Matthieu Lartot : Parcours et résilience d'un présentateur emblématique de France 2 Rugby

Matthieu Lartot, né le 18 octobre 1979, est un journaliste sportif français, figure emblématique de France Télévisions, spécialisé dans le rugby. Il est notamment connu pour ses présentations et commentaires lors des matchs de rugby.

Une passion pour le rugby dès l'enfance

De son enfance à son adolescence, il se passionne pour ce sport collectif et se met à jouer au rugby à XV. Il joue notamment pour le club de l’AS Mantes au poste de demi de mêlée, et fait partie de la sélection d'Île-de-France.

À l'âge de 16 ans, le jeune garçon se blesse sur le terrain. À cette occasion, on lui décèle une tumeur au genou : il passe alors deux ans de sa vie hospitalisé et se voit contraint de devoir arrêter la pratique de son sport passion.

Matthieu Lartot, le commentateur de rugby qui se bat contre le cancer

Le journalisme : une autre voie pour vivre sa passion

Obligé d'arrêter le rugby, Matthieu Lartot décide de se tourner vers une autre voie pour continuer à vivre sa passion : le journalisme. Après sa scolarité secondaire, il intègre une formation au sein de l'Institut supérieur de la communication, de la presse et de l'audiovisuelle (ISCPA) de Paris.

Pendant sa première année, le garçon décroche un stage de deux mois à la rédaction du service des sports de France Télévisions. Motivé et très compétent, Christian Prudhomme propose à l'étudiant de participer à la couverture des Jeux Olympiques de Sydney, en 2000. Plus que satisfait du travail fournit par Matthieu Lartot, la chaîne propose à l'étudiant de le garder dans sa rédaction pour un contrat d'alternance.

Une proposition que le jeune homme accepte : idéale pour continuer à faire ses armes dans le journalisme sportif. Pendant ce contrat, entre 2001 et 2003, Matthieu Lartot couvre de nombreuses compétitions et mobilisations sportives, avant de se spécialiser véritablement dans le rugby.

En 2003, et à seulement 23 ans, il a l'opportunité de commenter son premier match de rugby, Angleterre contre Italie, lors du Tournoi des Six Nations, aux côtés du consultant Serge Simon. Une fois son diplôme obtenu, il intègre en tant que journaliste l’équipe de France Télévisions en 2004.

La voix du rugby à la télévision

Depuis 2009, Matthieu Lartot est le commentateur numéro un pour le Tournoi des Six Nations, les tests-matchs de l'équipe de France ainsi que pour la finale du Top 14, avec Fabien Galthié. Il sera également commentateur lors de la coupe du monde féminine de rugby en 2014. Lors des Jeux olympiques de Rio en 2016, il anime l’émission Bom Dia Rio. Fin 2017, il présente Stade 2 avec Clémentine Sarlat. Il devient la véritable référence du rugby pour France Télévisions, mais également pour tous ses téléspectateurs.

Mais le présentateur ne se limite pas qu'au rugby, ses compétences en matière de sports étant extrêmement larges. Ainsi, on le retrouvera dès la rentrée 2019 sur France 3 pour l'émission Tout le sport. Il commentera également des matchs de tennis en 2020, aux côtés de Justine Henin.

Le combat contre le cancer et l'amputation

Alors qu'il est au pic de sa popularité et de sa réussite professionnelle, Matthieu Lartot est victime d'une récidive de son cancer du genou. Le 18 avril 2023, le journaliste annonce publiquement cette rechute et décide alors de se mettre en retrait de la télévision pour combattre cette maladie.

Très rapidement, il indique devoir se faire amputer en raison de nombreuses cellules cancéreuses présentes dans sa jambe droite. Le 16 juin, il a été amputé de sa jambe droite, à la suite d’une récidive d’un cancer au genou.

D'avril à juin, j’ai eu la chimiothérapie. Ensuite, je suis allé en centre de rééducation. J’avais déjà expérimenté exactement le même protocole 26 ans plus tôt, donc je savais pertinemment à quoi m’attendre.

En effet, je suis dans une configuration particulière, amputé très haut, au-delà de mi-cuisse. Il me reste 14 centimètres de jambe. Les prothésistes, les médecins n’étaient pas ultra optimistes sur mes capacités à pouvoir être appareillé convenablement pour retrouver une bonne marche. Sauf que j’étais déterminé à leur montrer que c’était possible. Ma marge de progression est encore importante. Au quotidien, à force d’être confronté à des situations différentes, je vais devoir m’adapter.

Dans la vie d’une personne amputée, l’une des grandes préoccupations est de prendre soin de son moignon. Tout repose sur lui. Le moindre problème de peau, d’irritation me mettrait à l’arrêt. Donc, il y a une utilité à faire respirer le moignon et à ne pas mettre la prothèse toute la journée.

Je prends la canne, parce que ça me tranquillise. Et puis, c’est extrêmement énergivore de marcher avec une prothèse. D’autant plus avec la longueur de mon moignon. Sans canne, ce serait trop compliqué d’assumer une journée en extérieur.

Un retour rapide à l'antenne

Mais pour Matthieu Lartot, impossible de se laisser abattre, et surtout de manquer l'événement d'une vie : la Coupe du monde de rugby. Il se devait d'être présent pour la couvrir et a tout fait pour rendre cet objectif possible.

Dans ma tête, dès lors qu’on m’a annoncé le diagnostic il y a cinq mois, je prenais le calendrier et me demandais si ça allait être faisable. Je savais que l’amputation était mi-juin, ça me laissait deux mois et demi pour travailler fort en rééducation.

A quelques jours du coup d'envoi du Mondial de rugby en France, le présentateur sportif Matthieu Lartot est de retour à l'antenne, 3 mois seulement après la récidive de son cancer et l'amputation de sa jambe droite.

Eloigné du petit écran et des stades depuis l'annonce de sa maladie en avril, le journaliste de 43 ans commentera sept matches sur les dix revendus au service public par TF1, principal diffuseur de la compétition organisée en France à partir du 8 septembre 2023. « On y va avec entrain, avec passion, on est très, très impatients », assure Matthieu Lartot lors d'un entretien à l'AFP, quelques jours avant de reprendre le micro pour le choc entre les Sud-Africains, champions du monde en titre, et les Ecossais, dimanche à Marseille.

Un retour à « la vie normale », synonyme d'exploit pour celui qui a dû combattre le cancer une deuxième fois, 26 ans après une première tumeur au genou. Le Mondial -diffusé par France Télé pour la première fois depuis 2011- en ligne de mire, « je me suis mis comme les joueurs de l'équipe de France dans un état d'esprit de sportif de haut niveau ».

Résultat, deux mois et demi après son opération, le commentateur rugby et tennis faisait son retour le 3 septembre 2023 sur le plateau de « Stade 2 ».

Cinq jours plus tard, il ira soutenir les Bleus face aux All Blacks pour le match d'ouverture.

Les professionnels de son centre de rééducation estimaient pourtant qu'il lui faudrait quatre mois pour recommencer à se déplacer. Mais « j'ai eu beaucoup de chance d'être à la fois très bien entouré médicalement » et d'avoir « très bien cicatrisé », ce qui a permis un appareillage rapide. Sans compter le visionnage de vidéos de gens amputés ou encore les nombreux « petits conseils » donnés par des athlètes paralympiques.

Voici un tableau récapitulatif des événements marquants de la vie de Matthieu Lartot :

Date Événement
18 octobre 1979 Naissance de Matthieu Lartot
16 ans Découverte d'une tumeur au genou
2003 Premier commentaire d'un match de rugby (Angleterre vs Italie)
2009 Commentateur numéro un pour le Tournoi des Six Nations
18 avril 2023 Annonce de la récidive de son cancer du genou
16 juin 2023 Amputation de la jambe droite
3 septembre 2023 Retour à l'antenne sur le plateau de Stade 2

Un engagement pour l'inclusion

Il n’y a pas de démarche militante de ma part. En revanche, si je veux vivre en assumant pleinement ce handicap, je ne peux pas me cacher. Très longtemps avec une jambe raide, le regard des autres était déjà sur moi. Quand j’arrivais dans un stade de rugby pour commenter un match, les gens voyaient bien que j’avais un handicap invisible. Donc j’avais déjà cheminé par rapport à l’acceptation de mon handicap. J’ai tout de suite assumé ce “côté bionique” de la personne amputée.

J’ai constaté que selon la cause de l’amputation, maladie ou accident par exemple, on ne nous donne pas la même chance dans la prise en charge financière de notre appareillage. Moi, j’ai la chance d’être bien intégré dans la société, d’avoir un métier, d’être entouré. Au centre de rééducation, j’ai côtoyé des personnes dans des situations parfois très compliquées. Il y a beaucoup de progrès à faire en matière d’inclusion et d’accessibilité.

Ces derniers mois, j’ai pris conscience que j’avais un rôle à jouer parce qu’il y a énormément de gens qui m’ont écrit, qui me sollicitent, qui me poussent.

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