Le Real Madrid au début des années 2000 était une équipe hors normes, composée des plus grands noms du football. Avec un onze de départ d’une qualité jamais vue auparavant, le club était alors surnommé le Real Madrid des Galactiques.

L'Ère des Galactiques : Une Période Dorée
En juillet 2000, Florentino Perez accède à la présidence du Real Madrid. Malgré des victoires en Ligue des Champions en 1997/1998 et en 1999/2000, le club merengue gère mal ses finances et tend vers une crise économique. C’est avec sa campagne tournée autour des soucis économiques du club que Perez devient le nouveau président du club.
Les Recrues Phares de Florentino Perez
Sur le plan sportif, Florentino Perez avait promis une chose lors des élections: ramener Luis Figo au club. Le Portugais du FC Barcelone, tout juste couronné du Ballon d’Or, est transféré au Real Madrid le mercato suivant de la nomination de Perez. Le mercato d’été avant la saison 2001/2002, c’est la star française Zinédine Zidane qui rejoint le club madrilène en provenance de la Juventus Turin, contre un chèque de 75 millions d’euros. Zidane devient alors le transfert le plus cher de l’histoire du football. La saison suivante, c’est au tour de Ronaldo Luís Nazário de Lima dit R9 de rejoindre la maison blanche. Au mercato estival de 2004: David Beckham est transféré au Real Madrid contre 35 millions d’euros. Âgé de 28 ans, la star de Manchester United arrive à son prime dans une équipe déjà déroutante.
Comment les GALACTIQUES du Réal ont révolutionné le Football moderne
Vicente del Bosque : L'Architecte Discret du Succès
De la saison 2000/2001 à la saison 2002/2003, soit trois saisons, l’entraîneur des Galactiques du Real Madrid n’est autre que Vicente del Bosque. Nommé en novembre 1999, le technicien espagnol sait qu’il sera impossible d’imposer un plan de jeu et un style défini à cette équipe. Par conséquent, le coach espagnol décide de donner toutes les libertés à ses artistes.
Lors de la dernière saison de Del Bosque à la tête des Galactiques, c’est sans doute l’apogée de cette équipe légendaire, bien que Beckham ne soit pas encore arrivé. Le Real Madrid évolue en 4-2-3-1 avec: Casillas - Salgado, Hierro, Helguera, Roberto Carlos - Makélélé, Conceiçao - Figo, Raul, Zidane - Ronaldo.

Les Moments de Gloire et les Défis des Galactiques
Les Galactiques du Real Madrid sont alignés ensemble de la saison 2001/2002 avec le premier duo Figo/Zidane, à la fin de la saison 2005/2006, avec le départ de Ronaldo pour l’AC Milan et la retraite de Zinédine Zidane. Au cours de ces 5 saisons, les Galactiques font pleuvoir les buts. Pour autant, au niveau des titres glanés pendant cette période, tout n’est pas si rose.
Lors de la première saison avec Figo et Zidane, le Real Madrid remporte la Ligue des Champions. C’est la seule coupe aux grandes oreilles que Madrid va soulever avec ses super stars. S’ensuit une élimination en demi-finale en 2002/2003, puis en quart de finale la saison suivante. Et enfin, deux éliminations en huitièmes de finale.
Sur la scène nationale, c’est plus ou moins le mêmes résultats. Le Real Madrid est couronné en 2002/2003 pour ensuite finir quatrième, puis deux fois deuxième. Le succès en Liga reviendra lors de la saison 2006/2007. Cependant, le mercato avant cette saison voit Ronaldo et Zidane quitter le club.
L'épopée de l'AS Monaco en Ligue des Champions 2003-2004
En 2004, l’AS Monaco recevait les "Galactiques" au Stade Louis-II, pour disputer un quart de finale retour de Ligue des Champions. Retour sur la victoire légendaire des hommes de Didier Deschamps. Depuis les années 90, l’AS Monaco a vécu des parcours européens extraordinaires. Difficile de n’en retenir qu’un seul. Mais assurément, la formidable épopée de 2003-2004 arrive en tête de liste.
Arrivé en 2001 pour débuter sa carrière d’entraîneur sur le Rocher, Didier Deschamps dispose cette saison d’une équipe de renom avec un atout de charme notamment. Premiers du classement en Ligue 1, les Rouge et Blanc connaissent une légère baisse de régime depuis la fin de la trêve hivernale. Se dresse alors le mythique Santiago Bernabeu. La bande à Fernando Morientes ne démérite pas mais s’incline 4-2 face aux Merengue dans la capitale espagnole.
À l’aube du match retour, le Stade Louis-II affiche pourtant guichets fermés pour cette rencontre de gala. Tout le monde est venu voir jouer le géant d’Europe et sa pléiade de stars : Zidane, Ronaldo, Raul, Figo, Beckham, Roberto Carlos. Il faut dire que le grand Real Madrid compte déjà neufs titres continentaux. Le « petit poucet » monégasque se procure de nombreuses occasions en première période. Quelques minutes plus tard, le capitaine monégasque, Ludovic Giuly, tente une reprise de volée de l’extérieur de la surface de réparation. Légèrement déviée, celle-ci finit sa course dans le petit filet droit d’Iker Casillas (1-1, 45e). Le match prend alors une tout autre tournure.
Le Stade Louis-II explose et sent poindre la lueur d’un exploit retentissant. L’attaquant prêté par le Real s’offre au passage son 7e but en Ligue des Champions cette saison… tous inscrits de la tête. Suite à un superbe travail du latéral colombien Hugo Ibarra sur son flanc droit, ce dernier repique sur son pied gauche pour adresser un centre à ras de terre à son capitaine. Ce dernier ne se fait pas prier et libère le peuple monégasque d’une « Madjer » aussi subtile que sublime, qui passe entre les jambes d’Iván Helguera. L’AS Monaco élimine alors l’une des plus grandes écuries d’Europe et écrit une des plus belles pages de son histoire.
Peu importe le résultat final de la compétition, les Rouge et Blanc ont été grands et ont fait tomber la meilleure équipe du Vieux Continent.
Tactique et Stratégie des Galactiques en 2002-2003
86 buts marqués, 42 buts encaissés et une différence qui s’ajuste à +44. Dans le contexte du début des années 2000 et au sein des cinq « grands championnats » aucune équipe n’a marqué autant de buts. Le Real Madrid qui trône en tête de la Liga en 2002-2003 s’est fondé sur un déséquilibre offensif assumé.
Alors que Florentino Perez a pris la présidence du club depuis 3 ans, Vicente Del Bosque qui l’accompagne, a la charge de remporter tous les titres, en proposant un jeu attractif et efficace tout en réussissant à harmoniser les egos de chacun des grands joueurs de l’effectif.
« Il n’y a aucune différence entre un bon manager et un bon entraîneur. L’un ne va pas sans l’autre. Pour être un bon entraîneur, il faut savoir gérer les relations humaines aussi bien que la stratégie », dit Vicente Del Bosque.
L'Effectif Exceptionnel de Del Bosque
Précisons-le d’entrée, Vicente Del Bosque dispose d’un effectif hors du commun pour l’époque. L’arrivée du Brésilien Ronaldo est le transfert marquant de l’été en Europe. Il suffit d’analyser les joueurs utilisés par l’entraîneur espagnol aux côtés de Makélélé dans ce 4-2-3-1 pour le confirmer : si Flavio Conceiçao est à l’image, José María Gutiérrez Hernández dit Guti, Esteban Cambiasso ou Steve McManaman ont su le suppléer à merveille. Fernando Morientes n’est pas encore parti à Monaco. Malgré ses titularisations très rares il parvient à marquer 5 buts dans ce championnat 2002-2003.
Pour étayer l’effectif dessiné à l’époque, signalons la présence de jeunes joueurs issus de la Cantera qui accompagnent les joueurs de renom durant toute la saison. Pavon, Portillo, par exemple, participent à leur manière aux bons résultats de l’équipe. Enfin, signalons que le 4-2-3-1 n’est pas l’unique système utilisé par Del Bosque durant la saison.
Le Jeu des Galactiques : Individualités et Liberté Créative
Aujourd’hui, les recherches et le développement du jeu de position et de ses déclinaisons semblent donner la possibilité d’établir un cadre clair et cohérent permettant l’expression d’un jeu léché, fluide même avec des joueurs de moindre envergure.
Pour autant, en 2002-2003, au sein des Galactiques, nous sommes très loin de ces préoccupations. Il existe des règles d’actions collectives et individuelles qui s’expriment au sein d’un système mais nous sommes très loin de tout jeu de position. Regarder ces matchs est une nécessité car cela permet, plus que jamais, de se rendre compte de l’évolution du football.
La disposition des joueurs et l’animation des phases de sortie de balle sont les révélateurs les plus nets de la « révolution tactique » connue par le football sur ces vingt dernières années.
La Construction des Attaques et la Mobilité Offensive
D’abord l’équipe du Real Madrid a l’habitude de construire lentement ses attaques, par une circulation sur toute la largeur et une alternance avec du jeu en profondeur. L’objectif est de contrôler le tempo du match et surtout d’ouvrir des brèches pour jouer dans l’axe. Zidane, Figo, qui, sur le papier, occupent les côtés affectionnent de rentrer dans l’axe.
En effet, il s’agit tout simplement de créer une « supériorité numérique » dans l’axe qui couplée, à la mobilité, la qualité technique et la vista permet la création de décalages. Vicente Del Bosque donne une grande liberté de déplacement à ses joueurs, l’essentiel étant qu’il y ait toujours une menace dans la profondeur afin de rendre efficace les nombreux décrochages et permutations des milieux et des attaquants. Disposer de Ronaldo comme attaquant de pointe est un luxe dans un tel contexte.
Le deuxième cheminement très travaillé au sein de ce modèle de jeu est clairement visible : trouver le latéral lancé dans un espace libre. La troisième séquence redondante de l’animation du Real Madrid est la volonté de placer ses meilleurs dribbleurs en situation de un contre un. Le cas de Figo est emblématique à cet égard.
Vicente Del Bosque a su harmoniser au sein d’un modèle de jeu des principes cruciaux pour être efficace en attaque (savoir varier jeu dans les pieds et jeu en profondeur), tout en laissant une grande liberté à ses milieux offensifs pour « improviser ».
L'Organisation Défensive : Division du Travail et Lacunes
Au Real Madrid, durant la saison 2002-2003, la division du travail semble prégnante. Flavio Conceiçao est recruté dans le meilleur club du monde pour être « l’adjoint » de Makélélé à la récupération. C’est son rôle et cela transpire sur le terrain.
À la perte de balle, la première ligne du Real Madrid prend beaucoup de temps pour se replier et former le bloc. Même si Makélélé, Helguera ou Hierro font preuve d’un grand sang-froid pour intervenir à propos, la phase de transition défensive est l’une des grandes faiblesses des Galactiques de Vicente Del Bosque.
Les joueurs du Real Madrid ont parfois des difficultés à « nettoyer » la surface de réparation ou à cadrer un adversaire en situation de frappe. C’est dans ces moments-là que l’international espagnol sait intervenir avec pertinence. Très tonique sur sa ligne de but il laisse observer d’immenses qualités de réflexe.