Ce week-end en Marmara SpikeLigue, on réunit les extrêmes. Chez les garçons, Tours file en Corse pour rendre visite à Ajaccio, tandis que Mulhouse reçoit France Avenir. En Ligue B Masculine, en revanche, les deux premiers se retrouvent sur les bords de l’Atlantique, puisque Royan accueille Martigues.
Rien n’est simple pour Ajaccio depuis le début de la saison. Et la venue en Corse du champion sortant, le TVB, ne s’apparente guère à un rayon de soleil. Dernier de MSL, le Gazélec défie le premier de la classe, avec, sur le papier, un grand écart à combler. Tours devra donc rester vigilant.
Si Tourcoing veut rester sur la piste, il n’a pas d’autre choix non plus que de dompter le Paris Volley. Un niveau avec lequel Nice et Narbonne flirte au plus près, en revanche, avant une confrontation directe importante sur la Côte d’Azur ce vendredi soir.
Chaumont n’en est pas encore tout à fait là, mais le succès à Sète le week-end passé a mis un peu de baume sur cette délicate saison. Reste à confirmer à Palestra, où le CVB 52, a souvent vacillé depuis le début de l’exercice.
Avec un petit point pris seulement lors de ses quatre derniers matches en MSL, Sète est en appel d’un rebond, avant de recevoir des Spacer’s qui le talonnent dangereusement au classement désormais. Il faudra donc des jeunes femmes sacrément fortes chez France Avenir, pour faire tomber Mulhouse.
Sorti de la CEV Cup par Chieri mercredi soir, Vandoeuvre Nancy doit aussi se relever rapidement. Mais Chamalières chasse la qualification directe en Play-Offs et constitue un adversaire dangereux.
Largement dominé à Scandicci en Ligue des Champions, Le Cannet reçoit Marcq-en-Barœul samedi soir pour retrouver le sourire et s’ancrer plus fermement dans le Top 5. C’est un rendez-vous de bonhommes au programme du week-end en bordure d’Océan Atlantique.
Après un début de saison parfait et quatre succès de suite 3-0, Fréjus, en revanche, cahote un peu plus désormais. Le rendez-vous en terre cambrésienne ne sera pas de la dentelle face à un rival direct au classement. Reims, de son côté, va tenter de mettre Chalon à distance et d’enchaîner avec une deuxième victoire de rang. Enfin, Rennes reçoit France Avenir pour stopper la descente et mettre un terme à dix défaites de rang.
Le Reims Volley 51 tient peut-être son match référence ce samedi soir. Même si beaucoup ne sont pas fans de l’expression, force est de constater que la victoire acquise avec les tripes contre une solide équipe de Fréjus, a montré les ressources de l’équipe rémoise. Des ressources qu’on questionnait encore jusque là malgré les qualités indéniables du groupe marnais.
Le début de match n’était d’ailleurs pas fameux pour les locaux. Sans Abdel Aziz Doumbia, Levy Combette et Tom Liot, sur le banc, les Rémois subissaient la solidité et la régularité des attaques visiteuses. Seuls quelques services out offraient les premiers points à des Rémois sans solution offensivement. Dans ces conditions, difficile pour le Reims Volley 51 d’exister.
Malgré quelques fulgurances locales, Fréjus ne tremblait pas à l’idée de prendre logiquement la première manche. Mais à domicile, comme souvent, Reims avait du coeur. Le travail en réception de Yacine Legrand était remarqué, autant que la qualité du block avec Amine Oumessad, ou la justesse de Billel Soualem en attaque. Et tandis que Fréjus perdait en consistance, les Rémois, eux montaient en régime. Avec l’entrée de Mathias Pire, la confiance changeait de côté.
A peine perdu la manche que Fréjus remettait le bleu de chauffe. A croire que les visiteurs avaient lâché la fin du set précédent. Plus consistants, plus puissants, plus justes, les leaders de Pro B allaient trop vite pour des Rémois dépassés (3-11). Le moment choisi par Alexis Farjaudon pour changer quelque chose et faire entrer le jeune Djamel Abboub à la place de Mathias Pire puis Tom Liot à la passe. Pas de quoi inverser la tendance, bien au contraire. Le score était sévère au moment de conclure (5-13, 7-19 puis 9-25).
Dos au mur, le coach rémois décidait de lancer Levy Combette et Abdel Doumbia. Les effets semblaient immédiats. Un gros service de Boudjemaa Ikken, un ace puis un service gagnant d’Abdel Doumbia et un autre ace de Levy Combette mettaient Reims sur orbite (6-2), provoquant même un temps-mort adverse. Avec coeur, les Rémois remontaient tout et réveillaient un René Tys qui n’attendait que ça (13-4). Dans une ambiance tendue, Fréjus grappillait sur une série au service que le coach rémois voulait casser rapidement par un temps-mort (13-8). Mission accomplie avec une bonne réception et un Levy Combette efficace en attaque (17-12). La belle attaque de Soualem et le contre d’Ikken rapprochaient tout le monde d’un tie-break officialisé quelques points plus tard (20-14 puis 25-18).
Le premier point de l’ultime manche donnait le ton. Un service adverse timide était parfaitement contrôlé avant que Doumbia ne fasse le point. Jérôme Clere, lui, envoyé sa réponse dans le fil. Un break d’abord vite annihilé par un service dans le fil puis un block (2-2). Maais Reims restait en tête avec l’appui d’un public enthousiasmé par le double contre de Combette (6-3). Euphoriques, les Rémois poursuivaient avec une attaque d’Ikken le long de la ligne, tandis que Joshua Marty envoyait son service dans le décor (8-4). Le changement de côté ne changeait rien. Reims avait fermé la porte au bloc. Et si trois blocks out relançaient les Varois (11-9), les locaux résistaient dans une fin de match à suspens. La première balle de match sera la bonne malgré un dernier appel visiteur à la vidéo. Reims tient sa performance, méritée.
D’autant que c’est même de trois atouts offensifs que le coach marnais, José Amet, devait déplorer l’absence, les forfaits annoncés et déjà évoqués d’Ikken (déjà blessé en fin d’année passée, il s’est à nouveau fait mal à la cheville dès le premier set devant Royan) et Doumbia (une cheville également pour lui, toujours face aux Charentais), s’ajoutaient à l’absence d’un autre attaquant, le jeune Nikita Stepnov (une… 3e cheville face aux Nancéiens pour conclure 2023). Mais le club de l’ancien Fréjusien Quentin Rossard, sans déchets à la passe, d’un libero (Yacine Legrand) omniprésent, sans oublier un Mathias Pire, grand serveur et scoreur efficace, allait démontrer que sa place dans le haut du classement n’était pas usurpée.
Pas seulement au service (20 % de déchets encore ce samedi soir, même si Geiler confirmera avoir « demandé à ses joueurs de prendre des risques » dans ce domaine, et en dépit d’une série de six mines envoyées par JOSHUA MARTY pour faire le break, de 14 égalité à 19-14 dans le set #3), mais dans tous les autres secteurs. D’un block inconsistant à des offensives manquant d’agressivité, de tranchant.
Même mené deux manches à une (25-23 pour le FVV dans le 3e set), le promu profitait encore des montagnes russes et des approximations proposées par son hôte du jour pour mener les débats et la vie dure aux Fréjusiens (11-14, 16-19). L’instant choisi par Loïc Geiler pour un coup de coaching gagnant, lançant ROMAIN BREGENT à la place d’un WILLIAM NACK-MINEYM moins… tranchant que devant Royan. Bien en prit à l’entraîneur assistant de l’équipe de France puisque l’ancien Cannois allait s’avérer décisif sur trois blocks, le premier avec Joshua Marty (pour revenir à 18-10), les deux suivants tout seul comme un grand (le 2e monstrueux) et à suivre pour reprendre l’avantage à 21-20.
Sans proposer un match de haute volée, Fréjus aura donc, on insiste là-dessus, remporté une victoire « épuisante à regarder, épuisante pour les joueurs » (Alexandre Bonnard), mais essentielle dans la course aux play-offs. De son côté, José Amet et Reims risquent encore de souffrir dans les semaines à venir (match en retard à France Avenir le 18, Cannes sur la Croisette dans la foulée - 20 janvier - et réception d’Ajaccio en fin de mois), en fonction de la récupération (ou non) de leurs blessés.

Le tableau suivant résume les principaux points à retenir du match :
| Équipe | Points Forts | Points Faibles | Joueurs Clés |
|---|---|---|---|
| Reims | Cœur, jeu à domicile, réception de Yacine Legrand, qualité du block avec Amine Oumessad, justesse de Billel Soualem | Début de match difficile, dépendance aux entrées de Mathias Pire, blessures de joueurs clés | Yacine Legrand, Amine Oumessad, Billel Soualem, Mathias Pire |
| Ajaccio | À déterminer (informations limitées dans le texte) | Difficultés en début de saison, grand écart à combler avec les leaders | À déterminer (informations limitées dans le texte) |
| Fréjus | Solidité et régularité des attaques (avant le match contre Reims) | Perte de consistance pendant le match contre Reims, déchets au service | Joshua Marty, Romain Bregent |