Qui commente le Volley aux JO ?

L’équipe de France de volley-ball affronte la Pologne en finale des Jeux olympiques de Paris. Un événement exceptionnel commenté par des experts passionnés.

Laurent Tillie : L'Expert de France Télévisions

Laurent Tillie, qui était le sélectionneur à Tokyo lors du sacre des Bleus, commente pour France Télévisions la compétition cette année. Il vit forcément à sa façon le tournoi olympique exceptionnel de l’équipe de France de volley.

Il était le sélectionneur à Tokyo, il y a trois ans, lorsque les Bleus ont été sacrés pour la première fois de leur histoire. Faire à nouveau une finale olympique trois ans après la première victoire, c’est important. L’équipe est montée en puissance.

Earvin Ngapeth : Un Retour Remarqué

Earvin Ngapeth est de retour à un excellent niveau. Son expérience et son talent sont des atouts majeurs pour l'équipe de France.

Earvin Ngapeth, le monsieur magique du volley - C à Vous

Eli Chouraqui : Une Histoire Personnelle avec les JO

A 65 ans, Eli Chouraqui a une histoire particulière avec les Jeux Olympiques. International de volley et même capitaine de l'équipe de France, il n'y a jamais participé ce qui reste l'une "de mes grandes tragédies".

Son Histoire avec les Jeux Olympiques

"En tant que sportif, je ne les ai jamais faits. Ca a été une de mes grandes tragédies. J’ai fait les championnats d’Europe, les championnats du monde, j’ai fait la Coupe d’Europe, les championnats de France où j’ai été trois fois champion avec le Racing et deux fois vice-champion. Je n’ai jamais fait les JO, car à chaque fois on s’est arrêté aux qualifications. Comme c’est sans doute la plus belle compétition qui existe, avoir une médaille aurait été extraordinaire.

En revanche, j'étais aux Jeux de Munich, en tant que cameraman. L’idée était de faire un film où de grands metteurs en scène, dont je n’étais pas à l’époque. Je travaillais avec Claude Lellouche. Il y avait Lellouche, Kurzawa, Milos Forman… Chacun faisait dix minutes, et un film en était sorti. On avait fait les perdants, un sujet extraordinaire. Mais 1972, c'est la tragédie de Munich, qu’on a vécue en direct. On était là-bas dès l’aube, et on se trouvait à quelques centaines de mètres de l’aéroport où on entendait des tirs. C’était un moment horrible. Comment pouvait-on assassiner des gosses qui font simplement faire du sport ?

Les Jeux Olympiques, c'est la seule compétition que je suis totalement en tant que spectateur. C’est le moment où je m’intéresse le plus à l’athlétisme, la natation, la lutte, au judo… C’est comme si les JO leur donnaient une sortie de vernis particulier, qui fait que, soudain, des sports dont on s’intéresse moins, deviennent des sports magnifiques. L’athlétisme est le sport olympique par définition. Ca m’est arrivé de me lever la nuit ou de me coucher très tard."

Son Histoire avec le Volley

"Il y a quelque chose de génétique : mon père jouait au volley, mon grand-frère jouait au volley, mes sœurs ont joué au volley. J’ai suivi l’exemple de mon frère ainé, qui jouait au volley sur la plage, ce qui lui permettait d’emballer beaucoup de filles. Ca m’énervait un peu. Dès que je suis arrivé à l’adolescence, je me suis dit que cela allait faire pareil. Cela a pas mal marché : j’étais assez bon. Et sur cette plage de Fréjus, deux garçons de l’ASPTT, avec qui on jouait en 3X3, m’ont dit que je devrais jouer en club. J’avais 13-14 ans. Après une saison à l’ASPTT, je me suis bien entendu avec les gens du Racing. J’y ai passé toute ma vie. Les étés on se retrouvait à Cannes ou à Montpellier, pour faire des 2x2 ou des 3x3 sur la plage."

Son Souvenir des Jeux Olympiques

"Le poing levé de Tommie Smith et John Carlos en 1968 à Mexico. J’ai eu une sympathie immédiate pour ces jeunes gens qui, grâce au sport et par le sport, voulaient porter leurs idées, les projeter à la terre entière. Ils ont été une des grandes étapes de la libération des noirs, et du fait que Barack Obama soit aujourd’hui président des Etats-Unis. Cela m’avait beaucoup marqué."

Son Rôle de Consultant

"Je ne suis pas un fanatique des temps, des noms. J’aime le spectacle comme un esthète. Quand je vois une compétition passionnante, c’est un peu comme si j’allais dans un musée, pour voir des choses magnifiques. C’est le même sentiment que me touche. Mais si je dois donner mon point de vue sur des joueurs, il faut que je sache ce qu’ils ont fait, ce qu’ils ont dans la tête. En même temps, j’aime bien ce côté candide, de ne pas les connaître fondamentalement. Je vais plus m’intéresser à la performance qu’à un nom, qui ramène au star-système."

L'épreuve à laquelle il rêve d'assister

"La finale du 100m. On dit toujours que c’est l’épreuve reine, et on se demande pourquoi. C’est l’histoire d’une humanité. Dix toutes petites secondes pour décider d’un destin. C’est des milliers d’heures de travail, des qualités incroyables et une vie qui se joue sur un temps aussi court. C’est ça la dramaturgie du 100m. C’est le récit court le plus puissant qui existe, même en littérature. C’est une chose qui n’existe que dans le règne humain qu’un homme puisse démontrer qu’il est le plus grand en moins de dix secondes."

Son Image du Brésil

"Pelé. Le Brésil, c’est le football. Je suis allé au Brésil, plusieurs fois, je suis allé voir les matches au Maracana, j’ai joué au volley sur la plage, j’ai vu ses mecs qui jouent au foot de plage au-dessus des filets avec une agilité diabolique. Le Brésil traverse une période politique compliquée, mais c’est un grand pays sportif. L’un des plus grands phénomènes culturels, c’est le foot. C’est un peu comme le rugby pour l’Irlande ou le pays de Galles. Ce n’est pas anecdotique. C’est une façon de penser, une façon de réfléchir. C’est un pays de mer, de chaleur, d’extérieur. C’est l’un des grands leaders du continent sud-américain. Mais en France, on ne se rend pas compte à quel point le volley est le sport N.1, à égalité avec le foot au Brésil. C’est pratiquement aussi important que le foot. Il y aura un moment compliqué quand il y aura la finale de volley France-Brésil. Rien que d’y penser, j’ai des suées."

Le Volley : Une Affaire de Famille

Huit des douze internationaux français qui disputent les Jeux olympiques de Paris sont issus de familles ayant pratiqué le volley-ball. Sept ont même eu leur père international. Ces derniers se régalent ou stressent devant les exploits de leurs fils.

Chez les Bleus, qui affrontent ce mercredi soir l'Italie en demi-finale des JO (20h), sans aucun doute si l'on regarde la proportion de "fils de", sans commune mesure avec les autres sports collectifs.

Sur les 12 sélectionnés français pour ces Jeux olympiques, 7 ont un père qui a lui-même été international. Il y a Earvin Ngapeth, Kévin Tillie, Jean Patry, Trévor Clévenot. Enfin, Théo Faure, le benjamin de l’équipe de France est le fruit d’une union entre Stéphane Faure (350 sélections en bleu) et de Beate Bühler, championne d’Europe de beach en 1994 avec… l’Allemagne. Le papa de Benjamin Toniutti, Maurizio n’a lui pas été international mais présidait en Alsace le club de volley dans lequel le capitaine des Bleus a fait ses premières passes.

"Les enfants voient leurs parents jouer au volley, ils sont toujours dans les salles quand ils sont petits et peuvent jouer après les matchs de leur père", glisse Laurent Tillie, l’ancien sélectionneur de l’équipe de France, 406 sélections comme joueur avec les Bleus dans les années 80.

"Nous les papas, on a à peu près le même âge, on a eu les enfants à peu près au même moment, ils se sont tous mis au volley. Earvin trainait aux entrainements et manipulait la balle en regardant ce qui se faisait. Au départ, c’était de l’amusement", ajoute Eric Ngapeth, 220 sélections au compteur.

"Nos pères se connaissent tous", souligne Jean Patry, l’attaquant de pointe des Bleus. "On s’est nous-mêmes, joueurs, croisés beaucoup quand on était petits. C’est assez fou quand on y pense. Le volley c’est un petit monde, on a tous vu nos pères dans les salles de volley, on ramassait les balles lors des entrainements..."

"Ce que je vis, ils l’ont vécu mais à des époques différentes", affirme Théo Faure, le pointu remplaçant de Jean Patry. "Il y a des choses qu’ils comprennent plus facilement, les moments où on a besoin de discuter. Ils ne m’ont jamais poussé à faire du volleyball. J’ai démarré quand j’ai voulu avec des potes en jeune. J’ai beaucoup aimé ce côté-là, je n’ai pas ressenti 'être fils de volleyeur' avant de démarrer le volley. J’ai aimé pouvoir tester plusieurs sports différents."

Si la plupart des papas joueurs des années 80 n’ont pas le riche palmarès de leur fils (seulement finaliste de l’Euro 87), ils vivent à travers eux ces jeux de Paris. Parfois avec déraison.

"Je deviens totalement irrationnel", reconnaît Christophe Patry, international entre 1990 et 1991 et père de Jean. "Je peux quitter le canapé quand je regarde le match, m’enfermer dans le garage, revenir, essayer de détourner mon attention parce que je ne contrôle rien!"

"Je suis encore plus stressé comme papa que comme joueur", déclare Laurent Tillie. "Je ressens la pression, j’ai des frissons encore de ma carrière de joueur à travers celle de Kévin. Je me remémore les mêmes actions, les mêmes moments même s’ils ont vécu des moments sacrément élevés avec les titres et les Jeux de Tokyo, mais c’est très amusant de voir sa propre carrière se poursuivre avec la carrière de son fils. C’est beaucoup de stress qui nous bouffe de l’intérieur!"

"Parfois ça nous a éloignés", ajoute le héros de Tokyo 2020 et coach de Kévin pendant près de dix ans en équipe nationale. "Il y a des décisions que le fils ne comprend pas forcément mais ça nous a aussi rapprochés avec le titre aux JO. C’est un souvenir incroyable de voir son fils sur le podium, sur la plus haute marche, en train de chanter la Marseillaise."

"On forme une équipe de France d’il y a 30 ans avec les enfants", rigole Laurent Tillie. "Ça nous unit, il y a une filiation, une histoire, c’est très touchant." Et Eric Ngapeth de compléter: "Dernièrement Earvin s’est marié, il y avait tous les pères qui étaient là. C’est une famille. On se retrouve, comme si on s’était quittés hier."

"Je pense qu’ils sont très heureux de nous voir jouer ensemble et pour nous, défendre un titre olympique devant eux, c’est quelque chose d’incroyable", ajoute Earvin Ngapeth. "Mon père me donne beaucoup moins de conseils, ça arrive mais il a un œil très attentif sur ce que l’on fait, il nous suit beaucoup. Il est vachement attaché à cette équipe de France.

Le Parcours de l'Équipe de France aux JO

  • La France commence ses Jeux face aux USA (0-3). Mauvais départ, manque de rythme, les Bleus ne trouvent pas la faille dans la défense américaine.
  • La réaction ne se fait pas attendre face à la Tunisie. Trévor Clévenot et ses coéquipiers sont plus tranchants.
  • Mais les Argentins accélèrent et les Français subissent. Tout va se jouer dans le cinquième set.
  • Face à la Russie, les Bleus sont dos au mur. Ils doivent terrasser l'ogre invaincu pour continuer dans le tournoi.
  • Malgré une défaite (3-2), ils se qualifient pour la phase finale.
  • Encore une fois, ils jouent le tout pour le tout et font douter les Polonais.
  • Mais, cette fois, les Bleus ne lâchent même pas un set (3-0) et se qualifient pour la finale olympique.
  • Les Bleus mènent 2-0, mais les Russes reviennent à hauteur. La finale est étouffante.

JO de Paris 2024 : La Célébration des Bleus

L’équipe de France masculine a fait le show pour célébrer son incroyable doublé olympique. Face à une foule de fans galvanisés par la victoire, les Bleus ont improvisé une petite chanson.

Prenant le micro, Barthélémy Chinenyeze, 26 ans, a annoncé la couleur en disant : « C’est très simple, on a un petit rituel, on va envoyer des phrases, il faudra juste les répéter ». Avec tous ses coéquipiers autour de lui, il amorce alors : « Ouais t’as capté, les Polonais, les Italiens, on a gagné, et le doublé olympique, la médaille, c’est la médaille d’or ».

Très vite repris en chœur par la foule, les Bleus se sont déplacés sur la scène en faisant le show. « On les a goumés, on les a fumés et trois-zéro c’était facile […] on est champions olympiques pour deux fois de suite » a poursuivi Chinenyeze avant d’être acclamé par le public.

Trois ans après l’or à Tokyo, les Bleus ont savouré cette nouvelle victoire. « On profite de cette ferveur qui est juste phénoménale. On en avait profité un peu de retour au Trocadéro après les jeux de Tokyo, mais c’est tout. On avait eu les frissons et là, c’est fois deux ! », a déclaré à L’Équipe le réceptionneur Trévor Clévenot.

Par rapport au sacre de Tokyo, période Covid en 2021, « cette médaille a un goût différent, parce qu’il y avait tous nos proches qui étaient là, a complété auprès de l’AFP Antoine Brizard. On peut la partager avec tout notre public. Voir la famille, le drapeau français au plus haut en écoutant la Marseillaise, c’est un cadeau énorme ».

Andrea Giani : L'Entraîneur Italien à la Tête des Bleus

À la tête de l’équipe de France de volley depuis mars 2022, le technicien italien, lui-même double médaillé d’argent aux Jeux, rêve d’accompagner les Bleus vers un deuxième titre olympique. Il s’efforce d’instaurer une certaine discipline à ce groupe de joueurs « créatifs ».

Entraîneur de l'équipe de France masculine de volley depuis mars 2022, Andrea Giani a remporté en juin 2024 la Ligue des nations et rêve d'emmener les Bleus vers un deuxième sacre olympique.

Quelques jours après la fin du processus de qualification pour les Jeux Olympiques de Paris 2024, le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) a communiqué la liste des sélectionnés en beach-volley, sa commission consultative des sélectionnés olympiques (CCSO) ayant approuvé la proposition de la Directrice Technique Nationale de la Fédération française de volley, Axelle Guiguet.

"C'est une immense satisfaction de voir quatre paires françaises qualifiées pour les Jeux de Paris 2024, ça vient valider toute la politique sportive mise en place par la Fédération depuis plusieurs années, nous sommes une fédération comblée d'avoir pris 100% des quotas", commente Axelle Guiguet, la Directrice Technique Nationale.

"L'objectif est qu'ils arrivent tous à jouer leur meilleur beach-volley, commente Axelle Guiguet. Les équipes sont vraiment ambitieuses et le fait d'avoir décroché des résultats significatifs sur le Beach Pro Tour, notamment d'avoir déjà gagné un Elite 16 pour Arnaud et Youssef (à Torquay, fin 2022), permet de s'autoriser à penser qu'on peut aller chercher un quart de finale, voire une demi-finale et donc une médaille.

Youssef Krou : "On est vraiment très heureux d’être officiellement qualifiés, c’est génial d’avoir réussi à faire ça avec Arnaud (Gauthier-Rat), car quand on s’est associés fin 2021, c’était notre but, avec des objectifs intermédiaires qu’il fallait cocher pour y arriver.

Julien Lyneel : "C’est une énorme satisfaction, parce que le projet, quand on l’a lancé il y a deux ans, était hyper ambitieux et on se rend compte que notre chemin a été parsemé d’embûches, ça n’a pas été simple, entre les blessures et le fait de rentrer dans le moule du beach-volley avec Rémi (Bassereau). On a vraiment bataillé, jusqu’au bout avec cette Nations Cup, il a fallu avoir les nerfs solides pour aller chercher ce deuxième ticket.

Alexia Richard : "C’est une grosse fierté d’aller jouer les Jeux Olympiques à domicile, sous la Tour Eiffel, devant les amis, la famille, les sponsors, la Fédération, c’est l’accomplissement de tout sportif, on s’entraîne tous les jours pour vivre cette compétition unique.

Aline Chamereau : "C’est un immense bonheur pour nous de savoir qu’on va disputer les Jeux. Ces dernières semaines, nous étions alliées avec Alexia (Richard) et Lézana (Placette) pour qu’elles se qualifient via le ranking, notre objectif de notre côté était de battre les équipes avec lesquelles elles étaient en concurrence directe. On voulait aussi montrer qu’on avait notre légitimité, enfin, on a ce ticket pour les Jeux !

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