuses présentes dans le top 10. Un classement partagé avec l'Olympique Lyonnais. Marie-Antoinette Katoto est donc devenue la footballeuse la mieux payée de France avec un salaire mensuel brut estimé à 50.000 euros. Elle est suivie par sa coéquipière Lieke Martens avec un salaire de 42.000 euros. Ces estimations correspondent au salaire brut mensuel et n'intègrent donc pas les primes.
Prolongée à grand frais par le PSG, Marie-Antoinette Katoto est ainsi devenue la joueuse la mieux payée de D1 Arkéma avec un salaire estimé à 50 000 euros bruts par mois. Soit un salaire annuel de 600 000 euros, très éloigné de ce que le PSG peut offrir à ses joueurs de la section masculine.
Deux joueuses émergent ensuite selon les estimations de L'Equipe en mars dernier : Kadidiatou Diani (PSG) et Wendy Renard (OL) à 37 000 euros bruts mensuels. Viennent ensuite les joueuses de l'OL Delphine Cascarino (30 000 euros) et Griedge Mbock (28 000 euros) et celle du PSG Grace Geyoro (26 000 euros).
Concernant les salaires d'Arkema Première Ligue, il y a l'OL, le PSG et les autres. Comme chaque saison, L'Équipe a dévoilé le top 10 des salaires mensuels moyens des clubs du championnat de France féminin. C'est l'écurie lyonnaise qui se trouve tout en haut de ce classement, avec une moyenne du top 10 à 20 000€. Les Fenottes sont suivies par le PSG, avec une moyenne de 13 000€. Le Paris FC complète le podium, avec une moyenne de 3 000€.
Le FC Nantes (2 800€) et le Montpellier HSC (2 755€) sont aussi présents dans le top 5.

Tableau des Salaires Mensuels Moyens Bruts des Clubs
| Classement | Club | Salaire Mensuel Moyen Brut |
|---|---|---|
| 1 | OL | 20 000€ |
| 2 | PSG | 13 000€ |
| 3 | Paris FC | 3 000€ |
| 4 | FC Nantes | 2 800€ |
| 5 | Montpellier HSC | 2 755€ |
| 6 | Fleury | 2 500€ |
| 7 | AS Saint-Étienne | 2 500€ |
| 8 | Dijon | 2 200€ |
| 9 | Strasbourg | 2 100€ |
| 10 | Le Havre | 1 850€ |
| 11 | Stade de Reims | 1 800€ |
| 12 | EA Guingamp | 1 600€ |
Le quotidien tricolore ne s'est pas arrêté en si bon chemin. Il a aussi dévoilé les plus gros salaires de l'Arkema Première Ligue. C'est Tabitha Chawinga qui se trouve en haut du classement. La joueuse lyonnaise toucherait un salaire mensuel brut de 80 000€. Les onze premières places sont d'ailleurs exclusivement composées de joueuses de l'OL et du PSG.
Tableau des Plus Gros Salaires Mensuels Bruts en Arkema Première Ligue
| Classement | Joueuse | Club | Salaire Brut Mensuel |
|---|---|---|---|
| 1 | Tabitha Chawinga | OL | 80 000€ |
| 2 | Tarciane | OL | 70 000€ |
| 3 | Marie-Antoinette Katoto | PSG | 60 000€ |
| 4 | Kadidiatou Diani | OL | 60 000€ |
| 5 | Wendie Renard | OL | 50 000€ |
| 6 | Ada Hegerberg | OL | 48 000€ |
| 7 | Mary Earps | PSG | 45 000€ |
| 8 | Grace Geyoro | PSG | 45 000€ |
| 9 | Lindsey Horan | OL | 45 000€ |
Jean-Michel Aulas, président de la ligue féminine de football professionnel (LFFP), désire que le Championnat de France devienne le meilleur du monde. La création de la Ligue pro, le 1er juillet dernier, doit y contribuer, en améliorant considérablement les conditions de travail et les salaires des joueuses.
La convention collective bloque Par ailleurs, alors qu'elle devait être signée l'été dernier, la convention collective - elle aussi censée améliorer les conditions de travail et salariales des joueuses - fait encore l'objet de blocages entre les représentants des clubs, des joueuses et des entraîneurs.
Toutefois, la LFFP met en avant que le nombre de contrats fédéraux (*) a encore augmenté de 10 % en un an. Le salaire minimum est passé à 1 820 € par mois, basé sur la convention collective nationale du sport comme chez les garçons et la moyenne des salaires a connu une hausse comprise entre 10 et 15 % en une saison.