Roja Directa : Le Streaming Football en Espagne – Entre Accessibilité et Légalité

Suivre un match de foot en direct gratuitement reste une attente forte chez de nombreux passionnés du football. Roja Directa, créée en 2005, s’impose comme une référence mondiale pour le streaming football, avec une offre très large et accessible. Cette plateforme, très populaire, combine l’accès à tous les grands championnats européens et sud-américains tout en présentant certains risques qu’il faut connaître.

Fonctionnement de Roja Directa

Roja Directa ne diffuse pas directement les matchs de foot. La plateforme agit comme un agrégateur de liens, référencant plusieurs flux issus de sites tiers qui hébergent réellement les contenus. Sur le site, vous trouverez un calendrier précis des rencontres disponibles, avec des liens supposés en SD, HD ou Full HD.

Cette méthode d’indexation permet d’accéder à une multitude de matchs gratuits, mais expose aussi à des pop-ups, publicités intrusives et parfois des risques en matière de sécurité, comme des malwares.

Avantages et Inconvénients de l'Utilisation de Roja Directa

Utiliser Roja Directa pour suivre match foot live offre plusieurs avantages non négligeables. Le plus évident est l’accès à tout cet univers football en direct sans abonnement payant, ce qui vaut entre 50 et 100 euros mensuels sur les chaînes officielles. La simplicité d’utilisation séduira également, avec une interface pour retrouver rapidement les rencontres et multiples liens en cas de blocage d’une source.

En revanche, plusieurs limites freinent l’expérience : la qualité vidéo est instable, avec des coupures fréquentes et un flux qui peut passer de HD à basse définition selon la source.

Enjeux Juridiques Autour du Streaming Gratuit

Le streaming gratuit de matchs de foot via Roja Directa s’inscrit dans un contexte juridique complexe. Depuis les premières plaintes en Espagne en 2007, la plateforme a fait l’objet de multiples procédures. En France, par exemple, la justice a ordonné la suppression de liens vers la Ligue 1 et infligé des amendes journalières en cas de non-respect, en plus d’une lourde sanction financière en faveur de la LFP.

La justice française a condamné voilà plusieurs jours Rojadirecta, ce site espagnol qui permet aux internautes de visionner différents événements sportifs en streaming. Le tribunal de grande instance de Paris a refusé de lui reconnaître le statut d’hébergeur, et l’a ainsi condamné à empêcher la mise en ligne de liens vers des matchs de Ligue 1 et de Ligue 2 notamment. Retour sur cette décision qui fait figure de première dans le milieu du sport.

Pour Rojadirecta, la LFP a tout d’abord demandé par courrier à ce site espagnol exploité par la société Puerto 80 de bien vouloir retirer plusieurs liens et surtout d’en empêcher la mise en ligne, à l’avenir. Manifestement peu satisfaite du résultat, l’organisation a ensuite fait procéder, en novembre dernier, à un constat d’huissier. Résultat, la LFP a assigné à la mi-novembre Puerto 80 devant le tribunal de grande instance de Paris.

Tout en considérant que Rojadirecta devait être tenu responsable des liens notifiés et non supprimés, l’organisation clamait surtout que celui-ci était également « éditeur » des matchs diffusés via son site. De son côté, Rojadirecta se défendait en affirmant que son rôle se limitait à de l’hébergement de liens publiés par ses utilisateurs, sur lesquels il n’exerçait aucun contrôle a priori. En clair, il demandait à ce que lui soit reconnu un statut d’hébergeur, et non d’éditeur.

Sauf que le tribunal de grande instance de Paris ne l’a pas entendu de cette oreille. Pour les juges, le site exploité par Puerto 80 ne peut donc pas être assimilé à une plateforme telle que YouTube ou Dailymotion (qui peuvent quant à elles prétendre au statut d’hébergeur).

Le tout a été assorti d’une astreinte de 5 000 euros « par jour et par lien constaté », alors que la LFP réclamait un montant de 20 000 euros par manquement et par jour. Mais surtout, Rojadirecta est tenu de « rendre impossible pour l’avenir la mise en ligne des contenus précités incluant les liens hypertextes en rapport ».

On notera au passage que les juges ont bien souligné que tous les liens publiés sur le site espagnol « ne sont pas nécessairement illicites et de nature à porter atteinte aux droits d’exclusivité de la LFP, mais un nombre conséquent le sont, à savoir notamment ceux donnant accès à des championnats et matches de Ligue 1 et 2 réservés à un public restreint d’abonnés de chaînes clientes de la plaignante, ce que n’ignore pas la société Puerto 80 ».

En revanche, la LFP n’a pas obtenu gain de cause sur un terrain : celui des dommages et intérêts. L’organisation avait demandé au juge une indemnisation de son préjudice subi, qu’elle estimait à 8,18 millions d’euros pour six matchs diffusés en direct par Rojadirecta au cours de l’année 2014. Le tribunal a cependant relevé que la LFP « n’établit aucunement avoir subi à ce jour une perte sur le montant de la cession des droits de diffusion en direct à ses partenaires commerciaux ».

En revanche, les juges ont accepté d’allouer les 100 000 euros de dommages et intérêts que réclamait l’organisation au titre de son préjudice « moral ». Ce préjudice consiste selon le tribunal « en une perte de crédibilité » pour la LFP, lequel correspond à « la nécessité de pouvoir justifier à ses partenaires les mesures mises en place pour garantir les droits concédés », sans parler du « risque de mise en difficulté pour négocier à l’avenir la cession de ses droits en exclusivité ».

Le site Rojadirecta a enfin été condamné à publier pendant 15 jours, « soit directement sur le premier écran de la page d’accueil du site, soit par l’intermédiaire, depuis ce premier écran, d’un lien hypertexte », un communiqué informant les internautes « de l’illicéité de la publication de liens permettant de visionner en direct et en léger différé les matchs organisés par la Ligue de football professionnel ».

Si cette décision a été vivement applaudie par la LFP, qui a annoncé vouloir obtenir la condamnation d’autres sites similaires, Rojadirecta nous a de son côté confié qu’il avait décidé de faire appel du jugement.

Le créateur de Roja Directa, un site de streaming illégal très fréquenté il y a quelques années, a été condamné par la justice espagnole à deux ans de prison et 500.000 euros d'amendes à verser à La Liga et Mediapro.

Pierluigi Collina qui brandit un carton rouge dans le coin gauche de l’écran, c’est un souvenir qui a marqué de nombreux fans de foot. Pendant des années, le dessin représentant l’arbitre italien a été associé à Roja Directa, un site pirate qui proposait jusqu’à il y a peu une quantité de liens pour suivre en direct et gratuitement les rencontres sportives diffusées sur des chaînes payantes.

Le vrai Roja Directa a disparu en 2018 mais plusieurs sites ont repris le nom et le design de l’époque pour monter de nouvelles plateformes. Le créateur originel, Miguel T. G., a lui été poursuivi par la justice espagnole pour ses activités. Il a accepté d’être condamné à deux ans de prison et à verser une indemnité de 500.000 euros à La Liga et Mediapro, diffuseur du championnat espagnol.

Miguel T. G. n'ira pas réellement en prison. Miguel T. G. n’ira toutefois pas derrière les barreaux : la peine de prison a été suspendue compte tenu de l’accord trouvé entre les parties. Au départ, l’accusation réclamait d’ailleurs six ans de prison envers le créateur du site, qui a engrangé des bénéfices grâce aux publicités présentes sur Roja Directa et sur quatre autres sites similaires.

Le créateur du site a aussi l’interdiction de travailler sur un site web ou dans l’informatique pour les deux prochaines années.

Pour toute une génération, trouver un lien de streaming et regarder un match de football en direct sur son ordinateur, sans débourser un euro, est devenu une vraie habitude de consommation. La récente fragmentation des droits TV entre RMC Sport, Canal + ou BeIN Sports pourrait encore amplifier le phénomène. Il faut désormais consacrer un budget mensuel d'environ 60 euros en France pour accéder aux rencontres nationales comme européennes.

Apparus au milieu des années 2000, les lives illégaux d'épreuves sportives ont engendré un marché mondialisé du piratage où fournisseurs, fabricants, intermédiaires et même annonceurs s'enrichissent dans un monde virtuel sans frontière. « Nous avons affaire à une criminalité en col blanc qui arrive à monter des affaires très lucratives », explique-t-on à Europol, l'agence européenne qui coordonne les actions des polices du continent.

Regarder le sport sans payer : la guerre au streaming illégal est déclarée

Selon une étude commandée par BeIN Sports, 3,5 millions d'internautes français piratent les compétitions de football, dont la moitié de manière hebdomadaire. L'offre est abondante ; l'institut Médiamétrie suit plus de 900 sites de livestream illégaux. Dans les coulisses de ces sites d'hébergements de liens, c'est une communauté de pirates spécialisés qui s'agite à chaque match.

Comment procèdent-ils ? Un seul abonnement à un diffuseur officiel et un décodeur numérique avec un câble HDMI piraté suffisent à créer un signal vidéo envoyé à un ordinateur qui va le compresser en direct puis le diffuser sur les centaines de plateformes accessibles sans effort. Sauf que la méthode est dupliquée des milliers de fois dans de véritables « fermes » en Asie du sud-est.

Le web mondial se retrouve inondé de flux, dans toutes les langues et avec une qualité vidéo proche des standards des chaînes payantes. Des intermédiaires rémunérés sont chargés de maintenir la connexion. Il y a une vraie industrialisation de solutions semi-professionnelles », détaille Jacques Bajon, directeur Médias et Contenus numériques de l'Institut de l'audiovisuel et des télécommunications (Idate).

Actif depuis 2005 et très connu des amateurs, Rojadirecta fait partie de ces hébergeurs de liens qui mettent en relation le fan de football avec le contenu illégal. Grâce à son populaire site de référencement - le 2e le plus consulté au monde avec 14 millions de connexions par mois selon les données de l'Idate - la société espagnole Puerto 80 Projects engrangeait officiellement 1 à 2 millions d'euros de recettes publicitaires par an, selon les déclarations de son comptable lors d'un procès lancé par la Liga en Espagne en 2016. Les autorités avaient au passage saisi 11 millions d'euros sur ses comptes bancaires.

Rojadirecta est aussi devenu la bête noire de la Ligue de football professionnel (LFP) qui a intenté et gagné un procès contre Puerto 80 Projects. A la clé, une amende de 1,4 million d'euros. Par l'intermédiaire de son avocate, Me Alexandra Neri, Rojadirecta se défend d'éditer du contenu piraté et se présente comme « un simple hébergeur et agrégateur de liens ».

Les Mesures Anti-Piratage et Leurs Limites

Avec des pirates aux confins de l'Asie, des serveurs disséminés hors de toute juridiction européenne et des sites miroirs qui apparaissent et disparaissent en un éclair, les diffuseurs officiels n'ont plus qu'une seule solution technique : le déréférencement dans les moteurs de recherche. Des associations de diffuseurs officiels (Canal +, Eurosport, TF1…) comme l'ALPA (Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle) ou l'APPS (Association de protection des programmes sportifs) collaborent avec Google et plusieurs sociétés spécialisées comme Trident Media Guard ou LeakID.

Objectif : obtenir le retrait des liens vers des plateformes vidéos qui contre-façonnent leurs programmes. Un jeu du chat et de la souris qui pâtit encore d'un retard juridique. « Nous faisons appel à des spécialistes qui identifient les sites illégaux et demandent leur déréférencement ou leur suppression par les hébergeurs avec un recours auprès d'un juge. Mais 41 % des retraits obtenus interviennent 1h30 à 2 heures après le match », regrette cette membre fondatrice de l'APPS. Elle préconise elle une évolution juridique et technique comme le blocage des sites directement par les Fournisseurs d'Accès à Internet (FAI).

La facture, en tout cas, est lourde : le piratage coûterait 400 millions d'euros par an pour tout le sport diffusé en France, selon les évaluations de BeIN Sports.

Alternatives Légales et Fiables

Face aux risques liés à Roja Directa et aux décisions judiciaires, plusieurs solutions légales et fiables se démocratisent pour le streaming football. Par ailleurs, des sites spécialisés permettent également de consulter facilement les scores en direct, les programmes TV, et parfois des retransmissions gratuites d’événements moins médiatisés.

En France, les propriétaires des droits de diffusion TV ont obtenu une victoire qui devrait faire jurisprudence. Pour la première fois, ils ont réussi à faire fermer en décembre 2017 un site qui donnait un accès gratuit à plus de 170 chaînes, Artv.watch. L'adolescent girondin derrière le site, interpellé après un signalement par l'ALPA, en tirait 3000 euros de revenus publicitaires grâce à ses 150 000 visiteurs mensuels.

Situation Actuelle de Roja Directa

La nouvelle adresse de rojadirecta est inaccessible dans de nombreux pays en 2026. Match aujourd'hui (C1) : En alternative à Rojadirecta (actuellement bloqué), il est possible de regarder PSG vs Newcastle sur une chaîne étrangère. Le site Rojadirecta était autrefois régulièrement bloqué par les fournisseurs d'accès internet et changeait d'adresse web pour maintenir son activité. Il semble désormais conserver sa même adresse, bien qu'elle soit bloquée dans de nombreux pays.

En fonction de votre pays, l'accès à Rojadirecta peut-être bloqué. Le site reste toujours accessible depuis la Suisse, d'où l'intérêt pour certains utilisateurs nostalgiques, de s'y localiser avec un VPN. Dans la plupart des pays du monde, le site Rojadirecta est désormais inaccessible, car il a été bloqué par les FAIs locaux. On constate qu'il est toujours possible d'accéder à Rojadirecta, notamment depuis la Suisse, grâce au VPN.

Avertissement et Recommandations

Il est important de préciser que Rojadirecta et ses alternatives constituent des services qui enfreignent les droits d'auteur. Dans de nombreux pays, dont la France, faciliter l'accès à des contenus sportifs sans l'autorisation des détenteurs des droits est considéré comme illégal. Afin de rester dans la légalité, nous vous recommandons plutôt de vous orienter vers des alternatives à Rojadirecta qui sont des services de streaming officiels permettant de regarder du sport légalement.

Finalement, nous ne pouvons pas avoir d'avis positif sur Rojadirecta qui ne respecte pas les droits TV sur les événements diffusés. D'autant plus que le site comporte beaucoup de publicités.

La Position de l'Espagne Face au Piratage Sportif

En Espagne, si tu veux regarder du sport en direct, tu dois payer beaucoup d'argent. Si tu veux suivre les principales compétitions de football, la Liga et les compétitions de l'UEFA comme Champions League, Europa League ou Conference League, la somme mensuelle peut facilement atteindre plus de 100 euros si tu veux les compétitions complètes.

Il n'est pas étonnant que le piratage ait explosé, malgré les multiples tentatives des ayants droit et des compétitions qui vendent ces droits pour y mettre fin. Et aujourd'hui, il a été annoncé une pénalité record pour la distribution en ligne d'événements sportifs piratés : 31,6 millions d'euros.

Un tribunal de A Coruña, en Espagne, a condamné Roja Directa à payer à l'entreprise de médias Mediapro, en réparation des dommages subis. Cette somme record de 31,6 millions provient du calcul du montant que Puerto 80 aurait dû payer à Mediapro pour les droits médias de la saison 2014/15 de LaLiga.

Bien que le site Roja Directa proposait des liens pour regarder les matchs en direct gratuitement, Puerto 80 a gagné des millions pour la publicité, et a prélevé des commissions pour détourner le trafic vers les sites des maisons de paris sportifs. Le site Web a été fermé en Espagne, mais il est toujours en activité à l'étranger.

Javier Tebas, président de LaLiga, a célébré la nouvelle en déclarant : "D'autres vont tomber, et ce seront de gros poissons".

tags: #roja #football #espagne