Production Écrite : Le Match de Football et ses Informations

Qui n’a jamais regardé, avec plaisir ou non, ces fameuses conférences de presse sportive ? Ces événements systématiques après un match professionnel (pas seulement au football mais dans beaucoup d’autres disciplines sportives!) sont en général un festival d’outils linguistiques ! Pleins de non-dits, de reproches, d’encouragements, de regrets, de langue de bois, d’humour, parfois même de mauvaise foi… Tous ces éléments que nous sommes supposés enseigner en classe ! Il est donc intéressant de reproduire cet événement pendant un cours.

Mise en Place de l'Activité en Classe

Introduction et Préparation

Si vous n’avez pas un groupe de spécialistes du sport, vous pouvez commencer par « débroussailler » un petit peu le terrain… en échangeant avec vos étudiants sur les conférences de presse (ce qu’on y fait, comment ça se passe, à quoi ça sert…)…

Vous pouvez également leur montrer quelques extraits, et pourquoi pas en faire une petite activité de compréhension orale ! Vous trouverez toutes les vidéos nécessaires sur le site « L’équipe », le quotidien sportif de référence en France. Elle est plutôt vieille et plus vraiment d’actualité, mais elle donne au moins l’avantage d’être plutôt audible et d’une longueur adéquate. Et on peut même entendre et deviner les questions des journalistes !

Déroulement de l'Activité

  1. Une fois l’introduction terminée, la tâche peut commencer par un vrai jeu de rôle.
  2. Il est temps d’attribuer les rôles !
  3. Assurez vous que toute la situation est bien comprise.

C’est le moment de se mettre (réellement) au travail pour la préparation de l’activité ! L’entraîneur et le président se préparent de manière individuelle. Pendant leur préparation, je passe beaucoup de temps avec l’entraîneur et le président pour leur donner des idées. Je leur pose quelques questions factices pour qu’ils puissent comprendre ce qui est attendu d’eux.

Simulation de la Conférence de Presse

L’entraîneur et le président font face à la foule de journalistes répartis aléatoirement dans la salle pour répondre à leurs questions. Lancez le top départ, c’est parti pour un moment de torture médiatique !

Désormais, les journalistes ont le matériel nécessaire pour ravir leur rédacteur en chef. Que vont-ils faire désormais ? Écrire leur article bien entendu ! Vous pouvez donc leur donner la petite production écrite qui viendra conclure l’activité ! Le coach et le président qui s’imagine qu’ils ont assez travaillé et qu’ils n’auront pas de devoirs à faire à la maison se trompent !

Si tout s’est passé comme prévu et que votre classe est ouverte à ce genre d’activité, les étudiants auront pris un malin plaisir à se lancer des piques et à s’accuser mutuellement d’être la cause de tous les problèmes ! Et en plus, ils auront probablement pratiqué le discours indirect, l’expression du reproche, de l’hypothèse, du souhait, les temps du passé, l’interrogation et les journalistes auront travaillé leur prise de note.

PS. L’activité proposée est une base qui peut être bien entendu modifiée à souhait.

L'Événement Sportif comme Objet de Narration

Il était une fois un match de foot : L'événement sportif comme objet de narration par Dulcie M. Engel et Emmanuelle Labeau. L'analyse des temps de la narration n'est pas chose nouvelle. Souvent, ce sont les narrations orales 'de tous les jours' qui ont préoccupé les linguistes . Mais qu'en est-il de l'usage des temps dans les narrations écrites telles qu'on les trouve dans la presse sportive ?

On se fondera ici sur un corpus d'articles du 1 er juillet 2002, tirés de la presse francophone (parisienne, régionale, belge et algérienne) et consacrés à la finale de la Coupe du Monde de football (Labeau 2002b). A quels temps a-ton recours pour narrer ces exploits sportifs ? Le passé simple a-t-il toujours sa place dans ce genre « épique », ou s'est-il vu supplanter par d'autres formes telles le passé composé, le présent ou l'imparfait de narration… ?

Nous allons nous concentrer sur deux aspects de l'emploi des temps. D'une part, la presse sportive constitue-t-elle un sous-genre distinct ? D'autre part, des différences régionales apparaissent-elles ?

Rédiger une Fiche de Scouting

Quelle méthodologie pour rédiger une fiche de scouting ? Quelle préparation nécessaire à réaliser avant le début d’une rencontre ? Vous êtes recruteur de foot ou vous envisagez de le devenir ? La réalisation des rapports est l’une des missions les plus complexes pour un recruteur. En France, il n’existe pas de typologies prédéfinies quant aux rapports de match envoyés au club. Ils peuvent se présenter sous différentes formes. Sauf indications du club de football, c’est vous qui allez choisir le support pour réaliser vos résumés de matchs. Quoi qu’il en soit, une maîtrise des outils numériques comme Word, Excel ou des outils spécifiques au métier - InStat par exemple - est essentielle. Elle va vous permettre de vous adapter aux exigences de votre équipe, de plus en plus de clubs effectuant leurs fiches de rapport de match, leurs analyses etc.

Avant d’entamer l’analyse d’une rencontre, le recruteur doit se préparer en amont. Il doit trouver un emplacement où il sait qu’il pourra prendre des notes dans le calme. Il doit aussi prendre en compte la feuille de match, les équipes (nom des équipes ? Quelle ligue ? De la moitié de la première mi-temps à la pause, une analyse plus poussée des joueurs doit être faite. De la 70ème à la fin du match, le recruteur doit observer les joueurs ayant retenu son attention sur la première période. Une fois le match, rédiger le rapport : la fiche de match va être un condensé des notes que vous aurez prises tout au long de l’opposition. Ce dernier va comporter les informations nécessaires attendues par l’équipe ou le centre de formation du club qui vous embauche. En tant que professionnel du recrutement de joueur, savoir comment rédiger un rapport de football fait partie intégrante du métier. La meilleure façon d’apprendre à préparer un résumé de match reste de passer par une formation certifiante. Au-delà de vous former à réaliser des rapports de match professionnels, elle vous enseigne le métier dans son ensemble (ex.

Analyse Sociologique du Football

Le football fait l’objet d’un étonnant paradoxe sociologique : en dépit d’une place sociale et culturelle centrale, il reste très mal connu, méprisé par les intellectuels et saturé de prénotions. Qu’ils le célèbrent ou le condamnent, les commentaires à son égard partagent en effet une même approche moralisatrice et individualisante de ce sport, qui fait écran à la compréhension de ses logiques structurelles. Et pourtant, les recherches sur ce thème n’ont cessé de se multiplier au cours des dernières décennies, empruntant différentes perspectives.

On présente souvent le football comme le sport universel par excellence, sans guère plus d’analyse. Force est cependant de remarquer que certaines nations en sont restées à l’écart, à commencer par les États-Unis, où, stigmatisé comme attaché aux migrants, il a été « évacué par le haut » par le football américain, et « par le bas », par le base-ball (Markowits, 1990). Il convient également d’être attentif aux fortes spécificités que conservent les espaces sportifs nationaux, mais aussi aux phénomènes d’hybridation avec les cultures locales auxquels a ainsi donné lieu localement la réception du jeu, comme l’illustre le cas des navétanes au Sénégal, rituel pratiqué pendant la saison des pluies (Mbaye, 1990).

Hier comme aujourd’hui, le football remplit un rôle majeur comme support des identifications politiques locales ainsi que l’ont montré nombre de monographies (Murray, 1988, Karady et Hadas, 1994, Breuer et Lindner, 1994), mais aussi d’un nationalisme aux habits renouvelés (Gebauer, 1994).

Football et Mondialisation

La question des rapports entre football et mondialisation est à l’inverse peu investie. En France, Pascal Boniface s’y est cependant essayé, avançant ainsi que « le football ne gouverne certes pas le monde. Mais il est néanmoins un élément important du rayonnement et du prestige des États » (1998 : 27). Revenant sur plusieurs exemples, comme la fameuse « guerre du football » de 1969 entre Salvador et Honduras - exagérément attribuée à une rencontre entre les deux équipes nationales -, ou la victoire de la RDA sur la RFA lors de la Coupe du monde organisée par cette dernière en 1974, il explique que, loin d’incarner la « continuation de la guerre par d’autres moyens », les matchs de football sont davantage le reflet de tensions sociales existantes entre et au sein des nations.

Abordant un angle plus culturel, Albrecht Sonntag (2008) entend lui montrer que le football est un « révélateur, non seulement des enjeux identitaires liés à la transition entre modernité et postmodernité, mais plus généralement des sentiments et des besoins collectifs, des relations et des perceptions entre les nations, des incertitudes et des interrogations qui sont propres à notre époque » (Ibid : 9-10). À travers la comparaison des Coupes du monde 1998 et 2006 organisées respectivement en France et en Allemagne, il développe un certain nombre de considérations sur les processus d’identifications collectives à différentes échelles, tout en revenant sur les différents facteurs avancés pour expliquer le succès universel de ce sport (accessible, dramatique, cathartique et liturgique).

Lui aussi relativise le rôle du football dans la création d’identités antagoniques - « Le football n’a pas inventé les stéréotypes nationaux. Il n’est qu’un support qui permet de réactiver des grilles de perception et d’auto-perception bien plus larges, entrées depuis longtemps dans la mémoire collective nationale » (Ibid : 169) -, et dans sa capacité à entretenir un « soft power » (Nye, 2004) : « le rôle de générateur de prestige, d’image voire de puissance, qui est souvent attribué au football en raison de sa popularité globale et de sa dimension médiatique inégalée, semble souvent exagéré » (Ibid : 210). Il n’en reste pas moins qu’il recouvre des enjeux financiers conséquents - et croissants [1].

De leur côté, Richard Giulianotti et Roland Robertson (2009) tentent de traiter ensemble les dimensions financières et culturelles du football mondialisé. La mondialisation (« globalization ») se caractérise selon eux plus généralement par deux traits principaux : l’intensification des interconnexions de toutes natures et l’essor d’une réflexivité associée. Plus que de mondialisation, mieux vaut cependant parler de « glocalisation » pour désigner sa phase actuelle, car celle-ci est en fait animée par une tension entre les tendances simultanées à l’uniformisation et à la différenciation culturelles, et qui traversent au premier chef le ballon rond, comme le manifeste la coïncidence d’expressions de « cosmopolitisme banal » et de « nationalisme d’exception » jusque dans l’enceinte d’un même stade. Il s’agit finalement d’être selon eux particulièrement attentif à cette « interaction hautement complexe entre les niveaux local et global, ou le particulier et l’universel ».

Sur le plan économique, c’est prioritairement l’expansion du « néo-libéralisme » [2] qui est à relever. Ses implications sur les structures du football sont particulièrement lourdes - argent des retransmissions, dénaturation du jeu en Amérique du Sud, turbulences financières et endettement des clubs d’élite en Europe de l’Ouest. Ces derniers s’apparentent ainsi de plus en plus à ces firmes transnationales qui maintiennent des liens forts, économiques et symboliques avec leur « foyer » national, tout en se transnationalisant dans leur recrutement, leur actionnariat et leur marketing, comme l’illustre la métamorphose du club anglais de Manchester United (Boli, 2004). Ces influences « néo-libérales » entrent du reste elles-mêmes en tension avec d’autres stratégies que les auteurs qualifient de « néo-mercantiles », à savoir des « politiques de protection et d’expansion initiées depuis 1945, principalement par des sociétés nationales mais également par des institutions supranationales et des organisations gouvernementales internationales (IGO) » (Giulianotti et Robertson, 2009 : 111).

Ce qui se traduit entre autres par des conflits plus ou moins larvés entre ces instances et les clubs les plus riches. Évoquant également l’utilisation de ce sport comme levier de la construction d’une « société civile globale », ces auteurs concluent leur étude en prédisant que « les divisions sociales et les conflits entourant la marchandisation vont se manifester avec plus d’acuité au sein du football. La distribution de revenus - droits de retransmission télévisuels, accès aux billets ou joueurs d’élite - vont faire l’objet de conflits aux niveaux national et international », accentuant un certain nombre de tendances actuelles comme « l’exclusion socio-économique des stades, le fossé compétitif grandissant entre les clubs et l’affaiblissement des structures d’attachement entre supporters et clubs » (Ibid : 165).

Aussi fructueuses qu’apparaissent les pistes ouvertes par ces différents auteurs, leurs perspectives paraissent le plus souvent trop générales pour rendre compte des formes complexes et contradictoires qu’elles revêtent dans les différents contextes locaux. Il apparaît alors sans doute nécessaire d’opérer un va-et-vient entre les différents niveaux d’analyse comme le préconise entre autres Christian Bromberger (1998 : 12).

En dépit des réticences intellectuelles - et sans sous-estimer pour autant ses logiques propres -, il apparaît finalement fécond d’envisager le football comme une pratique culturelle à part entière. Dans la perspective ouverte par Michel de Certeau (1990), il s’agit ainsi d’adopter une définition large de la culture - et non restreinte à ses seules pratiques légitimes -, mais d’être également attentif à la diversité des formes d’appropriation de ses objets, qui s’apparentent le plus souvent à un « braconnage » échappant aux intentions initiales de leurs producteurs. Autrement dit, il importe d’adopter une démarche compréhensive, c’est-à-dire prenant en compte le sens qu’y investissent les différents agents engagés [3] sans pour autant se contenter de le restituer.

Football et Socialisation

La réflexion sociologique sur le football - et le sport en général - a profondément été renouvelée par les travaux de Norbert Elias et Eric Dunning (1986). Ceux-ci inscrivent en effet l’émergence du sport moderne dans le schéma du « procès de civilisation », thèse centrale d’Elias qui associe la genèse de l’État moderne à une transformation des mœurs marquée par l’autocontrôle des pulsions. Ils contredisent ainsi les deux idées dominantes selon lesquelles le sport incarnerait un phénomène universel et un reliquat de barbarie.

Apparu au sein de la gentry britannique du 18e siècle en lien avec la parlementarisation du régime, le sport sous sa forme moderne codifiée, met en effet en jeu selon eux une libération contrôlée des pulsions qui en fait la pointe avancée de la civilisation. Cette perspective invite ainsi à penser la pratique du football non comme un défouloir, mais comme le résultat et le support d’un véritable processus de socialisation.

Dans son étude sur les sociabilités juvéniles en milieu rural, Nicolas Rénahy pointe la place centrale du club de football dans l’affirmation d’une appartenance villageoise et la transmission d’un ethos viril sous la forme d’un véritable « apprentissage par corps » (2005 : 74-103). Il reprend également au terme de deux années d’observation participante la thèse avancée par Monique Sélim (1993) selon laquelle le football permettrait au groupe ouvrier masculin un « dépassement symbolique » de sa précarité.

Si le même type de logiques semblent à l’œuvre de manière informelle au pied des immeubles de grands ensembles (Travert, 1997), cette pratique auto-organisée du football d’esplanade n’est cependant pas l’apanage des jeunes de classes populaires. Elle revêt des formes diverses : de parties entre anonymes de passage à l’entre-soi le plus exclusif, elle peut être aussi être le fait à l’opposé d’individus fortement dotés en capitaux culturel et économique (Tremoulinas, 2007).

Un noyau dur d’une vingtaine de joueurs, plus 40 joueurs qui viennent de temps en temps. Que des amis d’amis, frères de frères, frères (même sœurs (sic)) d’amis,... Pendant : du match, on s’engueule, etc. ! Ce qui confirme que « les différentes classes sociales ne s’opposent pas par la nature des sports qu’elles pratiquent, elles se différencient, beaucoup plus fondamentalement, par la façon dont elles s’y engagent » (Baudelot in Faure, 1990 : 8).

À l’opposé de l’exemple précédent, cette socialisation peut être menée dans un cadre très institutionnalisé, voire dans une optique professionnalisante. En exigeant que les clubs professionnels se dotent de centres de formation, la Charte de 1973 a profondément modifié les conditions d’entrée dans le métier en France (Faure et Suaud, 1998 : 213). À partir du moment où les jeunes recrues sont détectées et sélectionnées, le club agit pratiquement comme une « institution totale » (Goffman, 1961) qui, sans corriger pour autant les inégalités sociales et culturelles, opère chez eux une « conversion » individuelle à un projet de vie inscrit dans un autre monde « qui a ses propres normes [et] exige que l’on rompe avec le style de vie ordinaire, les relations habituelles, pour vivre à contre-temps voire à contre-espace au sein d’un univers où le domaine du privé n’a plus guère de sens » (Ibid : 199).

La trajectoire du footballeur professionnel représente ainsi une véritable « carrière » au sens sociologique du terme, dans la perspective interactionniste ouverte par Howard Becker (1963), c’est-à-dire un processus graduel d’entrée dans un monde régi par ses propres normes et valeurs, mais aussi par ses propres croyances.

Les Intermédiaires du Football

Le spectacle footballistique d’élite est ainsi produit par une multitudes d’intermédiaires, dont beaucoup sont peu visibles, qui œuvrent à l’intérieur des clubs et fédérations nationales (recruteurs, soigneurs, entraîneurs, préparateurs physiques, formateurs, mais aussi personnels autres attachés aux fonctions « support »), et en dehors (agents, médias - diffuseurs ou non -, etc.) et dont il convient d’analyser les contributions respectives, les positions, les logiques d’action et intérêts au sein d’une configuration qui les rend de facto largement interdépendants.

Jean-Michel Faure et Charles Suaud parlent d’un « professionnalisme inachevé » dans l’espace du football français, en mettant en évidence les ambiguïtés entretenues dans les rapports entre État et clubs, le statut des clubs ou le rôle des dirigeants. Les intérêts des présidents de clubs, qui cherchent à cultiver un certain paternalisme, entrent ainsi en contradiction avec ceux des joueurs, qui ne parviennent cependant pas à s’organiser collectivement. De là un rapport de force inégal qui, légitimé par un certain nombre de représentations peu fondées (appel aux « valeurs du sport », engagement dirigeant vécu sur le mode sacerdotal, opposition caricaturale État-marché, etc.), aboutit à un certain nombre de conséquences problématiques : un « véritable détournement des fonds publics aux dépens du sport de masse » (Faure et Suaud, 1999 : 242), le déni de la condition de salariés « ordinaires » pour les sportifs avec les protections sociales que celle-ci implique (Fleuriel et Schotté, 2008) ou encore la surcharge des calendriers qui peut expliquer le recours aux produits dopants.

Outre-Manche, Martin Roderick (2006) propose également une analyse éclairante et plus proche du terrain - dans tous les sens du terme - de ces « petits lieux de travail » (« small workplaces ») que constituent les clubs. Ancien « pro » lui-même, il remarque d’emblée que l’essor récent des écrits de toute nature sur le football laissent dans l’ombre le travail des joueurs pour ne s’intéresser qu’à leurs frasques hors du terrain, C’est donc de leurs conditions concrètes d’exercice dont il tente de rendre compte à partir d’une campagne d’entretiens. Il aborde ainsi une série d’aspects tels que la définition de la « bonne attitude », qui varie en fonction du moment où le joueur se situe dans sa carrière, la place centrale qu’y occupent les blessures, les transferts, qui impliquent la mobilisation d’un réseau largement informel et leur impact sur l’identité sociale. De son analyse ressort l’idée que loin de l’image de confort que renvoie la réussite de quelques-uns, la majorité des joueurs professionnels s’inscrit dans une condition de véritable « marchandise », marquée par l’incertitude.

Les Spectateurs

Du côté des publics... Les spectateurs, en raison de leur nombre, ont constitué logiquement la première source d’intérêt des chercheurs. Se pose d’emblée la question de leur hétérogénéité et des catégories qu’il est éventuellement possible d’y distinguer, en mettant à distance certaines dichotomies séduisantes (passifs/actifs ; dociles/violents ; esthètes/chauvins ; etc.). Le supportérisme extrême focalise largement l’attention des médias comme des décideurs publics [5] depuis son apparition dans les années 1960, mais aussi des chercheurs, dont le paradigme dominant a du reste largement évolué, à l’instar du passage d’une approche en termes de « frustration-agression » à une approche en termes d’« identification ».

Par exemple, Robert D. Putnam (2000) a pu souligner que l’attachement à une équipe de football locale est un facteur de cohésion sociale. Christian Bromberger (1995) a lui montré comment, au sein des tribunes du stade vélodrome de Marseille, se rejouent les conflits sociaux locaux, tout en contribuant à la construction d’une identité collective. Patrick Mignon (1998) a plus particulièrement analysé la manière dont les supporters du Paris-Saint-Germain se mettent en scène à travers leurs chants, leurs banderoles et leurs tifos, tout en luttant pour la reconnaissance de leur identité collective face à l’institution du club.

Plus récemment, Ludovic Lestrelin (2010) a mis en évidence la manière dont le supportérisme est devenu en France une activité de plus en plus codifiée, encadrée et contrôlée par les pouvoirs publics, aboutissant à la mise en place d’une véritable « police des tribunes ».

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