Le Paris Saint-Germain Handball, fort d'un appétit européen insatiable, a connu une trajectoire riche en émotions depuis l'arrivée de QSI à la tête du club en 2012. L'équipe, renforcée par des joueurs de renom, a frôlé l'extase avant de buter sur la dernière marche en 2017. Retour sur une décennie de succès et de défis.

L'ère Raul Gonzalez : L'espoir d'un sacre en Ligue des Champions
La saison suivante, le PSG décide de s'adjoindre les services de Raul Gonzalez, l'homme qui avait privé le club du Graal en remportant la Ligue des champions en 2017 avec le Vardar Skopje. L'objectif était clair : grâce au technicien espagnol, le sacre en C1 devait devenir tangible et le plafond de verre exploser.
Sous sa direction, le club a empilé les trophées hexagonaux et s'est invité à quatre reprises au Final Four de Cologne. Malheureusement, le PSG n'a jamais regoûté à la saveur d'une finale européenne. L'aventure s'est même terminée aux portes des quarts de finale, avec une lourde défaite (35-25) face aux Hongrois de Szeged.
Raul Gonzalez : « Heureux de continuer mon travail à Paris »
2017-2021 : Les promesses des débuts
Doté de l'un des effectifs les plus solides du continent, le PSG s'installe parmi les grands d'Europe, malgré les départs à la retraite de Daniel Narcisse (2018) et Thierry Omeyer (2019). Sur cette période, les Parisiens disputent trois Final Four (2018, 2020 et 2021). En 2021, ils marquent les esprits en terrassant le champion d'Europe sortant, Kiel.
« C'est beaucoup d'émotion. On est partis la chercher, ça fait du bien de "ouf" !, confiait d'ailleurs l'ailier droit Benoît Kounkoud après la rencontre. Les gens ne se rendent pas compte à quel point c'est dur d'aller au Final Four. Je suis là depuis le début et c'est notre cinquième, c'est une p... de joie. »

2021-2025 : Un lent déclassement
Une joie qu'ils ne retrouveront qu'en 2023, le PSG handball ayant été éliminé dès les quarts la saison précédente. On ne le savait pas encore, mais ce faux pas posait les prémices du déclassement à venir. Au cours de cette deuxième partie du mandat de Gonzalez, marquée par les départs successifs des emblématiques Mikkel Hansen (2022), Nikola Karabatic (2024), le PSG ne participe qu'à un seul Final Four, en 2023, et termine 4e. En 2022 et 2024, sa route s'arrête dès les quarts... Dès les 8es, en 2025, pour son ultime année à la tête de l'équipe parisienne.
Pire, face à la formation magyare jeudi, elle a connu un effondrement triplement historique. Depuis 12 ans et la saison 2013-2014, le PSG avait toujours été au rendez-vous des quarts de finale. Jamais, il n'avait perdu aussi lourdement à domicile en 13 ans d'ère qatari. Jamais, il n'avait été éliminé en Ligue des champions après avoir gagné le match aller à l'extérieur (30-31).
Pour Raul Gonzalez, la suite s'écrira à la tête de la sélection serbe. Avant son départ, l'Espagnol peut encore espérer glaner un sacre de champion de France (ce serait le 7e) et une Coupe de France (3e). Ce qui constituerait une - maigre - consolation face à l'amertume européenne.
Focus sur la saison actuelle
Le calendrier de fou du PSG (7 matches en novembre !) avance. Bien entamé avec un succès néanmoins compliqué contre Porto, il voit venir Chambéry ce dimanche (16 heures) en championnat, pour le premier des deux duels du mois entre les deux clubs. Les coéquipiers de Luc Steins auront à coeur de repasser devant Montpellier à la tête du classement.
On pensait que cette saison ne serait pas aussi impériale que la précédente. Plusieurs cadres sont partis et il faut du temps pour les remplacer, tandis que les principaux adversaires ont laissé leurs complexes aux vestiaires, à l’image du H nantais, qui tient son rang en Ligue des champions. Les premières journées ont confirmé que la vie ne sera pas rose cette saison pour le PSG, qui a déjà connu la défaite à Toulouse en championnat. Depuis ce faux-pas, Raul Gonzalez tient bon la barre et son équipe enchaîne les succès, huit toutes compétitions confondues.
L’objectif de la rencontre de ce dimanche est simple : reprendre le fauteuil de leader (déjà récupéré dimanche dernier après le revers de Nantes à Limoges) à Montpellier, vainqueur (31-29) à Aix ce vendredi soir. Les Parisiens devront ensuite attendre pendant une heure le résultat de Nantes - Créteil. A égalité de points, les Nantais accusent un déficit de dix buts au goal-average.
Un trio d’attaque en feu
S’il y a bien un secteur qui fonctionne en ce moment côté parisien, c’est devant les cages adverses. Depuis Créteil, il y a à peine un mois, la moyenne de buts inscrits est exactement de 36. Le duo de géants composé de Kamil Syprzak et de Dainis Kristopans fait ce que le coach demande, survoler les défenses.
Un troisième larron, Elohim Prandi, est venu depuis quelques rencontres apporter son grain de sel. Prandi, c’est 11 buts inscrits contre Porto jeudi en Ligue des champions, et 14 à Dunkerque dimanche dernier... L’ancien Nîmois est en pleine confiance et est même remonté à la 4e place au classement des buteurs (49 réalisations), devant Syprzak (6e, 46). Les gardiens de but chambériens n’ont qu’à bien se tenir.
Chambéry, acte I
Ancien cador du championnat de France (éternel 2e derrière Montpellier dans les années 2000), Chambéry fait toujours partie des clubs qui comptent en France et Paris ferait bien de ne pas l’oublier ce dimanche, tandis que les deux clubs se retrouveront le 15 novembre en Coupe de France. Actuels 4e au classement, les hommes d’Erick Mathé (l’adjoint de Guillaume Gille à la tête de l’équipe de France) alternent le bon et le moins bon depuis septembre.
Eliminé de Coupe d’Europe avant même de pouvoir rejoindre la phase de groupes, le club savoyard s’est depuis bien repris. Certes, le départ de Nikola Portner, leur précieux gardien de but suisse exilé en Allemagne à Magdebourg, leur a porté un gros préjudice. Ils gardent néanmoins un effectif solide et homogène, avec également un buteur en pleine forme. Avec 49 réalisations (comme Elohim Prandi), Benjamin Richert fait presque oublier à lui tout seul que son équipe ne possède que la 15e attaque...