La confrontation footballistique entre la Pologne et la Russie est bien plus qu'un simple match. Elle est chargée d'histoire, de tensions politiques et de rivalités entre supporters. Retour sur les moments clés de cette relation complexe.

Contexte Tendu à l'Euro 2012
Dans un contexte tendu en raison des supporters bouillants des deux camps prêts à en découdre, le match du 12 juin coïncidait avec une Fête nationale russe, le "Jour de la Russie".
A la suite des incidents entourant les deux matchs de la Russie, le président Vladimir Poutine a réagi ce mercredi.
A l'issue des incidents ayant entâchés les deux rencontres de la sélection russe contre la République Tchèque (4-1), et la Pologne (1-1), le président russe, Vladimir Poutine a déclaré ce mercredi soir tenir la Pologne pour responsable du maintien de l'ordre.
Vladimir Poutine a appelé mercredi le Premier ministre polonais Donald Tusk pour souligner que son pays était responsable du maintien de l'ordre et de la sécurité des supporteurs étrangers à l'Euro-2012 de football, a rapporté son porte-parole cité par Itar-Tass.
Dans la soirée, le Premier ministre polonais, Donald Tusk a tenu à rassurer le président russe Poutine sur l'impartialité de la justice polonaise.
«La violence n'était vraiment pas une bataille historique russo-polonaise mais a plutôt rassemblé une centaine d'idiots de part et d'autre», a déclaré M. Tusk à la presse.
«Nous allons leur donner à tous, une leçon, qu'ils soient Polonais, Russes, quels qu'ils soient», a poursuivi le chef du gouvernement polonais.
Des hooligans russes avaient frappé des stadiers vendredi à Wroclaw. Et mardi, dans un contexte politique et historique au lourd passif entre Pologne et Russie, le défilé des supporters russes à Varsovie a débouché sur de nouveaux incidents, avec intervention des forces de l'ordre.
Il sera cette fois difficile de savoir d'où sont venues les provocations entre fans polonais et russes. Il y a eu une centaine d'arrestations et une dizaine de blessés au total.
Au final, quelques heurts, quelques banderoles mal venues.
Un Match Sous Très Haute Surveillance
Les supporters russes étaient 7000 à Wroclaw, vendredi, pour assister au match Russie-République tchèque (4-1), ils seront 3000 de plus ce mardi soir dans les tribunes du Stade National de Varsovie, pour un bouillant Pologne-Russie.
Depuis plusieurs jours, les autorités polonaises sont sur le qui-vive car l'avant-match s'annonce électrique.
Mardi soir à 20h15, plusieurs centaines de Russes et de Polonais marcheront ensemble du centre-ville de Varsovie jusqu'au Stade National.
Ils réclament le retour du communisme dans leurs pays respectifs.
Ils défileront en affichant les symboles de l'ex-Union Soviétique... Cette manifestation sera encadrée par les autorités de Varsovie.
La Police de Varsovie craint surtout les affrontements entre hooligans russes et polonais après les heurts survenus autour du match Russie-République tchèque.
Quatre membres du service d'ordre polonais avaient été frappés par des supporteurs russes.
Dans un texte publié sur leur site internet, la Fédération et l'équipe nationale russe ont appelé « avec fermeté tous les supporters à s'opposer aux provocations de hooligans et à coopérer pleinement avec les organisateurs des matches sur les questions de sécurité.
Le Match: Pologne 1 - 1 Russie
Le match a été ouvert et rythmé entre deux équipes volontaires.
Les Polonais se mettaient les premiers en action dans le sillage de son attaquant Lewandowski sans parvenir à tromper la vigilance de Malafeev.
Le sélectionneur de la Pologne Franciszek Smuda avait bien tenté de bétonner son milieu de terrain pour le ralentir avec trois défensifs axiaux Dudka, Murawski et Polanski, faisant glisser Obraniak sur le côté gauche.
Mais Lewandowski était bien trop esseulé dans ce système.
Sous pression, les Russes sont revenus peu à peu dans la rencontre.
Après plusieurs alertes devants les buts de Tyton, l'ouverture est venu d'un coup de pied arrêtés.
Mal marqué par Boenisch et Piszczek, l'attaquant Alan Dzagoev a ouvert le score à la 37e minute pour les Russes, en déviant de la tête et de l'épaule un coup franc excentré d'Andrei Arshavin.
Il s'agit du troisième but de Dzagoev, meilleur buteur de la compétition avec trois buts.
Le joueur de 21 ans du CSK Moscou, nouvelle star de cet Euro, avait déjà inscrit un doublé lors de la 1re journée contre la République Tchèque (4-1), vendredi dernier à Wroclaw.
Mais le retour des vestiaires en seconde période de Polonais rageurs a surpris la bande à Arshavin qui s'était reposée sur ses lauriers et son jeu de courtes passes rapides.
Et, après plusieurs tentatives et situation danreuses, c'est Blaszczykowski, en bon capitaine polonais, qui d'une frappe puissante excentrée a égalisé (1-1, 57e).
Une égalisation mérité au vue de la production polonaise depuis le coup d'envoi.
"Mon rêve était de ne pas perdre et nous n'avons pas perdu", s'est félicité Franciszek Smuda, le sélectionneur polonais, tout heureux de ne pas avoir flanché devant le favori de sa poule.
Le groupe A totalement relancé (Russie, 4 points, République Tchèque 3, Pologne 2, Grèce, 1) avec une dernière journée, le 16 juin, qui sera décisive avec les Pologne-République Tchèque et Russie-Grèce.
Ludovic Obraniak et ses coéquipiers restent à flot dans le groupe A, et peuvent assurer leur place au tour suivant, à condition de battre les Tchèques samedi, vainqueurs plus tôt de la Grèce (2-1).
"Je crois que nous pouvons assurer une place historique en quarts de finale contre les Tchèques", a anticipé Blaszczykowski, à quatre jours de cette rencontre décisive.
Les deux adversaires du jour ont désormais leur destin entre les mains.
Désormais invaincue depuis 16 rencontres (8 vitoires et 8 nuls), la Russie n'aura besoin que d'un seul point face à la Grèce pour aller en quart de finale.
Une victoire lui assurer la première place.
Réactions des Entraîneurs
Franciszek Smuda, sélectionneur de l'équipe de Pologne: "Nous n'avons pas perdu, c'était un bon match. Nous avons toujours une chance de passer en quart de finale. Des erreurs, il y en a toujours, mais oublions les erreurs. Nous avons encore un match devant nous, il faut s'y concentrer. Nous sommes une jeune équipe, et nous allons nous perfectionner encore. Je suis surtout satisfait du fait que les joueurs ont réalisé de bout en bout la tactique prévue".
Dick Advocaat (sélectionneur de la Russie): "La Pologne a très bien joué ce soir sous la pression pour ne pas manquer une opportunité de se qualifier en cas de défaite. Nous leur avons permis de se procurer beaucoup d'occasions en attaque. Cela veut dire que nous devons améliorer notre jeu défensif. Mais nous avons aussi bien joué, et marqué avant la mi-temps. Nous avons aussi eu pas mal d'occasions de but en seconde période, mais les avons toutes manquées.
Pologne Après l'Élimination du Mondial Russe
Déjà éliminés du Mondial russe, les Polonais voudront sauver l'honneur ce jeudi face au Japon.
Avec deux défaites pour ses deux premières rencontres en Coupe du monde depuis 2006, la Pologne n'aura fait que passer (inaperçue) en Russie.
Il lui reste à réussir sa sortie.
«Nous avons un match pour sauver la face et nous voulons montrer que nous sommes la même équipe que celle qui s'était extraite des qualifications», a déclaré Robert Lewandowski, un capitaine toujours sans but dans la compétition, après la défaite contre la Colombie (0-3).
Sera-ce aussi l'ultime partie du sélectionneur Adam Nawalka, en poste depuis 2013 et en fin de contrat à l'issue du tournoi ?
«Je serai à la disposition du conseil d'administration de la Fédération», s'est-il contenté d'affirmer, lui qui est très proche de son président, Zbigniew Boniek.
La Pologne n'a ainsi pas l'intention de faire le moindre cadeau au Japon.
Tensions et Rivalités: Un Aperçu Historique
« Le premier match dont on m’a parlé après le tirage au sort de l’Euro, c’est celui-là : Pologne-Russie. » En une courte phrase, le défenseur central polonais Damien Perquis résume l’énorme attente que suscite cette deuxième rencontre de la poule A.
Car quoiqu’en disent les 22 acteurs, l’Histoire s’invitera au stade national de Varsovie ce mardi soir.
Si elle s’est atténuée au fil des années, la rancœur reste tenace entre la Pologne, patrie de l’ex-bloc de l’Est peu épargnée par les tragédies, et la toute-puissante ex-URSS. Et le sport l’a souvent entretenue.
Comme il y a 32 ans lorsque le perchiste Polonais, Wladislaw Kozakiewicz, adressa un bras d’honneur au public soviétique lors des Jeux Olympiques de Moscou.
La tension promet donc d’être palpable entre deux pays en quête d’un billet pour les quarts de finales de l’Euro.
Pour Grzegorz Lato, président de la Fédération polonaise et ancienne légende de la sélection nationale, la politique ne doit pas s’inviter sur la pelouse : « Je ne souhaite pas la mêler au football, explique-t-il. Au Mondial 1982, en Espagne, j'ai joué face l'Union soviétique (0-0). A l'époque, les aspects politiques étaient très importants. Mais on parle d'un événement sportif. Ce sont les médias qui mêlent l'histoire, la politique et le sport. Il faut que ça reste une fête du foot. Rien de plus. »
Ludovic Obraniak, lui, assure que « la rivalité est plus importante avec l’Allemagne. Mais les Russes ne sont pas des amis proches non plus », rigole le milieu polonais.
Cette rivalité pourrait toutefois aider son équipe, tenue en échec par la Grèce (1-1), à aborder ce choc face à l’ogre russe, impressionnant vainqueur de la République tchèque (4-1).
« Beaucoup de fans vont venir au stade, se réjouit Damien Perquis. Ce sera un grand moment pour le foot polonais. J’espère qu’on sera capable de rééditer notre première mi-temps face à la Grèce, avec beaucoup d’envie dans le pressing et l’engagement. Ce sera un gros match sur le terrain, entre supporters et dans l’histoire. » C’est lui que le dit.
Euro: la Pologne soulagée après son nul contre la Russie

