Salaires des Entraîneurs de Football Africains: Qui Gagne le Plus?

La question du salaire des sélectionneurs en Afrique demeure sensible, notamment parce que dans de nombreux pays, ses émoluments et ceux de ses adjoints sont intégralement pris en charge par l’État en raison des faibles ressources financières des fédérations. Mais aussi car la tendance a longtemps été de voir les noms de sélectionneurs étrangers, le plus souvent européens, au sommet de la pyramide des salaires, loin devant leurs homologues africains. Si l’Algérie demeure la nation qui paye le mieux, elle démontre que les choses ont évolué.

Selon des chiffres relayés par Sportune, média de sport business, c’est Petković, le technicien de l’Algérie, qui prend le plus gros chèque, et de loin. Avec des émoluments estimés à 135 000 euros par mois, le technicien suisse domine le classement des salaires de cette 35ᵉ édition de la Coupe d’Afrique des Nations. Logiquement, ce sont donc les meilleures sélections qui ont à leur tête les sélectionneurs les mieux payés.

Le média spécialisé dans l’actualité du sport business Sportune a publié une estimation des salaires touchés par les sélectionneurs engagés cet hiver au Maroc, confirmant des informations révélées par Le Monde fin 2024.

Le Top des Salaires des Sélectionneurs Africains

Quel est le sélectionneur le mieux payé de cette CAN 2025 ? Selon des chiffres partagés par « Sportune », site spécialisé sur le sport business, le technicien de l’Algérie Vladimir Petkovic serait le sélectionneur le mieux payé de cette CAN 2025. Voici le top 10 des sélectionneurs les mieux payés :

Rang Sélectionneur Pays Salaire Mensuel (euros)
1 Vladimir Petkovic Algérie 135 000
2 Hugo Broos Afrique du Sud 75 000
3 Émerse Faé Côte d’Ivoire 75 000
4 Walid Regragui Maroc 70 000
5 Éric Chelle Nigeria 55 000
6 James Kwesi Appiah Soudan 48 000
7 Sébastien Desabre RD Congo 42 000
8 Hossam Hassan Égypte 30 000
9 Gernot Rohr Bénin 25 000
10 Pape Thiaw Sénégal 20 000

Selon les données révélées par le site spécialisé Sportune, la Fédération algérienne a mis les gros moyens pour s’offrir les services de Vladimir Petkovic. Avec des émoluments estimés à 135 000 euros par mois, le technicien suisse domine le classement des salaires de cette 35ᵉ édition de la Coupe d’Afrique des Nations.

Derrière lui, à nouveau un entraîneur européen, plus précisément Belge cette fois. Hugo Broos (Afrique du Sud), vainqueur de la CAN avec le Cameroun en 2017, bénéficierait d’un salaire mensuel de 75 000 euros tout comme Émerse Faé. Le coach ivoirien, héros de la dernière Coupe d’Afrique glanée par les Éléphants en 2024, est directement monté sur le podium des sélectionneurs africains les mieux rémunérés grâce à son exploit, alors qu’il n’était qu’un intérimaire à l’époque.

Le top 5 est complété par Éric Chelle, l’ancien international malien aujourd’hui bien installé sur le banc du Nigeria, qui avoisinerait les 55 000 euros/mois. En revanche, malgré son statut d’outsider sérieux à la victoire finale au Maroc, le Sénégal place seulement son sélectionneur à la 10e place.

La surprise vient de la quatrième position occupée par Walid Regragui. Malgré son statut de héros national et son parcours historique au Qatar en 2022, le sélectionneur des Lions de l’Atlas touche un salaire estimé à 70 000 euros par mois. Un montant confortable, mais qui reste bien en deçà de celui versé par le voisin algérien à son entraîneur.

Naturalisé suisse, l’ancien entraîneur des Girondins pourtant éliminé dès le premier tour de la dernière CAN émargerait à 135 000 euros par mois. Ils sont suivis de près par Regragui aux commandes du Maroc, pourtant demi-finaliste du Mondial 2022, payé 70 000 euros par mois. Plus bas dans la pyramide, on retrouve les sélectionneurs du Nigeria, du Soudan, de l’Égypte ou de la RD Congo, avec des salaires très inégaux.

Le reste du classement montre les inégalités financières du football africain. Si des techniciens comme Sébastien Desabre (RDC, 42 000 €) ou Hossam Hassan (Égypte, 30 000 €) tirent leur épingle du jeu, d’autres doivent composer avec des moyens beaucoup plus modestes.

Djamel Belmadi, jusqu’à son limogeage par la Fédération algérienne de football (FAF) après l’élimination des Fennecs au premier tour de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), en Côte d’Ivoire, se voyait verser un salaire mensuel de 205 000 euros. Son successeur, le Bosno-Suisse Vladimir Petkovic émarge, lui, à 135 000 euros par mois. Au Maroc, Walid Regragui, 49 ans, gagne 70 000 euros par mois, soit presque autant que les 75 000 euros versés au plus expérimenté Hugo Broos, 72 ans, sélectionneur belge de l’Afrique du Sud.

« Quand Emerse Faé a un gros salaire, cela ne choque pas grand monde car il a remporté la CAN. Par contre, si vous avez un étranger qui touche une belle somme sans que les résultats suivent, cela passe beaucoup moins bien auprès de l’opinion publique, surtout quand c’est l’État qui paye », relève un agent sous couvert d’anonymat.

Mais il n’est pas rare que des sélections plus modestes offrent à leur sélectionneur des rémunérations importantes, comme le Soudan avec le Ghanéen James Kwesi Appiah (48 000 euros). L’Égypte verse quant à elle tous les mois autour de 30 000 euros à Hossam Hassam. À l’inverse, Faouzi Benzarti émarge à « seulement » 10 000 euros en Tunisie, pourtant l’une des meilleures sélections africaines, autant que Brama Traoré au Burkina Faso.

En République démocratique du Congo (RDC), le salaire du Français Sébastien Desabre n’a pas été révélé. Au Mali, le Belge Tom Saintfiet a consenti un effort financier significatif, puisqu’il gagne 20 000 euros par mois alors qu’il était sous contrat aux Philippines avec un salaire de 30 000 euros. Dans cette fourchette, on trouve également le Franco-Comorien Amir Abdou, qui gagne 20 000 euros pour entraîner la Mauritanie, selon la presse locale.

Logiquement, plus on descend dans la hiérarchie des sélections africaines et moins les salaires sont élevés, à l’exception de la Tunisie et du Burkina Faso. « Cela concerne autant les locaux que les étrangers : des pays comme la Centrafrique, le Niger, le Rwanda ou le Zimbabwe n’ont pas la réputation pour attirer des entraîneurs de renom, ni les moyens », remarque un dirigeant de fédération.

Pour rester attractives, ces sélections moins renommées proposent souvent des primes et avantages en nature, comme un logement, une voiture de fonction et des billets d’avion.

Les Plus Bas Salaires

En bas de l’échelle, plusieurs sélectionneurs gagnent moins de 5 000 euros par mois. C’est le cas de Romuald Rakotondrabe (Madagascar) et du Croate Zdravko Logarusic, récemment nommé en Eswatini, dont le revenu mensuel est de 4 000 euros. Etienne Ndayiragije (Burundi) et Gebremedhin Haile (Ethiopie) gagnent moitié moins, alors qu’Abdourahman Okie Hadi émarge à environ 1 600 euros par mois à Djibouti.

Si les plus bas salaires concernent souvent des entraîneurs locaux, il existe des exceptions. « Certains étrangers acceptent de venir en Afrique pour des sommes modestes, parce que la concurrence est rude sur le marché des entraîneurs et que certains ont besoin de travailler, résume un agent. Cela peut aussi être un tremplin pour des techniciens plus jeunes et donc peu expérimentés. »

Le meilleur exemple est sans doute le Français Hervé Renard, qui a commencé sa carrière africaine en tant qu’adjoint de Claude Le Roy au Ghana (2007-2008), avant de devenir sélectionneur de la Zambie (2008-2010), pour un salaire d’environ 18 000 euros. En 2012, le Savoyard, revenu à Lusaka après deux brefs passages en Angola et à l’USM Alger, permettait aux Chipolopolos de devenir champions d’Afrique pour la première fois de leur histoire.

Depuis, Hervé Renard a notamment entraîné la Côte d’Ivoire, avec qui il a remporté la CAN en 2015, le Maroc et l’Arabie saoudite.

Afrique du Sud : le salaire des footballeuses bientôt revu ?

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