L'Histoire du Rugby Champion Olympique et les Triomphes du Castres Olympique

Ce samedi, le Castres Olympique célèbre un grand événement. Le vendredi 20 février dernier, le CO a fêté ses 120 ans et face au Stade Rochelais ce samedi, cela sera l’occasion de célébrer cela.

Les Débuts du Castres Olympique

C’est au début du 18e siècle que le club de Castres est né. Lors de la saison 1905-1906, les “petits gris”, surnom des joueurs du CO, se lancent dans le grand bain. Mais ce n’est qu’un an plus tard que leur premier match a lieu, et quoi de mieux qu’un derby face au Standard Club Toulousain. Malgré une défaite, ce match reste tout de même un moment important du club tarnais.

Déjà à cette époque, des noms de l’effectif castrais s’inscrivent dans la légende du club. À l’image de Jean-Pierre-Gissot capitaine en 1909 et en 1910, ou bien encore Marcel Burgun, olympien entre 1912 et 1914 devenu international avec l'équipe de France. Mais quelques années plus tard, la Première Guerre mondiale marque brutalement l’arrêt des championnats et laisse tout à rebâtir après 1918.

1921, un premier succès

Avec la Grande Guerre, les clubs et le Castres Olympique perdent tragiquement de nombreux joueurs. Tout est donc à reconstruire, mais il ne faut que quelques petites années pour que les Tarnais s’offrent leur premier trophée. Après une finale perdue du Championnat du Tarn en 1911, Castres s’offre son tout premier titre après avoir remporté le Championnat des Pyrénées 2e série dix ans plus tard, en 1921.

À sa création, les premières couleurs du CO ont été le jaune et noir. La raison ? Le club voulait rendre hommage à la société locale “La Pédale Castraise”, une entreprise qui venait tout juste de connaître la disparition de sa section rugby. Mais en 1912, le club tarnais veut se moderniser après s’être fait connaître aux yeux du public. Les dirigeants ont l’idée de se moderniser, avec l’envie de porter des nouvelles couleurs : le mauve et le blanc. Problème, Castres doit affronter Albi quelques jours plus tard, qui jouait aussi en blanc à cette époque. Pour faire au mieux, le CO décide de faire appel au teinturier le plus proche qui n'avait d'autre couleur que du gris dans sa cuve. C’est donc de là que vient le surnom donné aux joueurs à l’époque, les “petits gris”.

Mais c’est en 1943 que le bleu et blanc vont s’encrer dans la culture du Castres Olympique. Même si le CO va connaître quelques années plus tard un très court passe au rouge et noir, les mêmes couleurs que son rival et voisin du Stade Toulousain.

1949, le premier Brennus

Si le Castres Olympique est un des pionniers du TOP 14 aujourd’hui, ce n’est que 43 après sa création que le CO va décrocher son premier Bouclier de Brennus. Et pourtant, les Tarnais disputaient seulement leur première finale du championnat de France. En finale face au Stade Montois, Castres va compter sur son capitaine qui deviendra une figure du club : Jean Pierre-Antoine.

Le seconde ligne va devenir le premier CO a soulever le bout de bois de la première division après prolongations (14-3), à l’issue de la saison 1948/1949. Un an plus tard, les Olympiens vont réaliser le doublé en remportant un second Bouclier de Brennus, cette fois face au Racing Club de France (11-8). Le nom de Jean Pierre-Antoine restera dans la légende, mais le club va connaître une accident tragique avec un de ses capitaines emblématiques en 1956. Pour lui rendre le plus beau des hommages, le Castres Olympique décide un an plus tard de renommer le stade à son nom.

1988, l’arrivée de Pierre-Fabre

Après ses deux premiers Brennus, le CO va connaître comme un coup de moins bien dû à une plus grosse concurrence dans le championnat et avec la mise en place d’une nouvelle formule dans le championnat avec les poules A et B entre 1973 et 1997. Mais l’arrivée d’un homme va faire revenir le Castres Olympique à son prime avec Pierre Fabre.

Grand homme du monde pharmaceutique et originaire de la ville, il devient propriétaire du club à partir de 1988 et son arrivée est déjà concluante dès cette même année avec le championnat de France de groupe B. Cette action va remettre le Castres Olympique parmi les meilleures équipes du pays. Cinq ans plus tard, son équipe remportera le troisième Bouclier de Brennus au Parc des Princes contre le FC Grenoble (14-11). Après 1993, Pierre Fabre et le CO devront attendre 20 ans pour décrocher un nouveau bouclier.

Alors que la première division entre dans une nouvelle ère avec le TOP 14, 2013 va être une année où Castres connaîtra des larmes de joie avec une quatrième Brennus décroché cette fois au Stade de France, face au RC Toulon (19-14). Seulement quelques semaines après la finale, ce sont des larmes de tristesse qui vont gagner l'Agout avec le décès de son mentor Pierre Fabre, des suites d’une longue maladie.

Sa personnalité, son apport dans l’industrie pharmaceutique resteront gravés dans l’histoire castraise. Après sa disparition, le Castres Olympique va décider d’utiliser son nom pour son stade. Après Pierre-Antoine est venu le stade Pierre-Fabre.

2003, l’histoire du CO s’inscrit aussi à travers l’Europe

La grande histoire des Olympiens ne s’est seulement pas écrite à l’échelle nationale. A travers l’Europe, Castres a aussi voulu marquer son empreinte. En 2003, les Bleu et Blanc ont d’ailleurs remporté le Bouclier Européen, la plus petite compétition européenne professionnelle sur le continent. Ce trophée européen reste le seul d’ailleurs acquis par le CO, face à l’équipe galloise de Caerphilly (40-12).

Si Castres rêve d’une Champions Cup, les Tarnais ont un certain record qui sera difficile à battre. En effet, le match entre le Castres Olympique et le Munster Rugby est l’affiche qui s’est le plus de fois jouée en coupe d’Europe avec 21 affiches à travers 30 ans. La dernière en date, cette saison avec un exploit des joueurs tarnais sur la pelouse de Thomond Park, leur permettant de se qualifier pour la phase finale.

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2018, un exploit retentissant et un cinquième Brennus

Cinq ans après le Bouclier de Brennus sous l’ère du duo Laurent Travers et Laurent Labit, c’est en 2018 que le CO va savourer son dernier titre en date avec un manager qui connaît très bien le club : Christophe Urios, champion avec Castres en 1993. Arrivé en tant qu’entraîneur en 2015, la mayonnaise a eu du mal à prendre au début avant de rayonner sur la scène nationale.

Lors de la saison 2017-2018, lui et son équipe se qualifient in-extremis pour la phase finale avec une sixième place à l’issue de la phase régulière. Ne partant pas favori, Castres va déjouer tous les pronostics. Une victoire en barrage sur la pelouse du Stade Toulousain (11-23), un succès contre le Racing 92 en demi-finale (14-19) à Lyon, avant de réciter son jeu en finale contre le leader de la saison, le Montpellier HR. Une finale remportée haut la main (13-29), pour le dernier titre en date du Castres Olympique après un exploit : celui d’avoir terminé sixième et d’avoir remporté le championnat de France.

À Castres, nombreuses sont les générations qui sont passées mais nombreux sont les joueurs qui ont marqué l’histoire du club. Si les premiers ont été évoqués des joueurs tels que Jean-Pierre Gissot, Marcel Burgun, Jean Pierre-Antoine, d’autres ont pris le relais pour devenir des légendes du club.

Le Rugby aux Jeux Olympiques : Une Histoire en Trois Étapes

Le rugby aux JO, c’est finalement une vieille histoire, qui débute en 1900, avant de s’interrompre et de redémarrer en 2016. En cet été marqué par les JO de Paris, Midi Olympique vous fait revivre cette histoire chaotique en trois étapes.

Les Débuts Glorieux du Rugby aux Jeux Olympiques

Le premier titre olympique français dans un sport co' revient au... rugby. En 1900, à Paris, l'équipe de France s'est imposée en finale face à la Grande-Bretagne (27-8), après avoir dominé l'Allemagne (27-17). Trois équipes seulement ont disputé le tournoi. Les Bleus ont également décroché deux médailles d'argent en 1920 et 1924. À chaque fois, ils furent battus par les États-Unis.

Aux Jeux olympiques de Paris de 1900, l'équipe de France de rugby a obtenu la médaille d'or. Pourtant, même la fédération française de rugby refuse aujourd'hui de célébrer ce trophée. Parmi les raisons qui expliquent cette modestie, la principale tient au fait que le rugby à XV était alors un sport très peu codifié.

Quand on évoque le rôle qu'ont joué les jeux olympiques dans la mondialisation des activités sportives, on oublie souvent de préciser un point. Pour que cette internationalisation fonctionne, il a d'abord fallu que les disciplines sportives soient codifiées par leurs instances nationales. Or, en 1900, ce n'était pas encore le cas du rugby.

Ceux qui pratiquaient ce sport faisaient partie de l'Union des Sociétés Françaises de Sports Athlétiques qui regroupait surtout des clubs parisiens, car la fédération française de rugby n'existait pas encore. Elle n'a été créée qu'en 1920. Comme en ce temps-là, les activités sportives n'avaient pas beaucoup d'autonomie, ce n'est pas pour des raisons vraiment sportives que le rugby fut introduit aux JO de 1900. Il s'agissait simplement d'élargir le panel des manifestations culturelles prévues dans le cadre de l'Exposition universelle qui eut lieu la même année à Paris.

Ce qu'on appelait alors le “concours” de rugby fut le dernier sport de démonstration présenté dans le cadre d'un programme consacré aux "jeux de Paris" qui se déroulèrent de mars à octobre 1900 au vélodrome municipal de Vincennes.

La compétition de rugby à XV se résuma à deux matches organisés les 14 et 28 octobre. Elle opposa une équipe formée avec des joueurs de clubs parisiens à un club anglais, puis à un club allemand. Le troisième match, entre les deux adversaires des Français, fut annulé, car il était impossible de faire séjourner les Allemands et les Anglais à Paris pendant quinze jours.

Étant donné qu'avant 1906, le concept de "délégation nationale" n’était pas encore fixé, les compétiteurs n’étaient pas obligés de passer par leur Comité national olympique pour s’inscrire. Les équipes de rugby ayant fini aux trois premières places lors des JO de 1900 ne reçurent leurs médailles que plusieurs années plus tard, car c'est seulement à partir des Jeux Olympiques de 1904 que ce type de récompenses fut décerné aux sportifs.

Autre preuve que les enjeux nationaux n'avaient pas l'importance qu'on leur accorde aujourd'hui, à cette époque on ne vérifiait pas la nationalité des joueurs. C'est seulement a postériori qu'on a découvert que sur les dix-sept joueurs parisiens ayant pris part aux deux matchs, l'un d'eux était Haïtien et un autre Américain. En 2021, le CIO a donc décidé de requalifier l'équipe de France en "équipe mixte". Voilà pourquoi la France n'a jamais été championne olympique de rugby à XV.

1924 : L'Année Noire du Rugby Français aux Jeux Olympiques

L’année 1924 fut donc une année noire du rugby français. Le tournoi olympique des Jeux de Paris déboucha sur un horrible spectacle, une démonstration de chauvinisme et de violence qui déconsidéra le rugby aux yeux des caciques de l’olympisme.

La quatrième apparition du rugby à XV aux Jeux olympiques restera la dernière. Après les JO de Paris de 1900, ceux de Londres en 1908 et d'Anvers en 1920, l'édition de 1924 organisée à nouveau dans la capitale française compte également un tournoi de rugby à XV dans son programme.

Or, comme lors des trois précédentes olympiades, les équipes ne se sont pas bousculées au moment de l'inscription: trois formations participantes en 1900, deux en 1908 et autant en 1920. Les nations britanniques boycottent à nouveau l'événement, en argumentant que le rugby doit rester un sport pratiqué l'hiver dans des conditions froides et humides. Du côté de l'hémisphère sud, les fédérations sud-africaine, australienne et néo-zélandaise renoncent à envoyer leurs équipes en France, en mettant en cause le coût et la durée du voyage.

De refus en refus, le tournoi de rugby à XV des Jeux de Paris 1924 doit se résoudre à subir le même sort que les précédentes éditions. Trois nations acceptent finalement d'y participer: la France, les États-Unis et la modeste équipe de Roumanie.

Le Tournoi ne réunit que… trois équipes, la France, les États-Unis et la Roumanie, comme dans "L’école des fans" tout le monde était sûr d’avoir sa médaille. Les nations britanniques n’avaient pas voulu venir au prétexte que le rugby ne saurait se jouer après le 1er mai.

Ces jeux de 1924 furent l’histoire d’une formidable arrogance. Les Français se pensaient clairement au-dessus des Roumains et des Américains, même si cette équipe les avait battus à Anvers (mais dans des conditions particulières). Les Américains sont des élèves qui apprennent vite et ils sont très costauds. Leur centre R.F. Octave Léry, président de la FFR, reconnaîtra plus tard : "J’ai vu certains de nos avants, réputés pour leur bravoure, fuir devant ce phénomène humain."

Le plus incroyable, c’est que la plupart de ces joueurs des universités de Californie pratiquaient le football américain ou le basket et n’avaient appris les règles du rugby que lors de leur premier rassemblement à San Francisco. Leur entraîneur Charlie Austin se fit fort de leur apprendre toutes les finesses de ce jeu, pratiqué sérieusement de 1904, quand le football américain fut interdit, jusqu’en 1914 avant de tomber en désuétude.

Ils avaient simplement pris la précaution de s’arrêter quinze jours en Angleterre, le temps de récupérer le deuxième ligne A.C. Valentine qui étudiait et jouait à Oxford, et faire contre les meilleurs clubs quelques matchs amicaux, tous perdus.

Le séjour en France des Américains commence par un premier incident. À Boulogne, ils sont bloqués par douane à cause d’une histoire de visa. Exaspérés par les formalités, ils se lient comme dans un maul et passent la frontière en force. La presse les surnomme "bagarreurs de saloon". Arrivés à Colombes, les Américains sont soumis à une série de polémiques.

Le manager américain Sam Goodman veut récuser l’arbitre pour des raisons pas très claires, mais son capitaine Colby Slater le ramène à la raison. Goodman n’apprécie pas, il trouve une échelle et fait pénétrer son équipe par-dessus la clôture du stade dont les vestiaires restent bizarrement accessibles au tout-venant. Alors que les joueurs répètent leurs gammes, des aigrefins leur dérobent leurs portefeuilles.

Les Américains avaient peut-être l'inconvénient d'un long voyage. Mais ils en ont profité pour se préparer au mieux. Ça paraît incroyable, mais à l’époque, alors que la télévision n’existait pas, il y eut une querelle sur les droits de retransmissions du match France - Etats-Unis du 18 mai. Les deux délégations s’écharpent sur le droit de filmer la rencontre, les Américains ont leur caméra toute prête. Les Français leur parlent d’un contrat d’exclusivité avec une compagnie cinématographique.

Le triomphe français est prévu pour le 18 mai en conclusion de France - États-Unis. La foule prend d’assaut la gare Saint-Lazare pour assister à une apothéose. Ce 18 mai, la foule en canotier et chapeau cloche comprend tout de suite qu’on l’a trompée sur le rapport de force. Sur chaque choc, les Américains prennent l’ascendant, leur mêlée torture celle des Bleus. Ces étudiants rayonnants de santé courent plus vite, plus longtemps et plaquent plus secs. Ils usent même de quelques combinaisons astucieuses qui ne s’improvisent pas. Les Bleus coulent à pic et le public n’apprécie pas.

La foule se convainc qu’ils ont été visés par Cleaveland et Slater. Ce n’est qu’une méchante illusion, les deux plaquages étaient parfaitement réguliers, les Français ont été victimes de la malchance et de leur manque de préparation. La foule redouble de fureur alors que les Américains marquent cinq essais. Huit supporters américains enthousiastes sont rossés à coups de canne par une poignée d’énergumènes. Ils sont transportés à l’hôpital. Sur le terrain, ça s’énerve, Bioussa, Cassayet, Etcheberry ouvrent la boîte à gifles pour sauver les meubles, des échauffourées fusent.

Les dirigeants français sont consternés par tant de médiocrité et de violence. Frantz Reichel, star des journalistes sportifs, se prend la tête à deux mains. Il sait que la réputation de la France va souffrir de ce désastre car cent journaux étrangers sont représentés en tribune de presse. Les Américains s’imposent 17 à 3. Et le public couvre de ses lazzis la montée du drapeau étoilé et le "Star Spangled Banner". Ils lapident même le cameraman qui tente de filmer la scène.

"Nous avons vraiment cru qu’ils allaient nous lyncher", témoignera Norman Cleaveland, le dernier survivant de l’aventure (il est mort en 1997). Un célèbre dirigeant franco-américain, Allan Muhr, résume la voix brisée : "C’est ce qu’on pouvait faire de pire sans couteaux ni revolvers." Les Français, si prompts à donner des leçons, comprennent que les Américains ont optimisé leur voyage en le transformant en stage de préparation intensive. Eux n’ont fait que se reposer en se regardant le nombril.

"Après le match, nous avions été choyés. Il nous suffisait d’arriver dans un café pour être invités à boire gratuitement", poursuivit Cleaveland. Des années plus tard, l’arrière américain Charlie Doe (mort à 106 ans en 1995) déclara : "Notre succès de 1924 fut encore plus fort que la victoire de nos jeunes hockeyeurs de 1980 sur la grande équipe d’Union soviétique. Mais avant l’arrivée de la télé, les jeux Olympiques n’avaient pas énormément d’impact.

Le spectacle lamentable fut impossible à surmonter. Le rugby n’était en plus pas un sport de démonstration, soumis à l’approbation des organisateurs. Les décideurs des Jeux de 1928 firent rapidement savoir qu’ils n’avaient pas envie d’organiser un tournoi de ce sport si particulier.. Et chose importante, Pierre de Coubertin n’a plus la main sur les affaires olympiques. Il voulait prendre du recul : en 1925, à 62 ans, il quitte la présidence du CIO. "J’ai fait mon œuvre", déclara-t-il.

Les Jeux de 1924 ont pu avoir lieu grâce à un coup de pouce décisif d’un club prestigieux, le premier champion de France de l’histoire, le Racing Club de France. C’est lui qui a mis fin à l’épineux débat sur la construction d’un grand stade indispensable à l’événement. Le Comité d’organisation, la Ville de Paris et l’État avaient du mal à se mettre d’accord. Le Comité d’Organisation présidé par Frantz Reichel fut soulagé de déléguer les travaux au RCF qui toucha directement les subventions publiques (4 millions de francs, somme jugée modique par rapport à d’autres projets). Le RCF a donc sauvé les JO et a récupéré des installations énormes (pour l’époque) : football, rugby, tennis, escrime. Mais le stade fut plus modeste que les projets initiaux. Il ne faisait que 60 000 places, virages non couverts, pas de façade ni de courbes majestueuses.

Les conséquences de la finale de 1924

La finale terminée et les Jeux clos, l'heure est aux interrogations. Les débordements en tribunes et le piteux comportement des joueurs tricolores ont entaché l'image du rugby et des Jeux olympiques. L'année suivante, le Comité international olympique (CIO) se prononce en faveur d'une exclusion du rugby du programme olympique.

Présent à quatre reprises, le rugby n'a surtout jamais réussi à trouver sa place aux Jeux et attirer la ferveur des nations. Trois nations, tout au plus, ont participé au tournoi, limitant l'intérêt de cette discipline où la médaille était assurée dès l'inscription effectuée.

De plus, en 1925, le rugby perd son ange gardien au sein du mouvement olympique: le baron Pierre de Coubertin, rénovateur des JO modernes, qui a assuré la promotion du ballon ovale, son sport de prédilection. En se retirant de la présidence du CIO entre les Jeux de Paris et ceux d'Amsterdam (1928), il a entraîné le rugby à XV dans sa chute. Cette discipline est sitôt écartée du programme olympique.

Le Retour du Rugby aux Jeux Olympiques : L'Ère du Rugby à 7

Si le rugby à XV a disparu des JO après l’édition 1924, c’est en partie à cause du peu de participants inscrits. Les nations principales de la discipline comme l’Irlande, l’Écosse ou l’Angleterre, considèrent le rugby comme un sport d’hiver, le rendant incompatible avec des olympiades d’été. Du côté des pays du Sud, comme la Nouvelle-Zélande ou l’Australie, le problème est financier : déplacer des équipes entières de joueurs et d’assistants à l’autre bout du monde coûte cher. Si bien que, lors de l’édition 1924, seules trois nations participent au tournoi de rugby à XV : la France, les États-Unis, et la Roumanie.

Depuis, la discipline n’est revenue que dans son format à VII, lors de l’olympiade de Rio de 2016.

Les Bleus du rugby à 7, portés par un Antoine Dupont monstrueux, se sont imposés ce samedi face aux Fidji (28-7) en finale du tournoi olympique. Historique ! Dans un Stade de France en fusion, l'équipe de France de rugby à 7 s'est imposée en finale du tournoi olympique en dominant les Fidji (28-7), doubles champions olympiques en titre.

C'est un véritable tour de force qu'ont réalisé Antoine Dupont et ses coéquipiers en infligeant aux joueurs du Pacifique leur première défaite aux Jeux olympiques, après 17 succès de rang depuis 2016.

Les choses avaient pourtant mal commencé d’entrée pour les Bleus qui encaissaient rapidement un essai par Joseva Talacolo (2e, 0-7), après un festival de plaquages manqués. Mais ils réagissaient, avec la manière, en égalisant par Jefferson-Lee Joseph (5e, 7-7) à la suite d’une belle percée d’Andy Timo. Un match tendu, où les plaquages étaient bien appuyés et la bataille dans les rucks, féroce.

Après un début de tournoi laborieux, l'équipe de France de rugby à VII avait finalement remporté la première médaille d'or de la délégation tricolore lors des JO de Paris, le 27 juillet 2024. Portés par un public acquis à leur cause, les Bleus avaient alors enfin dominé les doubles champions olympiques en titre (28-7), grâce notamment à un match énorme de Dupont (un doublé et une passe décisive pour Aaron Grandidier-Nkanang après une course 80 mètres).

Après avoir permis à l'équipe de France de rugby à 7 de renouer avec la victoire un peu plus tôt dans la saison (succès lors de l'étape de Los Angeles et titre de champion du monde glané à Madrid), le demi de mêlée de Toulouse avait alors réussi brillamment son pari olympique et était par la même occasion entré un peu plus dans l'histoire du sport français. Il ne restait alors plus qu'aux Bleus d'enflammer une dernière fois le Stade de France en faisant sur la pelouse une chorégraphie, fondatrice pour le groupe, à la fois inoubliable et parfaitement maîtrisée sur la musique de Will Smith "Miami".

Défendre un titre, c'est toujours excitant. Et là, je pense qu'on aura toujours le potentiel pour être compétitifs.

Les Bleus du rugby à 7 ont ramené la première médaille d'or française dans ces Jeux olympiques de Paris. L'équipe de France de rugby à 7 s'est imposée en finale olympique, samedi 27 juillet. Titre olympique en rugby à 7, le phénomène Léon Marchand... La France a décroché le titre olympique de rugby à 7, samedi 27 juillet. Ce dimanche 28 juillet, la France est championne olympique de rugby à 7 ! Les coéquipiers d'Antoine Dupont l'ont fêté jusque tard dans la nuit avec leur chorégraphie au club France.

Les épreuves de rugby à 7 des Jeux olympiques de Paris 2024 se déroulent du 24 au 30 juillet au Stade de France. Les matchs, d'une durée de 14 minutes, se déroulent à un rythme effréné.

L'histoire olympique du rugby se divise en plusieurs périodes, avec une première phase à XV figurant au programme olympique en 1900, 1908, 1920 et 1924. Depuis son retour aux Jeux de Rio en 2016, le rugby se pratique à sept joueurs sur le terrain.

La Française Camille Grassineau est entrée dans l'histoire de son sport en 2016, devenant la première joueuse à marquer un essai aux Jeux olympiques. Cinq ans plus tard (2021), les Bleues ont décroché la médaille d'argent après leur défaite en finale contre la Nouvelle-Zélande.

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