Le Paris Saint-Germain, malgré des moments difficiles, adopte une approche mesurée face aux défis sportifs et juridiques.

Élimination en Coupe de France : un accident ou un symptôme ?
L’élimination du Paris Saint-Germain dès les 16es de finale de la Coupe de France face au Paris FC (0-1) a forcément fait l’effet d’un coup de tonnerre, tant le club de la capitale s’était habitué à régner sans partage sur la scène nationale. Pourtant, en interne, l’heure n’est pas à la panique ni aux grandes remises en question.
Quelques jours seulement après avoir remporté le Trophée des Champions face à l’OM au terme d’un scénario tendu et d’une séance de tirs au but maîtrisée, le PSG sort d’une période où il semblait presque impossible à faire tomber. Même mis en difficulté, même dos au mur, Paris trouvait toujours les ressources pour s’en sortir, alimentant l’image d’un collectif solide, sûr de sa force et capable de répondre présent dans les grands rendez-vous.
Depuis près d’un an, le PSG avançait ainsi avec une régularité impressionnante, accumulant les victoires, les trophées et les performances maîtrisées, souvent sans briller mais avec une efficacité clinique. En Coupe de France, cette domination était encore plus frappante, avec une série de succès quasi ininterrompue et deux titres consécutifs glanés sans jamais réellement trembler. Dans ce contexte, cette élimination face au Paris FC apparaît davantage comme une anomalie que comme un symptôme profond.
Pour la première fois depuis longtemps, les Parisiens ont payé cash leur inefficacité, leur manque de réalisme et une soirée où le ballon a refusé d’entrer malgré une domination écrasante. Une désillusion, certes, mais aussi un rappel brutal que le football ne récompense pas toujours la possession ni la maîtrise territoriale.
La réaction de Luis Enrique
«Je pense que c’est très facile de définir ce match. C’était un match très compliqué, mais on a très bien joué. On a bien fait le boulot, on a dominé le match. Dans le foot, il faut marquer des buts, ils en ont marqué un, pas nous. C’est comme ça le football. Je suis heureux du collectif et des individualités. C’est injuste mais il faut l’accepter. Je souhaite le meilleur au PFC, mais je suis content de ce que j’ai vu», a largement détaillé Luis Enrique en conférence de presse.
«Un avertissement ? Si tu regardes le résultat peut-être. Pendant le match, on a été très supérieurs, mais tu dois savoir perdre. Et dans ce cas, c’est clair que c’est un résultat tellement bizarre. C’est une compétition que nous aimons et ce n’était pas notre objectif d’être éliminé. Il faut l’accepter. Mais si je dois perdre un match, j’aimerais perdre des matchs de cette façon. Ce que j’ai vu ce soir, c’est ce que je veux voir chez mes joueurs. Je suis sûr que demain quand je regarderai le match, cette sensation sera encore plus forte. Je suis très heureux des joueurs et des supporters», a analysé l’entraîneur espagnol.
Ce revers doit aussi être replacé dans un contexte plus large, celui d’un enchaînement infernal de matches et de compétitions pour un groupe sollicité sans relâche depuis près de deux saisons. Entre les campagnes européennes, les échéances nationales, les voyages internationaux et les compétitions intercontinentales, les joueurs du PSG évoluent sur un fil, tant physiquement que mentalement. Sur les vingt-quatre derniers mois, rares sont les périodes de respiration, et il devient presque illusoire d’exiger une constance absolue dans l’intensité et la lucidité.
«C’est difficile de faire mieux qu’aujourd’hui car on a dominé, on a tout fait en première et en deuxième période. Il faut juste marquer des buts. C’est ça le football. Quand tu regardes le résultat, ce sont les buts qui comptent. La performance était de très haut niveau», a conclu Luis Enrique pendant que Senny Mayulu affirmait en zone mixte : «on a dominé le match mais on n’a pas réussi à concrétiser. Il nous a manqué le but. Là on se prend une claque mais on va rebondir. Mieux vaut qu’elle arrive maintenant plutôt qu’en Ligue des Champions ? Un match est un match, c’est une compétition, on veut tout gagner. Du coup c’est quand même casse-pied».
La suite du calendrier, particulièrement dense, invite d’ailleurs davantage à la prudence qu’à l’alarmisme. Le PSG devra rapidement se remobiliser, avec des rendez-vous importants en championnat et sur la scène européenne, où les objectifs restent bien plus structurants que la Coupe de France. Cette élimination précoce, aussi douloureuse soit-elle, peut même servir de piqûre de rappel utile, rappelant que rien n’est acquis et que chaque match doit être abordé avec la même exigence.
Vendredi, le Paris Saint-Germain a déçu en s'inclinant face à l'AS Monaco (1-3) au Parc des Princes en Ligue 1. Selon les informations de la radio RMC ce samedi, le staff parisien avait déjà noté ces derniers jours "des performances et comportements en deçà de ses attentes" lors de l'entraînement. Et au sein du club de la capitale, certains reconnaissent une fatigue physique et mentale.
Pour autant, le PSG refuse de paniquer ou même de s'inquiéter à l'approche des échéances importantes, notamment le 8e de finale de la Ligue des Champions face à Chelsea. En effet, les récentes difficultés sont relativisées en interne alors que l'équipe se trouve en tête du championnat et reste engagée en C1. Puis en privé, les joueurs se montrent déjà surmotivés avant de défier les Blues.
Le coup de gueule de Gonçalo Ramos illustre bien la motivation infinie du groupe parisien, toujours capable de rebondir.
Litiges et gestion des joueurs : une fin de bras de fer ?
C'est (presque) la fin d'un bras de fer de deux ans et demi. "Dans un souci de responsabilité et afin de mettre un terme définitif à une procédure qui n'a que trop duré, le club a choisi de ne pas prolonger ce contentieux. Contacté par l'AFP, l'entourage du joueur n'a lui pas souhaité réagir. Selon le club et malgré sa condamnation, le conseil des prud'hommes "a débouté le joueur de l'ensemble de ses demandes fondées sur des allégations de harcèlement moral, de travail dissimulé, de requalification en CDI, d'exécution déloyale du contrat et de manquements à l'obligation de sécurité, allégations totalement infondées". "Le Paris Saint-Germain a toujours agi de bonne foi et avec intégrité, et continuera à le faire" a-t-il insisté.
Si le gros de l'affaire est terminé, certains volets de ce dossier complexe restent à régler. Une audience d'orientation demandée par le PSG aura par ailleurs lieu lundi 23 février devant le tribunal judiciaire à l'encontre d'une décision de la Ligue professionnelle de football (LFP).
Cette audience porte sur le début de ce litige en septembre 2024 quand la commission juridique de la LFP avait enjoint le PSG à verser la somme de 55 millions d'euros à son ancien joueur, une décision confirmée par sa commission d'appel mixte paritaire en octobre 2024. À l'époque, le PSG avait refusé de payer et assigné la LFP devant le tribunal judiciaire de Paris en contestant ces décisions.
Selon une source proche du dossier, une demande de renvoi de cette audience d'orientation - préalable à une première audience sur le fond du dossier qui intervient en général plusieurs semaines après celle-ci - "sera certainement demandée lundi". Le litige qui empoisonne les relations entre les deux parties depuis deux ans et demi n'est donc pas encore totalement terminé.
L'attaquant, au PSG depuis l'été 2017, avait été mis à l'écart du groupe professionnel au début de la saison 2023-2024 par le PSG car il voulait aller au terme de son contrat sans le prolonger. Un choix qui privait le club parisien d'une juteuse indemnité de transfert. Le capitaine des Bleus avait finalement été réintégré après la première journée du championnat. Mais à l'annonce aux dirigeants, en février 2024, de la confirmation de son départ à venir, la relation s'est encore un peu plus refroidie.
Le cas Layvin Kurzawa
Lors du mercato hivernal 2024, le PSG a tenté de se débarrasser de l'un de ses indésirables. En effet, le club présidé par Nasser Al-Khelaïfi a voulu envoyer ce joueur en MLS, du côté du Real Salt Lake. Toutefois, le PSG a essuyé un énorme refus, et ce, pour des raisons d'ordre familial.
Lors de l'été 2015, le PSG a déboursé environ 25M€ pour l'arracher à l'AS Monaco. Toutefois, ce latéral gauche ne s'est jamais vraiment imposé à Paris. Devenu indésirable au PSG, cet international français a été poussé vers la sortie à plusieurs reprises, notamment lors du mercato hivernal 2024. Toutefois, il n'a quitté le club de la capitale que le 1er juillet de cette année-là. Son contrat étant arrivé à expiration.
Lors d'un entretien accordé à L'Equipe en juin 2024, Layvin Kurzawa est revenu sur son faux départ du PSG en janvier de cette année-là. « Si j'ai priorisé l'aspect financier plutôt que d'aller chercher un projet sportif moins rémunéré ? Je ne vais pas dire que ça n'a jamais été le cas, mais ce n'était pas vraiment une question de salaire. On m'a dit : ''On t'envoie là-bas'', c'est totalement différent. Moi, on ne m'envoie nulle part. En janvier, on a voulu me transférer au beau milieu des États-Unis, dans l'Utah, juste pour me faire partir (au Real Salt Lake, prêt à payer un transfert de près de 2M€) », avait révélé l'actuel pensionnaire de Persib (Indonésie), avant d'expliquer pourquoi il avait fait capoter son transfert malgré son manque de temps de jeu.
« Si j'avais été célibataire sans enfant, j'aurais pu y réfléchir, mais là c'était un grand non. Dans ma carrière, j'ai fait des choix, qu'ils aient été bons ou mauvais, je suis resté droit dans mes baskets. Les gens pensent que j'étais heureux de ne toucher que mon salaire, mais ce n'était vraiment pas le cas », avait affirmé Layvin Kurzawa.
Le futur de Maghnes Akliouche
Longtemps considéré comme un grand espoir français capable de parfaitement s'intégrer au système de Luis Enrique, Maghnes Akliouche ne fait plus vraiment rêver le PSG. Auteur d’une saison 2024-2025 de toute beauté, Maghnes Akliouche avait fait saliver de nombreux clubs européens au mercato l’été dernier. L’AS Monaco avait fixé la barre très haute en demandant 80 millions d’euros pour le laisser partir. Depuis, le discours a changé. Même si le meneur de jeu a découvert l’équipe de France et peut envisager de disputer la Coupe du monde en fin de saison, c’est un peu moins la bataille pour le faire signer. Même son prix a évolué car le club de la Principauté serait prêt à le laisser partir pour 60 ME.
Il faut dire que l’ASM a besoin de vendre, et son entraineur Sébastien Pocognoli a surpris tout le monde en cette fin d’année en expliquant qu’Akliouche était libre de décider pour son avenir. La porte est ouverte pour un éventuel transfert. Malgré cela, le natif de Tremblay-en-France ne fait pas forcément l’objet d’un gros pressing de la part du PSG et du Bayern Munich, deux clubs qui voulaient le recruter l’été dernier.
Dans ces conditions, une formation un peu moins prestigieuse va tenter sa chance, révèle Caught Offside. Pour le média anglais, Tottenham surveille de près Akliouche et rêve de le faire signer cet hiver si personne ne se positionne sur le joueur. Le club londonien a les moyens, même s’il n’est pas le plus attractif de Premier League. Mais les Spurs ont aussi des arguments.
L'attrait du PSG : un rêve pour les jeunes talents
Le Paris Saint-Germain est un transfert de rêve pour plus d'un joueur de football. Et plus particulièrement pour les gamins issus de région parisienne. Et ce, avant même que le PSG revienne sur le devant de la scène européenne avant le rachat du club par le Qatar.
Dans les années 2000, un amoureux du Paris Saint-Germain a fait le choix du cœur allant à l'encontre des conseils de son père... Après une épopée avec l'AS Monaco en Ligue des champions en 2004, Jérôme Rothen a pris la décision de s'envoler pour Paris afin de signer dans son club de cœur.
L'anecdote de Jérôme Rothen
Le natif de Châtenay-Malabry qui a fait ses classes à l'AS Meudon en région parisienne signait alors au PSG alors que son père l'en avait dissuadé. Lundi soir, dans le cadre du programme Avis de recherche de l'émission Rothen s'enflamme, Jean-Pierre Rothen a révélé avoir été opposé au transfert de son fils au Paris Saint-Germain en répondant à la question de Christophe Dugarry.
« Quel choix je n'aurais pas fait à sa place qui a créé une dispute ? Signer tout de suite à Paris en sortant de Monaco. Vous n'étiez pas d'accord ? Non, pas du tout. Parce qu'il avait des gros clubs et que ça lui a gâché l'équipe de France. Il aurait signé à Chelsea qui le voulait à la place de M. Malouda, je pense que c'est lui qui aurait joué côté gauche en équipe de France ».
« J'ai tout le temps refusé qu'il signe à Paris quand il était jeune parce qu'il y a trop de tentations et les jeunes ne passaient pas au PSG, c'est très difficile quand on est au PSG. Actuellement, il y en a pas mal qui sort, mais dans le temps, c'était très difficile. J'ai préféré qu'il aille à Versailles avec Thierry Henry en U15 ». a assuré Jean-Pierre Rothen sur les ondes de RMC lundi. Une anecdote croustillante lorsque l'on sait l'affection portée par Jérôme Rothen au PSG, club pour lequel il a défendu les couleurs entre 2004 et 2010.
Le 31 mai dernier, l'année de son 55ème anniversaire, le PSG a soulevé la Coupe aux grandes oreilles. Quatorze années après le rachat du club et le passage aux mains des Qatariens, le Paris Saint-Germain a été sacré champion d'Europe grâce à sa démonstration en finale de Ligue des champions face à l'Inter (5-1). Avant cette époque dorée parisienne qui est l'aboutissement du projet QSI, le PSG a notamment frôlé avec la Ligue 2 pendant la saison 2007/2008. Un joueur a pris part à cette campagne entre autres, contre l'avis de son père.