Le 26 mai 1993, à Munich, l'Olympique de Marseille (OM) et ses supporters retenaient leur souffle. Le club était en finale de la Ligue des Champions contre le Milan AC, grand favori de la compétition. Ce jour-là, l'OM entre dans l'histoire en remportant la Ligue des Champions face à l'AC Milan (1-0). Ce sacre marque un tournant pour le football français. C'est la première fois qu'un club de foot français remporte une coupe d'Europe.

L'équipe de l'Olympique de Marseille célébrant sa victoire en Ligue des Champions 1993.
Un match historique
La tension était palpable. La première mi-temps touchait à sa fin. L’une des stars de l’équipe, Basile Boli, s’est blessé peu de temps avant mais reste sur le terrain. Il reste 3 minutes de jeu. Et tant mieux. Basile Boli s’élance dans les airs après un corner tiré par Abedi Pelé et marque un but de la tête à la 43ème minute. C’est la folie sur le terrain. Mais le match n’est pas encore gagné.
Durant la deuxième période, Milan ne lâche rien, mais la défense de Barthez, de Desailly, Angloma, Boli, Di Meco, Sauzée, Deschamps est plus forte que tout. L’OM ne veut rien lâcher. Et ça paye. Quand l'arbitre siffle la fin du match, c’est officiel, l’Olympique de Marseille remporte la ligue des champions.
“A jamais les premiers” comme disent les supporters. Et ce soir-là, ils sont nombreux dans les rues de Marseille pour fêter leur victoire qu’ils espéraient tant.
OM 3 - 1 PSG | Le doublé de 1993 🤩🏆
Le rôle de Bernard Tapie
Il y en a un autre qui est très heureux c’est le président du club… Bernard Tapie. L’ancien ministre, homme d'affaires, aussi admiré que détesté est aux anges. Déjà parce qu’il a battu son rival italien, Silvio Berlusconi président du Milan AC, mais aussi et surtout parce c’est lui qu’on acclame. Le lendemain au Vélodrome, les joueurs le portent en triomphe avec la coupe aux grandes oreilles dans les mains.
C’est leur victoire mais aussi la sienne. Bernard Tapie est en pleurs. Ça fait des années que l’homme d'affaires attend cette victoire, depuis qu’il a repris la direction du club en 1986. A son arrivée, il décide d’entamer une refondation totale de l’OM. Grâce à ses investissements, il devient l’un des clubs les plus riches du monde. Tapie attire des stars internationales capables de rivaliser avec les géants européens comme Jean-Pierre Papin qui deviendra Ballon d’or en 1991. Fun fact, l’année d’après, il quitte l’OM pour rejoindre le Milan AC. Et il perdra donc la finale face à ses anciens coéquipiers.
Bernard Tapie impose une culture de la gagne. Résultat : l’OM remporte cinq titres de champion de France consécutifs entre 1989 et 1993. Le club atteint aussi une première fois la finale de la ligue des champions en 1991, mais perd face à L’Etoile Rouge de Belgrade.
L'affaire VA-OM et ses conséquences
Mais ce titre de champion d’Europe va très vite être éclipsé par l’affaire Valencienne - OM. Des joueurs de Valenciennes révèlent que des dirigeants de l’OM leur ont proposé de l’argent pour lever le pied lors d’un match de championnat contre Marseille quelques jours avant la finale européenne.
L’affaire VA-OM éclate, Tapie est condamné pour corruption, perd la direction du club. Il entraîne l’équipe dans sa chute puisque l’OM est déchu de son titre de champion de France 1993 et l’UEFA exclu le club de toute compétition européenne pour la saison suivante. Ils ne pourront donc pas défendre leur titre. Cette histoire a profondément entaché l’image du club. Même si Bernard Tapie restera une icône pour l’OM. A sa mort, son cercueil a été amené au centre du Vélodrome pour lui rendre un dernier hommage. Et une statue de lui trône désormais devant le stade Vélodrome.

Bernard Tapie brandissant la coupe de la Ligue des Champions.
Le parcours de l'OM vers la victoire
Jamais encore un club français n’avait remporté de Coupe d’Europe de football. C’est devenu l’obsession de Bernard Tapie depuis que l’OM a reconquis le titre de champion de France, en 1989 : remporter la Coupe d’Europe, la vraie, celle qu’il a baptisée « la Coupe aux grandes oreilles »…
En 1990, l’OM était à deux doigts de la finale, à une main plus précisément. Celle de Vata qui a marqué pour le Benfica le but qui a éliminé Marseille en demi-finale retour (2-1, 0-1). Encore plus près, l’OM l’a été l’année suivante, en allant jusqu’en finale, à Bari, avant de succomber aux tirs au but au bout d’un non-match face à l’Étoile Rouge de Belgrade (0-0). Champion de France 1992, pour la quatrième fois d’affilée, l’OM vise toujours l’inaccessible étoile au printemps 1993, même si le club a perdu son capitaine et buteur en chef, Jean-Pierre Papin parti à l’AC Milan.
La Coupe d’Europe 1992 est la deuxième labélisée Ligue des champions. Après avoir passé en 16es le Glentoran Belfast (5-0, 3-0) et en 8es le Dinamo Bucarest (0-0, 2-0), l’OM se retrouve dans un groupe à sa portée avec les Glasgow Rangers, le FC Bruges et le CSKA Moscou. Si les Écossais résistent (2-2, 1-1), les Russes cèdent (1-1, 6-0), les Belges aussi (3-0, 1-0). La porte de la finale à Munich s’ouvre donc assez facilement devant les Marseillais.
La finale contre Milan AC
Mais derrière, c’est un monstre qui l’attend, l’AC Milan. De la finale de 1991, il ne reste dans les rangs marseillais que Basile Boli, Éric Di Meco, Abdedi Pelé et le coach Raymond Goethals, rappelé en pompier en cours de saison. Face à eux, les Milanais ne sont pas des inconnus. Outre Jean-Pierre Papin, auteur de 24 buts en 39 matches pour sa première saison italienne, les Marseillais se sont déjà frottés en 1991 aux Tassotti, Maldini, Baresi, Donadoni, Riijkaard, Gullit, Van Basten qui ce sont toujours présents, toujours vaillants.
Pour préparer au mieux la finale, les Olympiens se mettent au vert, dans un petit gîte à 70 km de Munich, les jours précédant la rencontre après un dernier match de championnat disputé à Valenciennes et qui fera ensuite beaucoup parler de lui. Une volonté de Bernard Tapie de mettre ses joueurs au calme dans un esprit de détente.
Face aux Milanais, Raymond Goethals décide d’aligner son équipe en 5-2-3 pour faire face au classique 4-4-2 de l’équipe italienne. L’attaque compte sur le duo Völler-Boksic, qui a fait oublier Papin cette saison, et la défense est renforcée car il craint la puissance de feu milanaise. Mais Milan se prive de trois joueurs au coup d’envoi : Jean-Pierre Papin, laissé sur le banc pour privilégier Massaro, Ruud Gullit qui s’est fâché avec Silvio Berlusconi, le propriétaire du Milan, et Zvonimir Boban, le Croate, victime de la limitation du nombre d’étrangers.
Mais c’est quand même Milan qui prend le match à son compte et est tout proche d’ouvrir le score à plusieurs reprises, notamment sur une tête de Massaro, au ras du poteau de Fabien Barthez. À 22 ans, l’ancien gardien de Toulouse, recruté en début de saison, enchaîne ensuite les arrêts déterminants dans une première mi-temps dominée par Milan. Puis en toute fin de première période, Abedi Pelé déboule sur le côté droit et obtient un corner alors qu’il est à la lutte avec Paolo Maldini.
Pelé tire ce corner, Rudi Völler saute mais manque le ballon qui tombe sur la tête de Basile Boli qui a pris de vitesse Franco Baresi. Boli, surpuissant devance d’un souffle Franck Riijkard arrivé en renfort pour dévier ce ballon dans les filets milanais : 1-0 ! Souffrant du genou, Boli avait demandé à être remplacé quelques minutes plus tôt, mais ni Raymond Goethals, ni surtout Bernard Tapie depuis les tribunes, n’avaient donné suite à cette demande.
En seconde mi-temps, l’OM fait bloc et résiste aux offensives milanaises. L’entrée de Papin ne change rien, Milan ne parvient pas à se dépêtrer du marquage des Angloma, Desailly, Boli, Di Meco, Sauzée, Deschamps qui font barrage à tout. Marseille ne lâche pas prise, saute sur tous les ballons jusqu’au coup de sifflet final qui donne le signal d’une allégresse délirante sur la pelouse de Munich comme dans les rues de Marseille.
C’est la première fois qu’un club français remporte une Coupe d’Europe, et c’est la plus prestigieuse, à la conquête de laquelle Reims en 1956 et 1959, Saint-Étienne en 1976 et Marseille en 1991 avaient échoué.
L’OM 93 a donc réussi : à jamais les premiers !
Composition des équipes
Voici la composition des équipes lors de la finale :
MARSEILLE: 1. Barthez - 2. Eydelie, 7. Angloma (Durand 61e), 6. Desailly, 4. Boli, 3. Di Meco - 5. Sauzée, 11. Deschamps (cap) - 10. Pelé, 9. Völler (Thomas 78e), 8. Entraîneur : Raymond Goethals.
AC MILAN: 1. Rossi - 2. Tassotti, 5. Costacurta, 6. Baresi (cap), 3. Maldini - 10. Donadoni (Papin 54e), 8. Rijkaard, 4. Albertini, 7. Lentini - 11. Massaro, 9. Entraîneur : Fabio Capello.

L'équipe victorieuse de l'Olympique de Marseille en 1993.
Vainqueurs de la Coupe d'Europe des clubs champions et de la Ligue des Champions
Voici une liste des vainqueurs de la Coupe d'Europe des clubs champions (jusqu'en 1992) et de la Ligue des Champions (à partir de 1993) :
| Année | Vainqueur | Pays |
|---|---|---|
| 1956 | Real Madrid CF | Espagne |
| 1957 | Real Madrid CF | Espagne |
| 1958 | Real Madrid CF | Espagne |
| 1959 | Real Madrid CF | Espagne |
| 1960 | Real Madrid CF | Espagne |
| 1961 | Benfica Lisbonne | Portugal |
| 1962 | Benfica Lisbonne | Portugal |
| 1963 | AC Milan | Italie |
| 1964 | FC Inter Milan | Italie |
| 1965 | FC Inter Milan | Italie |
| 1966 | Real Madrid CF | Espagne |
| 1967 | Celtic Glasgow FC | Écosse |
| 1968 | Manchester United FC | Angleterre |
| 1969 | AC Milan | Italie |
| 1970 | Feyenoord Rotterdam | Pays-Bas |
| 1971 | Ajax Amsterdam | Pays-Bas |
| 1972 | Ajax Amsterdam | Pays-Bas |
| 1973 | Ajax Amsterdam | Pays-Bas |
| 1974 | FC Bayern Munich | Allemagne |
| 1975 | FC Bayern Munich | Allemagne |
| 1976 | Bayern Munich | Allemagne |
| 1977 | Liverpool FC | Angleterre |
| 1978 | Liverpool FC | Angleterre |
| 1979 | Nottingham Forest FC | Angleterre |
| 1980 | Nottingham Forest FC | Angleterre |
| 1981 | Liverpool FC | Angleterre |
| 1982 | Aston Villa FC | Angleterre |
| 1983 | Hambourg SV | Allemagne |
| 1984 | Liverpool FC | Angleterre |
| 1985 | Juventus Turin FC | Italie |
| 1986 | FC Steaua Bucarest | Roumanie |
| 1987 | FC Porto | Portugal |
| 1988 | PSV Eindhoven | Pays-Bas |
| 1989 | AC Milan | Italie |
| 1990 | AC Milan | Italie |
| 1991 | Étoile Rouge de Belgrade | Yougoslavie |
| 1992 | FC Barcelone | Espagne |
| 1993 | Olympique de Marseille | France |
| 1994 | AC Milan | Italie |
| 1995 | Ajax Amsterdam | Pays-Bas |
| 1996 | Juventus Turin FC | Italie |
| 1997 | BV Borussia Dortmund | Allemagne |
| 1998 | Real Madrid CF | Espagne |
| 1999 | Manchester United FC | Angleterre |
| 2000 | Real Madrid CF | Espagne |
| 2001 | FC Bayern Munich | Allemagne |
| 2002 | Real Madrid CF | Espagne |
| 2003 | AC Milan | Italie |
| 2004 | FC Porto | Portugal |
| 2005 | Liverpool FC | Angleterre |
| 2006 | FC Barcelone | Espagne |
| 2007 | AC Milan | Italie |
| 2008 | Manchester United FC | Angleterre |
| 2009 | FC Barcelone | Espagne |
| 2010 | FC Inter Milan | Italie |
| 2011 | FC Barcelone | Espagne |
| 2012 | Chelsea FC | Angleterre |
| 2013 | FC Bayern Munich | Allemagne |
| 2014 | Real Madrid CF | Espagne |
| 2015 | FC Barcelone | Espagne |
| 2016 | Real Madrid CF | Espagne |
| 2017 | Real Madrid CF | Espagne |
| 2018 | Real Madrid CF | Espagne |
| 2019 | Liverpool FC | Angleterre |
| 2020 | FC Bayern Munich | Allemagne |
| 2021 | Chelsea FC | Angleterre |
| 2022 | Real Madrid CF | Espagne |
| 2023 | Manchester City FC | Angleterre |
| 2024 | Real Madrid CF | Espagne |
| 2025 | Paris Saint-Germain | France |