Règle de Sélection en Équipe Nationale de Rugby : Évolution et Implications

Les règles d'éligibilité des joueurs pour les équipes nationales de rugby ont connu des évolutions significatives au fil des ans. Ces changements visent à équilibrer la compétitivité des équipes, à protéger les nations en développement et à garantir l'intégrité du sport.

Évolution des règles d'éligibilité de World Rugby

Afin de lutter contre la perturbation exceptionnelle provoquée par la pandémie de Covid-19, le comité exécutif de World Rugby a approuvé un ajustement à la règle 8 portant sur l'éligibilité des joueurs pour une sélection autre que celle de leur pays de naissance.

La durée de résidence des joueurs souhaitant honorer une sélection pour un autre pays que celui de leur naissance devait passer de trois à cinq ans au 31 décembre 2020, mais World Rugby a décidé de reporter à décembre 2021 la mise en place de ce nouveau règlement.

Les critères de résidence définis dans le règlement devaient passer de 36 à 60 mois consécutifs au 31 décembre 2020. Mais compte tenu des circonstances actuelles, le Comité exécutif de l'instance a décidé de reporter ce changement au 31 décembre 2021, après avoir consulté les fédérations et l'association des joueurs internationaux de rugby.

L'instance qui gouverne le rugby mondial a mis en avant le manque d'opportunités de matches qui pénaliserait des joueurs déjà éligibles après avoir passé 36 mois dans le pays mais qui n'auraient pas encore atteint le seuil des 60 mois consécutifs. Le comité exécutif a également confirmé qu'un joueur doit satisfaire à la fois à l'exigence de résidence de 36 mois et avoir représenté sa fédération avant le 31 décembre 2021, autrement le joueur tombera automatiquement sous la nouvelle règle des 60 mois.

World Rugby, la fédération internationale, vient de prendre une décision historique en amendant l'article 8 sur l'éligibilité des joueurs internationaux. Les représentants de l'instance ont choisi de rendre possible, via un vote ce mercredi, le changement de sélection pour un joueur.

Les conditions pour pouvoir évoluer sous de nouvelles couleurs nationales sont les suivantes:

  • Ne plus être sélectionné dans l'équipe nationale d'origine depuis 36 mois (soit trois ans).
  • Être né dans le pays pour lequel le joueur souhaite évoluer, ou avoir un parent ou un grand-parent né dans ce pays.

Le joueur ne pourra effectuer de changement de sélection qu'à une seule reprise. « Chaque cas sera soumis à l'approbation de la Commission des Règlements de World Rugby afin de préserver l'intégrité », précise la Fédération. Cette modification s'applique au 1er janvier 2022.

À l'heure actuelle, en vertu des règles de World Rugby, l'organe qui régit les lois du jeu, un joueur est « bloqué » dans le seul pays pour lequel il choisit de jouer, même si quelques internationaux ont réussi à passer des biais détournés pour changer de nationalité sportive.

Impact sur les nations du Pacifique

Un tel changement de règle devrait profiter à plusieurs nations modestes sur l'échiquier du rugby mondial, qui pâtissent de l'exode de leurs meilleurs éléments. À commencer par les îles du Pacifique, régulièrement pillées par les grandes nations.

Voulant renforcer les « petites » nations, World Rugby a décidé en 2021 de modifier les règles d’éligibilité, en permettant à des joueurs n’ayant pas connu de sélection depuis trois ans d’être appelé dans une autre équipe nationale, à condition d’avoir au moins un grand-parent né dans le pays en question.

La Coupe du monde 2023 est le premier Mondial à se tenir avec cette nouvelle réglementation. Sans surprise, les sélections des Samoa et des Tonga en sont les principales bénéficiaires.

Depuis ce début de Coupe du monde 2023 en France, il y a eu deux surprises, la première c'est qu'après 69 ans de disette, les Fidji ont retrouvé le goût de la victoire face à l'Australie (22-15). La deuxième est peut-être passée inaperçue, mais elle a chamboulé l'histoire du rugby international : cinq joueurs sont rentrés dans les annales en participant à cette Coupe du monde avec une sélection différente de celle qu'ils ont connue précédemment.

Exemples de joueurs ayant changé de sélection :

  • Charlie Faumuina (ancien All Black, sélectionné avec les Samoa)
  • Israel Folau (ancien Wallaby, sélectionné avec les Tonga)
  • Adam Coleman (ancien Wallaby, sélectionné avec les Tonga)
  • Titi Lamositele (ancien international américain, sélectionné avec les Samoa)
  • Jean Kleyn (ancien international irlandais, sélectionné avec l'Afrique du Sud)

Ces nouvelles règles contribuent ainsi au développement des nations émergentes, en particulier les îles du Pacifique qui ont souvent perdu leurs meilleurs joueurs à cause de transferts vers d'autres équipes nationales.

Le cas de Posolo Tuilagi et la FFR

Les conditions de sélection pour le XV de France ont connu un changement : la FFR a mentionné ce vendredi 12 janvier 2024 que l’absence de passeport français ne sera pas un obstacle à la sélection d’un joueur d’origine étrangère pour les Bleus.

Une sorte de bouleversement après l’imbroglio autour de Posolo Tuilagi, qui a animé la journée. Dans la matinée, il était révélé par nos confrères de L’Indépendant que le colosse de Perpignan, champion du monde U20 et d’origine samoane, n’était pas sélectionnable pour le Tournoi des 6 Nations 2024 en raison de l’absence de passeport français.

Le passeport, c’était une condition ajoutée par Bernard Laporte lorsque celui-ci était président de la FFR entre 2016 et 2023. Un joueur sans passeport français ne pouvait pas prétendre à la sélection. Et si un temps ce vendredi la non-sélection de Posolo Tuilagi a semblé possible, la FFR a décidé de réagir. Et de revoir ses plans.

En début de soirée, la FFR a tenu à clarifier les choses. Et à faire une grosse annonce : « le processus de sélection d’un joueur reste exclusivement dicté par les règles de World Rugby ».

L’instance dirigée par Florian Grill s’appuie donc sur le règlement 8 de World Rugby concernant l’éligibilité d’un joueur. Il stipule qu’un joueur est éligible pour représenter une équipe nationale si lui-même, ses parents ou grands-parents sont nés dans le pays concerné, ou s’il a résidé dans ce pays pendant 60 mois consécutifs.

La FFR a également souligné que désormais, » l’absence de passeport français ne sera pas un obstacle à la sélection » d’un joueur d’origine étrangère.

Depuis le changement de gouvernance et l’arrivée de Florian Grill à la présidence, la FFR s’en tient aux seuls critères d’éligibilité de World Rugby.

Naturalisation sportive et règles de résidence

Plusieurs joueurs disputant la Coupe du monde 2023 évoluent sous les couleurs d'un pays... sans forcément en avoir la nationalité.

Et pour cause, les règles du rugby permettent des naturalisations sportives. Explications.

Bien sûr, la nationalité en est une : 32 des 33 joueurs sélectionnés par Fabien Galthié pour le Mondial sont nés en France. Mais les origines comptent aussi : avoir "un de ses parents ou de ses grands-parents" nés dans un pays suffit à le représenter, peut-on lire dans le règlement officiel de World Rugby.

Un joueur peut représenter un pays sans aucun lien familial, s'il y habite depuis plusieurs années. "Résider soixante mois (cinq ans, contre trois ans avant 2021, ndlr) consécutivement" ou "pendant une période cumulée de dix ans" suffit à être sportivement naturalisé, est-il expliqué sur le règlement.

La durée de résidence d'un joueur dans un pays pour y être éligible en sélection passe de 3 à 5 années consécutives, a annoncé ce mercredi World Rugby qui veut ainsi lutter contre "le siphonnage de joueurs" issus de pays pauvres par des plus riches.

Retour sur l'interpretation des règles du jeu de World Rugby

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