L'ascension historique du Roller Hockey à Pont-de-Metz

Pont-de-Metz a rendez-vous avec son histoire. Les Messipontins peuvent, pour la première fois de leur histoire, se hisser en quarts de finale de la Coupe de France.

Un match décisif en Coupe de France

En déplacement chez Moûtiers, les Messipontins peuvent, pour la première fois, se hisser en quarts de finale de l’épreuve. Un statut que les joueurs de Pont-de-Metz prennent très au sérieux. « C’est une très bonne équipe de N2. S’ils sont encore là, ce n’est pas un hasard.

Tout juste 58 secondes ont suffi à relancer le rêve messipontin. Après l’égalisation de Moûtiers (N2), Pont-de-Metz a rapidement repris le contrôle du match et n’a jamais laissé passer sa chance.

« Il ne faut pas minimiser le résultat, insiste Antoine Démaret, le coach. L’équipe d’en face était très bonne. À huit, nous avons réalisé une belle performance, pas parfaite - il y a eu quelques erreurs - mais nous avons étouffé l’adversaire rapidement et imposé notre jeu. »

La qualification face à Moûtiers est un vrai tournant pour le club. « C’est un petit événement pour Pont-de-Metz.

Retour à la Roller Arena et confrontation avec Épernay

Ce retour « est un grand plaisir, on attend ça depuis un petit moment. On s’en rapproche donc il y a une petite excitation. On a envie de faire plaisir aux supporters », confirme l’entraîneur de l’équipe messipontine.

C’est donc sans peur au ventre que Pont-de-Metz aborde cette deuxième rencontre face aux Bombardiers d’Épernay, solide formation du championnat Élite depuis plusieurs saisons : « On ne les connaît pas beaucoup. Il y a quelques joueurs qui sont là depuis quelques années, on les a côtoyés en jeunesse pour certains. Il y a une petite armada d’étrangers, on va être dans l’inconnu. On les voit en vidéo, mais on ne les connaît pas du tout, admet le technicien samarien qui reste convaincu que ses joueurs sont capables de grandes choses, surtout à domicile, même en Élite : On sait que chez nous, on est une équipe difficile à manœuvrer.

L’espoir est aussi permis car les Bombardiers n’ont pas été impériaux, loin de là, lors de leur premier match face à Bourges, justement. S’ils menaient 4-1 à dix minutes du buzzer, ils se sont fait remonter et ont été emmenés en prolongation puis aux tirs aux buts, lesquels ont finalement souri aux Alchimistes. S’ils voudront probablement laver l’affront en Picardie, les Sparnaciens auront aussi sûrement pris un petit coup derrière la tête. Les Greens doivent donc profiter de ce possible doute mais il faudra absolument « être à 100 % pour pouvoir rivaliser », juge Antoine Demaret.

Le coach des Faucons devra composer une nouvelle fois sans Emilien Demaret, toujours blessé, mais enregistre cependant le retour de Kevin Dantan et de Paul Choteau.

En passant les portes nous assistons à un match de foot se jouant dans des cages miniatures. Le doute est levé, c’est bien ici que se déroulera le match des Yeti’s de Grenoble face au Artzak d’Anglet. Les gradins sont vides, mais ils ne tarderont pas à se remplir au cours de ce match qui ne manquera pas d’actions ni de but. En tout cas ça fuse ! Au travers de l’objectif on tente d’immortaliser de beaux moments de jeu.

Pour la première fois de son histoire, Pont-de-Metz se hisse en quarts de finale de la Coupe de France.

Résultats du match

MOÛTIERS (N2) - PONT-DE-METZ (ÉLITE) : 2-8

BUTS - Moûtiers : 09’15 Blanc (Baetz), 49’52 Baetz (Laulier) ; Pont-de-Metz : 07’05 Hard (V. Démaret), 10’13 Candellier (Picard), 18’18 Hard (V. Démaret), 19’22 Picard (Josse), 24’13 V. Démaret (Hard), 28’16 Josse (V. Démaret), 43’17 Hard (Josse), 46’02 Josse (V.

Après ce succès, Pont-de-Metz peut se concentrer sur la suite de la saison et notamment sur la réception d’Angers, un concurrent direct dans la course au maintien en Élite.

Un but pour quatre assistances, Valentin Démaret a été précieux dans le succès messipontin contre Moûtiers.

Focus sur la famille Demaret

Tous les mois de cette année 2026, retrouvez le portrait de deux membres d’une famille pratiquant ensemble un même sport au sein d’un club de la métropole amiénoise. C’est dans un vestiaire de la Roller Arena, le bruit de palets tapant sur la bande en fond sonore, que nous avons rencontré Valentin et Émilien Demaret, joueurs des Green Falcons de Pont-de-Metz. Si le premier a aussi pratiqué le football et le second le judo, le roller hockey a toujours été la trajectoire innée des deux frères, bercés par ce sport depuis leur tendre enfance. Une discipline méconnue du grand public mais qui a toujours été une religion au sein de la famille. Il était donc tout naturel pour Valentin de chausser les patins avant que son petit frère, quelques années plus tard, prenne le train en marche.

La première fois que les Demaret jouaient ensemble, c’était en poussins, même si les occasions étaient rares durant leur jeunesse, du fait de leurs trois ans d’écart et donc de la catégorie différente. « Mon premier souvenir [avec Émilien], c’était une demi-finale à Angers, on avait joué toute la saison ensemble », se rappelle Valentin qui pouvait patiner avec son frère uniquement si celui-ci était surclassé. Mais ne leur parlez pas de favoritisme. Une sélection dans la meilleure équipe possible se gagnait comme pour n’importe quel autre joueur : « Il n’y avait pas de privilèges parce que c’était notre père le coach. Il n’y a pas eu de préférence, assure Émilien.

Émilien et Valentin Demaret, arborent fièrement le logo des Green Falcons, leur club de coeur. Mais finalement, le plus petit en âge mais le plus grand par la taille a aussi fini par rejoindre son frère et son père, entraîneur, pour faire partie du projet N1, transformé en projet Élite en 2025. « On a vécu, avec notre père, toute la saison fantastique de l’année dernière. C’était inimaginable. Notre objectif, c’était de faire les premiers play-offs de notre vie en N1″, rappelle Valentin. Et là, aller jusqu’au bout, c’était quelque chose d’exceptionnel. »

Après trois saisons pleines aux côtés de l’autre, les deux frères s’entraînent encore à deux mais ne compétitent pas ensemble, Émilien souffrant de l’épaule et devant soit s’abstenir, soit aller jouer avec l’équipe B en Nationale 3 : « Prendre une saison Élite en cours de jeu, c’est compliqué. Et il y a toujours la petite douleur.

Il a la vitesse, l’explosivité. Il ne lâche rien. Il est toujours dans le jeu, toujours à aller gratter les derniers palets. Je suis mieux placé, j’ai plus de qualité de passe, peut-être », définit Émilien sur le plan technique. Dans l’attitude aussi, c’est un peu le Ying et le Yang : « Un tempérament assez excité » pour le plus vieux, un comportement « un peu plus détente » pour le plus jeune. Lequel considère son grand frère comme meilleur que lui, aussi parce qu’il a davantage l’esprit de compétition : « Lui, il a toujours eu le petit truc en plus.

« La parole d’un grand frère, c’est toujours autre chose, relève Émilien. S’il a quelque chose à me dire, il va le dire autrement qu’à un autre membre de l’équipe. C’est vrai que des fois, il a des paroles assez dures. Mais bon, ça forge le caractère et puis ça forge le jeu aussi. » De nature calme, le cadet préfère en général ne pas rentrer dans le jeu de son aîné lorsque celui-ci est en proie à l’agacement, ne dit rien sur le moment pour ne pas aggraver les choses : « Après, je vois qu’il n’avait pas forcément tort sur certains trucs.

Même en dehors des rencontres, les Demaret n’ont pas la même vision des choses et la même façon d’évacuer les émotions du week-end : « Pour moi, c’est plus long à digérer », commence Valentin, phrase sur laquelle rebondit Émilien avec humour : « Il va me reparler le mercredi d’après. Il va me dire : « À telle minute, on a mal joué, ici, on s’est mal placé… ». Il a pu arriver que des petites tensions apparaissent en lendemain de match « parce que mon père et lui aiment bien regarder le replay, discuter de ce qu’ils voient, raconte le plus jeune des deux. Et des fois, ils ne sont pas d’accord. Moi, je suis plus là à dire, laissez passer le truc.

Car au-delà de ces discussions, le temps passé ensemble depuis l’enfance n’est comparable à aucune autre fratrie : « Le roller, même avec notre père, a fait qu’on est super proches. On ne serait pas aussi proches si on n’avait pas fait le même sport, estime Valentin. On a toujours tout vécu, tous les week-ends, tous les moments. Chaque finale, chaque demi-finale, chaque déplacement. » Un sentiment partagé par Émilien qui, même lorsqu’il ne pouvait pas être sur le terrain car trop jeune, faisait les voyages tous les week-ends avec son frère : « Sur une année, on passait 6-7 mois ensemble.

Si l’équipe première est montée en Élite, il en est l’un des grands artisans, étant le meilleur pointeur messipontin lors de la phase régulière la saison passée. Depuis quelques saisons même, les frères Demaret entraînent l’équipe U20 et chacun possède un rôle bien précis, en adéquation avec la personnalité de chacun comme l’explique Émilien : « Valentin va apporter tout ce qui est esprit de compétition, l’envie. Je vais être plus là pour calmer. Parce que c’est vrai que des fois, il y a des tempéraments à tenir. » En résumé, « il gère l’équipe, je gère les attitudes.

Les défis sont encore nombreux pour la fratrie la plus célèbre des Green Falcons : faire briller l’équipe Élite, construire celle de demain et surtout continuer de faire résonner le nom Demaret à la Roller Arena. Mais l’histoire de famille n’est pas que celle de Valentin et d’Émilien mais bien celle de tout un club : « Il n’y a pas que les frères Demaret. Tout le monde est frère. Pont-de-Metz, c’est une grande famille.

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