Le football à Sète est bien plus qu'un simple sport ; c'est une partie intégrante de l'histoire et de l'identité de la ville. Des clubs fondateurs aux figures emblématiques, en passant par les rues chargées d'histoire, plongeons au cœur de cette passion locale.

Le stade Louis-Michel, un lieu emblématique du football à Sète.
Les Origines du Club
L’Olympique de Cette est fondé en 1900 par Jean Dugrip et Jean-Louis Julien, mais en raison de la Première Guerre mondiale, le club met fin à ses activités. Elle reprend du service en 1914 grâce à des passionnés. Une équipe baptisée le FC Cette comme le nom de la ville où est né Georges Brassens s’orthographiait à l’époque. En 1927, l’orthographe de la ville change.
L'Âge d'Or du FC Sète
Dans les années 1930, Sète devait principalement tenir tête à Marseille et Sochaux, leurs principaux adversaires lors des compétitions nationales. Une réussite qui était le fruit du travail de deux hommes : Georges Bayrou et Victor Gibson.
Georges Bayrou a été le président sétois pendant 45 ans (1908-1953) et a créé le Championnat de France professionnel avec son acolyte Emmanuel Gambardella. Victor Gibson a tout fait au sein du club. Recruté comme joueur en 1912, le défenseur écossais est devenu entraîneur, recruteur, jardinier et même... soigneur.
«C'est aussi lui qui a donné ses couleurs officielles au FC Sète pour rendre hommage à son club de coeur, le Celtic Glasgow», indique Maxime Chastelan.
Mais les deux hommes se sont surtout illustrés par leur politique de recrutement : ils ont été les premiers à renforcer leur équipe avec des talents venus de l'étranger, développant un «amateurisme marron» (rémunérer illégalement un sportif officiellement amateur).
Une Équipe Cosmopolite
À l'époque, plus de la moitié de l'équipe était composée d'étrangers : des Anglais, des Yougoslaves, un Uruguayen, un Suisse, des Espagnols et surtout des Hongrois.
«Le style de jeu des Sétois n'est pas vraiment français. À cela, il y a une raison : dans le Sud s'est développé un véritable eldorado pour les joueurs étrangers», écrivait alors un journaliste allemand qui avait couvert leur match contre Fürth lors de la Coupe des nations 1930 (un tournoi amical organisé à Genève).

Georges Bayrou, figure emblématique du FC Sète.
Les Succès Majeurs
- Finale de Championnat de France en 1914 (perdue contre Lille).
- Cinq finales de Coupe de France disputées en l'espace de onze ans (vainqueurs en 1930 et 1934).
- Deux titres de champion (1934, 1939).
Lorsque le professionnalisme est né dans l'Hexagone en 1932, le FC Sète participe au premier championnat de France. Lors de sa deuxième saison, il réussit le doublé en remportant le championnat et la coupe de France face au voisin marseillais. En 1939, les Sétois règnent en maître une deuxième fois sur le football français.
Les Joueurs Emblématiques
Deux futurs joueurs professionnels ont évolué au club avant de faire carrière : Serge TULIK et surtout Marc BERDOLL, pur produit du Foyer, qui a été international A, disputant la Coupe du Monde en Argentine.
Le Déclin et la Renaissance
Après la Seconde Guerre mondiale et la mort de Georges Bayrou, le club a périclité. «Mais nous avons failli remonter en D1 en 1986, au coeur d'une période de renouveau de six ans de suite en Deuxième Division, rappelle Franco Di Santo. Les années 1980 sont une époque mythique pour les supporters d'aujourd'hui, peut-être plus que celle des années 1930.»
Dix ans après sa dernière liquidation judiciaire et sa rétrogradation en DH, Sète appartient au ventre mou de son groupe de N2.
La Rue André-Portes : Un Symbole de Dynamisme
La rue André-Portes est une rue chargée d’histoire à Sète. Située en centre-ville, elle est caractérisée par un petit porche en son extrémité qui accompagne les passants jusqu’au Halles.
À ce jour, on y compte 14 commerces, alors qu’il y a vingt ans, seulement quatre. La rue André Portes s’est tout d’abord appelée la rue de la Placette, du fait d’un petit plan aménagé dans les années 1730 à l’angle qu’elle forme aujourd’hui avec la rue de la Bibliothèque. Elle a ensuite hérité du surnom de la rue des Prisons.
Depuis la piétonnisation de la rue, il y a environ 15 ans, cette dernière est devenue beaucoup plus attractive. "La rue est belle et il n’y a plus de voiture. Grâce à ça il y a eu l’arrivée des terrasses et logiquement beaucoup plus de monde", constate Magalie Rouzières.
Certains boutiquiers ont établi des accords commerciaux pour le confort des clients et le bon fonctionnement de la rue.
Le Football, Reflet de la Société
Mickaël Correia est un journaliste indépendant. Il répond à mes questions à l’occasion de la parution de l’ouvrage « Une histoire populaire du football » [1], aux éditions La Découverte.
La simplicité des règles du football, tout comme le peu de moyens nécessaires à sa pratique (un ballon, même rudimentaire, et un coin de rue suffisent), font du football un sport facilement appropriable par tous et toutes. Sur le terrain, jouer au ballon peut avoir une portée politique, car il met en scène des corps en mouvement.
Les clubs, en tant que structure démocratique et espace social, furent aussi des lieux de résistance à l’ordre établi. Durant l’occupation allemande, aux Pays-Bas comme en France, certains ont servi de réseau d’entraide. En Afrique subsaharienne, notamment au Nigéria, les clubs de foot autoadministrés furent un des foyers de contestation de la domination coloniale.
Sous le totalitarisme stalinien ou sous la dictature franquiste, les tribunes des stades vont en effet être un espace où il est possible d’échapper un temps à la surveillance policière grâce à l’anonymisation que permet la foule.
Les anciens du FC Sète, interview 17, Philippe Sans.
Le football à Sète est une histoire de passion, de succès et de résilience. Des figures emblématiques aux rues chargées d'histoire, chaque élément contribue à la richesse de ce patrimoine sportif et culturel.