Pro Evolution Soccer, c'est bel et bien fini. L'annonce de Konami a fait l'effet d'un tremblement de terre dans le monde du jeu vidéo mais elle est désormais bien réelle.
Lancé en 1995 sous le nom de ISS Pro, PES, comme le surnomment ses adorateurs, a connu son apogée au milieu des années 2000. Pendant près d'une décennie, la simulation de football est parvenue à balayer son concurrent FIFA, édité par EA Sports, et à s'adjuger le coeur des passionnés du ballon rond.
Pour les plus vieux par contre, PES reste une licence qui a marqué l'histoire des jeux vidéo. Parler de Pro Evolution Soccer, c'est toujours un crève-cœur.
Série de jeu incontournable pour des jeux vidéo, PES a connu plusieurs phases importantes de sa vie, passant de ISS à ISS Pro, puis PES et maintenant eFootball.
Pour commencer, il faut savoir que chez Konami, deux studios ont pendant quelques années chacun développé un jeu de foot. Au final, PES, c'est parfaitement ça, un jeu qui s'est perdu au fil des années.
Avant que Pro Evolution Soccer devienne l’incontournable que l’on connaissait, il y a eu toute une évolution. PES… Si tu es un fan de foot et que tu as grandi dans les années 90 ou 2000, ce nom évoque sans doute de longues soirées à taper dans le ballon virtuel avec tes potes, manette en main.
En 1994, c'est KCEO qui s'illustre en sortant International SuperStar Soccer puis, une année après, International SuperStar Soccer Deluxe. Les deux jeux tournent alors sur Super Nintendo, Megadrive puis sur la première PlayStation.
En 1991, Konami va prendre une nouvelle direction pour se rapprocher de la licence que l’on connaît aujourd’hui avec un autre jeu de football : Konami Hyper Football. Ce jeu est d’ailleurs aujourd’hui considéré comme étant l’ancêtre direct de PES, ou plutôt d’ISS.
On commence en 1992 avec Konami Hyper Soccer sur la NES. À l’époque, on peut dire que ce jeu était déjà en avance sur son temps avec ses graphismes colorés et son gameplay accessible. Hyper Soccer offrait des animations fluides et un contrôle intuitif, éléments rares pour l’époque.
Malgré des limitations techniques évidentes, Hyper Soccer a clairement montré le potentiel de Konami en établissant d’ores et déjà une formule intéressante : un mélange parfait de simplicité et de profondeur. Et nous pouvions d’ores et déjà y jouer à deux, pour plus de compétition.
Voyant l’engouement du public pour le jeu mais aussi pour le football en général, Konami décide à ce moment-là d’enchaîner sur un nouveau jeu de football qui arrivera en 1995 sous le nom de International Superstar Soccer.
KCET livre quant à lui son premier jeu de foot en 1995 sous le nom de Winning Eleven au Japon. Dans un premier temps appelé Goal Storm, Winning Eleven adoptera par la suite le nom d'ISS Pro et enfin celui de Pro Evolution Soccer en 2001.
Les vrais savent : avant PES, il y avait bien entendu International Superstar Soccer (ISS). Sorti en 1994 sur Super Nintendo, ISS a marqué un changement pouvant être considéré comme majeur si l’on compare avec ce que nous propose la concurrence naissante alors.
Ce jeu offrait des sprites impressionnants à ce moment-là et un gameplay basique en apparence mais incroyablement addictif et bourré par-ci par-là de petites subtilités. Développé par Konami Osaka, ce jeu offrait des sprites impressionnants à ce moment-là et un gameplay basique en apparence mais incroyablement addictif et bourré par-ci par-là de petites subtilités.
Les joueurs pouvaient choisir parmi diverses équipes internationales, chacune ayant ses propres caractéristiques : un aspect que l’on ne voyait pas vraiment ailleurs ! Le jeu se distinguait par son contrôle précis et ses animations fluides, rendant chaque match excitant et réaliste.
Fort du succès initial, Konami Osaka a sorti en 1995 une version améliorée : International Superstar Soccer Deluxe, toujours sur Super Nintendo mais désormais aussi sur Mega Drive.
Ce jeu, qui a marqué un tournant, présentait des graphismes retravaillés et des animations encore plus fluides, rendant l’expérience visuelle bien plus immersive. Le gameplay, déjà solide, a été enrichi avec de nouvelles techniques et une intelligence artificielle plus avancée, offrant une profondeur de jeu absolument inégalée pour l’époque.
Les options multijoueur et les modes de tournoi ont également été étendus, ajoutant une rejouabilité importante. ISS Deluxe a non seulement séduit les fans de la première heure, mais a également attiré de nouveaux joueurs, contribuant à asseoir la réputation de Konami comme un potentiel leader du jeu de foot.
Winning Eleven se démarque dès le début en proposant une vraie simulation de football. Pas de scores fleuves comme dans les FIFA de l'époque ou même ISS. Shingo Takatsuka alias Seabass veut proposer un jeu réaliste où l'équilibre attaque/défense est respecté.
A noter que devant le succès de PES et donc de KCET, KCEO arrêtera les jeux de foot en 2003. On retiendra tout de même les deux excellentes versions d'ISS (surtout grâce au système de penalties) sur Nintendo 64. KCET reprend donc seul le flambeau chez Konami avec déjà la troisième itération de son PES.
Avec l’arrivée de la PlayStation, la branche de Tokyo est en charge d’une nouvelle licence de foot nommé Winning Eleven au Japon. Bien que le nom “ISS” persiste en occident, nous nous retrouvons bien avec deux séries de jeux de football, tandis que Konami Osaka persiste sur International Superstar Soccer (Jikkyō World Soccer au Japon) notamment sur Nintendo 64.
Ce titre marque le passage à la 3D et propose de fait des graphismes dorénavant plus réalistes et une physique de balle beaucoup plus crédible pour des matchs immersifs et dynamiques. ISS Pro est sorti en 1997 et est donc développé par Konami Tokyo.
On notera aussi que les animations des joueurs sont plus fluides, que les stades sont modélisés avec pas mal de détails : on ne peut pas dire qu’on s’y croirait - encore - mais l’ambiance est là ! ISS Pro introduit également des mécanismes de jeu plus sophistiqués, permettant des stratégies plus complexes et un contrôle plus précis.
Pouvant être considéré comme un jeu de transition avec des ventes dépassant timidement les 100 000 exemplaires dans le monde, Konami a malgré tout peaufiné sa tactique et cette mutation vers la 3D en assurant ce gameplay issu des jeux 2D tout en intégrant un nouveau moteur graphique prometteur.
L’année suivante, Konami Tokyo frappe fort en direction de la lucarne avec ISS Pro 98. Ce jeu améliore considérablement les graphismes, offrant des joueurs et des stades très détaillés, toujours en relativisant selon les standards de cette année.
La jouabilité est affinée, rendant les contrôles plus réactifs et le gameplay plus fluide. Konami introduit également de nouvelles techniques et stratégies de jeu, permettant aux joueurs de développer des tactiques plus complexes et réalistes, ce qui deviendra alors l’une des marques de fabrique de la franchise.
ISS Pro 98 ne se contente pas de bâtir sur le succès de son prédécesseur; il établit alors de nouvelles normes pour les jeux de football. Aidés par les critiques positives de la presse, ce titre a conquis bien des fans avec plus d’un million de jeux vendus.
En 2001, le nom “Pro Evolution Soccer” fait son apparition et marque une révolution dans le monde des jeux de foot. Le premier PES, sorti conjointement sur PlayStation 1 et 2, est salué pour son gameplay incroyablement réaliste, une prouesse pour l’époque, et surtout un contraste flagrant à l’heure où la concurrence favorise l’accessibilité immédiate via une approche plus “arcade”.
Manette en main, on ressent rapidement que les contrôles ont gagné en précision et c’est ce qu’il faut pour faire face à une IA toujours plus coriace. Devant ruser sur le plan stratégique, les joueurs peuvent se sentir un peu comme notre Aimé Jacquet national, ajustant leurs formations en temps réel selon le contexte du match.
Cette année-là, on constate d’ailleurs que si les puristes sont toujours de la partie, les amateurs de foot occasionnels rejoignent le clan PES. Ils sont en effet plus de 2 millions à sortir leur portefeuille pour s’acheter le jeu ! Ce PES cru 2001 établit de nouveaux standards pour les simulations de football.
Un an après le succès du premier opus, PES 2 débarque en 2002 avec des améliorations appréciables. Les graphismes sont toujours plus détaillés. D’ailleurs, cela deviendra quasiment chaque année un point d’amélioration notable.
Un travail particulier à été réalisé sur la qualité et la variété des animations. Si ça peut sembler être un détail, les matchs manette en main deviennent alors plus “réels”, authentiques. Le gameplay s’affine lui aussi, au même titre que l’opposition. Avec cette suite, les fans sont aux anges !
Grâce à PES 2, Konami Tokyo se forge une réputation de roi du jeu de foot, consolidant sa nouvelle position de leader du genre avec 4 millions d’unités vendues.
Avec PES 3, Konami passe à la vitesse supérieure, fort du succès établi par son prédécesseur. Le jeu bénéficie d’un moteur graphique entièrement repensé, et en ce début de siècle on peut dire sans sourciller que ce qui était proposé était tout simplement époustouflant.
Les joueurs et les stades sont plus proches de la réalité que jamais à ce stade, avec tout plein de détails minutieux. Comme c’est le cas désormais chaque année, le gameplay atteint de nouveaux sommets, avec par exemple une intelligence artificielle très avancée qui s’adapte carrément aux stratégies des joueurs… Il devient maintenant compliqué de jouer de la même façon !
PES 3 mérite à ce stade le terme de “simulation” de football, alors que chaque match devient pratiquement une expérience à part entière.
PES 4 poursuit sur la lancée de ses prédécesseurs en introduisant de nouvelles licences et des équipes. En introduisant de nouvelles ligues et clubs, l’immersion et l’authenticité s’en retrouvent renforcés.
Le jeu devient aussi désormais un peu plus accessible, sans pour autant sacrifier la profondeur stratégique qui a fait la renommée de la série. Cette équilibre entre réalisme et plaisir de jeu rend PES 4 incontournable pour les fans de football. Les matchs sont plus dynamiques, les tactiques plus variées, et chaque victoire procure une satisfaction immense.
Avec PES 5, Konami peaufine sa formule et atteint de nouveaux sommets. Ce jeu est loué par les fans pour son gameplay tactique et réaliste, où chaque match devient une véritable bataille d’esprit et de stratégie. Les améliorations apportées à l’intelligence artificielle rendent les matchs encore plus imprévisibles et passionnants.
La physique de balle est bien chouette, avec des trajectoires bien rendues. Les évolutions graphiques, bien que cette fois-ci assez subtiles, restent tout de même de la partie, notamment avec un petit soin apporté aux animations et aux détails des joueurs.
On entend souvent dans les échanges entre passionnés que PES 5 est perçu comme l’un des meilleurs épisodes de la série, si ce n’est LE meilleur.
PES 6 marque un tournant assez décisif pour la franchise. Ceux qui ont acheté cette nouvelle édition de la série peuvent apprécier la pagaille de nouveautés telles que les gestes techniques et les animations devenus à ce stade très naturelles.
En effet, chaque mouvement de joueur, chaque passe et chaque tir est conçu pour offrir la meilleure expérience de foot qui soit. On ne peste plus contre la manette (ou alors de mauvaise foi), mais contre soi-même pour avoir mal réussi tel ou tel geste.
Il suffit de regarder les chiffres pour s’en convaincre : PES 6 a réuni plus de 8 millions de joueurs, toujours en jonglant parfaitement entre complexité tactique et plaisir de jeu immédiat. C’est aussi à cette époque que l’écart entre PES et un certain concurrent nommé FIFA semble le plus important.
La réputation de Konami n’est plus à faire en tant que fabrique de simulation de football, même à stade annuel. Les débuts de PES sont une véritable leçon d’évolution et d’innovation. De Konami Hyper Soccer à PES 6, Konami n’a cessé de peaufiner sa formule, de repousser les limites du réalisme et de captiver les fans de foot du monde entier.
Si, de nos jours, FIFA est la seule licence de jeux de football qui tient la route, à une autre époque, dans les années 2000, la série des Pro Evolution Soccer n’avait rien à envier à sa rivale. De fait, en 2006, sortait le titre qui est encore aujourd’hui considéré comme le meilleur jeu de football de tous les temps : PES 6. Fort de graphismes attirants, d’une jouabilité sans pareil et de joueurs à couper le souffle, PES 6 nous a offert de merveilleux souvenirs. Avec des joueurs comme Roberto Larcos, Sylvain Wiltordu, Zinedine Ziderm et Ruud Van Mistelroum.
Aujourd’hui encore, Pro Evolution Soccer reste synonyme de réf’ absolue dans le monde du jeu vidéo de foot et ça, on le doit à ces premières années de passion et d’innovation de la part de Konami Tokyo mais aussi de Konami Osaka avec ses premiers ISS.
Les années 2010 se sont avérées beaucoup plus difficiles. Moins innovant que son adversaire éternel, Pro Evolution Soccer a mis du temps avant de comprendre qu'il devait se renouveler et aller chercher l'intérêt des gamers sur d'autres terrains que ceux de FIFA, dont la popularité n'est plus à contester.
Malgré des améliorations certaines sur les graphismes et le gameplay, PES n'a jamais vraiment réussi à rattraper son retard sur FIFA, d'où la nécessité de l'éditeur japonais de faire table rase du passé et de mettre fin à une franchise légendaire mais à bout de souffle.
Cependant, au fil des années, l’écart entre PES et son principal concurrent, FIFA, se réduira. Des défis comme les licences officielles et les avancées technologiques de la licence d’Electronic Arts ont compliqué la tâche pour Konami qui a, à partir de 2007, a un peu plus stagné, il faut bien l’admettre.
Malgré ça, PES continue de séduire par sa volonté de proposer un gameplay authentique à ses fans fidèles.
Alors, la prochaine fois que tu lanceras un match sur PES, souviens-toi de tout ce chemin parcouru par la franchise et rends hommage à l’histoire de cette saga qui a transformé un peu, beaucoup, passionnément même tout un genre.
Il débute au moment où la 3D s'invite dans les jeux vidéo, avec l'arrivée de la PlayStation dans le courant des années 1990. EA (l'éditeur de Fifa) comme Konami (le développeur de Pro Evolution Soccer) possèdent chacun leur jeu de football, et sont conscients de la croissance exponentielle de ce sport dans les médias.
Vous êtes plutôt Fifa ou Pro Evolution Soccer ? Ces jeux de simulation de football sont en guerre économique culturelle et sociale depuis près de vingt ans. Un duel sans égal et riche en rebondissements.
Aujourd'hui, Fifa a ravi la couronne à son adversaire. Sa politique de communication impressionnante, son omniprésence publicitaire ont joué leur rôle, mais la bataille aura été rude.
La concurrence féroce entre les deux blockbusters de la simulation de football a marqué toute une génération de joueurs. Qu'il s'agisse de Halo contre Destiny ou de Splinter Cell contre Ghost Recon, les autres franchises vidéoludiques n'ont jamais atteint un tel degré de rivalité.
Mais comment développer cette poule aux œufs d'or ? Une question existentielle imprègne le cerveau de ces deux éditeurs : les fans de jeux vidéo de football s'adonnent-ils à ce loisir par passion pour ce sport, ou plutôt pour incarner leurs idoles le temps d'un match virtuel ?
Footballeurs stars
La starification des footballeurs constitue un atout formidable pour doper leurs ventes. Au fil des années 90, EA rachète donc toutes les licences officielles, et ce, pour tous les sports : NBA, NHL (hockey), NFL (football américain)... rien n'échappe à sa gloutonnerie.
À partir de 1997, Fifa en profite pour proposer un panel exhaustif de plus de 150 équipes nationales et une dizaine de championnats différents. Une stratégie parfaite pour attiser la flamme du supporteur : gagner la Ligue des champions avec son équipe locale de cœur, que du bonheur !

En face, Konami lutte non sans difficulté. Dépourvue au départ du droit d'utiliser les vrais noms des joueurs, contrairement à EA, l'entreprise contourne cet obstacle en intégrant des pseudo-proches à quelques lettres près du vrai patronyme. L'initiative semble grotesque, mais certains détournements deviennent cultes aux yeux des gamers, comme Wiltord transformé en Wiltordu ou Ronaldo changé en Ronarid.
Fifa s'endort
Fifa commet alors une erreur stratégique monumentale : se croire intouchable. Après le Mondial 1998 (le vrai, gagné par les Bleus), le bébé d'Electronic Arts se repose sur ses lauriers en termes de performances technologiques, se contentant de ressortir des suites quasi conformes d'année en année. Le Fifa version 2000 est presque une simple mise à jour de l'opus précédent ! À plus de 300 francs (50 euros, déjà !) le jeu, le lifting semble bien coûteux.
Le putsch par le bouche-à-oreille
En 2000, le putsch qui renverse Fifa au profit de PES s'opère donc principalement dans les collèges et lycées. Visiblement conscient de cette faiblesse, Konami développe, en remplacement d'ISS, la série PES : une simulation de football à la fois bien plus élaborée et réaliste et qui apporte de vraies améliorations graphiques et techniques. Mais au début des années 2000, l'attachement des trentenaires et quadra à tel ou tel jeu était bien moindre qu'aujourd'hui.
Les partisans de PES parviennent à véhiculer une image de vrais passionnés, et à ancrer l'idée que ceux qui aiment vraiment le football optent pour PES, ceux qui préfèrent les stars se tournent vers Fifa. Le bouche-à-oreille dans les cours de récréation s'avère bien plus efficace que la publicité classique.
PES ramène le joueur à la réalité du terrain. Les matches sont à l'opposé de ceux complètement cartoonesques de Fifa, rythmés par des buts irréels (comme des ciseaux à 25 mètres ou des tirs du rond central) et ponctués par des scores de baby-foot. Le consommateur de PES expérimente la frustration du footballeur qui rate un contrôle, se cogne contre une défense hermétique ou loupe une passe a priori facile.
La configuration des manettes change également. On ne déclenche plus un tir avec la notoire touche O de la manette PlayStation, comme pour Fifa, mais avec le fameux bouton « carré ». Ce détail, non négligeable, constitue même longtemps un signe de reconnaissance : « dis-moi avec quelle touche tu frappes, je saurai quel jeu tu préfères ».
PES détrône Harry Potter
Au début des années 2000 PES est « le » produit culturel le plus populaire en France, vendu chaque année à plus d'un million d'exemplaires. Même les bandes dessinées à succès comme Astérix, Harry Potter ou le DVD de Titanic se font détrôner. Le jeu de Konami devient un phénomène de société, remplace les jeux de cartes chez les jeunes adultes et s'installe au cœur des foyers.
« Je ne compte même plus les soirées, à quatre, huit ou dix gars, où l'occupation principale était de jouer principalement à la console », raconte Aurélien Adam, blogueur spécialiste des jeux de foot.
« L'année 2007 et le virage technologique de la PlayStation 3 ont été très mal appréhendés par PES. Mais, car il y a un mais, sa situation écrasante de leadership conduit la franchise PES à commettre les mêmes erreurs que la franchise Fifa dix ans plus tôt : aucune remise en cause et des opus annuels sans évolution notable.
Conséquence : la passation de pouvoir au profit d'EA s'opère presque aussi brutalement qu'une décennie plus tôt. À l'inverse, Fifa a complètement changé de visage et a offert à son tour une vraie et belle simulation de football cette année-là. »
« L'explosion des parties en ligne entre internautes a aussi considérablement relancé Fifa, qui a pu ainsi créer une communauté mondiale de gamers reliés entre eux par le Web », explique Aurélien Adam. On est alors bien éloigné des petites réunions locales où les passionnés de PES se défiaient en chair et en os.
L'expression de « village mondial » chère à Marshall McLuhan pour décrire le phénomène de globalisation planétaire trouve ici tout son sens. Le joueur de Fifa peut railler un adversaire se trouvant à plusieurs milliers de kilomètres comme s'il s'agissait de son voisin de table.
« Fifa a un mode carrière inégalable »
L'autre atout du tombeur de PES est son portefeuille de franchises officielles lui permettant de développer une multitude de modes de jeu. « Le mode carrière de Fifa, où l'on peut incarner un jeune joueur et le faire progresser, est clairement sans égal. Ce sont également les vrais entraîneurs que l'on retrouve sur le banc de touche », détaille Aurélien Adam. À l'exception de Carlo Ancelotti qui a été limogé récemment du Bayern, mais qui est toujours en poste dans le jeu vidéo.
« Dans Fifa, on décide de la politique sportive de son club et on fait jouer son équipe sur le terrain. La casquette est double, et donc plus intéressante pour le gamer. » Les options tactiques permettant d'avoir un contrôle total sur le jeu de son équipe ont vraiment aussi évolué au fil des années. On peut faire jouer son équipe comme on le désire.
La sophistication est telle que Fifa a même pris des parts de marché à la simulation pure de coaching, Football Manager.
La réussite est telle que le rapport de force s'est même inversé vis-à-vis des réels acteurs du football : « Aujourd'hui, plusieurs grands clubs ont leur section eSport avec par exemple des gamers qui représentent les couleurs du PSG. La surenchère technologique trouve sa source dans le succès commercial de ces jeux, encore vendus à plusieurs millions d'exemplaires cette année. Les stars mondiales du ballon rond s'affichent toutes devant une console désormais », se félicite Aurélien Adam.
Konami va également faire quelques changement sur le plan technique en employant une nouvelle technologie, intitulée Motion Matching, qui devrait améliorer les séquences de jeu en un contre un.
Dans la continuité de cette annonce importante, Konami a dévoilé les premières informations concernant sa nouvelle simulation de football : eFootball. Attendu pour l'automne, ce nouveau jeu aura une particularité : pour l'acquérir, il ne sera pas nécessaire de débourser d'argent.
Que ce soit sur PlayStation 5 ou PC, le jeu sera gratuit. Toutefois, 9 équipes seulement seront disponibles pour jouer. Pour accéder aux autres équipes et aux modes du jeu, il faudra dégainer la carte bleue. A sa sortie, le jeu permettra aux personnes possédant deux générations de consoles différentes (par exemple Xbox Series X/S contre Xbox One) de s'affronter au travers de matchs.
De nouvelles mises à jour arriveront au fil des mois, comme la possibilité d'organiser des matchs entre console et PC. Une édition mobile de eFootball devrait aussi être prochainement disponible.
Et est-ce une tentative de ramasser un dernier billet avant de sortir de l’arène ? La réponse est NON ! eFootball est donc le dernier projet en date en ce qui concerne les jeux de foot de Konami, et il semblerait qu’il le reste encore pour un moment puisque ce jeu est un jeu unique, avec des mises à jour au fil du temps, permettant ainsi de ne pas contraindre les joueurs à acheter un jeu tous les ans.
La fin de Pro Evolution Soccer a évidemment bouleversé de nombreux joueurs sur les réseaux sociaux, qui se sont remémorés leurs meilleurs souvenirs. Beaucoup d'internautes ont évoqué avec émotion leur découverte de Pro Evolution Soccer 5, sorti en août 2005 et souvent considéré comme le meilleur jeu de l'histoire de la franchise.
Est-ce que Konami parviendra à redevenir le jeu préféré des fans de football avec eFootball ? Le pari s'annonce très difficile à relever.