Les Retombées Économiques de la Coupe du Monde de Football

La Coupe du Monde de Football est bien plus qu'un simple événement sportif; elle représente un catalyseur économique majeur pour les pays hôtes et l'économie mondiale. Des investissements massifs dans les infrastructures aux retombées touristiques, en passant par l'impact sur la consommation et l'emploi, les Coupes du Monde génèrent des effets économiques significatifs, bien que parfois nuancés.

Les Investissements Massifs des Pays Hôtes

Depuis la première Coupe du Monde en Uruguay en 1930, où la FIFA n'avait pas les moyens de fournir des ballons, la situation a radicalement changé. Vingt ans plus tard, la FIFA a compris que l'argent allait couler à flots sur le football. Dans l'espoir de retombées économiques appréciables, les pays hôtes se mettent à investir des sommes considérables dans leurs infrastructures. Ces investissements peuvent être décomposés en trois catégories principales :

  • Organisation de l'événement: Gérée par un comité d'organisation.
  • Infrastructures sportives: Construction et rénovation des stades. Par exemple, le Stade de France a coûté 364 millions d'euros, et la rénovation du stade Maracana au Brésil a atteint 431 millions de dollars.
  • Infrastructures non sportives: Développement des infrastructures générales telles que les voies ferrées et les autoroutes.

Les dépenses de troisième catégorie ont explosé, à la fois pour compenser le retard dans les infrastructures et pour améliorer l'image du pays sur la scène internationale. Alors que le mondial en France n'avait coûté au total "que" 600 millions d'euros, celui qui s'est déroulé en Afrique du Sud a coûté beaucoup plus.

L'Impact sur le Tourisme et la Consommation

L'Afrique du Sud espérait accueillir 480 000 touristes lors de la Coupe du Monde, mais n'en a accueilli que 309 000. Ils ont dépensé environ 400 millions de dollars, alors que le gouvernement espérait 1,2 milliard de dollars. Pendant la période de la Coupe du Monde 2026, le Mexique attend 5,5 millions de touristes supplémentaires, ce qui représente une augmentation prévue de 44 % du nombre de visiteurs par rapport aux mois de juin et juillet 2025, selon la FMF.

La France remportant la finale de 1998 au Stade de France, pays organisateur de l’événement, avait enregistré une croissance de 6 % en rythme annuel durant les trois mois après sa victoire. Sur le court terme, « l’affluence de centaines de milliers de spectateurs entraîne un boom de la consommation avec, pour corollaire, une amélioration temporaire de l’emploi et des nouvelles rentrées de fiscalité indirecte affirme » Paul Dietschy.

Certains secteurs d’activité tirent toujours profit de l’effet Coupe du monde. Les soirs de match, certains bars et brasseries en France voient leur chiffre d’affaires augmenter de 30 % en moyenne. Ce pourcentage varie naturellement en fonction de la ville, de la localisation et de la superficie de l’établissement. Les plateformes de livraison marchent également à plein régime, surtout lorsque la météo devient moins clémente. Les équipementiers sportifs comme les fabricants d’écrans de télévision réalisent des ventes records. Les fabricants de produits dérivés (drapeaux français, tee-shirts) voient leurs ventes augmenter. Ces activités ne rencontrent une telle croissance que durant l’événement sportif.

Le Cas Spécifique du Qatar

Le site d'intelligence économique Meed explique que 20 projets-phare vont bénéficier de cette manne de 200 milliards: la construction des stades, bien sûr, mais aussi des projets de construction (45 milliards de dollars rien que pour le projet de la ville nouvelle de Lusail City), et de transport (le projet Qatar Integrated Rail va coûter 35 milliards de dollars). Il va investir 200 milliards de dollars à l'occasion de la Coupe du monde, à la fois pour développer ses infrastructures et pour se transformer, à l'instar de Dubai, en paradis du tourisme quand la manne du pétrole aura disparu. Il serait d'ailleurs pertinent que ces investissements finissent par bénéficier aux Qataris, puisque la somme atteint aussi un record en terme d'investissements par habitant (100.000 euros par habitant, contre... 10 euros en France).

L'Impact sur la Croissance Économique

La victoire d’un pays à la Coupe du monde compte beaucoup pour sa population. Mais a-t-elle un impact sur la croissance ? Les économistes parlent de confiance des ménages comme facteur à la fois de consommation et de productivité. Avec les Coupes du monde de football de 1970 à 2002, par exemple, les pays vainqueurs ont obtenu une augmentation de la croissance de 0,7 % par rapport aux années précédant la finale. Un faible pourcentage à nuancer face aux moments de bonheur apportés aux populations des pays vainqueurs. La satisfaction des ménages et la confiance des chefs d’entreprise reprennent des couleurs après un événement sportif tel qu’une Coupe du monde ou durant les Jeux olympiques.

Selon les analyses qui ont été réalisées depuis cinquante ans, la croissance économique des pays champions du monde est sensiblement meilleure que celle des pays finalistes perdants. De plus, les équipes perdantes des finales de la Coupe du monde ont généralement subi une baisse de la croissance, parfois jusqu’à 0,3 % par rapport au taux de l’année précédente !

La victoire de l’Argentine au Qatar pourrait ajouter 0,1 % à son PIB grâce à l’augmentation de la consommation intérieure. Néanmoins, l’économie argentine pourrait profiter de la victoire pour améliorer son image et faire venir davantage de touristes en 2023.

Selon OE, cette compétition pourrait contribuer à une augmentation du produit intérieur brut (PIB) de 40,9 milliards de dollars, à des retombées sociales de 8,28 milliards de dollars et à la création de près de 824 000 emplois en équivalent temps plein (ETP) à l’échelle mondiale. OE estime que 185 000 ETP pourraient être créés rien qu’aux États-Unis, avec une production brute de 30,5 milliards de dollars et un PIB de 17,2 milliards de dollars.

La transformation du Canada pour la Coupe du Monde de la FIFA 2026 est INCROYABLE

La Coupe du Monde 2026 au Canada

La Coupe du monde de soccer masculin de 2026 injectera jusqu'à 3,8 milliards de dollars dans l'économie du Canada, qui en sera le coorganisateur, a-t-on appris par l'entremise d'une évaluation de l'impact économique de la FIFA. Ce montant se divise en produit intérieur brut (PIB) canadien, en revenus du travail et en revenus du gouvernement, le PIB (2 G$) et les revenus du travail (1,3 G$) représentant l'essentiel de cette somme. Cette évaluation prévoit aussi la création et le maintien de 24 100 emplois entre juin 2023 et août 2026.

Selon l'évaluation, pour chaque dollar canadien dépensé pour les préparatifs du tournoi ou par les visiteurs assistant à la compétition, on estime que l'événement contribuera au PIB à hauteur de 1,09 $. Cela équivaut en moyenne à 155 millions de dollars de PIB, notamment avec la création ou le maintien de 1850 emplois à l'échelle nationale, pour chacun des 13 matchs qui se dérouleront au Canada.

Structure des Revenus du Football Professionnel

Le football se transforme en business dès le milieu des années 1880 au Royaume-Uni. Les solides recettes enregistrées aux guichets permettent de financer l'adoption du professionnalisme et la construction de stades. Les recettes guichets restent l'élément essentiel du budget des clubs jusqu'aux années 1990. Elles sont progressivement supplantées par les droits de retransmission télévisuelle.

Les produits dérivés, des programmes de matches aux gadgets aux couleurs des clubs, apparaissent également dès la fin du XIXe siècle outre-Manche. Le merchandising représente une source importante de revenus pour certains clubs, tandis que d'autres, français notamment, négligent ce marché.

Salaires des Joueurs et Entraîneurs

Les salaires des footballeurs restent longtemps médiocres. Certains clubs comme le Real Madrid ou les clubs anglais proposent toutefois de meilleures conditions salariales dans les années 1950-1960, mais il faut attendre la mise en place du contrat à temps dans les années 1970 pour voir les salaires des footballeurs augmenter de manière significative.

Selon le site Internet portugais Futebol Finance, Luiz Felipe Scolari (FC Bunyodkor) était l'entraineur de club le mieux payé au monde en 2009-2010, avec 16,6 millions d’euros annuels, devant José Mourinho (Inter Milan, 11,3 millions), Alex Ferguson (Manchester United, 7,6 millions) et Carlo Ancelotti (Chelsea, 6 millions plus une prime d’1,1 million en cas de doublé championnat-Ligue des champions).

Les Transferts

Les transferts ont toujours existé dans le football et ils donnent rapidement lieu à une certaine surenchère. Le Britannique Alf Common est le premier joueur transféré pour 1 000 £ (1905). La marque des 5 000 £ est atteinte en 1922 avec Syd Puddefoot, 10 000 £ en 1928 pour David Jack, 20 000 £ en 1947 pour Tommy Lawton, 100 000 £ en 1961 pour Denis Law, 500 000 £ en 1979 pour David Mills, 1 000 000 £ pour Trevor Francis en 1979 également.

Naming de Stade

Les clubs ou collectivités propriétaires des stades ne pouvant pas faire face à certains travaux louent le nom du stade à un sponsor. Cette forme de publicité existe déjà en France avant la Première Guerre mondiale avec le Stade du Matin, futur stade olympique de Colombes, qui porte le nom du journal quotidien parisien Le Matin de 1907 à 1919.

En 1996, cette pratique est réintroduite par les Américains, et elle touche l'Europe à partir de 1997 avec le nouveau stade des Bolton Wanderers baptisé Reebok Stadium.

Tableau Récapitulatif des Impacts Économiques Estimés (Coupe du Monde des Clubs de la FIFA 2025)

Indicateur Valeur Estimée
Contribution au PIB mondial 21,1 milliards de dollars
Contribution au PIB aux États-Unis 9,6 milliards de dollars
Production brute aux États-Unis 17,1 milliards de dollars
Retombées sociales aux États-Unis 3,36 milliards de dollars
Emplois créés aux États-Unis Environ 105 000
Nombre de spectateurs attendus 3,7 millions

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