Les confrontations de volley-ball entre la Pologne et le Brésil sont toujours des événements marquants, empreints d'une forte rivalité et d'une ambiance électrique. Ces matchs attirent un grand nombre de spectateurs et sont souvent décisifs dans les compétitions internationales. Examinons de plus près ces rencontres historiques.

Les Bleues face au Brésil : Un Défi Constant
Les volleyeuses françaises ont confirmé leurs gros progrès, mais elles n’ont rien pu faire face à des Brésiliennes plus aguerries qu’elles. Jeudi 4 septembre, les Bleues ont été battues en trois sets (27-25, 33-31, 25-19), à Bangkok, en quarts de finale des championnats du monde de volley-ball, une compétition qui se déroule en Thaïlande jusqu’au 7 septembre. La France est éliminée, mais elle n’a pas rendu les armes sans combattre. Alors qu’elles accédaient pour la premières fois de leur histoire à ce stade de la compétition, les Tricolores ont livré une prestation de haut niveau, avant de céder face à une sélection plus expérimentée, deuxième au classement mondial, médaillée de bronze aux Jeux de Paris en 2024 (et titrée en 2008 et en 2012).
Le Brésil rejoint dans le dernier carré l’Italie, qui a dominé la Pologne (3-0). Le public, plutôt clairsemé, a soutenu les Auriverde tout au long de la rencontre. Guidé par la réceptionneuse-attaquante Gabi, l’une des meilleures volleyeuses du monde, le Brésil possède des joueuses grandes, plusieurs d’entre elles dépassant 1,90 mètre. Il pratique un jeu tout en puissance, dans un style similaire à celui de la Chine, l’adversaire de la France au tour précédent.
Un Jeu Tout en Puissance
Les Brésiliennes se méfiaient des Françaises, qui les avaient poussées à deux reprises au tie-break, en juin, lors de la Ligue des nations, une compétition qui réunit les 18 meilleures équipes du monde, puis en phase de poules lors du Mondial. Elles avaient visiblement décortiqué le jeu de leurs adversaires à la vidéo et mis en place un plan pour essayer de neutraliser les deux principaux dangers côté tricolore, la réceptionneuse-attaquante Héléna Cazaute et la pointue Iman Ndiaye.
Face à l’agressivité du contre brésilien, les deux leaders de l’équipe de France ont parfois été en difficulté, mais terminent néanmoins la rencontre avec respectivement 20 et 15 points. Malgré un mauvais départ, les Françaises ne se sont pas désunies et sont revenues à hauteur dans le premier set, égalisant puis passant devant un court instant (21-20) à la faveur d’un ballon poussé malicieusement dans la diagonale par Iman Ndiaye. Mais, après avoir sauvé deux balles de set, l’équipe de France a finalement craqué sur la troisième, quand une faute de filet a offert la manche au Brésil.
Des Moments Clés
Dans la deuxième manche, les Bleues ont fait la course en tête, poussant les Brésiliennes dans leurs retranchements. La rencontre aurait pu basculer quand les Françaises ont mené de quatre points, notamment grâce à la prestation d’Amélie Rotar, déjà brillante face à la Chine. Dans une fin de set irrespirable, les deux équipes se sont rendues coup pour coup. La France a obtenu plusieurs balles d’égalisation à une manche partout, sans parvenir à conclure. Il s’en est fallu de peu, mais la vidéo a montré que l’auriculaire d’Héléna Cazaute avait touché le ballon au contre, permettant aux Brésiliennes d’égaliser (28-28).
Dans la foulée, un smash dans le visage d’Iman Ndiaye remettait miraculeusement le ballon en jeu et permettait à la France d’y croire encore. Mais Gabi a finalement fait la différence d’un petit ballon poussé. Autrice de 13 points, la star brésilienne termine deuxième meilleure marqueuse de son équipe derrière Julia Bergmann (17 points). Après une heure et dix minutes de jeu, le Brésil avait fait craquer le verrou tricolore et pouvait dérouler son jeu dans un troisième set à sens unique.
Les Françaises ont pratiqué un jeu un peu trop prévisible pour faire réellement douter leurs adversaires, manquant également de constance pour l’emporter, mais peuvent quitter le Mondial sans gros regret.
Bilan Positif des Bleues
Le bilan des Bleues, qui disputaient leur premier Mondial depuis 1974, est largement positif. Lors de cette compétition, elles ont battu Porto Rico (19e mondial), la Grèce (29e) en phase de poule et, surtout, la Chine (7e) en huitièmes de finale. L’Espagnol César Hernandez, qui a pris en décembre la succession du Belge Emile Rousseaux à la tête de la sélection, a atteint l’objectif assigné par la Fédération française de volley, atteindre la phase finale.
Les Françaises ont affiché de nets progrès par rapport à leurs prestations des Jeux olympiques de Paris en 2024 (aucun set gagné en trois matchs contre la Serbie, la Chine et les Etats-Unis). Pour une sélection classée au 55e rang mondial en 2016 et qui végétait encore en deuxième division mondiale il y a deux ans, la progression est fulgurante.
Euro 2017: La Serbie Surprend la Pologne à Domicile
Lors de l'Euro-2017 messieurs de volley-ball, la Serbie a surclassé la Pologne (25-22, 25-22, 25-20), pays hôte, devant quelque 65.000 spectateurs dans le stade national de football de Varsovie, en ouverture de la compétition. Ce soutien de poids n'a pas suffi aux locaux, battus par les Serbes (0-3). Malgré les clameurs d'un stade en fusion, les partenaires de Michal Kubiak (11 points) se sont fait surprendre par leur principal rival du groupe A. Les Serbes, emmenés par Uros Kovacevic (12 pts), ont été récompensés de leur efficacité face aux champions du monde en titre et prennent une sérieuse option sur la première place, la seule qui qualifie directement pour les quarts de finale sans passer par les barrages. Sur le chemin de la médaille d'or, les Polonais avaient alors maté la sélection serbe sans concéder un set. Si l'équipe des Balkans maintient ce niveau, ni la Finlande, ni l'Estonie ne semblent en mesure de l'inquiéter.
Championnat du Monde : Des Occasions Manquées
Ce match face à la Serbie aura finalement été le résumé du Championnat du monde bulgare de l’équipe de France, celui des occasions manquées. A chaque fois, leur pointu Aleksandar Atanasijevic, auteur de 38 points, à 35/54 en attaque, aura été décisif, particulièrement dans le tie-break, lorsque deux de ses services ont suffi pour en inverser le cours. Dans le camp tricolore, si Stephen Boyer a soutenu la comparaison au niveau statistique (34 points, 29/46 et 5 blocs), il aura manqué d'un peu d’expérience pour faire basculer le destin du bon côté. Il aurait pour cela failli surfer sur un début de match entamé tambour battant par Boyer et Nicolas Le Goff (8-4), un avantage que les Bleus, emmenés par leur pointu (11 points dans ce premier set) conserveront jusqu’au bout (25-22) avant d’enchaîner en prenant d’entrée les commandes de la deuxième manche (3-0 puis 8-5 après un bloc de Benjamin Toniutti).
Sans solution, les Serbes subissent (15-10), mais alors qu’on les pense moribonds, ils parviennent à passer en tête grâce à quatre points de suite sur service Kovacevic et une montée en puissance d’Atanasijevic (17-18). Ainsi remis en confiance, les hommes de Nikola Grbic, grâce à leur bloc et à la puissance d’Atanasijevic, se détachent (1-4, 8-13), mais les Français n’abdiquent pas et après deux aces d’Antoine Brizard, reviennent à une longueur (16-17), retour de courte durée puisque les Serbes s’en remettent à deux blocs de Jovovic et de Kovacevic et à un Atanasijevic inarrêtable pour reprendre de la marge (19-24) et empocher ce troisième set après le 26e point de leur pointu (20-25).
Changement de scénario dans le quatrième avec des Français qui se détachent après le cinquième bloc de Boyer (13-7) puis après le premier ace de Rossard (23-16), Brizard mettant les deux formations à égalité (25-18). Le tie-break prend des allures de partie de ping-pong, chaque équipe prenant l’avantage à son tour, Earvin Ngapeth plein axe offre une première balle de match aux Tricolores, deux suivront, non converties, tandis que la première serbe, conclue d’un ace par Kovacevic (16 points), sera la bonne (16-18).
Autres Rencontres
La Pologne, championne en titre, est rejointe en tête du groupe H par la Serbie, qui a battu la France 3 à 2 (25-22, 24-26, 20-25, 25-18, 18-16) après avoir sauvé trois balles de match. Polonais et Serbes devraient se disputer la première place, la deuxième pouvant aussi être qualificative pour le Final Six de Turin.
A Milan, la Russie a réagi en écrasant les Pays-Bas 3 à 0 (25-17, 25-16, 25-21) dans le groupe E. Les Russes, favoris pour l'or depuis leur impressionnante victoire en Ligue des nations en juillet, avaient déçu au premier en perdant deux matchs contre les Serbes et les Américains.
Dans le groupe C, la Russie, championne d'Europe en 2013, n'a fait qu'une bouchée de la Bulgarie, demi-finaliste de l'édition 2015, à Cracovie (25-23, 25-20, 25-19). L'Argentine a dominé la Pologne lors du Mondial 2018 de volley.
L'autre équipe invaincue est celle des Etats-Unis, victorieuse de sa voisine canadienne 3 à 1 dans le groupe G à Sofia. Dans leur capitale, les Bulgares ont pris leur revanche sur les Iraniens 3 à 0 (25-19, 28-26, 26-24) et se sont replacés dans la course à la phase finale.
A Bologne dans le groupe F, le Brésil, champion olympique, a dominé l'Australie 3 à 0 (25-21, 25-22, 25-15) et conserve la tête.