La Rivalité PSG Paris FC : Une Histoire Parisienne

Durant une brève période, le Paris FC et le Paris Saint-Germain ont fait histoire commune. Ils seront sans doute bientôt adversaires en Ligue 1, après l'annonce du rachat du PFC par la famille Arnault. Deux grands clubs vont peut-être bientôt coexister dans la capitale, grâce au rachat annoncé du Paris FC par la famille Arnault et le groupe Red Bull. En cas de montée et de montée en puissance significative des investissements, le pensionnaire du Stade Charléty pourrait bien faire de l'ombre au Paris Saint-Germain. Un joli pied de nez à l'histoire du football parisien. Car à une époque, le PFC et le PSG ne faisaient qu'un.

C’est le derby entre le Paris Saint-Germain et le Paris FC. À ma connaissance c’est le derby avec les deux stades les plus proches au monde. Faut dire que c’est compliqué de faire plus proche que le Parc des Princes et Jean Bouin : une rue, un trottoir d’écart entre les deux stades. La boutique du PSG est dans l’architecture de Jean Bouin. C’est finalement assez représentatif de la proximité entre le Paris FC et le Paris Saint-Germain.

La proximité entre les deux clubs saute pourtant aux yeux, car les deux stades, le Parc des Princes du Paris SG et le stade Jean-Bouin du Paris FC sont séparés par une rue, qui en fait le derby le plus rapproché du monde géographiquement.

Cette saison, Paris va vibrer au rythme d’un derby unique au monde : PSG-Paris FC. Les hommes s’affronteront les 4 et 12 janvier, ainsi que le 16 mai ; les femmes, le 20 décembre et le 7 février.

PSG-PFC : frères jumeaux ou frères ennemis ?

Les Origines Communes

Deux dates de création existent officiellement pour le Paris FC: 1969 et 1972. Dans un premier temps, sous l'impulsion de la FFF, le club est fondé pour combler le vide laissé à Paris par la chute du Racing Club de France (futur Matra Racing). Mais en réalité, rien ne se passe la première année.

En revanche, en 1970, des personnalités plusieurs personnalités répondent à l'appel de Pierre Bellemare sur Europe 1 pour porter ce projet de club de football parisien. Afin de démarrer au plus haut niveau possible, la fusion avec le Stade Sangermanois s'impose. C'est le début du Paris Saint-Germain, au Parc des Princes.

Nous sommes en janvier 1969 et la Fédération française veut à tout prix voir naître un nouveau grand club de foot à Paris, après tant de rendez-vous ratés et de projets engloutis (Racing Club de France, Red Star, Stade Français, CA Paris), pour qu'il joue dans le tout nouveau Parc des Princes. Les recherches et les tractations vont durer quasiment dix-huit mois mais en juin 1970, ça y est, la FFF a trouvé le club capable de s'associer au Paris FC et d'obtenir ainsi le statut professionnel. Il s'agit du Stade saint-germanois, installé à Saint-Germain-en-Laye et qui s'apprête à monter en D2.

Les deux clubs ont intérêt à s'entendre et vont fusionner sous l'appellation « Paris Saint-Germain Football Club ». Le PFC et le PSG ne font qu'un ; c'était il y a cinquante-cinq ans. Un gros apport financier du côté Paris FC par les socios permet de faire signer des noms comme Jean Djorkaeff (capitaine de l’équipe de France). La structure du Stade Saint-Germain offre au Paris SG la possibilité de disputer la Division 2 en 1970/71.

Le Stade Jean-Bouin et le Parc des Princes sont séparés par une simple rue.

La Scission de 1972

Mais un conflit éclate rapidement avec la mairie de Paris, qui n'accepte pas que son club phare, déjà en première division, ne soit pas complètement installé intra-muros. "Ils ne voulaient plus du mot Saint-Germain", souligne Daniel Riolo dans l'After Foot sur RMC.

La discorde provoque une scission en 1972: le Paris Saint-Germain continue d'exister, mais un Paris FC est créé dans une nouvelle entité. "Il y a eu un vote. Le Paris FC est parti à Porte de Montreuil avec la caisse, l'argent et les joueurs professionnels, dont Jean Djorkaeff. Les amateurs sont repartis à Saint-Germain-en-Laye", raconte Daniel Riolo, auteur du livre L'histoire du Paris Saint-Germain. C'est ainsi qu'au début de son histoire, le Paris FC joue en D1 au Parc des Princes.

Pendant deux ans, chacun a eu besoin de l'autre, mais en 1972, ils se sont séparés. Le PFC a gardé les joueurs, le statut pro et le Parc des Princes pendant que le PSG repartait jouer à Saint-Germain-en-Laye, avec ses amateurs et en D3. C'est la dernière fois que le PFC a eu l'ascendant. Deux ans plus tard, en 1974, la roue avait définitivement tourné : le PSG retrouvait la D1 et le PFC était relégué en D2.

"Ce qui s'est pasé, c'est que le PFC a coulé lors que Daniel Hechter a été reprendre le PSG, qui a eu le droit de garder le nom de Paris, ce qui était essentiel pour Hechter. L'année où le PSG remonte en Ligue 1, le PFC descend et on ne les a plus jamais revu.

L'Absence de Rivalité Historique

Depuis, chacun a fait sa vie, sans jamais vraiment prendre le temps de regarder l'autre. Ils ont toujours été trop éloignés, trop différents pour se frotter. Ils auraient pu se détester, ils auraient dû même, mais encore aurait-il fallu habiter au même étage.

« Il n'y a jamais eu de rivalité entre le PSG et le PFC, explique Nicolas Kssis-Martov, journaliste spécialisé dans l'histoire des clubs parisiens. Que ce soit dans l'identité, dans la rivalité des supporters, dans les trajectoires sportives. Le PSG s'est trop vite échappé comme le grand club parisien, quand le PFC n'a existé que dans la question du second club à Paris. »

Les deux clubs n'ont cohabité qu'une fois dans l'élite, lors de la saison 1978-1979. Jean-Noël Huck avait quitté Nice pour être de l'aventure avec le PFC, promu en D1. « C'était un jeune club, tout nouveau, et j'y ai cru alors que j'avais d'autres propositions, se souvient l'ancien international français (17 sélections). Le président m'avait promis un beau recrutement et on jouait au Parc des Princes. Mais bon, on est descendus tout de suite. J'ai été déçu, le recrutement n'avait jamais suivi et c'était de l'amateurisme total. On nous appelait le matin pour nous dire sur quel stade on allait s'entraîner, ça changeait tout le temps. »

Et la rivalité avec le Paris-SG, cette saison-là ? « Absolument aucune, répond Huck. Ce n'était pas le PSG d'aujourd'hui, mais il y avait malgré tout un monde d'écart. On essayait de créer un club de D1 pendant que le PSG jouait avec Dominique Baratelli, Dominique Bathenay, Mustapha Dahleb et Carlos Bianchi... »

Et bientôt avec Huck lui-même, qui, une fois le PFC tombé en D2, allait passer au PSG. « En fait, cette saison au PFC a été un mal pour un bien, se souvient Huck. Sous prétexte que les deux clubs étaient sous l'égide de la ville de Paris, le PSG a eu le droit de prendre deux joueurs au PFC, de se servir en somme. Le président (Francis) Borelli m'adorait depuis des années et à chaque fois qu'il me croisait il me disait qu'il fallait que je vienne au PSG. Et c'est comme ça que Jean-François Beltramini et moi, on est passés du PFC au PSG quand le club est descendu. » Sans indemnité de transfert, assure l'ancien joueur.

SaisonCompétitionMatchScore
1978-1979Division 1PSG-PFC2-2
1978-1979Division 1PFC-PSG1-1

Un Nouveau Chapitre ?

Quarante-six ans plus tard, les deux clubs vont à nouveau cohabiter parmi l'élite. Sans passif et sans animosité. Ambitieux promu contre champion d'Europe: malgré les moyens de la famille Arnault investis dans le PFC, la rivalité sportive avec le PSG est aujourd'hui quasiment inexistante, avant le derby de Paris dimanche (20h45) pour la 17e journée de Ligue 1.

C'est le premier match depuis la saison 1978-1979 entre les deux équipes mais, contrairement à un AC Milan-Inter en Lombardie ou un Arsenal-Tottenham du nord de Londres, cette rencontre est loin d'enflammer la capitale, qui s'électrise bien plus à l'heure du "classique" entre l'OM et le PSG.

Dimanche, mille supporters du PFC feront le "petit" déplacement vers le secteur visiteur du Parc pour assister à ce premier duel de la saison, jugé sans risque par les autorités, avant le 16e de finale de Coupe de France le 12 janvier et de nouveau un match de Ligue 1 le 16 mai à Jean-Bouin.

Au PSG, cette rencontre est "abordée avec un côté symbolique (...) ce n'est pas un derby comme les autres, c'est une belle manière de faire la promo du foot français et c'est une belle valorisation du foot parisien et francilien", explique diplomatiquement une source proche du club. Avant, "c'était une anomalie pour une ville comme Paris, mais au PSG on trouve cela très sain d'avoir ce derby en L1", poursuit cette source, pour qui la rivalité "est positive" mais pas encore "sportive".

"Ils sont sur une autre planète pour l'instant", convenait d'ailleurs à l'AFP le président du PFC Pierre Ferracci en début de saison, en rappelant que le PSG a "gagné la Ligue des champions" et possède "un des deux ou trois plus gros budgets du monde".

"Il y a de la place pour tout le monde à Paris, nous avons un énorme bassin de population. A côté du PSG, qui a son public depuis longtemps et qui est installé à la tête du football européen maintenant, on n'a pas trop de soucis pour créer l'alternative, un projet un peu différent", expliquait M. Ferracci le 8 décembre en présentant les travaux d'agrandissement du centre d'entraînement d'Orly.

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