Arrivés en fin de matinée en terre Cestadaise, nous avons visité la forteresse De Bouzet afin de nous imprégner de l’atmosphère et de l’histoire du club aux armoiries bleues et blanches. De nos jours, les Chevaliers de l’Ovalie défendent les valeurs du rugby au sein d’une commune où les activités sportives abondent.
Le club est inscrit à plusieurs référentiels publics, dont la base Sirene de l'Insee depuis le 04/01/1982, avec une mise à jour le 06/12/2025, et au Répertoire National des Associations (RNA) du Ministère de l’Intérieur. Cette inscription témoigne de l'existence légale et administrative du club.
En 2014, le club a dû faire face à l’incendie de son club house, une épreuve difficile qui a mis à l'épreuve la résilience de ses membres.
Les seniors, quant à eux, vont défendre les couleurs bleue et blanche cette saison en Promotion d’Honneur afin d’écrire de nouvelles pages dans l’histoire du RCC.
Un match intense à la forteresse De Bouzet
Les deux clubs adversaires d’un jour ont atteint les phases finales la saison passée. Le combat est à peine commencé que les Rouges et Noirs occupent le camp Bleu et Blanc. Après plusieurs tentatives avortées, ils trouvent dès la 4ème minute la faille dans les remparts de la forteresse De Bouzet.
Les Cestadais, piqués au vif, vont contre-attaquer, portant le danger dans les 22 adverses malgré une résistance de tous les instants. Le cuir fuse de part et d’autre, les actions se multiplient, les acteurs tentent de briser les défenses qui sont mises à mal.
À l’occasion d’une percée des visiteurs, l’écuyer Guillaume Raffard est heurté de plein fouet et sera évacué par les mages rouges. Les locaux repartent de plus bel chevauchant leurs montures à vive allure pour aboutir à cet essai de la 18ème minute qui enflamme les gradins.
Ce duel est des plus agréables, les hommes sur le pré se donnant à fond, multipliant les tentatives. Il reste à peine 5 minutes avant la trêve instaurée par le shérif quand ces diables rouges et noirs créent la stupeur en franchissant les douves. La transformation aura lieu.
Le jeu reprend avec la même volonté affichée en première période : ne rien lâcher, tout donner ! Les formations se neutralisent jusqu’à cette fameuse 42ème minute où un essai assassin vient aggraver le score en faveur des pensionnaires du château Bernard Laporte. Nouveau cuir d’aplati à la 49ème, accompagné d’une salve bien ciblée.
Un écuyer (élève du chevalier) n’abdique jamais : telle est la devise que s’approprient les gars de Bouzet. Il ne faudra pas attendre 5 minutes pour que la réponse se fasse avec un essai pour Cestas. Tout est encore possible et les écuyers le savent bien. Ils y croient et sont difficiles à stopper. Ils seront orientés par l’état-major Jean Baptiste Mourat et Cédric Lefranc.
Le combat peut avoir lieu et sera d’une grande intensité où chaque camp affirme sa volonté de vaincre. Le public s’impatiente. Il faudra attendre la 17ème minute pour voir le chevalier Benjamin Fourton mettre pleine cible une pénalité accordée par le shérif Marc Dos Santos.
Sous leurs armures flamboyantes, les locaux vont vite prendre l’ascendant sur leurs visiteurs, exerçant une pression omniprésente. Ils en seront récompensés dès la 45ème minute par le second essai de l’après-midi. Les espoirs des mitrailleurs se voient quelque peu contrariés à la 57ème minute quand le vent de la flèche bleue et blanche siffle aux oreilles des visiteurs.
Malgré tout, nous avons suivi (ou essayé) d’un œil oblique le déroulement des opérations. Les Chevaliers de l’Ovalie auront été les dignes descendants des Chevaliers de Cestas.
Avec un léger retard, Monsieur Couyoupetrou Alain, l’arbitre Béarnais, siffle le coup d’envoi de ce combat que nous annoncions titanesque. Les Chalossais prennent d’emblée le match à leur compte et font souffrir les Girondins. Deux pénalités (4ème et 11ème) suivies d’un essai transformé à la 15ème sanctionnent cette domination dans tous les compartiments du jeu.
L’étau se desserre pour voir les Cestadais aplatir le cuir à la 20ème minute. La transformation sera réussie par le canonnier Benjamin Fourton, également capitaine de la formation. La marque est alors de Cestas 7 - Montfort 13. Les supporters respirent. D’autant qu’à la 33ème, le coup de pied de Monsieur Fourton transperce les perches : 10-13.
L’heure des citrons approche lorsque les Oranges et Noirs aggravent le score par un essai transformé : Cestas 10 - Montfort 20. L’inquiétude revient, mais c’est sans compter sur l’efficacité du buteur Bleu et Blanc qui à la 40ème ne tremble pas en ramenant le tableau d’affichage à 13 - 20.
La seconde période débute sous un tout autre visage que la première : ce sont les Girondins qui imposent leur jeu, gagnent les mêlées, conquièrent les touches. C’est l’égalité parfaite : 20 - 20. On ne vainc pas un champion de Côte Basque Landes comme cela ! Les Montfortois reprennent l’avantage à la 51ème sur une nouvelle pénalité : Cestas 20 - Montfort 23.
Le doute n’aura pas le temps de s’installer, réplique instantanée des Bleus et Blancs à la 52ème pour un 4ème cuir d’aplati. Benjamin, toujours impeccable, prend 2 pions de plus : Cestas 27 - Monfort 23. Chaque mètre carré de pré sera dès lors chèrement défendu ou attaqué (c’est selon).
À la 66ème, c’est encore lui, « le Captain au long cours », qui enquille 3 points : Côte d’Argent 30 - Côte Basque Landes 23. Nous nous acheminons vers la fin de ce combat intense, l’exploit est à portée de mains ou de pieds (comme vous voulez).
Les secondes s’égrènent et coup de théâtre ! Les Landais de Chalosse trouvent la faille et marquent l’essai d’égalisation à la 78ème ! Enfin pas tout à fait. À ce moment précis, la marque est de : Cestas 30 - Montfort 28.
Cestas exulte, les gars l’ont fait, ils sont en 8ème de finale. Une juste récompense de la superbe saison accomplie.
La Famille Boomerang
Dans le milieu, on surnomme les Appriou « la famille Boomerang ». Autant dire que Julie n’avait pas d’itinéraire bis. On se demande si chez eux, à l’heure du repas, on pose les assiettes sur la table ou si on les fait d’abord voler dans les airs avant de les rattraper.
À dix ans, Michel Appriou était déjà obnubilé par tout ce qui volait. « Je fabriquais des planeurs, explique-t-il. Un jour, mon père a offert un boomerang à mon frère. Je m’en servais sur un terrain de rugby où mon père nous avait amenés et je l’ai accidentellement cassé contre un poteau. En cherchant à le réparer, je me suis pris de passion pour l’objet. »
Michel Appriou a aujourd’hui 48 ans. La passion n’a pas atterri, elle tutoie les nuages. Celui qui dirige le Comité olympique et sportif régional de Nouvelle-Aquitaine a même décidé de fabriquer ses propres boomerang avec des imprimantes 3D et du fil issu d’amidon de maïs.
Dimanche dernier, les Appriou qui, avec une autre famille, les Guerrero (le fils Matéo est vice-champion du monde junior), forment le noyau dur du club cestadais Boomerang 33, sont venus faire une démonstration à Gradignan. Michel était accompagné par sa femme, Sonia, professeur d’EPS dans des centres de formation et d’apprentissage, à laquelle il a transmis le virus, et leurs trois enfants, Julie, Yves (15 ans) et Marie (21 ans), championne du monde de la discipline, titre conquis en août dernier à Albuquerque, aux États-Unis.
Marie est également étudiante en troisième année de STAPS et marche donc sur les traces sportives et éducatives de ses parents et de son grand-père Yves Appriou, l’entraîneur de l’équipe de Bègles, championne de France de rugby en 1991. « C’est lui qui m’a appris que lorsqu’on se lance dans quelque chose, il faut le faire à fond », précise Michel. Yves Appriou est bien sûr le supporter n°1 de sa famille.
Alors, certes, le boomerang peut n’être qu’un simple jeu de plage ou un passe-temps dominical. Chez les Appriou, c’est un sport, une compétition où l’important n’est pas de participer mais de gagner, même si le nombre de pratiquants, affiliés en France à la Fédération française de vol libre (FFVL), reste encore confidentiel.
Chez les Appriou, on ne s’amuse pas avec le boomerang, on s’entraîne sans relâche. Yves et Julie sont donc prêts à imiter leur grande sœur, ainsi que maman, championne du monde de précision, et papa, multiple champion du monde par équipe.
Chez les Appriou, le boomerang, c’est du travail. Et les vacances se déroulent là où sont organisées les compétitions. À Nantes les 6 et 7 juillet pour le championnat de France. Et le prochain championnat du monde se tiendra fin août 2020... à Bordeaux, juste à côté de la maison.

Nous tenons tout particulièrement à remercier le Rugby Club Cestadais pour son excellent accueil et les informations précieuses qui nous ont permis de rédiger cet article.