Le monde du football français a été témoin d'une volte-face spectaculaire lorsque le groupe Pernod Ricard a annoncé l'abandon de son partenariat avec le Paris Saint-Germain (PSG). Cette décision intervient après une vague de protestations virulentes de la part des supporters de l'Olympique de Marseille (OM), qui ont perçu cette collaboration comme une trahison envers l'identité marseillaise de la marque Ricard.

La genèse d'un partenariat controversé
Lundi dernier, le Paris Saint-Germain annonçait la signature d'un contrat de collaboration jusqu'en 2028 avec le groupe de spiritueux Pernod Ricard. Le club de la capitale a dévoilé un partenariat avec Pernod Ricard, précisant que ce nouveau partenariat mondial était le premier du genre pour Pernod Ricard, qui mettra en valeur l’intégralité du catalogue de marque premium du Groupe. Pernod Ricard devient désormais un partenaire officiel mondial et sera le seul fournisseur de champagne et de spiritueux du club, avec des droits de visibilité et de communication dédiés ainsi que des expériences sur mesure.
Cet accord, qui devait courir jusqu'en 2028, faisait de Pernod Ricard le fournisseur exclusif de champagne et de spiritueux du club parisien. Le partenariat concernait également le handball, faisant de Pernod Ricard le fournisseur officiel de vins et de spiritueux du programme d’hospitalité du Paris Saint-Germain depuis plus de dix ans.
Une stratégie qui visait aussi à valoriser à l’international les très nombreuses marques possédées par le groupe. Ce contrat devait faire de Pernod Ricard un partenaire à l’échelle mondiale du PSG, en devenant son seul fournisseur de champagne et spiritueux, « avec des droits de visibilité et de communication dédiés ainsi que des expériences sur mesure ».
Cependant, cette annonce a immédiatement suscité l'indignation des supporters marseillais, qui ont lancé un appel au boycott de la marque sur les réseaux sociaux.
La réaction explosive des supporters marseillais
À Marseille, cette nouvelle a fait l'effet d'un tremblement de terre car Paul Ricard, créateur de la marque en 1932, est un Marseillais pur souche mais également parce que le siège se trouve dans la ville des Bouches-du-Rhône. Très vite, de nombreux supporters phocéens ont mal accueilli la nouvelle et un boycott de la marque a été demandé sur les réseaux sociaux. Sur les réseaux sociaux, le hashtag #boycottPernodRicard est devenu plus que viral.
Des supporters ont appelé au boycott de la marque via le hashtag #boycottPernodRicard qui s'est rapidement répandu sur les réseaux sociaux, certains dénonçant une trahison. Certains gérants de bar de la Canebière sont allés jusqu’à cacher le nom Ricard sur les célèbres carafes jaunes avec du ruban adhésif noir, d’autres promettaient d’écouler leurs stocks de bouteilles et d’arrêter de vendre la boisson dès la semaine prochaine.
Même le maire de Marseille, Benoît Payan, a exprimé son mécontentement, soulignant son incompréhension face à cette décision. Lorraine Ricard petite-fille de Paul Ricard créateur du pastis et de la marque Ricard avait elle-même critiqué cet accord : «quand le business trahit ses racines, il abîme son histoire et prend des risques sur son futur.»
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La marche arrière de Pernod Ricard
Face à cette levée de boucliers, Alexandre Ricard, PDG du groupe Pernod Ricard, a finalement annoncé le renoncement à ce partenariat. « Cela fait plus de 90 ans que l’histoire de Ricard se confond avec Marseille qui l’a vu naître, grandir et l’inspirer. Et ce lien est plus fort que tout. C’est donc une décision qui vient du cœur que je prends aujourd’hui », a-t-il expliqué.
Il a également justifié ce renoncement par l’héritage familial de la marque. « J’ai pris cette décision pour le Groupe et en entendant ceux qui en font le succès, dont nos collaborateurs en France, nos clients et nos actionnaires, au premier rang desquels ma famille », a-t-il déclaré.
Dans un communiqué, Alexandre Ricard indique avoir pris sa décision "en entendant ceux qui en font le succès, dont nos collaborateurs en France, nos clients et nos actionnaires".
Contraint de réagir au lendemain de cette annonce, le groupe avait expliqué à France Bleu Provence qu’il s’agissait d’« une incompréhension » et disait « regretter l’emballement ».

Appels au boycott de Ricard sur les réseaux sociaux
Les enjeux financiers et de communication
La rupture de l’accord entre Pernod Ricard et le PSG est loin d’être une tempête dans un verre d’eau anisée car les enjeux financiers et de communication étaient importants. L’accord, dont le montant financier reste secret, aurait permis à Pernod Ricard de promouvoir certaines de ses 240 marques à l’étranger : le whisky Chivas, le Malibu ou le champagne Mumm, notamment. Moins de communication et de publicité à l’international, donc, et un impact négatif également en France, qui reste le port d’attache du groupe.
L’entreprise française est aujourd’hui numéro deux mondial des spiritueux avec un chiffre d’affaires de 12 milliards d’euros.
Pourtant, ce match à forts enjeux a déjà démarré de manière inédite. Dans un communiqué publié lundi, le club de la capitale a fait savoir qu'il s'associait avec la marque Pernod Ricard... une boisson incontournable de la cité phocéenne. Cet accord va tenir jusqu'en 2028 et l'entité sera associée aux équipes masculines et féminines du Paris Saint-Germain (football et handball).
Un dénouement rapide
Il aura fallu seulement quatre jours pour que l’accord vole en éclats. La pression des supporters de l’OM l’a emporté. Impossible d’imaginer un groupe historique fondé en 1932 par Paul Ricard, icône marseillaise, soutenir les grands rivaux du Paris Saint-Germain.
Une victoire de l’Olympique de Marseille sur le Paris Saint-Germain qui lance déjà le Classique prévu le 27 octobre prochain du côté du Stade Orange-Vélodrome.