Le Paris Saint-Germain (PSG) s’est qualifié pour les huitièmes de finale de la Ligue des champions, mais non sans difficultés. Le match nul face à l'AS Monaco (2-2) au Parc des Princes, après une victoire étriquée à l'aller (2-3), a mis en lumière des faiblesses persistantes. Malgré la qualification, des questions subsistent quant à la capacité du PSG à défendre son titre et à afficher une performance dominante.

Un Match Retour Révélateur
Luis Enrique lui-même a admis ne pas avoir apprécié le contenu du match retour contre Monaco. La première période a particulièrement mis en évidence les difficultés du PSG, bousculé par une équipe monégasque bien organisée. Maghnes Akliouche a ouvert le score (1-0, 45e), et Paris s’est retrouvé en difficulté face au marquage constant imposé par son adversaire.
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La Tactique Payante de Monaco
Sébastien Pocognoli, l'entraîneur de Monaco, avait opté pour un 3-5-2, une formation conçue pour un marquage individuel strict et une défense agressive. Dans l'axe, le trio Vitinha - Warren Zaïre-Emery - Joao Neves avait la tête sous l'eau. Cette approche nécessitait une débauche d'énergie considérable et une concentration sans faille, deux aspects que les Monégasques ont su maîtriser en première mi-temps.

Sur cette image captée en début de match, on perçoit assez clairement les intentions qui animaient les visiteurs. On constate notamment que trois milieux monégasques sont chargés de surveiller le trio Vitinha - Zaïre-Emery - Neves, que les latéraux du PSG sont, eux, chassés par les pistons et que la charnière parisienne est destinée à être pressée par Akliouche et Balogun.
Vitinha, Zaïre-Emery et Neves étaient constamment sous pression, marqués à la « culotte » par leurs homologues. Pour éviter cela, les pistons de l'ASM avaient reçu pour consigne d'aller chercher les latéraux du PSG, tandis que le duo Folarin Balogun - Akliouche s'occupait de la charnière centrale parisienne. Autrement dit, c'était une affaire de « un pour un » un peu partout sur le terrain.

Sur cette carte des positions moyennes des joueurs du Rocher, on constate que Coulibaly (28) n'a pas hésité à aller chercher Vitinha très (très) haut.
Les Ajustements et l'Expulsion Salvatrice
Deux éléments ont permis au PSG de reprendre le contrôle : les ajustements tactiques de Vitinha et Nuno Mendes, et l’expulsion de Mamadou Coulibaly à la 58e minute. Pour contrer la discipline défensive affichée par Monaco en première période et brouiller les pistes, Luis Enrique semble avoir demandé, à la pause, à Vitinha et Mendes de permuter régulièrement.

Pour contrer la discipline défensive affichée par Monaco en première période et brouiller les pistes, Luis Enrique semble avoir demandé, à la pause, à Vitinha et Mendes de permuter régulièrement. Ici, le latéral portugais se mue en milieu, pour brouiller les pistes, et son compatriote décroche pour pouvoir organiser le jeu dans une position reculée. Cela aura permis à « Viti » de retrouver quelques couleurs.
Le PSG a marqué sur le coup franc qui a suivi l'exclusion du jeune milieu de terrain (1-1, 60e Marquinhos), mais il évoluait plus haut depuis un moment déjà. L'ASM avait, elle, déjà reculé d'un bon cran (0 récupération dans la moitié de terrain parisienne entre la 45e et la 58e, par exemple). À 10 contre 11, cela devenait quasiment mission impossible.
Des Lacunes Persistantes
Malgré la victoire, le PSG a montré des signes de fragilité. Bousculé par Monaco durant le premier acte, en dilettante en fin de partie, Paris n'a donc pas affiché le visage d'une équipe prête à défendre son titre. Au-delà des soucis causés par le plan bien senti de Pocognoli, le PSG n'a pas pressé bien fort et il a encore pris deux buts, comme à l'aller. Depuis, il y a aussi eu un clean-sheet contre Metz (3-0, le 21 février), mais dans quinze jours, c'est contre Chelsea ou Barcelone qu'il faudra se montrer plus costaud.
Joao Neves a exprimé son insatisfaction quant à la performance de l'équipe, estimant qu'elle peut offrir un bien meilleur visage. Khvicha Kvaratskhelia a également souligné les difficultés rencontrées et le manque de satisfaction malgré la qualification.
Les Mots de Luis Enrique
Luis Enrique, en conférence de presse, a manié l’ironie pour épargner ses joueurs. Il a reconnu des imprécisions en première période, mais a souligné la capacité de l'équipe à surmonter les difficultés. Interrogé sur les carences de l'équipe, il a insisté sur le fait que le PSG était prêt pour la suite de la compétition.

Luis Enrique donne des consignes à Khvicha Kvaratskhelia lors de PSG-Monaco en barrages retour de Ligue des champions.
Le PSG Face à l'Avenir
Le PSG ne manquera pas le rendez-vous des huitièmes de finale de la Ligue des champions. La mission a été accomplie, mais la manière laisse de nombreuses zones d'interrogations. Le champion d'Europe en titre n'est, à l'évidence, pas au même niveau que l'an passé au même stade de la compétition.
En attendant de savoir qui de Chelsea et du FC Barcelone affrontera son équipe au prochain tour, l’entraîneur imagine bien les Franciliens comme l’épouvantail à éviter pour les autres gros d’Europe. "Nous sommes prêts à jouer n'importe quelle équipe, nous sommes prêts à jouer n'importe quelle compétition. Et ce que nous cherchons à faire, c’est la même chose", a indiqué le technicien à deux jours du tirage au sort des huitièmes.
Tableau Récapitulatif des Statistiques Clés du Match
| Statistique | PSG | AS Monaco |
|---|---|---|
| Possession de balle (2e mi-temps) | 79,3% | 20,7% |
| Interceptions (1ère mi-temps) | 6 | 6 |
| Récupérations de balle (1ère mi-temps) | 29 | 29 |
| Ballons perdus dans le deuxième tiers du terrain (1ère mi-temps) | 28 | 15 |
| Tirs dans la surface adverse (entre la 45e et la 58e minute) | 8 | - |
| Récupération dans la moitié de terrain parisienne (entre la 45e et la 58e minute) | - | 0 |