L'Histoire du Football à Nantes: De la Saint-Pierre au FC Nantes

Le football à Nantes possède une histoire riche et complexe, marquée par des figures emblématiques, des moments de gloire et des controverses. Cet article explore les racines du football nantais, de la création de la Saint-Pierre de Nantes à l'essor du FC Nantes, en passant par les défis et les triomphes qui ont façonné l'identité de ce sport dans la région.

Les Origines: La Saint-Pierre de Nantes

La Saint-Pierre de Nantes, société plus que centenaire, a vu le jour et a grandi à l’ombre de la Cathédrale. Son histoire est riche et intense grâce à des dirigeants dévoués et compétents, et aussi à son idéal qui lui ont assuré sa réputation et sa pérennité. Avant 1881, l’Abbé Pierre AUDRAIN, curé de la cathédrale de Nantes, eut l’idée de réunir les jeunes du quartier, qui exerçaient pour la plupart le dur métier de ramoneur, dans le but de leur procurer un peu de plaisir et de distraction pendant les loisirs que leur laissaient leur pénible tâche.

1881 est la date de la création de la St PIERRE. A cette époque, Monseigneur LECOCQ, qui fut Evêque de Nantes de 1877 à 1895, donna son accord pour la création du nouveau patronage et c’est en 1886 qu’un des vicaires de la cathédrale fut désigné pour s’en occuper. Bien entendu, il n’était pas question de sport en ce temps là (le mot était inconnu). L’activité consistait à effectuer de longues marches. Déjà on jouait à ‘la balle’ sur le cours St PIERRE.

L'Émergence du Sport

En 1906, la section de gymnastique fut créée, marquant le début de la pratique sportive au sein de la Saint-Pierre. Dès 1907, on jouait au ‘Ballon’ à la St PIERRE, mais il n’était pas question de ‘FootBall’, ce terme étant inconnu en ce début de siècle. C’était le ballon rond, une dénomination qui durera très longtemps. En ces années , le nombre de clubs pratiquant cette discipline sportive était très restreint. C’est l’époque héroïque qui devait se poursuivre quelques années après la guerre de 1914-1918.

Les Premières Compétitions

En 1912, il n’y avait pas de championnat organisé, mais la St PIERRE rencontrait déjà la MELLINET sur son terrain actuel de la CONTRIE et Marcel SAUPIN (très jeune), prenait parfois le sifflet d’arbitre. D’autres matches avaient lieu aux COUETS en BOUGENAIS et aussi au PETIT PORT, la St PIERRE ne possédant pas de terrain. Lorsque les rencontres se déroulaient aux COUETS, on prenait le ‘ROQUIO’, le bateau qui reliait le quai de la FOSSE à TRENTEMOULT. Chaque joueur payait la moitié du passage, l’autre étant réglée par le club.

Quand la LOIRE était en crue où charriait des glaçons, le bateau ne sortait pas et il fallait s’y rendre à pied. 12Km aller et retour, les vestiaire était à 1Km du terrain et de là on transportait poteaux et transversales à dos d’homme, puis on assemblait le tout, bien entendu pas de filet. Il fallait vraiment être ‘mordu’ pour pratiquer le ‘Ballon rond’. C’était une tâche de ‘pionniers’. Puis il y eut un début d’organisation dans la compétition et la St PIERRE remporta en 1912, le titre de champion de BRETAGNE en battant en finale à VANNES les cadets de BRETAGNE de RENNES.

Parmi les joueurs du patronage figuraient : CROCHU (goal) adhérent depuis 1909, PICQUET (ailier), LAPLACETTE, RENAUD, LUCAS, ROBLIN, LECOMTE, BENEZET (futur maire de REZE). Avant la finale de VANNES, CROCHU et PICQUET s’étaient déplacés à RENNES pour assister à la demi-finale opposant les cadets de BRETAGNE à la Tour d’AUVERGNE. Sans le savoir CROCHU alors âgé de 17ans et PICQUET étaient les précurseurs de ces dirigeants modernes qui , le caméscope en bandoulière, vont espionner leur futur adversaire.

Sur le plan financier, le club avait bien du mal à ‘joindre les deux bouts’ et l’abbé LOIROT, le responsable, dut sans doute puiser largement dans ses réserves personnelles pour régler les frais. Il faut également remarquer que déjà à cette époque , CROCHU et certains de ses camarades déploraient le comportement des joueurs qui cherchaient à mettre en valeur leurs qualités personnelles au détriment du groupe.

L'Impact de la Guerre

En 1914, la guerre éclate, interrompant les activités sportives. L’activité durant cette période de guerre consistait à faire de longues marches en dehors de NANTES sous la responsabilité du joueur PICQUET qui n’avait pas été mobilisé. Parmi les participants se trouvait un jeune garçon de treize ans qui devait , plus tard, faire parler de lui et qui s’appelait Joseph GEFFROY.

En 1919, l’abbé GROIZARD, prit après sa démobilisation, la direction de la section de football. En 1924, le président Clément l’HEUDE décida de se rendre propriétaire des locaux de la rue des CARMELITES. Ceux-ci comprenaient le cinéma bien connu des Nantais, qui fut exploité par l’abbé HALLEREAU, et les bâtiments réservés aux activités des jeunes. Sous l’impulsion de Georges BOCQUEL, la gymnastique reprend un second essor et ne tarde pas à se distinguer dans les différents concours d’un niveau souvent élevé.

Toujours en 1924, un jeune dirigeant de la St PIERRE fonda la section d’athlétisme qui devait obtenir de très brillants résultats. Vers cette époque, la St PIERRE fit l’acquisition du BOIS-VERDOT, l’actuel stade de DON BOSCO qui devint le stade de BONNEVILLE. C’est là que s’entraînaient les athlètes et les joueurs de football.

Le Stade du VIVIER

La période 1935/1936 est pour la section de football, la plus importante depuis la création de la société. En effet désirant s’agrandir le club se rendit propriétaire d’une partie du domaine du VIVIER, chemin du PORT-BOYER : le futur stade du VIVIER. A cet effet fut créée, le 18 juin 1935, l’association cardinal RICHARD. Le financement du futur stade fut réalisé par :

  • vente du stade du BOIS-VERDOT
  • vente d’une parcelle de terrain route de PARIS
  • subvention de la Mairie de Nantes

L'inauguration du Stade du VIVIER eut lieu le dimanche 13 septembre 1936.

Saison 1936/1937

La St PIERRE opérait en 2ème division du championnat de district ANJOU - BASSE-LOIRE et réalisa une très brillante saison. Sa 1ère place lui ouvrait la porte de la 1ère série. Le dimanche 15 avril 1937 se déroulait au VIVIER le concours des jeunes du district ANJOU - BASSE-LOIRE. En juin 1937 est décidé la création d’un comité supporter association.

Saison 1937/1938

La St PIERRE, continuant sur sa lancée, termina 1ère de son groupe en 1ère série, ne concédant qu’un match nul et accédait au championnat de promotion dont le niveau était beaucoup plus élevé. Puis le 6 avril 1938, au stade MALAKOFF, en match amical, la St PIERRE battit l’URANIA de GENEVE par 3 à 2, réalisant un véritable exploit. Signalons enfin, à la fin de cette saison 1937/1938 l’arrivée à la St PIERRE d’un nouveau joueur qui devait être, par la suite, un des éléments les plus marquants de la grande époque : Antoine RAAB.

Saison 1938/1939 - 'La GLOIRE'

Depuis 2 saisons , après l’ouverture du stade du VIVIER, la St PIERRE avait remporté successivement le championnat de 2ème série puis de 1ère série. Elle avait atteint le niveau de la promotion et ses succès attirèrent un public de plus en plus nombreux et enthousiaste. Cette saison, fut exceptionnellement brillante et la St PIERRE se hissa au premier rang du football dans l’ouest. Incorporée au groupe D du championnat de promotion elle eut comme adversaire les clubs suivants : BASSE-INDRE, la MELLINET, ANCENIS, la LIBERTE du MANS, SABLE, MEAN-PENHOUET, St NAZAIRE, SEGRE, la BAULE et le SCO d’ANGERS, ces 2 équipes étant logiquement favorites.

Les ‘PIERROTS’, qui possédait une équipe solide et complète, soutenue par un public qui remplissait le stade, ne se laissèrent pas impressionner par la valeur des équipes du groupe. La St PIERRE , terminant en tête de son groupe, était donc qualifié pour disputer la phase finale du championnat de l’Ouest de Promotion et peut être envisager la montée en division d’Honneur.

Phase Finale du Championnat de Promotion de L’OUEST

Les vainqueurs des 4 groupes de promotion se rencontrèrent en poule finale. Les clubs qualifiés étaient : La TOUR d’AUVERGNE de RENNES, la PHALANGE d’ARVOR de QUIMPER, US LAMBALLE et la St PIERRE de NANTES. Après tirage au sort, la St PIERRE devait rencontrer la Tour D’AUVERGNE sur terrain neutre, Quimper au VIVIER et se déplacer à LAMBALLE. Ainsi la St PIERRE enleva le titre de champion de l’Ouest de Promotion et accéda à la division d’Honneur, dont le niveau à l’époque était celui de la nationale actuelle. C’était le sommet du football amateur.

Naissance du FC Nantes

Le Football Club de Nantes a pour date de naissance le 21 avril 1943. Il a donc été créé durant l’occupation allemande. Dans l’arrière-salle du Café des Alliés, rue de la Fosse à Nantes, une grosse douzaine de dirigeants issus de différents clubs amateurs nantais se mettent d’accord pour œuvrer en commun à la naissance d’un grand club. Jean Le Guillou, entrepreneur en travaux publics, est nommé président. C’est lui qui suggère les couleurs du club. Mais le véritable patron du club s’appelle Marcel Saupin. Président du club de la Mellinet, le "Lion", tel qu’on le surnomme, porte le projet depuis le début et multiplie les contacts entre les différents clubs. La naissance du FC Nantes suit un scénario finalement très classique. Si ce n’est que nous sommes en 1943.

Toute la France est occupée par les Allemands. La Cité des Ducs compte alors environ deux cent mille habitants, et son industrie est florissante. On peut donc s’étonner que dans ce contexte de peur et de privations, quelques notables n’ont d’autre occupation que de monter un club de football. Lorsque furent ouvertes les archives de la ville au début du siècle actuel, on ne fut qu’à moitié surpris d’apprendre que les deux principaux dirigeants du club, Marcel Saupin et Jean Le Guillou, adhéraient à Collaboration, un groupe politique on ne peut mieux nommé, qui défendait l’idée selon laquelle la France devait se soumettre à l’occupant allemand pour accéder à la modernité.

Si l’adhésion de Saupin semble rester du domaine de la collaboration passive, celle de son ami Jean Le Guillou, premier président du FC Nantes, dépasse largement le cadre des petits arrangements. Son entreprise de bâtiments publics est régulièrement sollicitée par l’occupant pour des travaux d’envergure. Le Guillou collabore activement et s’enrichit. À la Libération, Le Guillou décide d’aller se faire oublier en Suisse, laissant le poste de président du FC Nantes à Saupin. Il reviendra à Nantes quelques années plus tard à la faveur de la loi du 5 janvier 1951 qui amnistie les collaborateurs condamnés à de courtes peines. Il reprendra comme si de rien n’était l’activité de son entreprise, mise sous séquestre depuis 1945.

Le nom de Marcel Saupin restera très présent dans la mémoire nantaise. Lorsque l’ancien patron du club meurt en 1963, la ville de Nantes donne aussitôt son nom au stade. Ainsi le grand FC Nantes jouera pendant plus de vingt ans dans une enceinte qui portera le nom d’un illustre collaborateur. Nantes est restée célèbre grâce à un club de foot créé pendant la guerre par des "collabos". Heureusement, les équipes successives ont façonné au fil des années une image sportive plutôt positive, en pratiquant un football collectif et chatoyant (le fameux "jeu à la nantaise"), en privilégiant la formation plutôt que le recrutement, et en remportant de nombreux titres.

Le "Jeu à la Nantaise" et les Succès

Vingt ans plus tard, le "jeu à la nantaise" devient sa marque de fabrique. Très tôt, la formation des jeunes est un axe majeur de développement du club. Dans sa structuration, le FCN est le premier à nommer en 1968 un directeur sportif, l’ancien défenseur international Robert Budzinsky et Jean-Claude Suaudeau, autre ancien joueur de la Maison jaune, pour encadrer les jeunes pousses du club.

Le FCN est sauvé in extremis du dépôt de bilan par l’intervention de la Ville, de la CCI et du Conseil général en 1992. Grâce à la génération dorée emmenée par Makélélé, Karembeu, Loko, Ouédec et Pédros, le club renaît de ses cendres. Après le titre de 1995 et l’incroyable parcours avec 32 matchs sans défaite - record inégalé - puis une demi finale de la Ligue des Champions en 1996 face à la Juventus de Turin, Coco Suaudeau jette l’éponge en 1997. Il laisse sa place à Raynald Denoueix.

L'éviction de Raynald Denoueix, en décembre 2001, marque une rupture dans l’histoire du club et l’amorce d’un déclin sportif, malgré une finale de la coupe de la ligue en 2004 au stade de France. Une première fois en 2005, le FC Nantes sauve in extremis sa place dans l'élite lors de la dernière journée.

Descente en Ligue 2 et Rachat

La descente en Ligue 2 intervient en 2007, après 44 saisons dans l’élite. Le club est racheté par l'homme d'affaires franco-polonais Waldemar Kita en 2007. Un an plus tard, le FC Nantes retrouve la Ligue 1 mais redescend en Ligue 2 à l'issue de la saison 2008-2009.

C'est donc le vendredi 20 avril que le FC Nantes a fêté son 75e anniversaire à l'occasion du derby face au Stade Rennais, dans le cadre de la 34e journée de Ligue 1. À cette occasion, le club a convié tous ses anciens joueurs professionnels.

L'ÉPOPÉE DE NANTES EN LDC (1996)

Le Football Rugby à Nantes

Avant de devenir une terre de foot avec le FC Nantes, la Cité des Ducs a été un haut lieu du « football rugby ». Le ballon ovale est en effet arrivé dès 1897, grâce à des étudiants et des négociants anglais. À cette époque, le ballon rond ne tient pas une grande place dans le sport ligérien, comme partout en France, car il est réservé à une certaine élite. Il a notamment beaucoup de mal à conquérir les milieux ouvriers.

La Grande Guerre et la Popularisation du Football

C’est la Grande Guerre qui va populariser le football. Dans un premier temps, on a eu une guerre de mouvement avec des soldats qui bougeaient beaucoup. Mais à la suite de la première bataille de la Marne (du 5 au 12 septembre 1914), la guerre de tranchée va commencer. Les soldats ne sont pas toujours dans les combats et ils s’ennuient.

Promu chef des Armées, le Général Pétain a sorti une directive le 3 juin 1917 qui favorise les loisirs des Poilus qui ne sont pas au combat. Après l’Armistice du 11 novembre 1918, le football va alors connaître un développement sans précédent. Les clubs des patronages catholiques, qui existent déjà, en profitent pour créer leur section football. À l’image des Voltigeurs Châteaubriant.

Le tableau suivant résume les moments clés de l'histoire du football à Nantes :

Année Événement
1881 Création de la Saint-Pierre de Nantes
1906 Création de la section de gymnastique à la Saint-Pierre
1912 La Saint-Pierre remporte le titre de champion de Bretagne
1943 Fondation du FC Nantes
1960s-1990s Période de succès du FC Nantes avec le "jeu à la nantaise"
2007 Descente du FC Nantes en Ligue 2 et rachat par Waldemar Kita

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