La préférence motrice est un concept essentiel dans le domaine du sport, notamment au football, car elle influence la manière dont les athlètes se meuvent et interagissent avec leur environnement.
L'approche ActionTypes : Une Révolution dans la Compréhension du Mouvement
L’approche ActionTypes, destinée aux entraîneurs et coaches sportifs, aux kinésithérapeutes mais aussi aux athlètes de 25 disciplines, a été inventée par Bertrand THERAULAZ et par Ralph HIPPOLYTE. L’idée de cette approche est née du constat frustrant : « Mais pourquoi les athlètes n’appliquent-ils pas les préceptes qu’ils ont appris durant leur entraînement ? Pourquoi la pression de la compétition leur ferait perdre tous leurs moyens une fois arrivée dans l’action ? ».
Avec des études en psychologie pour l'un des 2 créateurs d'AT et après 25 ans de recherches et de perfectionnement, les techniques d'Action Types permet de déterminer, à chaque individu, la connaissance de ses préférences motrices. Cette approche redonne de l’importance au corps mais aussi au mouvement. Nous l’avons, chez AgilBee, maintes fois constaté : On réfléchit et on apprend bien mieux en bougeant !
Il faut tout d’abord préciser que c’est la naissance de l’approche ActionTypes® (ATA) qui est à la base de l’engouement actuel pour les préférences motrices. Même Volodalen®, que beaucoup pensent à tort être à l’origine des préférences motrices, n’aurait pas fait de « saut quantique » aussi rapide et en prenant en compte autant d’éléments si Cyrille Gindre n’était pas venu se former en octobre et décembre 2010 chez ActionTypes. Quant à l’histoire de la naissance d’ActionTypes, cela remonte à longtemps puisque j’ai rencontré Ralph Hippolyte en 1984.
Les Fondements de l'ActionTypes
Provenant des travaux du Kinésithérapeute Raymond Sohier, la marche représente la signature corporelle de chaque individu. Au même titre que les empreintes digitales ou l’ADN, elle est unique et reflète ainsi sa propre identité. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à regarder, écouter ceux qui vous côtoient : Chacun dispose de sa particularité quant à son langage corporel, une singularité quasiment non reproductible.
R. Sohier a mis en évidence deux types de marche : La Marche par le haut et la Marche par le Bas. Une radiographie de la hanche, par exemple, permet de visualiser la différence entre les deux marches [RS]. BT et RH ont mis en place des tests de poussée pour réaliser cela sans outil électronique. Ces tests s’appuient sur une information biomécanique centrée sur la notion d’équilibre qui est commune aux deux types de marches.
Concernant la « marche par le haut », la posture est inversée ; le mouvement commence par un déplacement des épaules. Le marcheur réalise ainsi une poussée du pied et de toute la jambe qui fait avancer le corps entier. Il s’agit d’une action concentrique de la cuisse et du mollet. Les personnes dont la signature motrice correspond à la « marche par le bas » marchent et courent en priorisant systématiquement la contraction musculaire concentrique. Pour ce qui est de la « marche par le haut », ceux qui l’ont naturellement adoptée utilisent principalement leur élasticité musculaire, également nommée pliométrie.
Cyrille Gindre, Docteur en sciences du sport, entraineur d’athlétisme et enseignant, formé à ActionTypes par Bertrand Théraulaz, a nommé les personnes qui se déplacent par le haut avec une foulée rebondie des « aériens » (temps passé en l’air prédominant) et celles qui se déplacent par le bas avec une foulée rasante des « terriens » (temps passé au sol plus important). Ses études ont clairement démontré que le sportif terrien utilise préférentiellement la contraction concentrique du muscle (moteur musculaire) alors que l’aérien privilégie avant tout un fonctionnement pliométrique (ou élastique). Ces travaux mettent ainsi en évidence les travaux de R.

Exemple de profils aérien et terrien
Comment Déterminer sa Préférence Motrice ?
Comme toute discipline d’excellence, acquérir le talent d’être un profiler Action Types semble être simple à voir mais dans la réalité cela semble beaucoup de pratiques. Faites asseoir une personne sur une chaise et mettez votre bras devant ses épaules en lui demandant de se lever. S’il est gêné par le bras, il a besoin de basculer le haut du tronc pour se lever ou avancer, il a une « marche par le haut » ; s’il bouge naturellement son bassin vers l’avant et pousse sur ses jambes pour se lever verticalement, il a une « marche par le bas ».
Vous noterez que si la personne est entrain d’analyser l’exercice, elle aura probablement trouvé la solution au problème. Faîtes donc l’exercice en vous amusant, vous verrez comment certain sans sorte naturellement quand d’autre trouve la situation bloquante. Après 2 à 5 secondes, les autres auront trouvés en 2 mouvements au lieu d’un la solution. Avez-vous remarqué lorsque vous étiez plus jeune, lorsque vous cherchiez à courir dans le sable, votre course était difficile et lente tandis que vos camarades étaient nettement plus rapide que vous. Il s’agit du problème des aériens. Le sable amortit l’élévation et le corps a du mal à avancer. La sensation de piétinement s’en ressent. La seule solution pour y échapper est de chercher une zone de sable mouillé. Les « terriens » sont donc meilleurs dans le sable que les aériens.
De récentes études en neurosciences révèlent que nous avons chacun un cerveau différent et qu’il existe une signature corticale propre à chaque individu. En apprenant à décoder ces signatures et préférences motrices, il est possible de bouger dans le sens des préférences de notre cerveau.
Préférences Motrices et Performance Sportive
Il n’existe pas de préférences meilleures que d’autres. C’est plutôt, d’une part la connaissance de celles-ci et d’autre part, l’aptitude de l’athlète à les mettre en place dans l’écosystème qui est le sien qui seront importantes. Usain Bolt a une préférence de « Marche par le haut », et juste derrière lui, Johan Blake est à l’opposée, avec une préférence de « marche par le Bas ». Autre exemple, au football, C Ronaldo est un « marche par le haut ou MPH », Z Zidane est un « marche par le Bas ou MPB ».
Un Zidane va par exemple préférer le principe du « start and stop », balle au pied, alors qu’un Ronaldo va aimer le fait de partir lancé, pour être en mouvement au moment de la réception de la balle, il est ce que l’on appelle un rythmique. Chez lui, le mouvement s’auto-alimente dans un cercle vertueux. Si ils ont des préférences, ils savent tout faire et maîtrisent plutôt bien leur opposé.
Nous passons au cours d’un match, d’une journée, sans cesse de l’un à l’autre inconsciemment pour nous adapter à notre environnement, selon notre degré de fatigue ou une blessure éventuelle. Le fait d’évoluer ponctuellement dans son opposé, peut permettre également à notre force, lorsque cela est nécessaire, de récupérer.
Prenons l’exemple de la main : un droitier pour saisir un téléphone peut très bien le faire avec sa gauche, il ne lui en coûtera que peu d’énergie. Cependant, un « marche par le Haut » restera un « marche par le Haut » quel que soit son niveau d’entraînement dans son opposé. Mais s’agissant d’une motricité de survie, celle du MPH lui restera toujours plus facilement accessible que celle du MPB.
L'Importance de l'Adaptation de l'Entraînement
La réponse à cette question est clairement OUI ! On peut tenter de demander à tout le monde de mettre « cul par terre » en flexion ultime. Tant que la fonction d’équilibre n’est pas remplie, le système nerveux central (SNC) perçoit un risque de chutes des masses squelettiques et donc de mort.
Si on prend le mouvement naturel de marche, le cerveau possède 2 stratégies différentes, totalement opposées, pour créer le déséquilibre à l’origine de la marche. Rappelons que l’homme peut tout faire, mais s’il le peut, il a parmi ces 2 options l’une d’entre elles qui lui est plus facile. une triple flexion du membre inférieur, un report du centre de gravité à l’appui plutôt sur le 1/3 postérieur du pied, au moment d’enclencher le mouvement.
Lors de la dynamique de marche, la prise de contact de la jambe d’appui se fait en avant du tronc, qui se trouve à ce moment-là en déséquilibre dans l’espace ARRIERE. On les appellera MPB (cf précédent) ou Terrien. L’appui au sol se fait quasi à l’aplomb du tronc qui lui est versé vers l’avant, avec un centre de gravité au moment de déclencher le mouvement qui se situe sur le 1/3 antérieur du pied. On observe une raideur plus ou moins prononcée du membre inférieur. On dit d’eux qu’ils sont des MPH, ou des Aériens.
Les liens cognitifs permettant de comprendre comment, chaque individu fonctionne dans l’action et qui se traduisent à l’observable par une expression motrice, ont été fait par R Hippolyte et B Théraulaz. Ils se sont notamment inspirés du MBTI, et des travaux de l’approche comportementale et psychologique développée par Carl Gustave Jung dans le premier tiers du 20e siècle.
Si l’ensemble des vertèbres sont mobilisées dans le mouvement, 2 « carrefours » vertébraux se dégagent en fonction des profils moteurs. Plus concrètement, ceux dont le profil définit D8 comme point mobile seront dits dissociés. A l’inverse, ceux qui auront L5 comme point mobile, seront dits associés.
Exercices Simples pour Déterminer les Préférences Motrices
Plus simple, je peux leur conseiller de se rendre sur la plateforme Youtube et de cliquer sur une vidéo à destination des coachs et préparateurs sportifs, réalisée pour la structure de formation, nommée Trans-Faire. Cependant, j’attire leur attention sur le fait, qu’il s’agit d’une vidéo de démonstration.
Je suis un des premiers à travailler sur l’alliance de ces 2 paramètres. Depuis plusieurs années, j’ai déterminé et mis en place des liens inter-systèmes qui peuvent être utilisés au quotidien dans la prise en charge sportive de l’athlète, dans plusieurs disciplines.
L’équilibre est une notion primordiale, il est donc nécessaire de tenir compte du système de préférence et du contexte + évolution: schématiquement, le terrien agit par le bas, l’aérien par le haut. Les tests sont essentiels ils se pratiquent via des tests de coordination, de gainage, des mesures via la plateforme de baropodometrie et l’analyse vidéo assistée. Le chaussage est aussi à analyser. Les semelles sont ensuite élaborées en fonction bien sur de la pathologie MAIS aussi suivant l’organisation des chaînes musculaires.
Les préférences motrices ou naturelles sont les gestes ou les postures que vous prenez de façon innée, sans que cela ne vous demande de réflexion et que le corps n’ait besoin de dépenser trop d’énergie. Ces préférences sont ancrées en nous et cela depuis la naissance. Le bilan en posturologie permet d’identifier vos préférences motrices et votre pattern de course.

Tests simples pour déterminer les préférences motrices
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