L'Union Sportive du Pays de Gex Rugby (USPG) est un club ambitieux, qui ne cesse de gravir les échelons ces dernières saisons. Mais où l’Union Sportive du Pays de Gex Rugby s’arrêtera-t-elle? Pour comprendre son ascension fulgurante, il faut revenir aux sources et explorer l'histoire de ce club emblématique.
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La genèse du club: une affaire de passionnés
C'est dans les locaux de chez "Tof", un des principaux sponsors de l’USPG, que l'histoire a commencé. Des membres créateurs du Rugby club Gessien, tels que Gérard Berod à l’ouverture et son frère Bernard à l’arrière, ont jeté les bases de cette aventure.
Paul Doy et sa garde rapprochée des vice-présidents, Patrice Joubert, Georges Humblet, Gérard Berod et Alain Roussel, ont porté le club sur les fonts baptismaux. Les réunions du club, rassemblant une dizaine de personnes, avaient lieu chaque lundi. Ces rencontres étaient épiques, animées et pleines d'énergie, même si parfois les participants repartaient déçus ou en colère, ils revenaient la semaine suivante.
Les vacances scolaires étant les mêmes qu’en Haute-Savoie et, pour éviter les longs déplacements, c’est très intelligemment que le siège du club sera à Copponex, au pied du Salève en Haute-Savoie.

Les infrastructures d'origine: un terrain "à vaches"
Avec l’aide de Marius Cadoz, ancien Maire de Gex, le terrain se situait à Pré Bataillard, vers le camping actuel. Il s'agissait d'un terrain "à vaches", avec un dénivelé de 4 mètres entre les deux lignes d’en but. Il fallait avoir la chance d’avoir la descente en seconde période.
Le champ était tondu grâce aux bêtes de Monsieur Lévrier, grand-père des frères Béraud. En guise de main courante, des barbelés. Il suffisait d’installer des poteaux, quatre troncs d’arbres donnés par la commune avec une barre transversale. Mais, oubliés d’être peints avant la pose, c’est "Polux" qui a fait la peinture en grimpant sur les quatre troncs bruts.
Avant les rencontres, les tracés se faisaient au plâtre dans une boîte de conserve. Pour se changer en sportif, pas d’autre solution que d’utiliser l’actuelle salle des fêtes et, comme il fallait y retourner pour se changer, c’était le Citroën d’occasion qui faisait office de vestiaire durant un court instant.
Les vestiaires sont devenus des constructions modulaires, mais prendre une douche collective à 30, c’est petit, c’est pourquoi beaucoup de joueurs finissaient dehors avec le tuyau d’arrosage. En ce qui concerne les boissons du match, c’est le papa Berod, un de ces fameux "travailleurs de l’ombre", qui stockait à la maison, dans la chambre de Gérard.
L'ascension sportive: de la 4e série à la Fédérale 3
Sous la houlette de Pierre Blanc, premier entraîneur, 1973 sera la première saison en championnat des Alpes 4e série et montée d’une série par saison jusqu’en 76 où le club premier perd en 8es contre Laloubère, futur champion de France. En 1982, les équipes rejoignent Chauvilly.
Comme le Pays de Gex était réputé enneigé, tous les matchs "aller" se faisaient à domicile, avant l’hiver. Dirigée par Georges Humblet est née la première école de rugby qui s’entraîne chaque samedi. Personne n’osait regarder sous la mêlée pour voir si le deuxième et troisième ligne avait le bras trop long et, faute de soldats, les rencontres commençaient à 15.
Malgré une saison non achevée en raison de la pandémie de Covid-19, le club de l’Ain est promu et évoluera donc en Fédérale 3 la saison prochaine. « C’était l’objectif, c’est donc une véritable satisfaction. Nous aurions aimé aller au bout de la saison et fêter ça avec nos supporters, mais l’objectif est rempli, c’est le plus important », assure Antony Bernard, président du club.
Tableau récapitulatif des divisions
| Saison | Division |
|---|---|
| 1973 | Championnat des Alpes 4e série |
| 1974-1976 | Montée d'une série par saison |
| 2020-2021 | Fédérale 3 |
L'USPG aujourd'hui: ambition et développement
Promue en Fédérale 3, l’Union Sportive du Pays de Gex Rugby est ambitieuse. Comme l’affirme Antony Bernard, son président, l’objectif est à nouveau de viser l’accession en division supérieure la saison prochaine. L’USPG ne compte pas s’arrêter en si bon chemin, puisque comme l’assure son président, « l’objectif sera d’accéder à la Fédérale 2 la saison prochaine.
Une dynamique de résultats qui récompense un club qui fonctionne bien. « Nous sommes sur un total de 400 licenciés, qui est un chiffre plutôt stable depuis plusieurs années », confie Antony Bernard. L’USPG peut se targuer d’être un club comptant sur une véritable diversité de pratiquants, avec une équipe senior performante, des féminines prometteuses, mais aussi une école de rugby destinée aux plus jeunes pratiquants.
« Nous mettons par exemple des choses en place pour promouvoir le rugby au sein du milieu scolaire. Il y a également une volonté de montrer un visage différent du rugby, nous voulons mettre en avant l’aspect ludique avant tout lorsque nous nous adressons aux jeunes », assure le président de l’USPG.

Un ancrage territorial fort
« Nous sommes l’unique club de rugby sur un rayon de 30 kilomètres. C’est un bassin de population qui représente 27 communes et 100 000 habitants. Un territoire qui n’hésite pas à apporter tout son soutien à l’Union Sportive du Pays de Gex Rugby.
« Les collectivités sont à nos côtés, c’est un soutien évidemment important. D’autant que comme beaucoup de clubs, la période du Covid-19 nous met en difficulté. » Matches annulés, billetterie à l’arrêt ou encore fête du club avec un loto en fin de saison annulée : le manque à gagner est évident pour l’USPG.
« La Fédération Française de Rugby a pris des mesures, certaines communes nous sont venues en aide. Nous pouvons également compter sur un réseau solide de partenaires. » C’est le cas notamment du Groupe Maurin, réseau multimarque de concessionnaires automobiles et soutien clé du club.
« De notre côté, nous faisons de la promotion pour nos sponsors et nous vendons des prestations. Sans ce type de partenariat, le club aurait du mal à vivre et à proposer tout ce que nous offrons à nos jeunes licenciés en particulier. »
Un avenir prometteur
S’appuyant sur une base solide, l’Union Sportive du Pays de Gex Rugby est ainsi prête à surmonter cette passe difficile pour mieux se projeter sur la saison 2020-2021. Dans l’Ain, pas loin de Genève, l’USPG gravi les échelons à toute vitesse ces dernières saisons.
Encore quelques semaines et quatre journées à disputer et le championnat préfédéral de la Ligue Aura va entrer dans son moment de vérité, avec des phases finales en forme de parcours du combattant pour les prétendants à la Fédérale 3. Dans les quatre poules, des prétendants se distinguent. L’un intrigue peut-être un peu plus que les autres : Gex. Promu de Promotion Honneur, il présente la meilleure attaque et la meilleure défense parmi les quarante équipes en lice.
Comme un autre club du comté de l’Ain, le Servette Genève, son proche voisin (18 km), il n’en finit pas de monter. Forcément la comparaison est tentante, d’autant plus que les deux équipes se sont croisées ces dernières saisons, et que les derbys ont été animés.
"Nous ne fonctionnons pas de la même manière, rappelle le président, Anthony Bernard. Cela ne s’est pas très bien passé, mais je leur souhaite de monter. Et ce n’est pas facile pour eux. Si, d’un côté, le club suisse essaie de construire un club et une culture sur les rives du Léman, plus loin, et plus haut, la nouvelle équipe dirigeante essaie de renouer avec un passé oublié pendant plusieurs saisons.
En 2014, l’équipe pointait en Deuxième Série, et Anthony Bernard s’occupait de tout ou presque, comme dirigeant et entraîneur. Puis le manager sportif, Kouider Gasmi est revenu d’Annemasse. Avec Régis Jouan, actuel responsable de l’école de rugby, ils ont redressé la barre sportivement. Les trois mousquetaires rugbymen ont embarqué avec eux un de leurs copains d’enfance du Clos des Abeilles, Khalid Belgmimi. P.-D.G. de Prime Energy, une entreprise de panneaux solaires, basée à Genève, et qui a équipé le stade du… Servette. à eux quatre, ils ont redressé la barre, et fait revenir de nombreux joueurs.
Avec encore cent cinquante enfants à l’école de rugby, Gex entend se rappeler à son passé en Fédérale et conserver ses jeunes. Par exemple, si à l’intersaison, le club a bénéficié de l’arriver de quelques anciens de Bellegarde, dont l’ouvreur et buteur, Anthony Clavel, il a aussi récupéré des anciens formés chez lui, comme le centre, Julien Perruchoud, passé par Mâcon et les équipes de jeunes de l’US Oyonnax.
Si les dirigeants caressent le rêve de voir un jour le pilier du Stade français, Stéphane Clément, chausser une dernière fois les crampons au stade de Chauvilly, la priorité reste de continuer à alimenter l’équipe fanion, par les jeunes poussent - toutes les équipes sont en nom propre, et le moins de 12 et moins de 14 ans sont au plus haut niveau régional.
Pour pousser le bouchon le plus loin possible. Car à Gex, on parle directement de Fédérale… 2. "Je suis conscient que cela peut passer pour de l’arrogance, mais c’est juste de l’ambition, assume le manager sportif, Kouider Gasmi.
Pour couronner son bon rebond, en fin de saison, des travaux commenceront au stade pour doter le club d’un bâtiment avec vestiaires, salle de réception, bureaux administratifs, et tous les outils nécessaires à son ascension.