Avec sa mélodie entraînante et ses paroles minimalistes, "Tous ensemble on chantera" n'a cessé de retentir tout le week-end. Il continue de résonner dans les têtes, de Munich au Parc des Princes, où DJ Snake et Marquinhos ont fait un tabac, en passant par les Champs-Élysées. Le chant a accompagné le triomphe du PSG en Ligue des champions et a marqué ensuite les esprits lors des célébrations.
Pourtant, « Tous ensemble on chantera » ne figure pas dans le répertoire historique des supporters parisiens. La première fois qu'il est entonné, le 1er octobre 2016 lors d'une victoire contre Bordeaux (2-0), le PSG sort à peine d'une période sombre.
La mort de Yann Lorence, un ancien membre de la tribune Boulogne, survenue le 28 février 2010 en marge d'un match contre l'OM, convainc la direction du club de frapper fort. Les associations de supporters sont dissoutes et un placement aléatoire est instauré pour tenter d'éradiquer les graves violences touchant la mouvance ultra dans la capitale. Ces décisions sont appliquées pendant six ans. Jusqu'à la création du Collectif Ultras Paris (CUP), regroupant plusieurs groupes encore actifs issus du virage Auteuil, le 23 février 2016.
« Le chant est né de leur contestation, se souvient un proche du CUP, préférant garder l'anonymat. Il a pris avec le retour progressif des ultras au Parc, après la bascule populaire, médiatique et juridique qui a mis fin au plan Leproux », du nom du président de l'époque. Au moment de l'arrivée de Qatar Sports Investments (QSI) à la tête du PSG, en juin 2011, les tribunes se pacifient au détriment de l'ambiance. Pour éviter que le stade devienne « un cinéma à ciel ouvert », le CUP lance ce nouveau refrain, qui viendra progressivement remplacer un autre, moins présent désormais.
« Tous ensemble on chantera », le chant qui galvanise les joueurs du PSG
L'Ascension d'un Hymne
« Avant QSI, le chant des supporters avant était ''Ô Ville Lumière'', rappelle Bastien (son nom a été modifié), un suiveur historique du PSG. En 2012, le club a essayé de le mettre en avant mais ça n'a pas pris avec le nouveau public. » Celui du CUP prend en revanche de l'ampleur « jusqu'à ce que le PSG mette la main dessus », ajoute le familier du Parc, en référence au nouveau tube joué par un orchestre philharmonique pour fêter le titre 2024, et matraqué depuis sur les canaux du club.
Si les 48 000 spectateurs présents dans l'antre parisien l'ont chanté à pleins poumons pendant de longues minutes, montrant des images de communion totale pas loin d'être inédites dans ce lieu si chargé d'histoire, la ballade continue de diviser. « Aujourd'hui, tout le monde le connaît et le fredonne mais seuls les plus anciens et les plus investis savent de quoi il parle », juge Bastien. Les plus jeunes auraient tendance à assimiler les années de « galère et de combat » aux nombreuses désillusions sportives du PSG par exemple.
« On s'en moque que tout le monde sache à quoi les mots font référence, insiste celui qui a accompagné la création du chant au sein du CUP, sans se souvenir des noms de son auteur et de son compositeur. Il s'est installé de manière naturelle. C'est bien qu'il vive et prenne autant de place. Jamais un autre n'en a eu autant sur la durée. C'est tellement beau. »
Certains, à l'oreille musicale, y distinguent une ressemblance avec le « Boléro » de Maurice Ravel, dans les percussions. D'autres préfèrent y déceler un rythme guerrier ou de carnaval. Après la finale grandiose contre l'Inter Milan (5-0), à l'unanimité, le nouvel hymne du PSG sonnait cette fois comme un air de victoire.
Des Origines Italiennes ?
La chanson originale qui aurait inspiré le chant repris par les supporters parisiens serait « Vuoto a perdere » de la chanseuse italienne Noemi. Sa sortie remonte à 2011. Sur le même air, les tifosi de Napoli (club jumelé avec le PSG) entonnent aussi un autre chant très reconnaissable, mais aux paroles différentes : « Je serai avec vous, et vous ne devez pas abandonner, nous avons un rêve dans nos coeurs, Naples redevient champion.
Les supporters du PSG ont fait passer plusieurs messages, ce mardi soir, à leurs joueurs qui défient le Real Madrid en huitièmes de finale retour de la Ligue des champions. «45 000 à y croire, renversez-les, entrez dans l'histoire» pouvait-on lire au pied de la tribune Auteuil. «1993-2018. 25 ans plus tard, rentrez aussi dans l'histoire» ont également écrit les supporters sur une banderole.
A l'entrée des joueurs sur la pelouse, le virage Auteuil a dévoilé un tifo composé de la Ligue des champions et d'un nouveau message : «Paris SG, fais nous rêver».
Au Parc des Princes, l’ambiance est unique et vibrante, portée par des milliers de voix qui chantent à l’unisson pour soutenir le Paris Saint-Germain. Les chants des supporters parisiens font partie intégrante de l’identité du club, et rythment chaque match, à domicile comme à l’extérieur.
5 Chants Emblématiques du PSG :
- Paris SG, Tous ensemble on chantera, Cet amour qu’on a pour toi, Qui ne cessera jamais !
- Inspiré de l’hymne écossais Flower of Scotland, « Ô Ville Lumière » a été repris par les ultras parisiens dans les années 90 et s’est imposé comme un des chants emblématiques du Parc des Princes.
- Ô Ville Lumière, Sens la chaleur, De notre coeur, Vois-tu notre ferveur, Quand nous marchons près de toi ?
- Pour Paris je perds la raison, Je ne pourrais m’en passer, Du virage résonne la passion, Des Ultras du PSG !
- On a Paris dans la peau, Allez, allez, allez Oh !
Ces chants font vibrer le Parc des Princes et illustrent toute la ferveur des supporters parisiens.
| Chant | Origine/Inspiration | Signification |
|---|---|---|
| Tous Ensemble On Chantera | Contestation du CUP après le plan Leproux | Unité et amour indéfectible pour le PSG |
| Ô Ville Lumière | Hymne écossais "Flower of Scotland" | Fierté de représenter Paris et soutien au club |
| Autres chants | Divers | Passion, fidélité et identité du supporter parisien |
