Le 7 août 2024, l’Agenais Medhi Narjissi, joueur du Stade Toulousain âgé de 17 ans, était emporté par les flots à Dias Beach, en Afrique du Sud, lors d’un stage de l’équipe de France des moins de 18 ans. Un an après sa mort, sa famille est retournée sur les lieux du drame à Dias Beach.
Sur cette plage où Medhi Narjissi a disparu le 7 août 2024, une cérémonie est organisée en hommage au jeune joueur de 17 ans emporté par les flots. Une stèle devrait y être déposée. "Un banc sur lequel il y aura son portrait, son sourire, avec un ballon lors d'une action, à son image", décrit son père, ancien talonneur du SU Agen, Jalil Narjissi. "On y retourne avant tout pour lui. Il n'y a pas une seule seconde où on est pas hantés par son absence, ce vide", souffle le père de Medhi.

Les Faits et le Contexte
L’équipe de France U18 était en Afrique du Sud dans le cadre d’un tournoi international quand, le 7 août, Medhi Narjissi a été piégé par les courants et emporté en mer sur une plage réputée dangereuse près du cap de Bonne-Espérance. Ce 7 août, Medhi Narjissi disparaît dans l'océan lors d'une séance de récupération en eau froide avec l'équipe de France de rugby des moins de 18 ans.
C'était le 7 août 2024, en Afrique du Sud, aux alentours de 15 h 30, sur l’une des plages proches de la ville du Cap. Un endroit connu pour la colère des eaux et la traîtrise des courants, où deux océans s’affrontent sous de méchants vents, dans un déferlement de vagues : le mal nommé cap de Bonne-Espérance. C’est par ces violentes forces que Mehdi Narjissi a été happé.
Mehdi Narjissi a été pris par la mer à quelques dizaines de mètres au large de Dias Beach. La baignade est fortement déconseillée sur cette plage que surplombe une falaise, accessible par un escalier en bois. « Warning rip currents. Swimming is dangerous » (« attention aux courants d’arrachement. La baignade est dangereuse »), est-il inscrit sur un panneau planté au-dessus de la crique.
La responsabilité principale repose sur Robin Ladauge, à l’initiative de la séance de récupération dans l’océan. Il est également reproché à Stéphane Cambos son incapacité à s’opposer fermement à l’initiative dangereuse du préparateur physique.
LA DISPARITION DE MEDHI NARJISSI : A QUI LA FAUTE ?
Réactions et Enquêtes
Jeudi 12 septembre, la fédération française de rugby a conclu son enquête sur la disparition en mer de l’international U18 Medhi Narjissi. Rapidement, les parents du jeune homme pointent la responsabilité de Robin Ladauge, le préparateur physique de l'équipe de France U18 à l'initiative de la baignade à Dias Beach, plage connue pour sa dangerosité.
La FFR a aussi demandé au ministère des explications sur « les conditions dans lesquelles la Direction technique nationale a constitué le staff de l’équipe de France U18 au début du mois de juillet 2024 », un mois avant le déplacement en Afrique du Sud. Au cours d’une conférence de presse, le père de Medhi, Jalil Narjissi, avait fustigé un encadrement « catastrophique » où « aucun adulte n’a réagi » lorsque Medhi a été emporté.
Une enquête judiciaire pour "disparition inquiétante" est ouverte le 21 août 2024. Six jours plus tard, après avoir été entendus par la police, Jalil et Valérie Narjissi prennent la parole pour la première fois lors d'une conférence de presse en présence de leur avocat, Me Edouard Martial.
Celle-ci prend un nouveau tournant après la publication d'un rapport mené à l'automne par l'Inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche (IGESR) et dévoilé aux parents de Medhi Narjissi le 28 avril dernier par la ministre des Sports Marie Barsacq. L'IGESR poursuit en indiquant que la FFR n'a, elle, pas été "à la hauteur du traumatisme vécu" par les familles et relate les mauvaises conditions de rapatriement des joueurs et leur accompagnement psychologique.
Les Responsabilités Pointées du Doigt
121 pages qui mettent en lumière la gestion de crise "défaillante" de la FFR et des manquements "graves" de la part des encadrants. Il pointe également du doigt l'attitude du manager, Stéphane Cambos, arrivé un peu après le début de séance sur la plage. Selon l'IGESR, ce dernier, disposant d'une supériorité hiérarchique sur Robin Ladauge, n'aurait pas su "empêcher l'organisation de la récupération en ce lieu par un refus ferme, suffisamment explicite et autoritaire."
Entendu en audition libre en janvier 2025, Robin Ladauge est finalement mis en examen le 16 mai pour homicide involontaire. Suivi de Stéphane Cambos, le 2 juin dernier. Mais selon la famille, ce ne sont pas les seuls responsables.
Pour eux, la Fédération partage les responsabilités dans le décès de Medhi. « C’est l’accumulation des graves fautes d’encadrement, de responsabilité, d’organisation. Au plus haut niveau, nous confiait Jalil Narjissi il y a quelques semaines. Vous découvrez le rapport du ministère des Sports, les erreurs accablantes, la gestion et l’organisation catastrophiques de la FFR, ainsi que les graves manquements des encadrants. Ce ne sont pas juste deux personnes mises en examen.
« À la lecture des conclusions du rapport du ministère de la Jeunesse et des Sports, nous espérons que cette procédure s’étendra également à Florian Grill, le président de la Fédération française de rugby, a ajouté Me Edouard Martial.

Les Déficiences de la FFR
L’organisation de la Fédération française de rugby (FFR) est présentée comme défaillante, avec un rapatriement bâclé des jeunes joueurs, un soutien psychologique insuffisant et une communication désastreuse avec les familles. Cette enquête interne aurait été précipitée, bâclée et dépourvue de toute méthodologie rigoureuse.
Enfin, l’attitude du président de la FFR, Florian Grill, est mise en lumière. Refusant toute responsabilité hiérarchique sur la direction technique nationale (DTN), il aurait cherché à se protéger d’éventuelles poursuites pénales. Les inspecteurs y voient un réflexe de sauvegarde de l’institution plutôt qu’une réelle volonté d’assumer les erreurs tragiques commises.
Contacté par nos soins, Me Mathias Chichportich affirme que « la Fédération a reconnu des défaillances organisationnelles mais aucune n’a le moindre lien avec les causes de l’accident. Cette baignade n’était pas prévue, elle n’aurait jamais dû avoir lieu et c’est donc une faute d’avoir laissé les joueurs aller à l’eau. Cette faute n’est pas imputable à des personnels relevant de la FFR et encore moins à Florian Grill, son président, qui n’a jamais été informé de cette initiative.
Tableau des Responsabilités et Actions
| Acteur | Responsabilité/Action |
|---|---|
| Robin Ladauge | Initiative de la baignade, mise en examen pour homicide involontaire |
| Stéphane Cambos | Incapacité à empêcher l'initiative dangereuse, mis en examen |
| FFR | Gestion de crise défaillante, rapatriement bâclé, soutien insuffisant |
| Florian Grill | Refus de responsabilité hiérarchique, protection de l'institution |
Conclusion
Depuis ce 7 août 2024, Jalil et Valérie Narjissi avancent dans un silence qui les dévore. Leur fils leur a été arraché par la mer et chez eux, le rugby, cette passion longtemps partagée, est devenu un mot qu’on ne peut plus dire à voix haute. Le ballon est resté dans un coin de la chambre. Il est difficile de ne pas partager la révolte des parents de Medhi Narjissi à mesure que s’égrènent les éléments sur la disparition du jeune rugbyman en Afrique du Sud, le 7 août 2024.