Le Stade Foyen, club de rugby emblématique de Sainte-Foy-la-Grande, possède une histoire riche et passionnante. Fondé en 1909, il a su traverser les époques en conservant ses valeurs et son identité.

Les Débuts : Hygiène, Sport et Revanche
Le Stade Foyen est créé le 21 avril 1909. Son berceau, c’est Mourennes, à Pineuilh. Les statuts reprennent des thèmes forts : l’hygiène corporelle par le sport et le vieux désir de revanche contre l’Allemagne qui a vaincu la France à Sedan, en 1870. Le mot « rugby » ne figure pas dans les ses statuts.
La démarche est d’un modernisme étonnant. A Mourennes-les-Douches, on peut prendre des douches et des bains ! Car on ne se baigne jamais, à l’époque. On se lave un peu, certains vont jusqu’à se laver régulièrement. Jean Numa Gaulhiac partage cette opinion et qualifie son établissement d’ »hydrosudothérapique ». 37 ans plus tard, en 1909, le Stade Foyen reprend ces thèmes et beaucoup plus.
L'influence du Gymnase Gaulhiac
Le gymnase Gaulhiac ferme en 1896. Aussitôt, se crée le Sport Athlétique Fidéen. A propos de cette société, Jean-Michel Boudié précise : « Club omnisport, son siège se situe salle Linard, et les entraînements ont lieu dans la salle de réunion des conservateurs. On y pratique l’escrime, la boxe française, la gymnastique, la course à pied et même la natation.
Une équipe de rugby est constituée. Le premier match se déroule le 15 janvier 1905, contre l’Union Sportive Bergeracoise. Et pour ce premier matche qui est un événement, le club change de nom. Le « Sport Athlétique Foyen » devient le « Sainte-Foy Athlétic Sport ».
En 1909, le Sainte-Foy Athlétic Sport se dissout. Ses adhérents se retrouvent au Stade Foyen qui vient d’être créé. C’est ainsi que l’année 1909 voyait la naissance officielle du Stade Foyen.
Les Premières Années : Terrain Vague et Enthousiasme
Le Stade Foyen s’installe donc vers Mourennes. A l’époque, peu de maisons s’élevent en dehors des hameaux et les prés ne manquent pas. Les matchs ont lieu derrière la barrière de Saint-Philippe, sur un terrain qui appartient à M. Magniol. Ce fut le premier terrain de rugby foyen.
Henri Dupuy ajoute : « Je me souviens des premiers matchs d’entrainement qui se disputaient entre les membres du club, dans les prés de Blanchereau, derrière la gare de marchandises… Les aménagements étaient sommaires. Les équipiers se déshabillaient derrière les haies qui bordaient le terrain et après le match, allaient se nettoyer dans les ruisseaux voisins ou tout bonnement rentraient chez eux faire leur toilette, et Dieu sait si certains jours de pluie ils devaient en avoir besoin !
Sainte-Foy, écrabouillé par 21 à 0, ne se décourage pas. Le second matche l’oppose à Libourne. Sainte-Foy perd 8 à 3. Vous l’avez remarqué, à l’époque, on ne dit parle pas de « rugby » mais de « Football rugby ».
Longtemps, les rencontres eurent lieu à Mourennes, pas sur le terrain que nous connaissons mais sur celui qui se trouve exactement en face, à droite de la route qui mène à Saint-Philippe du Seignal. C’était un pré à vaches, c’est toujours un pré à vaches.
Le dimanche après-midi, on enlevait les vaches, il restait les bouses et le match se déroulait. Il y avait des plaquages à risque. Ce fut l’époque héroïque !
Ils en veulent, les Stadistes ! C’est ainsi qu’avec l’arrivée du rugby en pays foyen, et la création du Stade Foyen, commença une longue histoire faite d’acharnement et de satisfactions profondes.
L'Ascension et les Moments de Gloire
Le dimanche 11 avril 1965, le Stade Foyen accédait pour la première fois en deuxième division après avoir battu Tartas en quart de finale, à Saint-Médard-en-Jalles, 8 à 6 avec deux essais du trois quart centre Beyssey et une transformation du première ligne Fourcaud. Un exploit après une saison déjà exceptionnelle dans une poule dominée par UA Libourne. Des Libournais qui ne dépasseront pas les 8e de finale.
En 16e, les Foyens s’étaient imposés 9 à 3 face à Vic-Fezensac après prolongation, puis en 8e, 14 à 0 face à Annonay. En demi-finale, ils tomberont avec les honneurs contre Hagetmau 6 à 3. Des 21 joueurs qui ont écrit cette histoire sportive, seuls deux sont décédés, le capitaine et entraîneur Michel Faure et Fourcaud.
On se souviendra notamment, avec une certaine nostalgie, de la période 1979 - 1981 quand le Stade joua au plus haut niveau de son histoire avec une finale de deuxième division et des rencontres mémorables contre le Stade Montois ou le Racing Club de France.
En 1979, le Stade Foyen accède au groupe B. Le 20 mai 1979, le Stade Foyen prend la direction du stade Jean Alric à Aurillac pour défier Montélimar en finale du championnat de France de 2ème division. Coco Dupeyron, l'une des mémoires du club, était remplaçant ce jour là. Tous les magasins étaient en rouge et noir. Plus de mille personnes avaient pris le train. La ligne était ouverte jusqu'à Aurillac. Ils l'ont d'ailleurs fermée l'année d'après.
Les deux saisons suivantes, les rouge et noir sont en groupe B et les visiteurs du bourbier de Mourennes s'appelle le Racing, Le Boucau ou Mont-de-Marsan.
Un mythe qui prend fin en 1983-84 quand les rugbymen investissent le stade Mézières sur la commune voisine de Port-Sainte-Foy. Avec le complexe sportif de Mézières, le Stade Foyen dispose de trois terrains. Et si le contexte économique lui interdit aujourd'hui pareille ambition, il est toujours fringant avec ses 300 licenciés et vient de fêter ses 110 ans, comme il avait fêté ses 100 ans d'ailleurs, par une montée en fédérale 3.
En 1922, Sainte-Foy-la-Grande se passionnait déjà pour le rugby.

L'Accueil des Joueurs Étrangers : Une Tradition
Sainte-Foy La Grande - Là où Lamerat, Ledevedec et Mola ont découvert le rugby, l’accueil de joueurs étrangers est devenu une tradition, très éloignée des considérations financières. Depuis le milieu des années 70, le Stade Foyen a inscrit à son patrimoine des échanges qui sont autant d’aventures humaines.
Les trois frères Pattinson furent les premiers à venir installer leur entreprise familiale. Ce fut aussi le cas du Néo-Zélandais Nick Feast, si attaché au club qu’il fit un aller-retour pour venir assister aux obsèques de l’ex emblématique pilier Jean Besse.
Il y a une dizaine d’années, autour de l’ancien demi de mêlée Yannick Queyrou l’un des héros des années 70, une « commission internationale » a été créée. Elle est animée aujourd’hui par Simon Griffin qui active efficacement ses réseaux. Le Gallois partage avec Sainte-Foy une histoire d’amour. Il revient régulièrement en famille dans la maison qu’il a achetée.
Yannick Queyrou est fier de ce que le Stade Foyen a accompli : « Sainte-Foy c’est une trilogie : la bastide, les vignes et le club de rugby. Cet accueil des étrangers fait partie de notre patrimoine culturel. Nous sommes en quelque sorte des Barbarians et ces échanges se font en parfaite harmonie avec la population. Ils apportent un enrichissement mutuel. »
Le demi de mêlée sud-africain Christoff Fernhout est venu cette saison se joindre à la belle aventure que vont vivre l’Ecossais Andy Mackay, le Néo-Zélandais Téo Fudakowski et le Sud-Africain Botta Kleinhans dans des conditions d’amateurisme pur et dur.
La Formation : Un Axe Prioritaire
Au Stade Foyen, la politique de formation reste un axe prioritaire. Quel club fédéral pouvait se targuer d’avoir en Argentine deux titulaires tricolores issus de son école : Julien Ledevedec et Rémy Lamerat. Et quand Hugo Mola, un autre enfant du pays, a traversé son année sabbatique, il a joué bénévolement le rôle de manager des seniors.
Chacun est imprégné de cette culture locale, la preuve, en Argentine, Julien Ledevedec a si bien vanté les mérites de son club qu’il a « recruté » à Cordoba un jeune numéro huit de 1re division, Matias Vila, lequel arrive en compagnie d’un talonneur, Facundo Michelazzo.
Valeurs et Esprit du Club
Outre l’aspect sportif, le Stade Foyen avait aussi permis de fédérer la jeunesse au delà des divisions politique et religieuse qui perturbaient encore la cité et la région. Les années ont passé, mais les valeurs intrinsèques du club, avec ses équipes cadet et junior issues d’une solide école de rugby, restent intactes et rejaillissent inévitablement sur l’équipe fanion et ses réservistes.
La course du ballon ovale jusqu’à l’essai exprime le courant de confiance qui emporte joueurs, bénévoles, staff et supporters dans un même enthousiasme. « Avec et autour du match, il y a l’immense plaisir de la rencontre », explique l’historien du Stade Foyen. La rencontre, c’est la qualité d’un accueil basé sur la confiance.
«Quand le Racing débarquait en blazer à Mourennes. D'ailleurs les joueurs qui venaient à Sainte-Foy, c'était pour le jeu beaucoup axé sur le jeu de trois-quarts et pour la fête. Il valait mieux être bon dans ce domaine sinon ils avaient du mal à suivre...»
«Toute la ville se retrouvait là, assure Bernard Vergnaud, demi de mêlée de l'équipe de 1963 à 1971, c'était une bonne agence matrimoniale.»
«Même s'il y a énormément de gens attachés au club, souligne Richard Curty, l'un des vice-présidents, ces personnes s'en vont pour des raisons professionnelles. Et quand on veut s'occuper correctement d'une asso, il faut être disponible car c'est chronophage. On a la même problématique avec les joueurs qui, quand ils arrivent en seniors, partent au plus près à Bordeaux à 1h15 de route d'ici. Donc ça complique la tâche. Vous ajoutez l'évolution du rugby, des mentalités, avec des communes qui ont moins de moyens qu'à une certaine époque pour aider financièrement les associations. Malgré la bonne volonté, le budget est plus difficile à boucler aujourd'hui."
Ils seront une quinzaine à être honoré, à Pierre-Lart ce dimanche, lors de la venue des équipes de Bazas pour le compte du championnat de fédérale 3, dont l’ex-international, le troisième ligne Gérard Mauduit.
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La Victoire amorcera sa saison avec un nouveau visage en LPHF
Les Dates Clés du Stade Foyen
| Date | Événement |
|---|---|
| 21 avril 1909 | Création officielle du Stade Foyen |
| 11 avril 1965 | Première accession en deuxième division |
| 20 mai 1979 | Finale du championnat de France de 2ème division |
| 1983-1984 | Installation au stade Mézières |
| Années 70 | Début de la tradition d'accueil des joueurs étrangers |