À peine 19 ans et déjà titulaire en équipe de France, Posolo Tuilagi sera présent dès le coup d’envoi du match France-Italie, dimanche 25 février, disputé à Lille dans le cadre de la 3e journée du Tournoi des six nations. Après avoir été remplaçant lors des deux matchs précédents, le jeune joueur a su convaincre et s'imposer.

Une dynastie originaire des îles Samoa
Posolo Tuilagi est né le 28 juillet 2004 aux Samoa, un État insulaire du Pacifique sud à la solide tradition rugbystique. Il est lui-même issu d’une célèbre famille de rugbymans. C’est d’autant plus vrai pour les Tuilagi, dont les qualités athlétiques et le talent se transmettent génération après génération, par-delà même les continents et les océans.
Son père Henry Tuilagi, troisième ligne au gabarit également imposant, a été international samoan et a fait carrière en Europe (Parme, Leicester et Perpignan). Ce trois-quarts centre a été rappelé en février dans le groupe anglais pour préparer le match contre l’Écosse, sans finalement être retenu pour la rencontre.
Dans la famille Tuilagi je voudrais… Le rugby est un sport de famille, des Spanghero en passant par les Barrett, les Ntamack ou les Whitelock, tous ont marqué ou continuent d’écrire l’histoire de cette discipline.
Voici quelques membres notables de la famille Tuilagi :
- Fereti « Freddie » Tuilagi : Le premier de cordée, ayant débuté par le rugby à XIII avant de passer à XV et de défendre les couleurs des Samoa.
- Alesana Tuilagi : Surnommé « Alex », un ailier samoan comparé à Jonah Lomu pour ses charges destructrices.
- Anitele’a Tuilagi : Réputé pour son explosivité et la rudesse de ses plaquages.
- Sanele Vavae Tuilagi : Le plus Audois des Samoans, ayant joué à Narbonne et Carcassonne.
- Manu Tuilagi : Le dernier de la fratrie, mais le premier à défendre les couleurs d’une autre nation, en l'occurrence l'Angleterre.
- Brian Tuilagi : Ayant joué pour l’US Dax et ayant grandi en Angleterre.
- Frederick Tuilagi : Le « petit » de Freddie, ayant joué pour Leicester et évoluant en France.
- Henry Jr Tuilagi : Jouant au poste de centre, comme son oncle Manu.
Un talent formé à Perpignan
Posolo Tuilagi est arrivé enfant à Perpignan, dans le sillage de son père Henry qui a joué pour le club catalan de 2007 à 2015. Il a signé sa première licence en 2010 à l’USA Perpignan, y a fait toute sa formation et y joue toujours.
Cette longue présence dans les Pyrénées-Orientales lui a permis d’être sélectionnable avec le XV de France, même s’il n’a pas encore de passeport français. Selon les règlements internationaux, un joueur est en effet « éligible » pour représenter une équipe nationale « si lui-même, ses parents ou grands-parents sont nés dans le pays concerné, ou s’il a résidé dans ce pays pendant soixante mois consécutifs ».

Débuts professionnels et ascension fulgurante
Lui qui a d’abord été pilier a fait ses débuts professionnels comme deuxième ligne avec l’Usap lors de la saison 2022-2023 et est devenu un titulaire indiscutable à son poste. Posolo Tuilagi, 18 ans, fils d'Henry, l'un des grands noms de l'histoire de l'USAP, sera titulaire pour la première fois ce samedi 18 février, à Aimé-Giral, pour la réception de Pau. C'est son heure.
En termes de rugby, le fiston a visiblement pris pas mal des qualités du papa. "C'est un être humain hors norme. Il vient juste d’avoir 18 ans et il "tabasse" tout le monde, disait de lui Perry Freswater, l'entraîneur des avants de l'USAP, en début de saison, au moment de coucher son nom pour la première fois sur une feuille de match, contre La Rochelle. Il est prêt. À chaque fois qu’il est sur le terrain, il avance. Avec la masse qu’il a et l’explosivité qu’il tient de son père, je pense qu’il peut faire mal à plusieurs mecs.
Depuis le début de l'année, celui qui s'est un peu affûté, lui permettant ainsi de gagner en vivacité, montre un visage impressionnant. Il est rentré contre Clermont et a fait des dégâts dans la défense adverse. Même chose contre le Stade Français, où il a fait souffrir l'immense Marcos Kremer.
Troisième ligne centre de formation, comme le papa, il sera titulaire en deuxième ligne contre Pau, à la place de Piula Faasalele, blessé. Une position sur laquelle le staff le fait travailler depuis quelques mois. Il faudra encore attendre un peu pour le voir sur le toit du monde. Mais Posolo Tuilagi, avec sa puissance, a tout pour devenir très vite une attraction du Top 14. Et faire trembler les défenses adverses, comme le papa jadis.
Cette semaine, Henry, très présent auprès du fiston, était à l'entraînement de l'USAP. Curieux hasard du destin, lors de la dernière victoire de l'USAP contre Pau, en 2015, le numéro 8 s'appelait Tuilagi. Prénom Henry.
Un joueur sacré avec les Bleuets
Avant de découvrir les Bleus de Fabien Galthié, Posolo Tuilagi a fait des ravages avec les Bleuets, l’équipe de France des moins de 20 ans. Surnommé « Moto », il a disputé le Tournoi des six nations et la Coupe du monde de sa catégorie d’âge en 2023.
Après avoir raté le début du Mondial organisé au Japon pour un problème de visa, le colosse a été un des grands artisans du titre remporté par les jeunes Français. Il a notamment inscrit deux essais lors du choc face aux Baby Blacks néo-zélandais.
Posolo Tuilagi│1 Action, 3 Courses, 4 Défenseurs Battus, 2 Passe Après Contact
Posolo Tuilagi avait alors marqué les esprits par des qualités qu’il continue de déployer au niveau au-dessus : la puissance, mais aussi sa capacité à se déplacer et son habileté ballon en main.
L'impact immédiat en équipe de France
Le colosse d’origine samoane Posolo Tuilagi, qui a découvert le XV de France dans le Tournoi des Six Nations, enchaîne avec son club de l’USAP ce samedi contre le Stade Français, avant de retrouver les Bleus. Cet héritier d’une grande famille de rugbymans est très apprécié à Perpignan.
Il a sans doute sauvé le XV de France de la défaite, samedi dernier à Murrayfield, en posant sa grosse paluche sous l’ultime ballon d’essai écossais. « J’avais la main dessous », a assuré Posolo Tuilagi après la poussive victoire française (20-16) à Édimbourg, dans le Tournoi des Six Nations. La deuxième sélection du colosse de 19 ans (1,92 m, 149 kg) est déjà entrée dans les mémoires.
Mais le jeune et timide deuxième ligne a pris la chose très tranquillement. Et il était dès ce lundi à l’entraînement à Perpignan (Pyrénées-Orientales), avec son club de l’USAP. À son âge, enchaîner les rencontres ne lui fait pas peur. Au contraire, il en redemande. La prochaine, ce sera donc dès ce samedi 17 février (17 heures) au stade Jean-Bouin, contre le Stade Français, leader du Top 14. Avant de rester avec le XV de France pour préparer le match contre l’Italie (dimanche 25 février à 16 heures à Lille).
Appelé par Fabien Galthié, il a impressionné tout le monde pendant la préparation. « De mémoire de joueur et d’entraîneur, j’ai rarement vu un jeune joueur faire autant de différence que ce qu’il a pu faire », confiait William Servat hier lors de la conférence de veille de match. « Cela fait deux mois qu’on travaille avec lui, qu’on échange sur ces matches, les attendus, les attitudes et aujourd’hui il est prêt », poursuit l’entraîneur des avants du XV de France. "C'est un camion". Les mots proviennent du joueur Bordelais Yoram Moefana, titulaire à l'aile lors de ce premier match du Tournoi des 6 Nations face à l'Irlande ce vendredi 2 février.
Champion du monde U20 l'été dernier, Posolo Tuilagi a explosé aux yeux du grand public lorsqu'il a remporté le Mondial U20 et qu'il a écrasé à lui tout seul les baby All Blacks. Si sa présence au Tournoi des 6 Nations 2024 était possible, elle n'était pas non plus vraiment envisagée (sa présence lors de la tournée d'été en Argentine était une priorité). Mais le colosse de 18 ans (1,94 m et 145 kg), fait déjà l'unanimité auprès des joueurs et du staff. Le Toulousain François Cros le décrit comme un profil rare. "Il n'y en a pas beaucoup de joueurs comme lui qui ont son gabarit et sa puissance.