Le Trophée des Champions, opposant le Paris Saint-Germain (PSG) à l'AS Monaco, s'est joué à Doha, au Qatar. Cette délocalisation, initialement prévue à Pékin, met en lumière l'influence grandissante du Qatar dans le football français. Revenons sur les tenants et aboutissants de cette décision, ses implications financières et les réactions qu'elle a suscitées.

Une organisation chaotique et une délocalisation controversée
La Ligue de Football Professionnel (LFP) a tranché pour son Trophée des champions qu’elle organise chaque année. Programmée pour le 5 janvier 2025, cette édition opposera le Paris Saint-Germain, champion de France et vainqueur de la coupe de France en titre, à l’AS Monaco, dauphin de Ligue 1, dans le cadre du stade 974 de Doha. Le PSG est le tenant du titre du Trophée des champions.
L'organisation de la rencontre s'est transformée en casse-tête : le match devait initialement se tenir le 8 août 2024, à Pékin, afin de célébrer le soixantième anniversaire des relations diplomatiques entre la France et la Chine. Mais l’opération n’a pas pu aboutir, la LFP n’ayant jamais eu les autorisations définitives de la part des autorités chinoises, selon L’Equipe. La LFP a ensuite envisagé de faire jouer le match à Monaco, le 28 août… le jour de la cérémonie d’ouverture des Jeux paralympiques. Le PSG ne souhaitant pas modifier l’horaire de la rencontre, la compétition a été une nouvelle fois décalée. Et ce n’est que le 18 novembre que la tenue du match à Doha a été officialisée.
Cette rencontre, généralement organisée au cœur de l’été, voit s’affronter l’équipe championne de Ligue 1 et le vainqueur de la Coupe de France. Le PSG ayant remporté ces deux titres en 2024, les Parisiens sont opposés à l’ASM, deuxième du championnat de France à l’issue de la dernière saison. Après moult tergiversations, le match a été délocalisé au Qatar, à 5 000 kilomètres de l’Hexagone, et tombe en plein milieu d’une journée de Ligue 1, qui a repris ses droits ce week-end après une trêve pendant la période des fêtes.
Un choix motivé par des considérations financières
Le choix du lieu n’est évidemment pas anodin. Financièrement, l’opération serait estimée à trois millions d’euros pour Visit Qatar, nouveau partenaire titre de l’événement. Le stade 974, une infrastructure inaugurée pour la Coupe du Monde 2022, servira de décor à cette rencontre.
La LFP affirme quant à elle que Doha était la solution la plus facile aussi bien pour les deux clubs que pour les organisateurs. En bon ami, Doha a proposé ses services pour accueillir cette rencontre le 5 janvier prochain. Les instances du football français ont validé cette option qui va permettre au PSG, club détenu par l'émirat, de s'offrir une petite tournée hivernale dans sa résidence secondaire. Pourtant, Abidjan et la Côte d'Ivoire s'étaient portés candidats pour organiser ce match, avec la même proposition financière, aux alentours de trois millions d'euros. Mais encore une fois, le Qatar a eu le dernier mot.
Le Qatar a surenchéri et proposé des conditions encore meilleures. « Il fallait un certain montant, un argent fiable et des infrastructures adéquates pour jouer au niveau le plus haut », explique cette source.
La situation de cette année rappelle celle de l’édition précédente, qui avait irrité de nombreux supporteurs français. L’organisation de ce match au Qatar n’a fait qu’aggraver leur mécontentement.
Réactions et polémiques autour de la délocalisation
Cette délocalisation provoque la colère des fans des deux équipes. Trois semaines à peine après le dernier match entre le Paris Saint-Germain (PSG) et l’AS Monaco (ASM), dans le cadre de la 16e journée de Ligue 1 (victoire 4-2 du PSG en Principauté), les deux clubs se rencontrent à nouveau ce dimanche 5 janvier à 17 h 30, à Doha, cette fois-ci à l’occasion du Trophée des champions.
« Cet arrachement territorial n’a aucun sens. C’est l’étape ultime de la marchandisation du football », s’exaspère Pierre Barthélémy, avocat de l’Association nationale des supporteurs (ANS), principal organe représentatif des fans de football français.
Le club a en effet proposé à ses 365 abonnés les plus assidus un billet incluant trajet en avion, nuit à l’hôtel et activités dans la capitale qatarie pour seulement 100 euros. Une offre alléchante qui s’est écoulée en quelques heures. Le PSG a toutefois précisé que les frais avaient été pris en charge par le club, via une agence spécialisée dans le transport de supporteurs, et non via ses sponsors.
Pour Pierre Barthélémy, cette délocalisation à Doha pose toutefois un problème d’équité. « Cela fait deux ans de suite que ce trophée profite au PSG. L’année dernière, le match avait eu lieu au Parc des Princes [Paris avait battu Toulouse 2-0]. Cette année, la rencontre se joue chez le premier partenaire du club. »
Ulcéré par la délocalisation de l’événement, le collectif Ultras Monaco 1994 dénonçait « une mascarade » dès novembre 2024 dans un communiqué publié sur X. Contacté, le club de la Principauté a d’ailleurs affirmé qu’aucun de ses supporteurs ne se rendrait au match. Il en va de même pour le Collectif Ultras Paris, qui, selon les informations de RMC Sport, ne cautionne pas non plus la tenue à l’étranger de cette compétition.
« C’est devenu un trophée commercial, estime Pierre Barthélémy, mais qui n’est pas propre à la France. D’autres compétitions européennes exportent leur tournoi. » C’est notamment le cas de la Supercoupe d’Italie et de son équivalente espagnole, dont les dernières éditions se sont déroulées à Riyad, en Arabie saoudite.
Selon Luc Arrondel, chercheur en économie du sport au CNRS, « la Côte d'Ivoire aurait été plus logique que Doha » pour « capter un nouveau public et un nouveau marché, une stratégie de visibilité du football français à l’étranger » traditionnelle pour ce type de compétition. Mais « Doha a proposé davantage » et la LFP a cédé à « une vision court-termiste, c’est le problème des besoins de liquidités », ajoute l’économiste à l’AFP.
Jean-Baptiste Guégan pointe un renversement sur ce Trophée 2025 par rapport aux éditions précédentes à l’étranger (en Chine, en Israël, au Canada…) : « Ce n’est plus le football français qui fait sa promotion à l’étranger mais un État qui fait sa promotion en France », avec, en plus du lieu, plusieurs sponsors qataris pour l’événement.
Le Qatar, un acteur incontournable du football français
Le club parisien jouit d’une proximité particulière avec l’émirat. Il est la propriété du fonds Qatar Sports Investment (QSI) depuis 2011 et la plupart de ses principaux sponsors (Qatar Airways, Visit Qatar, QNB, BeIN Sports) sont qataris. Trois boutiques officielles du PSG sont présentes dans le pays et l’équipe première a pour habitude d’effectuer ses stages de préparation hivernaux à Doha.
L'heure n'est pas au désengagement pour Doha, qui compte bien capitaliser sur la dimension prise par le Paris Saint-Germain depuis son changement d'ère en 2011. Le Qatar a fait une entrée remarquée dans le sport en France en rachetant le PSG en 2011 via QSI. Le PSG peut jouir de la puissance financière de QSI depuis son rachat en 2011. La société d'investissement gérée par le gouvernement du Qatar a fait les choses en grand et fait passer le club parisien dans une autre dimension.
En plus du PSG, QSI multiplie les investissements hors de la capitale. Un signal vers un désengagement à petit feu ou simple stratégie, l'avenir le dira. Pour rappel, le Qatar avait récemment décidé de vendre des parts du PSG à Arctos Partners (Arctos), fonds d'investissement américain, et le dossier du Parc des Princes a tendu la situation à l'extrême entre Nasser Al-Khelaifi et la mairie de Paris.
Comme révélé par RMC Sport, l'Emir du Qatar assistera à la rencontre demain soir. Ce samedi soir, il était présent avec des proches à la traditionnelle séance de veille de match. "Tout le monde est focalisé sur le 'soft-power' alors que si le Qatar voulait vraiment du 'soft-power' il aurait acheté ce match dès le début, et acheté tous les droits médias. Ce n’est pas le cas", précise une autre source.
Un élément majeur de la stratégie nationale du Qatar consiste aujourd’hui à diversifier son économie. En accentuant ses efforts d’un côté, et en s’éloignant du gaz qui s’épuisera dans 50 ans de l’autre. L’accueil du sport et le tourisme en restent donc un élément majeur.
Les investissements du Qatar et les résultats du PSG ont porté à bout de bras le football français ces dernières années, il ne faudrait pas l’oublier.
L'INVASION du QATAR grâce au PSG
Conséquences sur le calendrier de la Ligue 1
Cette nouvelle programmation fera suite à l'échec de Pékin où le Trophée devait initialement se tenir en août, mais avait dû être annulé en raison de lourdeurs administratives chinoises. La date du 5 janvier nécessite l'avancement de Monaco-PSG, prévu ce week-end-là pour le compte de la 16e journée de L1, au mercredi 18 décembre, soit trois jours après la 15e journée, la dernière avant la pause hivernale. L'actuel leader de L1 et son dauphin s'affronteraient donc deux fois de suite, pour conclure 2024 puis démarrer 2025.
Victoire du PSG face à Monaco
Après avoir longtemps buté sur Philipp Kohn, le Paris Saint-Germain a remporté le Trophée des Champions dans le temps additionnel (1-0), grâce à un but d'Ousmane Dembélé. Les Parisiens confirment leur mainmise sur ce trophée.
Elu homme du match, Dembélé est "heureux" après son 4e trophée avec Paris. A la fin, on gagne. On est tous très heureux du résultat. C'était un match disputé. On revient après 10 jours de vacances. C'était un match avec beaucoup d'intensité, ça a basculé pour nous, on est content.
Voici un récapitulatif des moments clés du match :
| Événement | Minute | Score |
|---|---|---|
| Début du match | 0' | 0-0 |
| But de Dembélé | 90+4' | 1-0 |
| Fin du match | 90+4' | 1-0 |
