Le monde du rugby professionnel en France suscite de nombreuses interrogations, notamment en ce qui concerne les salaires des joueurs. Une étude menée par le cabinet d'audit Nexia S&A a révélé des disparités significatives entre les différents niveaux de compétition. Cet article se penche sur les salaires moyens en Top 14 et Pro D2, tout en explorant la situation spécifique de l'USON Nevers Rugby.
Les salaires dans le Rugby ? On en parle sans tabou avec Thibaut Regard joueur emblématique du Lou.
Salaires en Top 14 : Un Aperçu Général
Selon les informations du journal L’Équipe, le salaire annuel brut moyen d’un joueur de Top 14 sur la saison 2018-2019 serait de 246 937 €, soit 20 578 € par mois. Le quotidien précise que ce chiffre ne prend pas en compte les compléments de rémunération (droit à l’image, intéressements…).
Il a été révélé que l'an passé, un joueur du championnat de l'élite gagnait 21 000 euros mensuels en moyenne, soit 259 000 euros bruts par an. Mais pour certaines stars du Top 14, cette moyenne est largement, très largement dépassée.
Il y aurait 33 joueurs (4% des joueurs de Top 14, des internationaux français pour la plupart) qui toucheraient plus de 40 000 euros mensuels ou 480 000 euros brut annuels. On atteint même les 600 000 euros bruts annuels pour un tiers environ de ces 33 joueurs. Et cela ne vous étonnera pas de voir les noms d'Antoine Dupont, d'Owen Farrell, de Grégory Alldritt ou encore de Matthieu Jalibert faire partie de ces joueurs les mieux payés. Mais face à ces salaires.

Disparités Salariales
Le Top 14 connaît donc une disparité des salaires assez importantes, avec des revenus bruts qui vont donc des de moins de 60 000 euros brut par an (statut espoir) , à plus de 600 000 euros brut par an (les stars du championnat). L'écart est énorme.
Salaires en Pro D2 : Une Réalité Différente
Toujours selon les informations du quotidien sportif, le salaire annuel brut moyen d’un joueur de Pro D2 serait de 75 000 €, soit 6 250 € mensuels. Le Midi Olympique révèle qu'en moyenne, un joueur de Pro D2 gagnerait en moyenne 4000 euros bruts par mois, selon les propos d'un manager du championnat, resté anonyme.
C'est donc environ cinq fois moins que ce que peut toucher un joueur de Top 14 en moyenne (21 000 euros). Mais il y a eu une très nette augmentation par rapport à il y a quelques années, où un joueur de Pro D2 gagnait en moyenne 2600 euros bruts par mois sur l'après Covid.
On est donc loin des excès que certains présidents peuvent dénoncer en Top 14 pour demander une limitation du salary cap. Si loin que le président Vannes, Olivier Cloarec, a tenu à souligne un déséquilibre assez flagrant.
Pour le dirigeant du club breton, qui s'est exprimé là aussi dans Midi Olympique, cet écart des salaires n'est pas vraiment normal quand on voit l'attractivité du championnat de deuxième division. Le salaire moyen en Top 14 est un niveau qu'un club montant de Pro D2, comme Vannes cette année, ne peut pas atteindre sans se mettre en danger financièrement. Les efforts sur les salaires ne peuvent pas être aussi grands.
Il y a clairement un déséquilibre entre la rémunération des joueurs de Pro D2 et de Top 14. On voit bien, au regard des affluences dans les stades, qu’on a des salaires qui ne sont pas en adéquation avec l’économie de notre sport (…) Quand nous sommes montés en Top 14, nous avons forcément revu à la hausse les salaires de nos joueurs mais personne n’est venu me voir en me réclamant le salaire moyen de Top 14.
Dans les contrats, il était prévu, pour de nombreux joueurs, une augmentation de 30 % en cas de montée. Un joueur à 10 000 € brut mensuels qui passe à 13 000, ça reste raisonnable (...) De toute façon, il est hors de question de dépenser un euro que nous n’avons pas.
Masse Salariale et Contrats Espoirs
La masse salariale représente le total des rémunérations brutes et primes, hors cotisations patronales. Il faut savoir qu'il y a un minimum de salaire pour un contrat espoir voici le texte: “Si vous êtes joueur espoir de Pro D2 à temps complet : votre rémunération minimale est de 23 000€ brut annuel.”
Il faut aussi savoir que la moyenne salariale d'un joueur de pro d2 peut aujourd'hui être estimé par un éminent manager de la division à "grosso modo 4 000 euros bruts." Alors oui c'est une moyenne mais la, on se situe légérement en dessous .
Prenons l'exemple d'Aurillac et Dax :
Il y a un panel de allez 40 à 45 joueurs mini, il faut bien les payer et il y a un staff technique (manager, entraineurs, vidéo), , un staff médical (médecin, physio., Kiné), des administratifs mais bon en partant du principe que le masse salariale ne concerne que les joueurs et je ne prend que 44 joueurs qui est en gros la moyenne de tous les groupe de pro d2 cela donnerait : 1 733 000€ .
En prenant les infos de all rugby, je comptabilise 10 joueurs de moins de 24 ans dans la liste cela représente donc au minima 230 000€ soit 1 733 000 - 230 000 = 1 503 000 restant pour les 34 autres pro du groupe soit par personne 44 200€ brut annuel.
Je ramène cela au mois :
- Pour un espoir sous contrat cela fait du 1916€ brut par mois sur 12 mois
- Pour un pro 44 200€ / 12 = 3680 € brut par mois sur 12 mois a peine le double d'un espoir. Attention je ne parle même pas de 13 -ème mois et pas de prime 0 sur la saison 😉
L'USON Nevers Rugby : Une Saison Complexe
Dixième après 18 journées, l’USON Nevers Rugby vit sa saison la plus complexe depuis son accession en Pro D2, en 2017. "L’équipe a des qualités mais elle n’a pas de constance. Cela se ressent lors de certains matchs, mais aussi à l’intérieur même d’un match ; elle peut réussir des choses extraordinaires puis avoir un flottement de 15-20 minutes où elle fera n’importe quoi. C’est ce qui me dérange le plus. En fait, cela fait presque deux ans que c’est comme ça. Alors il faut se poser des questions, et les bonnes. On a aussi un nombre de blessés récurrent qui interroge : 16 en moyenne, c’est énorme. Quand c’est comme ça, on pointe toujours le staff. Est-ce qu’il y a une usure ? C’est probable. Un confort ? Pourquoi pas. Ce sont des questions qui me titillent, et qui m’ont fait passer de mauvaises vacances de Noël. "
"On est dans un palier. Ça passe, ou ça casse. L’USON, pour moi, c’est quinze ans d’investissement. À Noël, je me suis demandé : « Tu lâches ou tu continues ? » Le club, aujourd’hui, c’est 110 emplois, l’équivalent de 239 emplois à un salaire moyen. Et il y a toute l’économie autour, la restauration, les kinés, les ostéopathes, etc. C’est beaucoup d’emplois créés. J’ai 74 ans. Je suis allé voir mon fils (Sébastien Dumange, qui a succédé à son père à la tête de la PME familiale Textilot, leader national de la distribution de prêt-à-porter). Je lui ai demandé : « Si je disparais, si j’ai un accident, est-ce que tu garderas l’USON ? » Il m’a dit : « Oui, l’USON, ça n’est pas que toi, c’est nous. » Ça m’a rassuré. Économiquement, c’est très compliqué pour tout le monde, on est touché nous aussi. L’USON impacte Textilot. "
"On a des infrastructures à développer, c’est aussi le moment de revoir complètement le staff. Guillaume Jan (entraîneur des trois-quarts) est là depuis 15 ans, Sébastien Fouassier (entraîneur des avants) depuis 11 ans, Xavier Péméja (manager) depuis 9 ans). Nous sommes sans doute le club qui a le staff avec le plus de longevité, avec Toulouse. Mais on n’est pas Toulouse, on est Nevers. Xavier Péméja est devenu un ami. C’est rare qu’on soit dans une situation de blocage. Il m’a dit : « Je dois partir, mais je ne partirai pas. » Il restera, comme manager formateur. Il faut que son successeur soit le même, son sosie. J’ai des contacts avec un ancien du club, mais c’est encore trop tôt pour en parler. "
"Onze départs sont prévus. Mais on a anticipé : Charlie Francoz (ex-Biarritz, joker médical de Maxence Barjaud) est là, Alexandre Coulibaly (Racing 92) vient d’arriver, et on vient de signer George Smith, un deuxième-ligne anglais de 2,06 m et 135 kg, qui sera là dans quelques jours. Il vient de Northampton, qui l’a prêté à Bedford, en 2e division anglaise. Cleopas Kundiona (pilier droit) partira en fin de saison à Northampton. Je cherche encore deux ou trois joueurs, un gros numéro 3, notamment. Toujours des jeunes : j’ai ce côté formateur en moi, et les jeunes se blessent moins. Il n’y aura pas d’anciens de Top 14, je ne veux pas de mercenaires. Et puis je compte sur nos Espoirs. On joue cette année avec 8,5 Espoirs en moyenne sur la feuille de match ; on a gagné à Brive avec dix Espoirs, alors qu’en face il y avait sept internationaux. Mais je veux une pyramide des âges équilibrée. Rudy Derrieux a prolongé pour deux ans, il veut finir sa carrière ici. "
"Je suis président de la commission Stades de la LNR. Cela me rend moins présent au quotidien dans le club, mais cela me montre aussi le retard que l’on a pris à Nevers. On est débordé, dépassé, on a des infrastructures du niveau de Nationale. Quand les parents viennent nous présenter leur gamin de 16-17 ans, qu’ils voient ce qu’on a, et qu’ils vont ailleurs, on ne les revoit pas. Il faut refaire le centre de formation, mais le permis de construire est déposé depuis un an, et ça n’avance pas. Je voulais qu’il soit prêt pour le 1er juillet 2025, ça ne sera sans doute pas avant 2026. On a un terrain synthétique pourri, qui sera refait cet été ; les joueurs s’entraînent dans un gymnase où il fait 6 °C. On va faire aussi la quatrième tribune, au Pré-Fleuri, pour passer à 10 000 places. Il faut du grandiose pour que les gens viennent. Dans les autres clubs, ça investit partout, je vois passer des projets à 25 ou 50 millions d’euros, que les collectivités locales financent, parce que le sport est un vecteur économique incroyable. Et moi je n’arrive même pas à avoir 500 000 €.
Tableau Récapitulatif des Masses Salariales 2023/2024 (Exemples)
| Club | Masse Salariale (€) |
|---|---|
| Brive | 5 358 000 |
| Provence | 4 328 000 |
| Grenoble | 3 913 000 |
| Montauban | 3 875 000 |
| Agen | 3 864 000 |
| Vannes | 3 565 000 |
| Nevers | 3 360 000 |
| Biarritz | 3 009 000 |
| Colomiers | 2 867 000 |
| Mont de Marsan | 2 461 000 |
| Soyaux Angoulême | 2 341 000 |