Le Rêve Brisé : Analyse de l'Élimination du PSG en Demi-Finale de la Ligue des Champions

Le rêve s’est évanoui, à moins qu’il n’ait jamais existé. Déjà battu à l'aller (0-1), le PSG s'est à nouveau incliné ce mardi au Parc des Princes en demi-finales retour face au Borussia Dortmund (0-1). Il ne disputera pas sa deuxième finale en C1. Le rêve d'un quadruplé historique s'est envolé ce mardi pour le PSG. Battu par Dortmund en demi-finales retour sur le même score qu'à l'aller (0-1), le club parisien devra attendre encore au moins un an pour espérer remporter la Ligue des champions.

Pas assez tranchant, le PSG est ressorti de cette double confrontation avec ce constat d’échec, symbolisé par une statistique : 180 minutes sans but. Compte tenu des équilibres en vigueur, des budgets et de la masse salariale de chaque côté, le terme de fiasco n’est pas trop méchant pour caractériser cette élimination, ce mardi 7 mai au soir au Parc des Princes (0-1), même si le football convoque d’autres arguments, heureusement encore aujourd’hui, que les sommes dépensées. La faillite, nous voilà !

Dans un Parc des Princes incandescent à l'échauffement mais rapidement éteint par le jeu peu emballant, les joueurs de la capitale sont clairement passés à côté de l'événement. Ils ne disputeront pas leur deuxième finale après celle perdue en 2020 (0-1 face au Bayern Munich). Comme en 1995 et en 2021 (face à l'AC Milan et contre Manchester City), c'est aux portes de la finale que la route s'est arrêtée pour eux.

Pourtant, toutes les conditions de l'exploit étaient réunies. Un seul but de retard à rattraper pour une équipe qui n'était restée muette qu'à deux reprises lors de ses 38 dernières réceptions en C1 (93 buts inscrits), cela n'avait rien d'insurmontable. La fraîcheur et la confiance parisiennes auraient dû faire la différence contre un adversaire largué en Bundesliga (5e). Mais rien ne s'est passé comme prévu, à différents niveaux les cadres ont déçu, ce qui a été fatal aux partenaires de Kylian Mbappé, le premier concerné par cet échec.

Quasiment jamais dangereux en première période, à l'exception d'un sauvetage de Mats Hummels devant Mbappé (30e) et d'une frappe détournée de Fabian Ruiz (45e), les champions de France ont légèrement haussé le ton après la pause. Mais pas assez pour espérer à ce niveau renverser une situation bien mal embarquée. Car après une reprise sur le poteau de Warren Zaïre-Emery (47e), c'est Dortmund qui a ouvert le score sur corner par Hummels (50e), dans un remake du but de Christensen avec le Barça en quarts aller (2-3).

Gianluigi Donnarumma d'abord décisif devant Karim Adeyemi (35e), mais toujours aussi fragile dans ses 6 mètres, le PSG ne pouvait pas y arriver ainsi. D'autant qu'il a joué de malchance dans le final avec trois nouveaux montants touchés par Nuno Mendes (61e), Mbappé (87e) et Vitinha (88e), pour un total de quatorze cette saison. Luis Enrique était pourtant persuadé que son équipe serait au rendez-vous. La rigueur et la réussite allemandes en avaient décidé autrement.

Ce retour aura étiré tout le match aller, les frissons des deux poteaux et deux barres y compris. Avant, Ousmane Dembélé s’est gâché par imprécision, Gonçalo Ramos s’est battu tout en fixant la charnière centrale et Kylian Mbappé a très peu créé dans son couloir gauche, même s’il est à l’origine de l’action la plus chaude de la première période avec un décalage pour Warren Zaïre-Emery. C’est à peu près tout, en première période, et comme en Allemagne, le PSG n’a pas disputé une rencontre de Ligue des champions, ou seulement par intermittence. De quoi rager.

Dans l’intensité, il a pêché malgré un surplus d’agressivité notable comme si son pouls avait gagné une dizaine de battements en une semaine. Faible. Les centres sont arrivés mais jamais où il fallait et la manière de défendre du BVB aura constitué le ballet le plus intéressant. Les frappes cadrées se sont multipliées sans que Gregor Kobel n’ait à renseigner sur son envergure et ses réflexes. Des tirs pour rien, des passes molles, des renversements trop lents auront rythmé la vie d’un Paris anémié, une nouvelle fois en dessous des codes de la C1.

S’il faut aller chercher une finale de Coupe d’Europe des clubs champions avec les dents, il avait celles d’un enfant qui fait à peine ses nuits. Après la pause, ce Paris-là se réveillera, avec des temps forts plus nombreux, quatre montants, des changements impactants comme l’entrée de Bradley Barcola mais sur l’ensemble d’une semaine, il aura été trop économe de son talent pour aviver de vrais regrets.

L’échec de cette demi-finale raconte que le PSG n’avait plus de ressort mental après sa qualification contre Barcelone. Elle aurait dû les booster, elle les a enterrés. Alignement des planètes, tirage au sort abordable, le club de la capitale s’est laissé endormir et n’a pas pu changer cette suffisance avec laquelle il s’est présenté lors des deux manches. Il n’est jamais entré dans cette demi-finale et Dortmund n’a pas eu à puiser beaucoup au fond de lui-même pour atteindre sa première finale depuis 2013 et tenter de remporter sa deuxième après 1997.

La réussite aura également fui Paris, avec six poteaux en deux rencontres, douze sur la saison, ce qui évidemment n’aurait pas été la même histoire même s’il s’agit de celle, éternelle, du foot.

À l'image de Zaïre-Emery, les Parisiens ont manqué de chance et de précision. Ce coup d’arrêt émane aussi d’une ligne d’attaque introuvable sur l’ensemble de la demi-finale, avec en symbole un Kylian Mbappé muet, simple agitateur au retour avec des centres rasants devant le but pour quelques sueurs froides allemandes. Sa dimension augmente les attentes et il n’a pas été au rendez-vous, comme Luis Enrique qui fait entrer Randal Kolo Muani à l’aller et titularise Gonçalo Ramos au retour alors que le Portugais n’avait démarré qu’une seule partie de Ligue des champions cette saison, en poules, à Newcastle.

Le coach asturien a reconduit l’attaque qui avait broyé Lorient le 24 avril (1-4) mais il est possible que les Allemands aient globalement une meilleure équipe que les Merlus. Ils sont en finale de la Ligue des champions. Paris, lui, retentera sa chance l’année prochaine.

Mbappé : L'Œuvre Inachevée

Il ne soulèvera jamais la Coupe aux grandes oreilles avec le PSG. Kylian Mbappé ne sera pas allé au bout de sa quête, la faute à un Borussia Dortmund intraitable, qui a parfaitement défendu sur lui lors des deux rencontres, mais aussi et surtout à lui, qui a presque tout fait à l'envers en 180 minutes. Il aurait pu rallumer la flamme en égalisant dans les dernières minutes, mais sa déviation a heurté la transversale (87e). Il aurait pu aussi bénéficier d'un penalty dans un contact limite avec Nico Schlotterbeck (90e+1), Mais un tel joueur ne doit pas attendre aussi longtemps avant de faire des différences. Avec 18 ballons perdus, il a trop manqué de justesse. Aligné sur le côté gauche, pourtant sa zone préférée, le capitaine des Bleus a déjoué. Sa trace à Paris restera à jamais ternie.

Tableau Récapitulatif des Occasions Manquées du PSG

Match Poteaux/Barres Touchés Total de la Saison
Aller (Dortmund) 3 12
Retour (Paris) 3
Total Demi-Finale 6

Réaction de Terzic

Terzic : « Une extrême fierté ».

DORTMUND VS PSG - ANALYSE DES BUTS DU BORUSSIA - ANALYSE TACTIQUE

Le Parc des Princes ne verra pas Wembley

Le PSG ne verra pas Wembley le 1er juin prochain. Pourtant dominateur face au Borussia Dortmund, le club de la capitale s'est fait surprendre peu après le retour des vestiaires par une tête de Mats Hummels sur un corner de Julian Brandt. Le club allemand retrouve donc la finale de la Ligue des champions, onze après avoir échoué face au Bayern Munich, déjà à Londres.

Le Borussia Dortmund s'est qualifié pour la troisième finale de C1 de son histoire après les saisons 1996-1997 et 2012-2013, cette dernière s'étant également déroulée à Wembley. Il avait gagné la première.

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