Le Racing Club de France football, riche d'une histoire complexe, a connu diverses identités et deux périodes de professionnalisme marquantes. En dehors de ces périodes, le club se trouve sous la tutelle plus ou moins marquée du Racing Club de France, club omnisports.
En 2007, la section football, soutenue depuis 1991 par le Conseil général des Hauts-de-Seine, doit prendre son indépendance. Après un partenariat de trois ans avec la ville de Levallois-Perret, le club revient en 2012 à Colombes, la ville où il est basé historiquement.
Le 20 avril 1882, des élèves du Lycée Condorcet à Paris fondent le « Racing Club » afin d'améliorer les conditions dans lesquelles ils pratiquent le sport, et notamment la course à pied. Renommé en 1885, le « Racing Club de France » bénéficie l'année suivante de la concession sur un terrain du bois de Boulogne, la Croix-Catelan, et s'impose dès lors rapidement comme le grand club omnisports des quartiers bourgeois de l'Ouest parisien. Ses premières sections d'importance sont l'athlétisme et le tennis.
À la fin des années 1880, le club ciel et blanc s'engage, sous l'impulsion de son secrétaire général Georges de Saint-Clair et aux côtés du Stade français, dans la création de l'Union des sociétés françaises de sports athlétiques (USFSA), une fédération qui fera de la défense de l'amateurisme une de ses priorités.
Alors que les premières équipes de « football association » naissent en France, le Racing préfère ouvrir une section de « football rugby », un sport resté amateur en Angleterre. Choqués par les dérives du « football association » en Grande-Bretagne, professionnalisme au premier chef, les dirigeants parisiens attendent 1896 pour créer officiellement une section football, bien que les premières traces de la pratique de ce sport par des Racingmen remontent à 1891.
Le club participe en 1897 à sa première compétition de football avec la quatrième édition du championnat de France USFSA, dont il termine quatrième sur neuf. L'année suivante, le Racing est battu en demi-finale de la Coupe Manier, réservée aux clubs français n'alignant pas plus de trois joueurs étrangers, par le Club français.
Le championnat de France USFSA, initialement réservé aux clubs parisiens, s'ouvre à partir de 1899 aux clubs de province, dans le cadre d'un championnat en deux phases. Les Racingmen connaissent leur premier succès en 1902 avec le championnat USFSA de Paris, remporté sur l'United SC en match d'appui. Vainqueur facile du Havre en demi-finale du tournoi national (5-1), le club parisien doit cependant s'incliner face au RC Roubaix en finale du Championnat US FSA de France 1902 (3-4 ap) : le but victorieux des nordistes est inscrit à la 175e minute, en mort subite.
Les Racingmen conservent leur titre parisien en 1903, mais après avoir écarté les Caennais de l'UA Lycée Malherbe, ils sont de nouveau battus par les Roubaisiens. En 1907 enfin, le Racing est champion de France : invaincus en championnat de Paris, vainqueurs de l'US Saint-Servan en quart (5-0) et de l'Olympique de Marseille en demi (3-1), les coéquipiers du capitaine et international français Pierre Allemane viennent à bout du RC Roubaix en finale au Parc des Princes. Menés 2-0, ils renversent la tendance grâce à un triplé de l'attaquant anglais Astley.
De 1905 à 1907, les footballeurs du Racing remportent à trois reprises la coupe Sheriff Dewar, créée en 1899 par les clubs exclus de la coupe Manier du fait du quota de trois joueurs étrangers. Les participations au Challenge international du Nord, où les Parisiens affrontent des clubs étrangers, sont en revanche peu concluantes (défaite au premier tour en 1901, forfait en 1908) ; et l'équipe ne participe pas au Trophée de France opposant depuis 1907 les champions des différentes fédérations, l'USFSA refusant longtemps d'y prendre part.
En 1914, la Première Guerre mondiale éclate, interrompant les compétitions sportives. Si l'on sait les pertes subies parmi les joueurs de la section rugby, il n'en est pas de même pour le football.
Pendant l'entre-deux-guerres, le Racing semble d'abord se maintenir à un niveau national. Le RCF figure aussi parmi les quarante-huit participants de la première édition de la coupe de France en 1917, preuve qu'il est resté actif malgré les combats. L'équipe bat le Margarita Club du Vésinet (7-0), Le Havre (5-0) et le CA Paris (4-1), mais est battue par l'AS Française en quart de finale (2-4).
Dès lors, le Racing semble rentrer dans le rang d'un football français encore amateur et très régionalisé. Alors que l'amateurisme marron se répand en France, la défense du véritable amateurisme est alors personnifiée par Frantz Reichel, un ancien sportif accompli du Racing, devenu un dirigeant et journaliste influent. Le club évolue en Ligue de Paris (en « division d'honneur », soit la première division), mais les ténors du football parisien sont alors l'Olympique de Paris, le CASG Paris, le Club français et le Red Star. En tête de son groupe en 1920, le RCF est battu par les Audoniens en finale. Ceux-ci battent encore les Racingmen en demi-finale de coupe de France 1921 (4-3).
Le renouveau est bientôt amorcé : le club accède de nouveau à la division d'honneur en 1928, et l'année suivante est nommé un nouveau président pour la section football. Jean-Bernard Lévy, un homme d'affaires de 29 ans, redonne de l'ambition au club. Le Racing dispute sa première finale de coupe de France, la compétition la plus importance du pays, en 1930. Face au FC Sète le Racing perd son gardien Tassin sur blessure à treize minutes de la fin, et termine la rencontre à dix avec un joueur de champ, Ozenne, dans les buts. Pourtant l'équipe parisienne ouvre le score trois minutes plus tard par Lhottka, mais Sète égalise peu après et remporte le match en prolongation (1-3).
La même année est également disputé un premier match amical entre le Racing et les Anglais d'Arsenal (2-7), amorce d'une longue tradition de rencontres amicales annuelles entre les deux clubs. Par ailleurs, le club multiplie les matchs amicaux de prestige, à domicile et à l'extérieur, face aux meilleurs clubs européens.
Le professionnalisme est finalement officialisé en France en 1932, dans le cadre du lancement du premier championnat de France de football. La section football du Racing, à la lumière de ses récents résultats, mériterait d'y figurer, mais le Racing Club de France reste un club où l'amateurisme est fondamental. Le président Lévy obtient finalement des dirigeants omnisports l'autorisation de sauter le pas, mais la section football doit s'émanciper du RCF (tout en restant sous sa tutelle) en devenant une association autonome sous un nouveau nom. Le « Racing Club de Paris » est né.
La première journée de première phase de la première saison du championnat est disputée le 11 septembre 1932. Engagé dans le groupe A, le Racing affronte Hyères au stade Jean-Bouin de Paris. Le défenseur Raoul Diagne inscrit les deux premiers buts du Racing dans l'ère professionnelle, au cours d'un match qualifié de « médiocre » (2-1). Dès le mois d'octobre, les footballeurs évoluent de plus en plus régulièrement au Parc des Princes, plus central que le stade de Colombes et dont la capacité a été portée à 40 000 places quelques mois plus tôt. Le RC Paris termine finalement troisième du groupe A, à sept points de l'Olympique lillois qui remporte la finale contre l'AS Cannes. La formule en deux groupes de vingt clubs évolue vers un groupe unique dès la saison 1933-1934.
Malgré la qualité de son effectif sur le papier, le Racing, trop souvent battu, termine onzième (sur quatorze) en 1934. Il retrouve le podium l'année suivante, mais à onze points de Sochaux, et déçoit en coupe. À l'occasion des matches Racing-Arsenal, les Pingouins se déplacent en avion à Londres fin novembre 1932 pour y affronter les Gunners à Highbury.
Sous la direction du visionnaire George Kimpton, un entraîneur britannique rigoureux et expert de la tactique « WM » en vogue à l'époque, les Parisiens entament de meilleure manière la saison 1935-1936, malgré la longue absence de leur fameux gardien de but Rudi Hiden. Pour la réception de l'Olympique lillois, le leader, en janvier, 27 193 spectateurs se pressent au Parc des Princes, établissant un nouveau record d'affluence en première division. Battus par les Nordistes (2-3), les Parisiens sont distancés de cinq points ; ils alignent pourtant dès lors les victoires en championnat et en coupe de France, au cours de laquelle sont éliminés facilement les amateurs de Lorient (DH, 5-1) et de Lyon (D2, 3-0), puis les professionnels de Caen (5-1).
En quart, le Racing retrouve l'Olympique lillois dans un nouveau match au sommet. Après un match nul à Paris (2-2), les Racingmen prennent le dessus à Roubaix (3-0), puis éliminent Sochaux en demi-finale (3-0). Le Racing doit affronter en finale Charleville, un club professionnel de deuxième division qui comptent dans ses rangs le prometteur gardien de but Julien Darui et le défenseur Helenio Herrera. Pointant à ce moment-là à la troisième place en championnat derrière Lille et Strasbourg, le Racing compte deux matches en retard à jouer, reportés en raison du parcours en coupe, dont un à Sochaux, champion en titre. Les hommes de Kimpton les remportent, s'adjugeant le championnat avec trois points d'avance sur Lille.
Le Racing ne parvient cependant pas à conserver son titre de champion en 1936-1937 : handicapés par une première moitié de saison très moyenne, les Parisiens reviennent malgré tout sur la tête, mais une défaite lors de l'avant-dernière journée sur le terrain du Red Star les condamne au troisième rang, à un petit point de l'Olympique de Marseille, champion, et du FC Sochaux-Montbéliard, deuxième.
En 1938-1939, le Racing se reprend et après avoir passé l'hiver en position de leader, termine de nouveau troisième, à quatre points du champion, le FC Sète, qui avait pourtant été balayé à Paris en février. Cette saison est aussi celle d'un nouveau succès en coupe de France : après un parcours aux allures de promenade (3-0 contre Quevilly, 4-0 contre Mulhouse, 3-1 contre Roubaix), le Racing domine le SC Fives en demi-finale (1-0) et accueille l'Olympique lillois à Colombes.
La presse s'attend à un triomphe parisien, comme le journal L'Auto : « Battre le Racing à la régulière ? Impossible, et Roubaix l'a bien vu ». Avant le match se déroule une scène insolite : Raoul Diagne, August Jordan et Oscar Heisserer promènent sur la pelouse un pingouin emprunté au zoo de Vincennes, pour porter bonheur au club qui en a fait son symbole.
La Seconde Guerre mondiale est déclarée à l'automne suivant. L'entraîneur Kimpton, recruté par le FC Rouen, est remplacé par Ely Rous. Le championnat, éclaté par zones géographiques, se tient mais toutes les rencontres n'ont pas lieu, expliquant l'avant-dernière place du club dans le groupe Nord en 1939-1940. Dans le même temps la coupe de France est maintenue, et le Racing bénéficie de permissions pour ses joueurs mobilisés. Ayant éliminé sur son passage le SO Cholet (8-0), le FC Sochaux (3-1) et le FC Rouen de Kimpton en demi (8-4), le tenant du titre est opposé, le 5 mai au Parc des Princes, à l'Olympique de Marseille, déjà cinq fois vainqueur de la compétition. Le Racing peut compter sur la présence de ses cinq naturalisés (les « Autrichiens » Hiden, Jordan et Hiltl, et les « Hongrois » Mathé et Weiskopf). En l'absence de Veinante, le capitaine, retenu sous l'uniforme, le brassard revient à René Roulié, 20 ans, attaquant sorti de l'école de formation. Ce dernier inscrit le but égalisateur et Mathé le but décisif. Quelques jours plus tard, le 13 mai, l'offensive de Sedan entraîne l'« étrange défaite » française, et l'armée allemande occupe Paris le 13 juin. Le football passe au second plan.
Le président du Racing Jean-Bernard Lévy, mort au combat quelques jours après la victoire en coupe de France, contribue jusqu'au bout à la pérennité de « son » club en lui léguant par testament une somme importante. Malgré les risques que cela suppose face à l'occupant antisémite, le Racing donne à la médaille d'or du club le nom de Jean-Bernard Levy.
Certains joueurs (Raoul Diagne et Maurice Dupuis notamment) se replient à Toulouse, qui caracolera en tête du championnat de zone libre (deux fois deuxièmes et une fois premiers). En zone occupée, le Racing, qu'entraîne désormais l'ancien capitaine Veinante, végète dans le championnat de zone occupée : septième et dernier en 1941, quatrième sur neuf en 1942, septième sur seize en 1943.
En 1943-1944, le régime de Vichy interdit le professionnalisme et organise un championnat entre sélections régionales. L'équipe professionnelle du RCP est mis en sommeil et certains de ses joueurs sont intégrés à l'équipe fédérale Paris-Capitale, avec d'autres éléments venus du Red Star ou encore du CA Paris.
Le championnat 1944-1945 reste perturbé par les conflits. Dans le groupe Nord, le Racing est dernier du classement au mois de janvier, mais le nouvel entraîneur Paul Baron, qui sort de plusieurs années sur le banc de l'AS Saint-Eugène à Alger et de la sélection de l'armée de l'air, dispose de relations qui lui permettent de renforcer sensiblement l'effectif. Marcel Salva, Jean-Claude Samuel et René Vidal, André Philippot et Pierre Ponsetti sont recrutés en Algérie : les « Pieds-Noirs » du Racing, auxquels s'ajoute Lucien Jasseron, venu du Havre, permettent au Racing de finir à la sixième place. Surtout, cette équipe profondément renouvelée s'exprime pleinement en coupe de France : 4-1 contre les Girondins de Bordeaux, 1-0 contre l'Arago Orléans, 2-1 contre l'OGC Nice, et le Racing se retrouve en finale, accueillant le Lille Olympique Sporting Club, tout juste né cette saison-là de la fusion des principaux clubs lillois.
Le 6 mai, soit deux jours avant la capitulation allemande du 8 mai 1945, devant plus de 40 000 spectateurs à Colombes les « Pingouins » remportent la quatrième Coupe de France de leur histoire.

L'âge d'or du Racing Club de Paris (1932-1966)
La première période de professionnalisme, la plus longue, de 1932 à 1966, sous le nom de Racing Club de Paris, le voit compter parmi les principaux clubs du championnat de France et celui qui représente le plus souvent la capitale grâce à des joueurs de renom et un jeu spectaculaire. Cette période lui permet de réaliser le doublé coupe-championnat en 1936, et d'enlever la Coupe de France à quatre autres reprises.

Le renouveau raté des années 1980
Le club renaît dans les années 1980 sous le nom de « Racing Paris 1 » puis de « Matra Racing », sous l'impulsion de l'homme d'affaires Jean-Luc Lagardère, afin de redorer le blason ciel et blanc et de devenir le second grand club de football de la capitale avec le jeune Paris Saint-Germain. Malgré l'importance des sommes investies, l'équipe ne rencontre de succès ni sportif ni populaire. Finalement lâchés par leur investisseur, les Parisiens atteignent en guise d'adieu la finale de Coupe de France 1990.

Tableau des Titres et Succès du Racing Club de France Football
| Compétition | Nombre de Titres | Années |
|---|---|---|
| Championnat de France USFSA | 1 | 1907 |
| Championnat de France | 1 | 1936 |
| Coupe de France | 5 | 1936, 1939, 1940, 1945, 1949 |
| Championnat USFSA de Paris | 2 | 1902, 1903 |
| Coupe Sheriff Dewar | 3 | 1905, 1906, 1907 |