La presse italienne s’était réjouie des louanges de Fabien Galthié sur La Nazionale avant son déplacement à Lille: « cette équipe italienne est capable de battre toutes les nations britanniques et toutes les nations du Sud, sans problème.
Cependant, la réalité sur le terrain a souvent été différente, suscitant des réactions passionnées et parfois critiques dans les médias transalpins. Ces déclarations n’ont pas empêché le XV de France de s’imposer largement face à la Squadra Azzurra dimanche (33-8).
Les médias transalpins, à l’image de la Gazzetta dello Sport, nourrissaient même quelques regrets à l’issue de la rencontre. « Les Azzurri ont de quoi se plaindre, ayant commis trop d’erreurs qui ont gâché une rencontre où ils auraient pu faire beaucoup mieux ».
Dans un pays où le rugby tient une place très marginale, la Gazzetta dello Sport n’a pas non plus été tendre après « cet effondrement » des Italiens après « un début de match digne d’applaudissements ». Le média loue par ailleurs le XV de France, auteur « d' »un spectacle d’incroyables artistes de l’ovalie ».
Le quotidien généraliste Il Corriere della Sera, pour sa part, mentionne que le plan de Galthié, à savoir « détruire l’Italie pour se débarrasser de la colère de la défaite à Twickenham et faire comprendre que le 13-13 de l’an dernier à Lille n’était qu’un accident », a été « un succès complet ».
« Et le plus beau dans tout ça, c’est que l’Italie a marqué la première et a mené pendant 21 minutes. Il semblait qu’elle pouvait avoir une chance », poursuit Il Corriere della Sera. « Ce fut pourtant une démonstration parfaite de la part des Français, en termes de muscles, de technique et de science du jeu ».
Le journal met par ailleurs en lumière Antoine Dupont, qui « a détruit l’Italie ».
La presse italienne n’a pas mâché ses mots envers la Squadra Azzurra, qui a enregistré la plus lourde défaite à domicile de son histoire dans le Tournoi des 6 Nations. L’équipe d’Italie s’est faite critiquer de manière très virulente par la presse après sa déroute contre le XV de France à Rome (24-73).
À Rome, l’Italie a été sérieusement fessée par le XV de France. Ce 24-73 constitue la pire défaite de la Squadra Azzurra face aux Bleus dans le Tournoi des 6 Nations.
« Ce match me fait mal à la tête, il nous fait très mal. Nous n’avons tenu que vingt minutes, et c’était trop court », constatait, dépité, le sélectionneur Gonzalo Quesada. Qui saluait aussi son adversaire : « C’est surtout un grand match de l’équipe de France même si le score me paraît lourd ».
Quoi qu’il en soit, en Italie, cette humiliation passe vraiment mal. Et la presse au pays n’a pas manqué de se déchaîner, écrivant des mots très durs.
La presse italienne n’a pas manqué de tacler cette Squadra Azzurra qui ne confirme pas ses progrès aperçus l’an passé, et capable trop souvent de passer totalement à côté de ses matchs.
« L’Italie se ridicule au stadio Olimpico », titre sans détour Tuttosport, qui ne prend guère le temps de s’attarder sur cette boucherie. Deux maigres lignes en guise de résumé, deux réactions, une fiche technique et basta.
« L’Italie redescend sur terre face à une France écrasante », estime Il Corriere dello Sport, qui parle d’une « humiliation » pour les hommes de Gonzalo Quesada. Le quotidien, comme la majorité de la presse italienne, s’est déchaîné, utilisant les termes « dure leçon », « désastre » et « défense embarrassante ».
La Stampa, de son côté, parle « d’une débâcle totale », d’une équipe d’Italie « largement soumise et ravagée par la France ».
Cependant, il y a eu des moments où la presse italienne a mis en avant les aspects positifs et les progrès de l'équipe. « Les espoirs pour l’Écosse restent bien vivants » Mais le quotidien sportif soulignait tout de même un combat globalement « équilibré », notamment en début de deuxième mi-temps, et une belle performance de l’arrière Ange Capuozzo : « le match a été équilibré pendant de longues périodes, mais le score a été dominé par les occasions. Les Azzurri les ont manquées, tandis que les Bleus les ont transformées en essais avec Bielle-Biarrey, Meafou, Ramos, Drean et Gailleton ».
En touche aussi, les Italiens possèdent de (très) sérieux arguments. Certes, sur leurs propres lancers, Giacomo Nicotera et les siens sont dans la moyenne basse des équipes du Tournoi (84 % de ballons conservés), en visant notamment les deuxième ligne Andrea Zambonin (onze ballons captés) et Federico Ruzza (sept).
Mais c’est surtout sur le volet défensif que les Italiens font des différences. Avec neuf munitions volées depuis le début du Tournoi (31 % de touches subtilisées), l’Italie possède largement le meilleur alignement défensif de la compétition.
D’ailleurs, trois des neuf joueurs ayant déjà contré des lancers depuis le début du Tournoi sont Italiens : Manuel Zuliani (3 ballons récupérés, meilleur total de la compétition), Michele Lamaro (2) et Andrea Zambonin (1).
Ces statistiques sont la preuve que la sélection italienne progresse sur les fondamentaux, notamment depuis l’arrivée de Gonzalo Quesada, et que cela lui permet d’obtenir des résultats positifs. Après avoir battu l’Écosse et avoir posé des problèmes à l’Irlande à Dublin, les Italiens sont prêts à faire douter la France.
Sempéré concédait : « Ils ont développé leur conquête à un très haut niveau, qui permet de mettre une grosse pression sur les équipes adverses.
Dotée d’une première ligne désormais expérimentée (celle qui était titulaire en Irlande comptait 56 sélections de moyenne), la sélection de Gonzalo Quesada a obtenu de fiers résultats sur l’épreuve de force sur les deux premiers matchs, et cela se voit sur les chiffres. Surtout, les Transalpins ont glané huit pénalités sur l’épreuve de force depuis le début du Tournoi des 6 Nations, ce qui est largement le meilleur total parmi les équipes engagées.
« En Italie, les gars adorent la mêlée, cette notion de défi, assure Andrea Moretti, l’entraîneur des avants italiens. On peut compter Danilo Fischetti et Simone Ferrari parmi les meilleurs spécialistes. Mais je suis tout aussi fier de l’évolution des autres première ligne : quand on voit le niveau des remplaçants à Dublin le week-end dernier… C’est tellement appréciable d’avoir autant de ressources. Et des gars qui sont polyvalents en plus, avec Hasa mais aussi Ferrari. De quoi faire peur au XV de France, qui s’apprête à recevoir les Italiens ce dimanche à Lille.
Car si les Bleus n’ont pas encore perdu de ballon sur leurs propres introductions, ils n’ont jamais réussi à récupérer la possession lorsqu’ils défendaient sur l’épreuve de force.
« C’est un grand point fort pour l’équipe d’Italie, la conquête en général et en particulier leur mêlée, avec l’énergie collective qu’ils y mettent, remarquait ce mercredi Laurent Sempéré, le responsable de la conquête des Français.
La conquête italienne, que ce soit en touche ou en mêlée, a fait ses preuves lors des deux premiers matchs du Tournoi des 6 Nations. Nous avons tous cette image en tête. Celle d’un Tadhg Furlong emporté par son vis-à-vis italien Mirco Spagnolo en mêlée, et dont l’imposante carcasse flottait au-dessus de la pelouse de l’Aviva Stadium. Une séquence impressionnante, presque flippante, qui en disait long sur la faculté italienne à mettre en difficulté les autres nations en conquête lors de ce Tournoi des 6 Nations 2026.
Tournoi des 6 Nations : Les Bleus ont-ils convaincu après leur victoire contre l'Italie ?
Voici un tableau récapitulatif des réactions de différents médias italiens après une défaite de l'Italie :
| Média | Titre ou commentaire | Tonalité générale |
|---|---|---|
| Tuttosport | « L’Italie se ridicule au stadio Olimpico » | Très critique |
| Il Corriere dello Sport | « L’Italie redescend sur terre face à une France écrasante »; « humiliation »; « dure leçon »; « désastre »; « défense embarrassante » | Négative et critique |
| La Stampa | « débâcle totale »; équipe d’Italie « largement soumise et ravagée par la France » | Très négative |
| La Gazzetta dello Sport | « cet effondrement » des Italiens après « un début de match digne d’applaudissements »; XV de France, auteur « d' »un spectacle d’incroyables artistes de l’ovalie » | Mitigée, critique envers l'Italie, élogieuse envers la France |
| Il Corriere della Sera | Dupont a « détruit l’Italie » | Négative pour l'Italie, met en avant la performance individuelle d'un joueur adverse |
En conclusion, les réactions de la presse italienne aux performances de la Squadra Azzurra sont un mélange de critiques sévères et d'éloges mesurés, reflétant la complexité des émotions et des attentes autour de l'équipe nationale de rugby.
