PSG - CSKA Moscou 2004 : Un Match Crucial et un But Mémorable

Le 7 décembre 2004, le Parc des Princes a été le théâtre d'un match décisif de la phase de poules de la Ligue des Champions entre le Paris Saint-Germain et le CSKA Moscou. Cette rencontre, qui s'est soldée par une défaite (3-1) du PSG, a marqué la fin de leur parcours dans la plus prestigieuse des compétitions européennes. Retour sur ce match et son contexte.

Parc des Princes, lieu du match PSG - CSKA Moscou en 2004.

Le Contexte du Match

En 2004, le club de la capitale n’est pas ce club aux moyens financiers colossaux, dirigé par un entraîneur de classe mondiale et composé d’un effectif de stars. Vahid Halilhodžić est le coach de l’époque. Les cadres de l’effectif se nomment José-Karl Pierre-Fanfan, Jérôme Rothen ou Pedro Miguel Pauleta. Son groupe est corsé : le FC Porto, champion d’Europe en titre ; Chelsea, la nouvelle sensation anglaise et les Russes du CSKA Moscou. Le début de campagne est un échec : deux matches, deux défaites et aucun but marqué.

Le mythique arbitre italien Pierluigi Collina est au sifflet. Les supporters parisiens sont incrédules. Leur équipe vient d'encaisser un troisième but de l'attaquant du CSKA Moscou Serguei Semak, et le PSG va quitter la scène continentale par la toute petite porte.

Le But Exceptionnel de Coridon

Ce soir-là, un second rôle capte toute la lumière. Son matricule : Charles-Edouard Coridon. Son pedigree : six saisons à Guingamp, cinq à Lens et une arrivée dans les dernières heures du mercato parisien, durant l’été 2004, après le départ surprise et polémique de Fabrice Fiorèse pour l’OM. Le public s’attend, au mieux, à ce qu’il tente un contrôle et remise en retrait ; au pire, à ce qu’il loupe la balle. Le Martiniquais surprend les 42 000 spectateurs avec un geste totalement fou : il prend impulsion sur ses talons, se penche en avant, se réceptionne avec ses poignets et coupe la balle avec son pied droit suspendu en l’air, à la hauteur du buste des défenseurs portugais.

Un coup du scorpion, « un saut de cabri », comme il dit. Aux commentaires sur Canal +, Denis Balbir et Aimé Jacquet s’interrogent sur la partie avec laquelle Coridon a repris le ballon. Tibia, talon, semelle ? L’intéressé est catégorique : « C’est la malléole. Les secondes qui suivent restent assez floues pour Coridon. Cabriole oblige, il ne voit pas la balle rentrer au fond des filets. Il comprend par le bruit, par la clameur de la foule.

Il s’agit là de son 34e but en pro, son premier avec Paris. Puis, direction la salle d’interviews du Parc des Princes, avec Pauleta et Halilhodzic. C’est là qu’il revoit son but pour la première fois. « Ce qui m’a frappé, d’abord, c’est Vitor Baia qui fait ses petits pas, qui a du mal à se déplacer car il est surpris et qui est battu à contre-pied. C’est un super gardien que je regardais à la télé quelques mois avant, quand Porto avait gagné la Ligue des champions. Un but contre un super gardien, ça me marquait encore plus.

La réponse semble évidente, mais on vérifie : est-ce le plus beau but de votre carrière, Charles-Edouard Coridon ? « Non, prend-il à contre-pied. Il s’explique : « Ce but contre Barthez m’a davantage marqué, aussi, car la saison a été bonne. Guingamp est monté, j’ai été bon. Avec le PSG, c’était plus compliqué. » Son exploit contre Porto lui laisse un goût d’inachevé. « Oui, c’est un super but. Mais c’est aussi le seul. Je retiens que la saison n’a pas été réussie. »

Dix-sept ans après, on lui parle encore énormément de ce but, en Bretagne, où il vit, et en Martinique, d’où il est originaire. « Je le prends bien. Il faut toujours positiver. Dans les clubs, la plupart des parents ont vu ce but. Et ça leur sert de me présenter à leurs enfants. Ils leur disent d’aller voir ce but sur YouTube. C’est un repère pour les gens. »

À Paris, on ne lui parle que de ça. « Des années après mon passage au PSG, j’étais dans la voiture, porte de Bagnolet, pour aller voir un de mes frères. On était arrêté à un feu et un motard est venu se mettre à notre hauteur. Il a regardé la vitre, et, de suite, a frappé en disant : « C’est Monsieur Coridon ! » Ça m’a fait chaud au cœur. Il ne cache pas, de son côté, revoir son moment de gloire de temps en temps sur Internet. « Je suis très fier de ce but. J’ai réussi à marquer les Parisiens, en un an, en ne marquant qu’une fois. Sans ça, j’aurais fait partie des pires joueurs de l’histoire du PSG.

Charles Edouard Coridon's Scorpion Kick -Paris Saint-Germain Against FC Porto 20.10.2004-

La Désillusion Européenne

Ce match résume assez bien la saison 2004-2005 du club de la capitale, entre des débuts insipides, une réaction d'orgueil, puis une longue descente aux enfers. Entre un entraîneur qui a prouvé son entêtement jusqu'au bout, un président loin de faire l'unanimité, des supporters toujours plus poussés vers l'excès et des joueurs incapables de faire honneur à leur renommée sur le terrain, cette saison restera incontestablement l'une des pires saisons, sinon la pire, de l'histoire du club.

Plus occupés à chercher (en vain) la « taupe » dans le groupe, les Parisiens ont souvent été inexistants sur le terrain. Les supporters parisiens sont incrédules. Leur équipe vient d'encaisser un troisième but de l'attaquant du CSKA Moscou Serguei Semak, et le PSG va quitter la scène continentale par la toute petite porte.

Depuis une sombre défaite (1-3) en décembre 2004 face au CSKA Moscou d'un Sergueï Semak touché par la grâce ce soir-là, le PSG a enchaîné 22 rencontres de poules en Ligue des Champions à domicile. Et sur ce nombre conséquent de rencontres, le PSG n'en a perdu aucune.

Le "Syndrome Semak"

Le « syndrome Semak », c’est quand un club acquiert un joueur qui a fait une très bonne prestation face à lui, mais qu’il s’aperçoit ensuite que le gars est finalement un peu bidon. Ce qui donne un flop, un vrai, comme on les aime (chez les autres). C’était en décembre 2004, à l’époque où le PSG pouvait se faire tordre 3-1 par le CSKA Moscou en Ligue des Champions, et où le buteur parisien du soir se nommait Fabrice Pancrate. Ébloui par la prestation de Sergei Semak, auteur d’un triplé et ovationné par le Parc des Princes, le PSG, entraîné par Vahid Halilhodzic, récupère le meneur pour 2,5 millions d’euros (ça fait bizarre, hein) en janvier 2005.

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