Le Royal Hockey Club de Huy vit une période particulière de son histoire. Depuis plus de six ans, les installations Chemin de Franchimont ne sont plus aux normes. Le club bénéficiait d’une dérogation de la part de la Fédération Belge de Hockey, mais cette dérogation n’était pas éternelle.
C’est une grande histoire qui lie le hockey à Juliette Dessart, l’actuelle capitaine de l’équipe première féminine du Royal Hockey Club de Huy (D3). « Le hockey, c’est une histoire de famille », s’amuse-t-elle. « Mon grand-père a joué ici et il a même remporté la coupe de Belgique avec Huy, d’où le titre « Royal ». C’est pour cela que j’ai commencé à 6 ans. »
Très attachée à son club de toujours, la Verlainoise n’a jamais quitté le navire. « Je n’ai jamais pensé à partir. J’y suis bien, c’est un club auquel on s’attache beaucoup, avec une ambiance hyper familiale. Depuis cette saison, j’ai décidé de m’impliquer davantage en intégrant le comité. Je suis responsable, en binôme, de l’équipe des jeunes et des séniors.
Mais forcément, au fil des années, l’équipe a évolué. « Il y a deux ans, on a connu pas mal de départs. Il a fallu tout reconstruire avec une équipe très jeune. La moyenne d’âge tourne autour de 18 ans. La majorité des joueuses ont entre 15 et 18 ans. À 25 ans, je fais presque figure d’ancienne », sourit-elle.
Mais la jeunesse n’est pas un frein, au contraire. « J’évolue avec des filles que j’ai entraînées lorsqu’elles étaient en U14 il y a quelques années. J’essaye de faire le lien entre les différentes générations. Cela se passe bien. L’équipe est dynamique, les plus jeunes apportent beaucoup d’énergie alors que les anciennes, leur expérience.
En hockey, la saison extérieure a repris, après une longue trêve hivernale. Retour du championnat en demi-teinte pour Huy. Vainqueur d'Arlon la semaine dernière, les Mosans ont été tenus en échec par Mol ce dimanche. La victoire a échappé aux Hutois dans les tous derniers instants. Score final 2-2. Au terme d'un match pourtant dominé de bout en bout.
"On a manqué de maturité en fin de match", constate Goeffroy Destexhe, l'entraîneur. "A 2-1, on aurait pu faire 3-1 ou 4-1, mais on les a laissés revenir dans le match. Ils ont profité qu'on était en infériorité numérique dans le dernier quart-temps. Bravo à eux."
Mais au-delà du match, le sujet de discussion depuis 10 jours, c'est le futur déménagement. Et c'est peut-être la dernière fois que les Hutois jouent des playoffs sur leur terrain vétuste de Tihange.
Voilà 6 ans que les installations ne sont plus aux normes. Le club bénéficiait d'une dérogation de la part de la Fédération Belge de Hockey. Mais un ultimatum approchait, au point de menacer la survie du club. "Chaque année, je devais refaire une demande de dérogation", explique Thomas Roland, Président du club. "Mais en l'absence de vraie solution, la Fédération commençait à s'impatienter. On est vraiment soulagés d'avoir trouvé une solution pour le club."
Cette solution, c'est le déménagement du club de hockey à Solières, là où joue la D2 de la Royale Union Hutoise, en football. Et le retour complet du club de football à Tihange, aux Stade Legrand et de l'Avenue de la Croix-Rouge. Un échange qui arrange tout le monde.
"Le club de football va pouvoir revenir dans le centre, ce qui sera plus facile pour les joueurs, les bénévoles et pour les supporters", énumère Olivier Humblet, échevin des Sports. "Et pour le hockey, les déplacements sont moins un problème. Ils ont l'habitude de voyager pour leurs matchs."
Cela dit, le terrain de hockey de Solières devra être construit, soit à la place du synthétique, soit sur le terrain en herbe, ce qui prendra au moins un an. En attendant, la saison prochaine sera une saison de transition.
"Soit on ira jouer à Andenne, avec qui les pourparlers ont déjà commencé", détaille Thomas Roland. "Soit, on jouera encore ici quelques mois. Peut-être que je pourrai encore avoir une dérogation de la fédération, si un projet concret à court terme est sur la table."
En attendant, toutes les équipes du club devront se contenter du terrain déjà vieux de 17 ans, et légèrement bosselé, sur lequel ils ont l'habitude de jouer.
Désireux d’avoir des équipes complètes dans chaque catégorie, les clubs de hockey de Huy et Hannut viennent de se rapprocher. « La fédération accepte qu’une équipe de jeunes joue avec des éléments de deux clubs différents, sous le fanion d’un des deux », explique Christophe Distexhe, le président hannutois.
Le coronavirus a stoppé prématurément le championnat de hockey début mars. Quelques semaines plus tard, la fédération décidait de faire monter les deux premiers de chaque série. Une aubaine pour l’Old Club, assis à ce moment sur le 2e siège en D1.
Deux semaines après le sacre de notre équipe nationale aux championnats d’Europe, le championnat de hockey reprend ses droits. A Huy, on aborde cette saison avec une double inconnue puisque les messieurs (qui sont descendus en D3) et les dames (qui sont montées en D2) vont découvrir de nouvelles séries.

Schéma d'un terrain de hockey.

Action lors d'un match de hockey.