Le système mis en place par le PSG pour la vente des billets pour la finale de la Ligue des champions face à l’Inter, qui s'est jouée le 31 mai à l’Allianz Arena de Munich, a engendré une grande déception parmi les supporters parisiens.

Une ruée sur les billets
Des milliers de supporters du PSG ont tenté d'acheter les dernières places mises en vente par le club de la capitale pour la finale de la Ligue des champions face à l’Inter. Ils ont passé toute la journée les yeux rivés sur leur ordinateur ou leur smartphone, hésitant à bouger le moindre orteil de peur de laisser passer leur chance. Alors que les 18 000 billets disponibles se sont écoulés via deux vagues successives réservées aux abonnés, beaucoup expriment leur mécontentement.
Le PSG avait organisé une première vague entre vendredi et lundi dernier, en privilégiant ses abonnés les plus assidus et les plus anciens. Ces derniers avaient la garantie de pouvoir récupérer leur précieux sésame (une place à 70 euros pour Auteuil, une ou deux places à 180 euros pour les tribunes latérales). Au moment du lancement de la vague 2, il ne restait à priori que quelques milliers de places. Une vente qui n’a duré qu'une poignée de minutes. Le temps pour les plus chanceux de pouvoir prendre une ou deux places à 180 euros, avant que la billetterie, prise d’assaut, soit rapidement sold out.
Certains ont pu entamer la procédure d’achat sans parvenir à la finaliser, sachant que la vague 3, initialement prévue en fin de semaine, n’aura finalement pas lieu. Une situation dont beaucoup se plaignent sur les réseaux.
Comment trouvez des places pour un match du PSG au Parc des Princes?
Témoignages de supporters
Sur la base du premier arrivé, premier servi, chaque abonné compte sur sa chance pour espérer obtenir quelque chose après de longues heures d’attente et de stress: "Après le fiasco de la billetterie pour le déplacement à Arsenal, nouveau fiasco pour la vague 2. La gestion de la billetterie est merdique."
Le 13 mai dernier, Thomas, 38 ans, abonné au Parc des Princes depuis près de deux décennies, attend patiemment devant son ordinateur. Il fait partie de la « vague 2 », avec ceux qui savent qu’ils vont devoir se battre et bénéficier d’un coup de pot pour obtenir un très précieux sésame pour la finale de la Ligue des champions entre le PSG et l’Inter, le 31 mai à Munich. Il ne reste que des miettes après le passage de la « vague 1 », réservée aux chanceux qui ont eu accès à la billetterie quatre jours plus tôt (basé sur l’ancienneté et avec deux places autorisées par personne concernée). Il est arrivé à 19h30, j’étais sur le site de l’UEFA à 19h31, rejoue Thomas. Il y avait cinq minutes d’attente et cinq minutes plus tard, il n’y avait pas de places.
Le casse-tête de l'attribution des places
Depuis la qualification du Paris Saint-Germain pour la finale après son succès sur la pelouse d’Arsenal, l’angoisse est la même pour de nombreux fans parisiens : comment avoir une place ? Comment se rendre en Allemagne en étant sûr et certain de pouvoir se poser dans l’Allianz Arena ? Très vite, tout le monde a compris que ce serait un casse-tête. Dans une enceinte qui pourra accueillir 64 500 personnes pour l’évènement, 18 000 places seulement sont réservées aux camps des deux clubs. Un problème pour les Interistes comme pour les Parisiens, alors que le Parc des Princes compte 40 000 abonnés sur une saison.
Les champions de France, qui disposaient de 18.000 places, ont également décidé d’inviter tous leurs salariés, ainsi que des partenaires et les familles des joueurs.
La revente des billets : un marché spéculatif
Forcément, Thomas fulmine en voyant que de nombreux heureux élus ont immédiatement choisi de mettre en vente leurs places à des prix exorbitants. « J’ai deux abonnements. Mais je ne les ai pas vendus, je suis allé au Parc, grogne-t-il. Contre Liverpool, je ne pouvais malheureusement pas y aller. J’aurais très bien pu revendre mes places à 500 euros la place. Je les ai revendues au prix d’achat, 90 euros. » Il l’assure, même à 5 000 euros, il n’aurait jamais vendu son siège pour une finale de Ligue des champions de son club de cœur. D’autres ont moins de scrupules. J’ai deux places, si je revends les deux à 3 000 euros, ça fait 6 000 euros, c’est une partie d’un apport pour un achat immobilier.
Théo (son nom a été modifié) est abonné depuis six ans et n’a manqué aucun match au Parc des Princes sur la période. Bingo pour lui, il a réussi à choper deux places durant la deuxième vague, en veillant « de 19h30 à minuit » devant son PC. Son objectif premier était bien de se rendre à Munich pour la finale, jusqu’à ce qu’il ne découvre le potentiel de revente des sésames. « J’ai deux places, si je revends les deux à 3 000 euros, ça fait 6 000 euros, c’est une partie d’un apport pour un achat immobilier par exemple, se justifie-t-il. À ce prix-là, je pars 15 jours à l’île Maurice avec ma copine, je suis au soleil toute la journée, je bois des cocktails.
Depuis une bonne semaine, les offres pullulent sur les sites de revente et la demande est immense. « Vends 2 places PSG-Inter. Intéressés, venez DM », peut-on lire sur les réseaux sociaux. Souvent, cela provoque la colère des fans désespérés de trouver un ticket à un prix raisonnable ; et quand ils sont prêts à envoyer leur PEL pour ce qui pourrait être l’un des plus beaux jours de leur vie de supporter, il y a la peur de tomber sur une arnaque. Dans ce jeu de dupes et de gros sous, tout est une question de confiance. Chacun ses problèmes dans cette drôle de période.
Théo, lui, a encore du mal à trouver preneur : « J’ai déjà des personnes qui sont intéressées, les propositions sont entre 1800 et 2500 euros. La seule difficulté, c’est l’attribution des billets. C’est compliqué pour les acheteurs de faire confiance à quelqu’un, donc il faut bien discuter, il faut mettre en confiance la personne.
Pour Axel, qui gère un compte X consacré à la revente de places pour les matchs du PSG, l’histoire est différente. Avec son compte, il a « contacté tous ceux que j’avais pu aider » pour obtenir un code pour accéder à la vague 1, quitte à « remonter des conversations sur plusieurs années ». La quête a fini par payer. Une personne qu’il ne connaît pas, mais qu’il avait aidée pour lui trouver une place pour une autre rencontre, a accepté de lui rendre la pareille. « Il avait un code pour deux places, ça vaut 5 000 euros (en cas de revente, NDLR), s’étonne-t-il. Et en échange, il me demande juste de lui ramener une écharpe et un pin’s. C’est le match d’une vie, c’est inestimable. C’était inconcevable de vendre les places alors qu’on me les a données. Il ne le cache pas non plus, la question de les revendre s’est (un tout petit peu) posée, mais pas longtemps. Il est rapidement revenu à « sa » raison pour offrir l’autre ticket à son père, grand supporter du PSG. « C’est le match d’une vie, c’est inestimable. C’était inconcevable de vendre les places alors qu’on me les a données, assure-t-il. On me donne le code dans un esprit d’entraide de supporters. Je ne peux pas aller spéculer derrière.
Tout le monde n'a pas la chance d’Axel, le bon cœur de Thomas ou la possibilité de gagner 5 000 euros comme Théo. Chacun d’entre eux soutiendra le PSG à sa manière, avec soit le grand bonheur d’être au rendez-vous à Munich ou l’énorme frustration de vivre ce moment loin de la capitale bavaroise.
La retransmission au Parc des Princes
Ce mardi, les Parisiens qui resteront à Paris ont appris qu’ils auront toujours la possibilité d’assister à ce PSG-Inter tant attendu dans un stade, leur stade, au Parc des Princes sur écran géant. Ce ne sera pas 180 euros ou 3 000 euros, mais ce ne sera pas gratuit non plus, les tarifs allant de 10 à 40 euros. La retransmission de la finale de la Ligue des champions au Parc des Princes, initialement accessible pour une poignée d’euros, fait l’objet d’une revente sauvage ces derniers jours sur la plateforme officielle du club. Initialement proposés entre 10 et 40 euros selon les secteurs, les billets pour assister à la retransmission de la finale ont vite été victimes de la spéculation. Sur la plateforme officielle de revente du PSG, les tarifs se sont envolés. On y trouve désormais des places à 175 euros pour les moins chères, et jusqu’à 500 euros en carré or.
Déjà critiquée lors de la mise en vente initiale, la billetterie du PSG cristallise à nouveau les tensions. Certains abonnés s’étaient sentis lésés en ratant l’occasion d’acheter des places, le système de réservation n’ayant pas fait l’unanimité. 10 000 places supplémentaires ont été mises à la vente cette semaine. Résultat : un stade complet est attendu pour soutenir les Rouge et Bleu à distance. Quatre écrans géants seront installés sur la pelouse pour permettre aux fans de vivre l’événement dans une ambiance digne des grands soirs. Un contraste saisissant avec 2020, où le Parc sonnait creux en raison du Covid.

Prix des billets et spéculation
Pas besoin d’être le dernier Prix Nobel de mathématiques pour comprendre le problème. Avec seulement 18.000 places accordées aux supporteurs du Paris Saint-Germain pour la finale de la Ligue des champions à Munich face à l’Inter Milan, les 36.000 abonnés du Parc des Princes (sans parler des dizaines de milliers de fans parisiens) ne pourront pas tous être du pèlerinage en Allemagne le 31 mai.
Depuis la fin de la mise en vente des places pour la finale, de nombreux supporteurs sont partis à la chasse au précieux, tels des chiens truffiers. Autant le Diamant noir peut se trouver sous un chêne du Périgord (allez chercher du côté de Sainte-Alvère), autant un billet pour ce PSG-Inter Milan a très peu de chance de tomber du ciel. Alors, chacun a sa petite technique : participer à des jeux-concours, harceler les partenaires de l’UEFA, faire un prêt sur plusieurs années.
Sur les sites légaux de revente des billets, le prix le moins cher pour une place à l’Allianz Arena est de 2.000 euros, et monte jusqu’à plus de 40.000 euros pour les places VIP.
Un revendeur de places pour PSG-Inter La méthode laisse à désirer, mais elle existe dans tous les clubs et pour tous les évènements de cette ampleur : le business, ça reste le business. Même pour des passionnés.
Témoignage d'un revendeur
Enzo a donc décidé de proposer ses places sur les réseaux sociaux et demande aux potentiels intéressés de, quand même, se renseigner les prix pratiqués avant de lui faire une proposition. Il a pour le moment reçu des offres allant jusqu’à 2.200 euros la place. Trop peu.
« J’essaie de suivre le cours des reventes, sans chercher à allumer les acheteurs mais sans non plus vendre bien moins chers que les autres, détaille-t-il. Pour l’instant, je me fixe un prix à 2.500 euros le billet, en sachant que depuis le soldout du PSG, les places augmentent chaque jour. Beaucoup de personnes cherchent à des prix qui ne correspondent pas au marché de la revente. J’ai eu aussi des propositions de revendeurs pros, ça signifie qu’il existe un marché parallèle où les billets se vendent encore plus chers que ça. »
Enzo vivra donc la finale à Paris. Et il s’est même persuadé qu’il valait mieux être dans la capitale pour vivre un potentiel titre, qui représenterait « l’apothéose », en partageant cette joie avec des milliers de personnes dans les rues de Paris.
Conclusion
La billetterie pour la finale de la Ligue des Champions entre le PSG et l'Inter a été marquée par la frustration des supporters, la spéculation sur les prix et un système d'attribution des places qui a fait débat. Entre ceux qui ont réussi à obtenir le précieux sésame et ceux qui devront se contenter de suivre le match à distance, la passion pour le PSG reste intacte.
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