La Première Coupe du Monde Féminine de Football : Une Révolution Historique

Le 16 novembre 1991, la République Populaire de Chine a marqué l'histoire en accueillant la première Coupe du Monde féminine de football. Cet événement a permis au football féminin de sortir d'un long purgatoire qui remontait à la fin de la Première Guerre mondiale.

Coup d'envoi du Mondial de football féminin : un événement très attendu par les jeunes joueuses

Après des débuts prometteurs en Angleterre, de 1880 à 1920, le football féminin a connu un reflux durable dans le monde entier. Ce n'est qu'en 1970 qu'un tournoi international non officiel, la Coppa del Mondo, a été organisé en Italie par une Fédération internationale indépendante de football féminin.

L’engouement du public pour cette « fausse » Coupe du Monde s’est renouvelé l’année suivante au Mexique, où le Danemark a remporté à nouveau le tournoi, dans le stade Azteca de Mexico, devant 110 000 spectateurs. Devant ce succès indéniable, la Fédération internationale de football association (FIFA) a tout fait pour empêcher l’organisation d’une troisième édition, ne souhaitant pas voir évoluer le football féminin hors de son champ d’action.

C'est seulement quinze ans plus tard, à l’occasion du Mondial masculin de 1986 au Mexique, que la FIFA a décidé que le football féminin devait aussi avoir le sien. La date et le lieu ont été arrêtés.

1991 : Un Mondial de Femmes... au Rabais ?

Pour cette première édition officielle, du 16 au 30 novembre 1991, les instances de la FIFA s'en sont tenues à une organisation au rabais. Au début des années 1990, le football féminin était encore peu développé et très inégal à l’échelle mondiale.

Considérant que les femmes ont des aptitudes bien inférieures à celles des hommes, la FIFA a tenté sans succès de leur imposer un ballon taille 4 (comme ceux des enfants) alors qu’elles jouent habituellement avec une taille 5. Mais cette première compétition aura au moins eu le mérite d’être… une première. 28 ans plus tard, la Coupe du Monde féminine de la FIFA a accueilli 24 sélections du 7 juin au 7 juillet 2019 en France.

Le 16 novembre 1991 à Guangzhou, en Chine, la Norvégienne Tone Haugen a donné le coup d’envoi de la première Coupe du monde féminine de football. Son geste est symbolique : il met fin à vingt ans de lutte pour que la Fédération internationale de football (FIFA) accepte de féminiser sa compétition phare.

Jusqu’alors, seules les compétitions non officielles permettaient aux sélections nationales et aux clubs féminins de s’affronter. Ces Coupes clandestines ont alimenté les annales du football féminin d’anecdotes caractéristiques d’une époque révolue, comme cette finale organisée au Mexique… où les poteaux étaient peints en rose. Mais ces compétitions « pirates » ont convaincu les instances internationales que le football féminin intéressait les spectateurs.

Sans elles, la Norvégienne Ada Hegerberg, l’Espagnole Alexia Putellas ou encore l’Américaine Megan Rapinoe ne se seraient pas affrontées en Australie et en Nouvelle-Zélande, à l’occasion de la neuvième édition de la Coupe du monde féminine de football.

Les Premières Étapes du Football Féminin

Le football féminin apparaît à la fin du XIXe siècle. C’est au Royaume-Uni, à Glasgow précisément, que le premier match a lieu. La presse locale ne retiendra que la tenue des joueuses de l’époque. Les matches qui ont suivi ont même engendré des envahissements de terrain. En effet, la pratique de ce sport par des femmes n’était pas vue d’un très bon œil puisque les hommes considèrent que les femmes n’ont pas à s’immiscer dans un monde masculin.

En France, le football féminin émerge au début du XXe siècle. C’est en 1912 que le Femina Sport est fondé par deux enseignantes d’éducation physique. Il devient le premier club de football féminin français. En 1917, alors que les hommes sont partis à la Guerre, le premier match de football féminin français est organisé.

Il a fallu attendre 1920 pour qu’une sélection des meilleures joueuses françaises se forme. C’est d’ailleurs à cette date que le premier grand match international a lieu. Organisé au Deepdale Stadium à Preston au Royaume-Uni, le match opposant la France et l’Angleterre a réuni près de 25 000 spectateurs, un chiffre totalement démesuré pour l’époque.

Malheureusement, alors que la guerre est terminée et que les hommes retrouvaient peu à peu la société, la Football Association (Fédération anglaise de football) décide d’interdire en 1921 la pratique du football féminin dans un cadre officiel. Les autres pays ont fait de même et rendu l’existence du football féminin éphémère et marginale.

Le Renouveau du Football Féminin

À la fin des années soixante, le football féminin se relance tout doucement. C’est en 1968 qu’un match amical opposant Reims et Valenciennes est organisé, ce match sera alors décisif pour le renouveau du football féminin.

Cette même équipe de Reims engage alors un combat en France pour la reconnaissance officielle du football féminin en se lançant dans de nombreuses tournées sportives en France mais aussi à l’international (États-Unis, Indonésie, Canada…). Grâce à leur persévérance, les Rémoises finiront par obtenir en 1971 la reconnaissance officielle du football féminin en France.

De nombreuses coupes informelles avaient été organisées comme notamment une Coupe du Monde en 1970. C’est seulement en 1991 que la première Coupe du Monde de football féminin est mise en place dans un cadre officiel. Cette compétition a pris place en Chine, et ce sont finalement les Américaines qui décrochent le titre mondial.

En France, c’est Louis Nicollin qui est le premier à salarier ses joueuses quelques années après la création de sa section féminine.

L'Impact des Coupes du Monde Récentes

La Coupe du Monde 2011, organisée en Allemagne, a été considérée comme un déclic. C’est la première fois que le football féminin suscitait autant d’engouement dans la population. De même, en 2019, le football féminin a totalement explosé lors de la Coupe du Monde 2019 organisée en France.

Les droits télévisuels payés par TF1 sont par exemple passés de 850 000 euros en 2015 à environ 11 millions d’euros. Les licences enregistrées auprès de la FFF subissent également une augmentation drastique.

Une première équipe féminine du FC Metz était apparue dans les années 1970. Les Messines faisaient partie des seize équipes qui ont fondé la première division française. Il faudra attendre 2014 pour voir la section féminine du FC Metz renaitre de ses cendres. En effet, c’est à cette date que l’AS Algrange décroche son billet pour monter en première division. Le FC Metz a alors trouvé un accord avec le club mosellan pour l’intégrer au sein de sa structure sportive et ainsi participer à son développement. Le Club compte actuellement 107 licenciées reparties en 6 catégories : U9, U11, U13, U15, U18, Senior. Le Club dispose également d’une section sportive pour les collégiennes et lycéennes.

L'Organisation de la Coupe du Monde 1991 en Chine

Lors du 45e Congrès de la FIFA (Federation International Football Association) de juin 1986 à Mexico, la Norvège avait mis à l'ordre du jour l'organisation d'une Coupe du Monde de football féminin. L'UEFA (Union of European Football Associations, Union des Associations Européenne de Football) suggéra d'organiser une compétition test en 1987; elle fut reportée à l'année suivante sous l'appellation "The FIFA Women's Invitation Tournament".

Comme lors du Tournoi test en 1988, la compétition s'est déroulée dans la région de Guangzhou, située au sud-est de la Chine, où furent accueillies les 12 équipes.

Lors du match d’ouverture, devant 60 000 spectateurs, joué à Guangzhou, le 16 novembre, les chinoises furent intraitables contre les norvégiennes, en leur passant un 4-0. Deux jours plus tard, elles durent partager les points avec les danoises suite à un nul, 2-2.

Les Moments Clés de la Compétition

Débutant contre les suédoises, les américaines gagnèrent 3-2, ce premier match joué à Panyu, le 17 novembre. Pour leur 1er match, le 17 novembre dans le stade de Jiangmen, les allemandes envoyèrent les nigériennes chercher par quatre fois le ballon dans leur filet.

Les quarts de finale se jouèrent tous le même jour, le 24 novembre. Pour le 2e quart, la Chine, devant environ 55 000 spectateurs dans le stade Tianhe à Guangzhou, fut battue par la Suède, sur le plus petit score 0-1; un drame pour le peuple chinois. Cette dernière avait déjà éliminé son adversaire en demi-finale, en 1988, lors du Tournoi test !

De même, il fallut à nouveau, des prolongations pour départager les équipes en liste lors du 3e quart de final, sur le stade de Jiangmen ! Si les scores des trois premiers quarts furent très serrés, un but d'écart après deux prolongations, il en fut tout autre pour le dernier quart ! Dans le stade de Ying Dong à Panyu, la première demi-finale fut nordique, car la rencontre fut entre la Suède et la Norvège.

La Finale Historique

La finale se joua dans le stade Tianhe de Guangzhou, le 30 novembre 1991, devant environ 63 000 spectateurs. La rencontre fut serrée, avec un 1er but de l'américaine Michelle Akers de la tête, suite à un centre, à la 20e minute. Les norvégiennes égalisèrent rapidement, à la 29e minute par Linda Medalen de la même manière; le score de 1-1 resta ainsi jusqu'à la fin de la première mi-temps.

Comptabilisant 12 équipes en lice pour le titre, cet événement fut un énorme succès, et l'équipe des États-Unis remporta la compétition cette année-là. Plus de 65 000 spectateurs assistèrent au match final entre les États-Unis et la Norvège. Ayant gagné en popularité, le tournoi compte désormais davantage d'équipes participantes et séduit toujours plus de téléspectateurs qui suivent assidûment chaque match.

Le tournoi a en effet contribué à faire tomber les barrières et voler en éclats les stéréotypes qui pesaient sur le sport féminin. Elle a contribué à encourager l'égalité des sexes et à remettre en question le principe affirmant que le sport est un domaine dominé par les hommes.

Évolutions et Anecdotes

En 1991, la première Coupe du monde féminine de l'histoire a eu lieu en Chine, avec beaucoup d'amateurisme. Asako Takakura a joué la première Coupe du monde féminine en 1991. Organisée dans la province chinoise de Guangdong, la Coupe du monde 1991 a été remportée par les Américaines, victorieuses de la Norvège en finale (2-1) devant 63.000 spectateurs.

À l’époque, les matches se déroulaient en deux périodes de 40 minutes. Si la longueur des matches a été rallongée dès l'édition suivante à la demande de plusieurs équipes, "les gens se demandaient si les femmes pouvaient jouer", se souvient Takakura. "Je ne pense pas qu'ils y aient accordé beaucoup de crédit, il s'agissait d'un soutien de façade au football féminin", a-t-elle estimé auprès de l'AFP.

Depuis le football féminin s'est développé. "Au départ, beaucoup de nations voyaient le football féminin négativement.

Coupes du Monde Non-Officielles et Reconnaissance Tardive

Alors que le dénouement de la Coupe du monde de football féminine 2023 approche (la finale a lieu ce dimanche), on revient sur la première édition de la compétition. Qui, contrairement à ce que l’on croit, n’a pas eu lieu en 1991, mais en 1971. Non-officielle et non-validée par la Fifa, elle s’était déroulée dans une ambiance machiste au possible.

Contrairement à ce que l’on croit, une première édition planétaire avait eu lieu en 1971, à Mexico. C’est ce que raconte le documentaire Copa 71, produit par les sœurs Serena et Vénus Williams ainsi que la star américaine de football Alex Morgan, championne du monde en 2019. Il sera présenté au festival du film de Toronto en septembre, soit 52 ans après ce Mondial passé aux oubliettes.

Une Compétition Sexiste au Possible

L’idée de la « Coppa del Mondo » émerge au début des années 1970 dans le cerveau d’hommes d’affaires italien, bien loin du foot. À l’origine, rien de féministe donc. Dans un but purement économique, ils fondent avec des représentants internationaux la Fédération internationale et européenne de football féminin (FIEFF). Le président est, par exemple, juriste, le vice-président avocat et certains conseillers travaillent chez Martini & Rossi, célèbre marque d’alcool transalpine.

C’est d’ailleurs cette firme qui, à l’été 1970, est à l’origine du premier tournoi de football féminin, non-officiel et non validé par la Fifa. Cette compétition, aussi appelée Martini Rosso Cup, est parfois considérée comme la première coupe du monde féminine. Mais c’est un club, le Boldklubben Femina, qui avait représenté le Danemark, et non une sélection nationale, si bien que ce tournoi ne peut pas être vu comme la « vraie » première coupe du monde féminine.

Toujours est-il que cette première compétition internationale féminine rencontre un réel succès en Italie. « Vous aurez du foot et de la cuisse », fanfaronne à l’époque le président du comité d’organisation, Jaime de Hargo, qui répète à l’envi que « les hommes ont deux passions dans la vie : les femmes et le football ».

Lui rêve de remplir pour la seconde édition le stade Aztèque de Mexico, qui compte 100 000 places. Six équipes sont qualifiées : l’Angleterre, la France, l’Argentine, l’Italie, le Danemark et le Mexique.

Pour prendre part à ce championnat, qui dure un mois, de nombreuses joueuses ont dû quitter leur travail. « Je travaillais à La Poste et je faisais beaucoup de remplacements, se souvenait en 2019 auprès de France Info Michèle Monier, 25 ans à l’époque. Alors forcément, quand j’ai demandé un mois, en août, on m’a refusé mes congés. Ni une, ni deux, j’ai posé ma démission. »

La plupart de ces femmes - dont certaines mineures - ont surtout dû demander… l’autorisation de leur mari, car à l’époque, les femmes et les filles n’ont toujours pas voix au chapitre. Les organisateurs, eux, en font des caisses pour « féminiser » la compétition. Ils insistent pour que les poteaux soient peints en rose. La femme est réifiée, placée au rang de poupée : « Qui va gagner : les blondes ou les brunes ? », s’interroge ainsi le journal mexicain Esto, avant le match Argentine-Danemark.

L’organisation va même jusqu’à promettre un coiffeur dans les vestiaires pour que les joueuses aient toujours l’air apprêté - personne n’en verra jamais le jour. Organisation, médias… Tout est axé autour de la sexualisation des joueuses, pour vendre.

Le Retour à la Réalité et l'Héritage

Malgré cette ambiance sexiste, les joueuses, elles, prennent la compétition très au sérieux. La première occasion pour elles de montrer qu’elles peuvent jouer - et bien jouer ! - au football. Le tournoi est malheureusement entaché par des soupçons de corruption autour de Martini, qui ferait tout pour obtenir une finale Italie - Mexique.

La finale se joue finalement entre le Danemark et le Mexique - la France termine cinquième - et les Danoises sont sacrées championnes du monde (victoire 3-0). Mais le retour à la réalité est terrible. Les Mexicaines, considérées comme des amatrices, ne reçoivent aucune paie ni prime pour leur tournoi. Les Anglaises, elles, sont suspendues quelques mois à leur retour en Grande-Bretagne pour avoir participé à un tournoi non officiel. Le manager de l’équipe, Harry Batt, est même suspendu à vie.

Quelques joueuses, comme Nicole Mangas (internationale danoise) ou Susanne Augustesen (internationale française), sont contactées par des clubs italiens, alors à la pointe de la professionnalisation du football féminin. Mais cela reste rarissime.

Le tournoi est cependant un succès - le stade Aztèque est plein à craquer - et une nouvelle édition doit voir le jour en 1972. « Mais la Fifa a tout fait pour l’empêcher, confiait en 2019 au Monde Laurence Prudhomme-Poncet, auteure de Histoire du football féminin au XXe siècle (L’Harmattan, 2003). Elle ne veut pas voir le football féminin s’organiser hors de son giron, sans pour autant qu’elle ne le structure ou le développe elle-même. »

Les pionnières de 1971 devront attendre 20 ans encore avant de voir une première Coupe du monde sous l’égide de la Fifa. En 1991, cependant, seulement six équipes s’affrontent. Quatre ans plus tard, les organisateurs couplent le Mondial… À de l’athlétisme, de peur de voir les tribunes vides.

L’édition 2023, neuvième du nom, a elle aussi failli faire les frais de cette politique patriarcale : l’absence de diffuseurs a longtemps plané sur plusieurs pays d’Europe, dont la France. Avant que M6 et France Télévisions n’acquièrent les droits mi-juin… Soit un mois avant le début du Mondial.

Dans le même temps, la Fifa annonçait que la compétition serait visible en clair dans 34 pays d’Europe, dont l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et le Royaume-Uni, les quatre autres grands pays européens du football féminin sur lesquels la menace d’un black-out planait. Les bonnes audiences télévisuelles et les records d’affluence au stade laissent présager du meilleur.

Participants et résultats de la Coupe du Monde Féminine 1991
Équipe Résultat
États-Unis Vainqueur
Norvège Finaliste
Suède Troisième place
Allemagne Quatrième place

tags: #premiere #coupe #du #monde #de #football