Le Tournoi des Six Nations est une compétition de rugby à XV qui se déroule chaque année entre les mois de février et mars. Il oppose les équipes d'Angleterre, d'Écosse, de France, d'Irlande, d'Italie et du Pays de Galles. Cette compétition est l'une des plus prestigieuses du monde du rugby et possède une histoire riche et complexe.
Tournoi des Six Nations 2025 : 30 essais pour un record historique
Les Origines et l'Évolution du Tournoi
L'histoire de cette compétition débute dans le dernier quart du XIXe siècle. La plus ancienne et la plus célèbre des compétitions internationales de rugby a commencé avec la première rencontre entre nations britanniques, remportée par l'Écosse devant l'Angleterre, en 1871. Ce match conserve une aura particulière puisqu'il donne lieu, chaque année, à la mise en jeu de la Calcutta Cup entre les deux équipes. Cette rencontre faisait suite à la fondation de la Football Rugby Union.
Mais c'est seulement à partir de 1883 que le fameux tournoi prend forme, sous le nom d’International Championship, en opposant tout d'abord les quatre nations britanniques (Angleterre, Écosse, Irlande, pays de Galles). Des ouvrages sont nécessaires pour en retracer la complexité et les rebonds, peuplés de personnages extraordinaires qui en ont construit la légende et la gloire. Car si le premier match entre nations opposa l'Angleterre à l'Ecosse en 1871, il fallut attendre 1884 pour que les quatre nations britanniques disputent un premier tournoi annuel, avant que ne surviennent des mésententes entre Fédérations.
L'étape suivante fut l'admission de la France lors du "Tournoi des V nations" 1910. Le XV tricolore n'avait jamais encore été invité à rencontrer l'Écosse ; voilà qui est chose faite, le 22 janvier 1910 à Édimbourg (le match se soldant par la victoire de l'Écosse par 27 à 0). Tout est désormais réuni pour que naisse le Tournoi des cinq nations. Malgré une victoire précoce sur l’Écosse dès 1911, à Colombes, par 16 à 15, la première période internationale du rugby français est marquée par de très lourdes défaites, l'équipe de France manquant de joueurs d'expérience.

La France sera à nouveau exclue en 1931, accusée de professionnalisme et de recrutement inter-clus, et admise à nouveau en 1939. Les relations entre les Français et les Britanniques ne vont reprendre qu'en 1939, après que l'unité ait été refaite en France et que le championnat ait été supprimé par le congrès de la F. F.
Après l’interruption du fait de la Seconde Guerre mondiale, la France réintègre le Tournoi l’année de la reprise, en 1947, et affirme sa maturité, en l'emportant pour la première fois au pays de Galles, à Swansea, en 1948, et en Angleterre, à Twickenham, en 1951 : il a fallu attendre un demi-siècle pour que la France obtienne une victoire qui la place parmi les meilleures nations mondiales. Le XV de France est alors bien près de terminer à la première place, qu'il obtient enfin en 1954, ex-aequo avec le pays de Galles.
Le dernier fait majeur est l'invitation de l'équipe de l'Italie dans le Tournoi 2000, qui prend alors le nom "Tournoi des VI Nations". L’Italie s’immisce dans le concert des nations en battant en 1997, à Grenoble, la France, alors auréolée de son grand chelem : les Italiens se rapprochent du Tournoi, qu’ils rejoignent en 2000. Pour ce premier Tournoi des Six-Nations, ils battent l’Écosse chez eux.
Règles et Fonctionnement du Tournoi
Le tournoi des Six-Nations se dispute chaque année, opposant les équipes d'Angleterre, d'Écosse, d'Irlande, du pays de Galles, d’Italie et de France, qui se rencontrent chacune une seule fois. Traditionnellement, les lieux de rencontre changent chaque année, les hôtes de l'année précédente devenant les visiteurs l'année suivante.
Chaque équipe jouait deux fois à domicile et deux fois à l'extérieur, mais cette égalité de traitement a pris fin avec le passage à six équipes lorsque l'Italie a rejoint le tournoi en 2000. Aucune modification majeure n'est attendue pour l'instant dans le nombre d'équipes participantes ni dans le formatage de cette épreuve toujours aussi attrayantes pour les spectateurs, bénéficiant d'une couverture télévisuelle exceptionnelle.
Attribution des Points
Une victoire vaut 4 points, un match nul 2 points et une défaite 0 point. La différence entre les points marqués et les points encaissés (le goal-average) départage les équipes ayant obtenu le même nombre de points.
Le grand chelem récompense l'équipe qui a battu tous ses adversaires. Une nation qui remporte ses cinq matchs et réalise ainsi le grand chelem se voit attribuer un bonus de trois points au classement final. Ce fut le cas de la France l'an dernier, par exemple.
Bonus Offensifs et Défensifs
Lors du Tournoi des 6 Nations, il "suffit" d'inscrire quatre essais pour décrocher un point de bonus offensif. Pour ce qui est du point de bonus défensif, là aussi on utilise le fonctionnement de la Champions Cup ou de la Challenge Cup, avec l'attribution d'un point de bonus si l'équipe vaincue perd par sept points ou moins. A noter que les règles sont différentes de celle du Top 14, le championnat français, où il faut marquer trois essais de plus que l'adversaire pour glaner le bonus offensif, et perdre de cinq points (et non sept) ou moins, pour avoir le bonus défensif.
| Résultat | Points |
|---|---|
| Victoire | 4 points |
| Match nul | 2 points |
| Défaite | 0 point |
| Bonus offensif (4 essais ou plus) | 1 point |
| Bonus défensif (défaite par 7 points ou moins) | 1 point |
| Grand Chelem | 3 points |
Égalité au Classement
Si deux équipes sont à égalité au classement, quels critères prévalent ? C'est tout d'abord la différence générale qui est prise en compte, c'est-à-dire la différence entre le total de points marqués dans la compétition et le total de points encaissés. C'est évidemment celui dont le différentiel est le plus important, qui a marqué le plus de points et en a encaissé le moins, qui remporte l'épreuve. En cas de nouvelle égalité, avantage sera donné au club ayant marqué le plus grand nombre d'essais.
Jusqu'en 1994, les équipes arrivant en tête à égalité de points se partageaient le trophée. Mais depuis cette date, la règle a été modifiée afin qu'il n'y ait qu'un seul vainqueur : En cas d égalité de points, le classement des équipes ex-aequo à la première place est déterminé par la différence entre les points marqués et les points concédés par chacun sur l ensemble du tournoi.
Anecdotes et Traditions
La "cuillère de bois" (wooden spoon) est l'antithèse du "Grand Chelem", une humiliation puisqu'elle symbolise un trophée virtuel remis à l'équipe terminant à la dernière place.
Du XV de la Rose à celui du Chardon, en passant par le coq ou le poireau, les sélections de rugby se distinguent par leurs surnoms parfois surprenants. Le coq pour la France, le chardon pour l'Écosse, la rose pour l'Angleterre, le trèfle pour l'Irlande, le poireau pour le pays de Galles... Avant le début du Tournoi des 6 Nations ce vendredi, (re)découvrez la signification des emblèmes des nations engagées.

Référence guerrière pour les uns, jeu de mots pour les autres... Avant le Tournoi des 6 Nations qui débute ce vendredi, découvrez la signification des emblèmes de la France, de l'Écosse, de l'Angleterre, de l'Irlande et du pays de Galles, qui leur valent leur sobriquet actuel.
- Le coq français, né à l'Antiquité: La propension des Français à faire des jeux de mots remonte au moins à l'Antiquité : à l'époque, en latin, « gallus » signifie à la fois « gaulois » et « coq ». La volaille apparaît sur les monnaies gauloises et gagne en popularité pendant la Révolution française, puis connaît son heure de gloire sous la Deuxième et surtout la Troisième République.
- La rose anglaise, une histoire de guerre de succession: Pas en référence au coach Igor, mais plutôt à la dynastie homonyme, l'Angleterre adopte la rose Tudor comme emblème à la fin du XVe siècle. Son origine vient de la guerre des Deux-Roses qui opposa deux familles royales pour la succession de la couronne : les Lancastre, dont le symbole était une rose rouge, et les York, une rose blanche. Après la victoire de la maison Lancastre, Henri Tudor (futur roi Henri VII) créa l'emblème devenu symbole de l'Angleterre en fusionnant les deux roses, symbole de réconciliation.
- Le trèfle irlandais, une métaphore religieuse: C'est à Saint-Patrick, figure légendaire ayant principalement vécu au Ve siècle, que l'on doit l'emblème de l'Irlande. Considéré comme le père fondateur du christianisme irlandais, il aurait utilisé le fameux trèfle à trois feuilles - le « shamrock » - pour représenter la Sainte Trinité dans sa mission d'évangélisation du pays.
- Le poireau gallois, une stratégie guerrière: Autre référence guerrière : au VIIe siècle, le roi David de Ménevie, saint patron du pays de Galles, aurait demandé à ses hommes, à proximité d'un champ de poireaux, d'en attacher un sur leurs casques afin de se distinguer des Saxons.
Gestion et Organisation du Tournoi
Cette vénérable institution, créee en 1883, était traditionnellement pilotée par un "Comité des 6 Nations" où chaque Fédération engagée avait un nombre égal de représentants. Bien que très formalisée, cette institution qui n'avait aucune personnalité juridique ou financière, s'est révélée inadaptée après l'adoption du professionnalisme pour gérer les flux financiers importants générés, puisque aux droits de billetterie venaient s'ajouter les revenus publicitaires, le sponsoring et surtout les droits de retransmission télévisuels.
C'est pourquoi était fondée en 2004 une société commerciale de droit irlandais, la "RBS 6 NATIONS l.t.d", en charge de la préparation, de la gestion et de l'exécution des contrats commerciaux du "Tournoi", son Secrétaire Général, John Feenhan, étant en charge de passer et signer les contrats au nom de l'ensemble des fédérations.
Le "Comité des Nations" demeure toutefois ; il est composé de 12 membres, deux représentants désignés par chacune des fédérations participantes. Ce Comité élit en son sein son Président, actuellement le gallois David PICKERING. Ce Comité définit toujours les grands choix de l'institution, détermine la politique et la stratégie qui seront suivies.
Mais la partie exécutive incombe désormais à la "RBS 6Nations l.t.d", dont le Secrétaire Générall, s'il n'a pas voix exécutive aux votes du Comité. en assure l'exécution, de la préparation des contrats, leur signature, jusqu'à leur exécution effective et leur suivi. Pour mener à bien sa tâche, la société a un personnel permanent de sept personnes.
Cette instance est donc en charge des aspects sportifs (organisation de l'épreuve), règlementaires (arbitrage, discipline), commerciaux et financiers. Cette forme de gestion, moderne et adaptée aux réalités économiques de son époque, génère des bénéfices importants, qui sont reversés aux fédérations actionnaires : 75% des sommes générées vont, à part égale, aux six fédérations (donc, avantageant délibérément les fédérations les plus faibles économiquement, celles qui ont abandonné un championnat professionnel domestique pour resserrer leur élite dans quelques franchises engagées dans des compétitions internationales) ; 10% sont distribués corrélativement au nombre de clubs de chaque fédération ; les derniers 15% reviennent également aux fédérations, en fonction du classement sportif de leur équipe nationale dans le Tournoi.